Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 05:59



 JOST DE NECKER introduction


  A La La Martyre, Finistère  sur la verrière du chevet de l'église, église Saint Salomon  signature..... sur galon de la robe d’Arimathie !

Qui est-il?


Graveur Anversois, né en 1485, appelé en 1508 à la cour de l’empereur Maximilien, à Ausbourg, est toujours en cette ville  en 1544

"La signature de Jost!!!!!!!! figure sur la maîtresse vitre de la Martyre ; il est peut être l’auteur du carton mais la verrière n’est pas datée. L’attribution de la verrière de Daoulas au même artiste est encore plus hypothétique."

Artistes en Bretagne p.270


 Selon Couffon, le carton de Jost de Negher aurait servi aux grandes crucifixions du Finistère. La peinture sur verre en Bretagne..p.35à42

JOST DE NEGKER. Un mythe qui a la vie dure


L’attribution du carton des Crucifixions Cornouaillaises à un certain  graveur flamand ,Jost de Negker, est due à une mauvaise lecture de l'historien  René Couffon, suivie d’une « présomption devenue certitude » comme il le reconnaît.

Tout est parti de son article sur "La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle", paru en 1945 dans les Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne.

  Après deux pages et demie,  les 30, 31 et 32, sur les découvertes d'inscriptions permettant de retrouver un nombre non négligeable de peintres verriers,  cet historien offre, à partir de la page 27, une étude des Grandes Crucifixions du Finistère. Il commence  par en  indiquer les donateurs, les datations, ainsi que leurs auteurs possibles. C’est dans ce paragraphe, page 31, qu’il signale qu'à La Martyre, il a découvert, sur un galon de vêtement du vitrail, le nom de l'artiste, sa signature et le date du vitrail. Il ne signale pas encore le nom.

Ce dessin a paru dans l'article de René Couffon concernant La Martyre et l'existence de Jost de Necker comme peintre verrier.
Ici il s'agitd'une gravure de ce personnage faite d'après un dessin de Lucas de Leyde sur Saint Martin.

Preuve que ce Jost n'a été qu'un graveur et non un dessinateur et encore moins un peintre verrier


Une seconde gravure de lui est la reprise d'un dessin de Hans Burgkmair dont le sujet est le couple et la mort.






Le paragraphe suivant décrit la composition d’un groupe de vitraux exécuté d’après un même carton : La Roche-Maurice, La Martyre, Saint-Mathieu de Quimper, Tourc’h, carton que l’on retrouve légèrement modifiés dans d’autres lieux.

A la page 35, il  donne, pour La Roche-Maurice, un article de sept lignes, composé de « l’inscription suivante : EN L'AN MIL Vcc XXXIX FUT FET CES VITRE ET ESTOIT DE FABRIQUE POUR LORS ALLEN JOCE. L.S » et d’un dessin, où on lit : « AVE GRACIA PLENA, puis le nom de   JOST et, au-dessous de ce dernier et en petits caractères, le monogramme de l’artiste » et 1535.  Par la suite ; il  ajoutera que les « deux dernières initiales sont vraisemblablement celles du peintre verrier. » (il s’agit de Le Sodec)1

Après quelques notes sur les vitraux de La Martyre, Daoulas1, Tourc’h, Saint-Mathieu de Quimper et Trémaouézan2, il s’engage sur l'origine possible du carton, visiblement inspirées des Passions de Durer, et sur les comparaisons avec des oeuvres picturales, il écrit, page 40: "Un nom se présente aussitôt à  l'esprit, celui de Jost de Negker" puis plus loin dans la même page "cette présomption de voir Jost de Negker auteur de la verrière de La Martyre s'est transformée en une certitude lorsque nous eûmes comparé la monogramme peint sur ce vitrail avec celui de l'artiste identifié par Campbelle Dodgson au bas du bois gravé en 1508 d'après le saint Martin de Lucas de Leyde pour le Brévorium Trajectense de l'éditeur anversois Jan Seversz ».

Partant des hachures au pinceau qu’emploie le peintre verrier dans ce vitrail, Il voit dans ce vitrail, plus  l'oeuvre d'un graveur, ce qu'était Jost de Negker, que celle d'un peintre. Cela le conforte dans sa découverte, et l’amène   encore plus loin. Il s’engage sur le terrain de la foire de La Martyre, commune toute proche, où « l’on y fabriquait de toutes sortes de marchandises » Il y voit  René de Rohan et sa jeune épouse Isabeau d’Albret, ainsi que l’abbé Charles Jégon » passer commande des vitraux. Je le comprends très bien. Un chercheur cherche toujours mieux et plus. Enfermé dans son idée, il arrive que l’historien  passe au-delà. 

 Au sujet de la Roche-Maurice, l’abbé  Jean Feutren, donne, en février 1972, son avis dans des articles du Télégramme de Brest. Il écrit, en autre : « Jost de Negker serait devenu, sans le vouloir, ni même le savoir, le père d’un grand nombre de crucifixions dans le Finistère. Encore  une fois, nos artistes locaux n’auraient été que des imitateurs plus ou moins habiles. Tel est le sentiment de M. Couffon et nous inclinerions à le suivre. Mais nous nous défions fort des belles constructions de l’esprit. Les bévues des gens de métier sont incalculables.» Puis, il continu, dans l’article suivant, en  confirmant  que l’inscription ainsi que  la marque du graveur d’Augsbourg sont introuvables .

