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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 05:16
LES  QUATRES VITRAUX  DE LA BAIE 100.


 
Cette baie, aux multiples péripéties de ses vitraux successifs qui ont eu le même sujet : une Crucifixion, se trouve, plein est, parmi les fenêtres hautes du choeur de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

Elle est celle que l'on aperçoit tout en haut et au fond. en entrant dans cet édifice,

Le sujet en est une, copie récente, 1992, d'une Crucifixion des premières années du Xavier siècle, 1417, disparue de la cathédrale,  aux alentours de 1856 pour être remplacée par une nouvelle Crucifixion du verrier Lobin.

Cette dernière, lors de la grande restauration de la fin du XIXième fut transférée à l'église de Châteaulin en cours de construction. Le pourquoi, comme le pense Yves-Pascal Castel, c?est que cette oeuvre était trop personnelle et était de plus, en complet désaccord avec les fenêtres voisines du verrier Lusson, nouvellement posées.1869


Revenons à la Crucifixion de 1417.

De 1856, date où elle fut notée comme présente, jusqu'en 1962, sa trace fut perdue. A cette date un
article de Jean Lafond dans la revue de la Société des Antiquaires de France, signale alors sa présence dans le Lot au château de Castelnau-de- Bretenoux. Le même auteur rappelle cette découverte en 1978.

Cette Crucifixion, sans spécificité d?origine  réapparaît après 1896 et avant 1932, au château de Castelnau -de- Bretennoux, que vient de racheter, Jean Mouliérat,  enfant du pays, célèbre chanteur d'opéra comique, qui est en plus collectionneur de pièces rares et hétéroclites.

En avril 1932, suite à la donation du château et  du mobilier à l'Etat,  un inventaire  est dressé et le vitrail de la Crucifixion est de nouveau classé. Personne ne semble en connaître la provenance.  Le conservateur ne la connaîtra qu'en 1992 suites à notre passage dans le but de le photographier et de le comparer avec des documents que nous possédions, entre autre des relevés du verrier Ottin.

 Maître verrier Quimpérois, m?intéressant aux vitraux de la cathédrale, j'avais relevé tous les documents concernant ces vitraux. Lorsque mon atelier fut appelé  pour y travailler et lorsqu'on arriva à la restauration du choeur, je proposais de monter une étude sur cette Crucifixion de Castelnau-de-Bretenoux.

 Pour moi, son retour à Quimper devait  et pouvait être assuré, les deux édifices appartenant à l?Etat. Je proposais à l'inspection générale des Monuments Historiques de me Castelnau et d'y faire des relevés et  photos de ce vitrail, apportant avec moi de
s documents concernant ce vitrail, entre autre des relevés du verrier Ottin qui  travailla chez le verrier Lusson possible auteur de la dépose de cette Crucifixion. 

Premier voyage à Castelnau-de- Bretenoux.

L'accord reçu, mon épouse et moi  sommes rendus dans ce château du Moyen-Age, Nous trouvâmes ce vitrail dans une pièce transformée en chapelle où nous fîmes nos relevés sous la surveillance dun gardien qui ne nous lâcha pas d'un pouce La comparaison avec l'original fit tilt. Nous étions bien avec ce que nous cherchions, Cependant trois têtes de lancettes manquaient et il semble qu'un restaurateur inconnu de la fin XIXième y a ajouté, pour le mettre aux dimensions de la baie ogivale de cette chapelle, cinq panneaux de facture de cette époque. Autre surprise, la personne qui avait mis en place ces éléments du vitrail, avait permuté la Vierge et saint Jean, ce dernier tournant le dos au Christ.

Dans le rapport suivant notre aller-retour, nous proposons de laisser ce vitrail en place, bien qu'il était possible administrativement de le ramener à Quimper, les deux édifices étant classés.

  Nous  proposons cette première solution pour plusieurs raisons.

Tout d'abord sa conservation est très bonne,  et n'a rien à voir avec l'état des vitraux des autres baies hautes du choeur qui sont de la même époque.
Ce vitrail a probablement subi un phénomène de substitution et d'échange assez fréquent à cette époque, comme le dit Lafond, qui ajoute que les pièces anciennes restaient entre les mains des peintres verriers, et leur propriété semble-t-il.
 Ce fut probablement le cas pour certaines têtes et pièces d'architectures, provenant des baies hautes de la cathédrale, vendues sur le marché récemment. Cette « substitution » qui a duré, avant sa découverte, près d'un siècle, Jean Mouliérat l'acheta en 1896, a mis cette Crucifixion à  l'abri des intempéries qu'ont subi ses verrières voisines exposées au Sud et à la pollution d'une ville.

La seconde raison  est qu'il se trouvedans un climat bien sec, exposé au Nord,  bien protégé des intempéries par un verre de doublage, et qu'il est à la portée des yeux, ce qu'il ne serait pas à Quimper.  Le bas, côté lecture, étant à 1,20 mètre du sol, facilite les observations des chercheurs et peut- être une base de comparaison.

 Second voyage à Castelnau,pour en faire une copie

Après échanges de points de vue, il fut accepté, et budgétisé, que nous faisions une copie. Antoine Le Bihan a donc été chargé de ce travail. Le même gardien le reçu, mais il y avait les visites organisées du château qui obligeaient Antoine de stopper son travail. Celui ci consista à un relevé minutieux, sur calques, du vitrail,
 en vue de la réalisation en atelier de la Crucifixion qui est actuellement dans le choeur de la cathédrale.

Conclusion

Le vitrail de 1417 se trouve à Castelnau Bretennou, le vitrail de Lobin de 1856 a été transféré à l 'église de Châteaulin, et


le vitrail de Lusson, très effacé, repose en caisses dans une salle de la tour Nord de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, où il a rejoint toutes les pièces XIXième qui n'avaient aucun intérêt, si ce n'est la conservation..




 

pour compléter
les vitraux de la cathédrale saint-corentin de quimper, société archéologique du finistère,www.lefinistère.org
La verrière 1OO, tome CXXVI, 1997,de la même société archéologique.
castelnau-de-bretennous par henri ramet et henri lavedan, imprimerie régionale
toulouse.




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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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