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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 15:26
                RENNES EGLISE SAINT-GERMAIN

                        BAIE SUD

                    UNE PASSION


Généralités

Composée de panneaux de vitraux des XV et XVIième, siècles provenant de diverses fenêtres de cette église Saint-Germain, cette verrière de la baie sud présentait de nombreuses restaurations dont certaines du XXième avec plombs de casse et pièces de peinture pas du tout dans l'esprit de l'ensemble. Des interventions successives brouillaient la lecture et la compréhension de l'ensemble.

En 1993, cette verrière du transept sud était en mauvais état ainsi que les meneaux de pierre. Nous fûmes donc amenés à la restaurer. Cela nous a permis de mettre un peu d'ordre dans la disposition des panneaux qui la composaient.
Nous avons ainsi  pu découvrir un vitrail offert en 1545 par une confrérie de Merciers et Epiciers de Rennes dont dont le saint patron est saint Michel



A première vue, il pourrait s,agir d,une Passion, mais seulement les trois dernières  scènes en font partie. Mais, les quatre panneaux indubitablement ont le même esprit et c,est la main du même peintre verrier  que l,on retrouve.

Première scène, le tribut dû à César.

Cette première scène, avant la dépose et la restauration, nous a bien intriguée. Cet épisode était  alors incompréhensible à cause d'une ferrure horizontale  dite barlotière. Celle-ci n'était pas à sa place d'origine et cachait entièrement l'objet essentiel au sujet, une pièce d'argent,  monnaie incluse avant notre restauration dans la manche d'un des scribes. Cette scène devant illustrer le tribut à César que trois évangélistes ont rapporté.

Cette scène, comme deux autres, se passe à l'intérieur. Seule la présence d'un sol carrelé, nous l'indique. Trois personnages s'affrontent  sur un fond à dominante verte, où se glisse la tête d'un personnage attentive. Le Christ, nimbe crucifer, est  sur la gauche, en robe d'un violacé grisé, présenté de trois quart gauche, le visage lumineux dirigé vers la pièce, qu'il indique de la main droite. Il est pieds nus à l'encontre des personnages, disciples de pharisiens partisans de l'autorité romaine. Ceux-ci montrent un denier à l'effigie de César et écoute le Christ avec intérêt.
Sur leurs vêtements plus riches, au colleret d'hermines, apparaît sur le pourtour de la pièce de vêtement blanc et au bas de la robe du premier, une suite de lettres dont nous n'avons pu découvrir le sens.

Deuxième scène

L'arrestation du Christ au jardin  des oliviers.

Ici, Judas, à la tête des gardes, embrasse le Christ.

Les  gardes vont s'en saisir. Ils portent une armure du  Moyen âge, avec casque, avant bras, cuissardes, jambières et cotte de mailles qui est ici un verre rouge gravé de petits pois blancs.








Par terre, lui aussi en armure, le serviteur du grand prêtre, une lanterne à la main. Au-dessus une épée tenue des deux mains, saint Pierre vient de lui couper l'oreille.

 La main droite du Christ la recolle.

 Sur le fond rouge, un arbre vert se dessine, seule indiction du lieu, avec un petit morceau  de verre vert que l'on trouve dans le bas droit, possible  sol d'herbes.

La composition, bien qu"elle soit traditionnelle, est intéressante, assez dynamique, toute en obliques. L'artiste a semble-t-il suivi l'évangile de saint Luc avec « touchant l'oreille, il le guérit » ce que ne rapporte aucun autre évangéliste. Luc ne nomme pas Pierre, mais « l'un deux »

Troisième scène

Jésus amené chez Anne le grand prêtre.

Deux gardes, un troisième pointe le bout de son nez, présente le Christ, les bras liés, au grand prêtre qui semble venir à sa rencontre. La corde passera, des bras aux poignets,  dans la scène suivante. Les gardes seront les mêmes ainsi que leur visage, si ce n'est, dans la suivante, celui à la gauche du Christ qui a changé de position.

 Le même carton a, semble-t-il, servi  en partie pour  ces deux personnages dans les deux scènes,
Le lieu est bien indiqué, avec un sol carrelé, mais diffèrent  de la  première scène, il en sera de même pour la dernière.

Anne, le grand prêtre se tourne vers le Christ qui semble ne pas répondre à ses questions, malgré le geste aimable  du premier. Sa robe rouge est animée par un parement jaune semé de lettres dontVOSONGEVON.





Quatrième scène

Devant Pilate, devant Hérode


On ne peut définir, Pilate ou Hérode, lequel des deux est assis dans un fauteuil trône, semble-t-il en pierre.

Cependant le visage baissé du Christ et qui semble muet aux questions de l'interlocuteur donne à penser qu'on se trouve ici chez Hérode, personnage qui désirait le voir et l'interroger et qui n'eut
aucune réponse.
de la part du Christ

Le garde au premier plan, qui tient le Christ par bras, semble porter sa hallebarde de façon à barrer la fuite de son prisonnier.

Le personnage, habillé de bleu, à la droite d'Hérode, pourrait être l'un des grands prêtres et scribes qui accusaient le Christ « avec véhémence ». Dans le fond rouge de la scène il semble apparaître un feu ou est-ce simplement une pièce bouche-trou.


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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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