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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 05:11
Cast, la Crucifixion de la baie du Chevet .

 Dans cette verrière du chevet, la Crucifixion rempli quatre lancettes tandis que le réseau présente des armoiries des Tréoueret, seigneurs qui se sont fondus en 1550 dans les Bihan de Pennelé,sanglier, du moins dans la branche aînée.

Un vitrail du XVI°siècle.

Ce vitrail a toujours été donnée comme étant du XVIe siècle, mais cela nous offre une grande fourchette, surtout dans notre région  où l’on voit le vitrail présenter, au cours de ce siècle, mille facettes de son art qui va sûrement vers une décadence, qui garde cependant, même à la fin du siècle, un charme très personnel.

Cette « décadence » est due essentiellement, à mon avis, à une demande du clergé, de plus en plus forte, de sujets, cent fois répétés, et au manque de qualification des peintres dont la personnalité n’explose pas, et qui corrigent leur manque de connaissance, de dessin, de sens graphique, par un maniérisme qui devient très pauvre.

Quelle date pouvons nous donner à cette verrière ?CAST-PERSONNEGES.jpg

A mon avis, je pencherais vers le tout début du XVIe siècle à cause des trois personnages centraux : les deux larrons et le Christ,. La façon de traiter en blanc ces trois personnages ne se retrouve plus, par la suite. Ils sont les principaux acteurs. Ils ne sont pas sans rappeler certaines connotations du XVe.

Les acteurs.cavaliers-copie-1.jpg

Les autres personnages, ainsi que les chevaux, en verre incolore (dit blanc) passent en second plan, et ne sont qu’un accompagnement de la mise en scène d’une Passion traditionnelle. Chevaux avec harnais, turban, saintes femmes, soldats avec casques tous différends, tout cela est un bon point pour l’auteur et dénote une recherche sérieuse.

Cette recherche s’exprime aussi et plus amplement avec la position du Christ et des deux larrons que certains ont dit être mal dessinés.

Quand à moi j’y vois plutôt une hardiesse peu commune et presque contemporaine. La position des larrons, le corps tendu comme un arc avec des pieds aux doigts démesurés. Nous nous trouvons ainsi devant deux courbes en C inversées qui suivent le mouvement ascendant des bras du Christ.

Les pagnes ou tuniques décrivent aussi des formes torturées le-crucifi--.jpg
mais superbes qui accompagnent  celle du Christ
beaucoup plus calme et que le vent de la Passion,
plus dominant pousse sur la droite. Ce vent semble en bourrasque chez les deux larrons.

Image brut du Christ mort, bien droit.

Sur son corps, traitement des seins avec apport autour du téton d’un graphisme de poils. De la blessure laissée par la lance de Longin, coulent des larmes dont quatre gouttes sont de dimensions diverses. Quand au  nombril il est très dessiné.

Image du bon larron, mort dans le repos de l’âme.cela est bien exprimé par la décontraction de son corps, et s’oppose à l’image du corps du mauvais larron qui semble accoucher dans la douleur.

le-bon-larron.jpg
le-mauvais-larron.jpg
                        La sanguine n’est pas encore apparue. On    attribue son utilisation au milieu du XVe                  siècle. C'est l’avis de certains chercheurs,                             mais cela ne semble pas se vérifier en
       Cornouaille aussi tôt.

Le jaune d’argent est utilisé avec parcimonie, barbe et couronne d’épines du Christ, barbe d’un larron, casques, galons de tuniques, boucles de harnais et harnais des chevaux.

Rien à dire de la grisaille en très bon état, légère, bien travaillée.

Effets voulus des oriflammes : l’une à droite, l’autre à gauche, de chaque larron, celles de gauche ; verte, celles de droite ; bleu.

Et tout cela se déroule sur un fond rouge irréel où seul le jaune de la croix et des potences installe une stabilité. Sur la croix du Christ, arbre débité, l’artiste a dessiné les veines du bois.

 On peut se demander que vient faire ici un panneau représentant le lavement des mains. Y avait-il une plus grande verrière ou provient-il d’ailleurs ? ou a-t-il été mis là dans un but intentionnel dès l’origine. Est-il un rappel de l’image forte de nous tous, qui, devant certaines difficultés nous hâtons de nous laver les mains.

Les armoiries du réseau et une datation possible.

Comme nous l’avons écrit, nous penchions pour le tout début du XVIe siècle. Une des armoiries pourrait changer cette estimation. Il s’agit de celle d’Yves le Gentil et de Louise de Tréanna ? Elle nous amènerait aux alentours de 1476,  le 1er avril,  de cette année là, étant la date de leur mariage.

 Nous ne demandons pas mieux que cette date soit celle du vitrail, mais nous pensons et croyons fortement qu’il est difficile, sans archives et avis de prééminences de sa fier aux armoiries. La lecture de tous les procès, aveux, nous conforte dans cette idée.

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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