Sur ce,  Roger Barrié, auteur d’une thèse de doctorat de 3e cycle sur le vitrail Cornouaillais,1978, confirme cette absence par examen sur échafaudage ; il avance l’hypothèse soit d’une mauvaise lecture par Couffon qui, fasciné à juste titre par des rapprochements avec les gravures, aurait interprété des salissures ; soit d’une restauration insouciante qui aurait fait disparaître l’inscription lors de la dépose vers 1945, ce qui paraît très étonnant.

Pour ce qui est des hachures que Couffon signale, je pense comme Roger Barrié, qui, relève que ces hachures ne sont qu'un indice de l'évolution du métier3 Parallèles ou croisées,  en plein ou en enlevé, elles  sont employées pour suppléer en lumière les modelés et  les lavis. L’abbé Yves Pascal Castel, profitant du même échafaudage, n’a pas de son côté relevé autre chose que : AVE GRATIA PLENA, sur le galon vertical du manteau du cavalier tandis que la suite, sur le galon horizontal est proprement illisible comme l’a laissé entendre l’abbé Feutren, fort judicieusement dans les notes inédites qu’il a laissées.


Emmanuelle LE GOFF dans  le Progrès du Finistère du 11 septembre 1994
* encore la redite d’une ineptie. Roger Barrié l ‘attribue à Le Sodec. Ce que je confirme.  Moins intéressant parce que cornouaillais, Le Just de Necker est étranger, cela porte à rêver. Des étrangers se sont penchés sur la Martyre.  La S.A.B ( ociètè d'histoire et d'Archèologie de Bretagne)en est le premier inventeur".



Conclusion : en absence d’archives, on ne peut qu’observer que toutes ces Crucifixions ont un rapport avec l’œuvre de Durer, spécialement dans ses Grandes et Petites Passions. Pour les ateliers de vitraux cornouaillais du XVIe siècle,  dont le plus important semble être, jusqu'à maintenant, celui de la famille Le Sodec, il n’y a pas de création véritable. Ils  utilisent, sans parfois les copier exactement, les gravures  qui circulent alors. Et pour le XVIe siècle, ces gravures sont  majoritairement celles de Durer4, qu’ils agrandissent  et transforment suivant leurs besoins.  Tout cela pour confirmer qu’on ne peut donner la paternité de ces vitraux à Jost de Negker, pas plus qu’on ne peut donner Soyer comme auteur des vitraux du XVe de la cathédrale Saint-Corentin. Les Vitraux de la Cathédrale de Quimper.p.27-28
Et pourtant, cela continue ! Soyer les bienheureux ! Son nom a été maintes et maintes fois proclamé sous les voûtes de la cathédrale par les conférenciers.

Et pour rendre hommage à René Couffon, citons le mot qu’il disait naguère à un jeune chercheur qui relevait dans ses écrits une exactitude : «  Une seule ? on voit que vous n’avez pas encore beaucoup travaillé ! »




Notes.
1. Notons que l’ « Ave gratia plena » vient d’une confusion avec le vitrail de La Martyre. A La Roche-Maurice, le galon est simplement orné, sans inscription.
 2 et 3. Verrières déjà disparues.
4, thèse de troisième cycle, sur le vitrail en Cornouaille,  1978, tome premier p.125
(. même autre que les Passions,  comme  à Notre-Dame de Confort en Meilars,. la scène de la Vie à Nazareth, avec Marie, Jésus et Joseph, est une reprise partielle et inversée, d’une gravure de Durer de 1510.

Jean-pierre Le Bihan


Ce mythe sur un personnage
se retrouve à la cathédrale de Quimper où l'auteur d'une bonne monographie de la fin XIX° siècle, je veux dire Le Men, attribut les vitraux des XV° et XVI° siècles à un Le Sodec. Ce qui a été repris et est encore repris par des historiens, dont la recherche de l'origine de leur citation est absente.


Hommage à René Couffon: Pour le lui rendre on peut citer le mot qu'il a naguère dit à un jeune chercheur qui relevait dans ses écrits une ou deux inexactitude: " Une seule?
On voit que vous n'avez pas encore beaucoup travaillé."


Cette affaire Jost on la retrouve souvent  dans de nombreux articles. Peu se sont penché sur  l'existence dece personnage
Depuis sa "parution"  en 1945 et malgré les démenties,de 1972,1978, on le retrouve Dans la brochure sur "Locronan et sa région", sortie en 1979, dont l'auteur  est Maurice Dilasser, , avec la collaboration  de la facultéde Bretagne Occidentale , reprent l’erreur  de Couffon,à la page page 595, à propos de la verrière de Guengat : :
On peut lire:
« Cette maîtresse vitre…développe le thème de la Passion comme à la Martyre,La Roche Maurice, Saint-Mathieu de Quimpet et Tourc’h,d ‘après un carton de Jost de Negker. »
Cette erreur se retrouve écrite, l'an 2000  étant dépassé.
.



Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pierre Le Bihan - dans jost de necker
commenter cet article

commentaires