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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 16:51

De cette époque des baraques de Brest, j’en garde de bons souvenirs, pas seulement parce que j’ai 11-12 ans, mais peut-être parce que c’est Brest que je retrouve.

 

 

Brest, ,j’y suis né « intra muros » en 1934. Brest que mes parents ont fui pour se réfugier à Landerneau puis à Quimper. 

 

 

Au coin de la rue Traverse et de la place, l’immeuble de la grand-mère avec son magasin avait été détruit. Deux pans de murs tenaient toujours dévoilant les dessous de cette maison. Aux alentours, plu de Musée, rien que l’abri Sadi-Carnot , sinistre avec sa grille tordue et ses bouquets de fleurs sur la place du même nom. Par contre, une boulangerie y existait encore, dans cette rue Traverse, parmi les ruines.

 

 

 

 

Son propriétaire faisait encore du pain et des pâtisseries  qui avaient, je ne sais pourquoi, un goût spécial, mêlé d’avant guerre et de liberté.

 

 

Les rencontres, dans ce champ de ruine où je circulais avec ma grand-mère, avec les anciens brestois, étaient toujours quelque chose de très chaleureux. L’avenir semblait leur sourire et effaçait toute trace de regret. Les rues poussiéreuses commençaient à se border de tas de cailloux réguliers.  Elles grouillaient de badeaux , de travailleurs. et de camions.  La rue de Siam offrait le départ d'un égout.

 

 

Quant à moi, on me mit en pension  chez les jésuites au collège de Bon Secours, dès sa réouverture en baraques, rue Goat ar Gueven.

 

 

 

 Une pension sans entrée ni sortie. Il y a certes une grille toujours ouverte, reste d’une porte d’avant guerre. Les baraques, en bois de couleur noire, papier goudronné, montées sur vide sanitaire de pierres, entourent un plateau rectangulaire, recouvert de goudron. Le noir partout, comme les soutanes des Jes. (jèsuites) Heureusement que le ciel est au-dessus et n’a pas cette couleur. Un hiver, le blanc de la neige recouvre la cour, les toits des baraques . Ce sont les jours les plus marquants. Des luges, en bois, sont construites, des bonhommes de neiges aussi.

 

Les baraques ; c’est une odeur d’exotisme et de renouveau. C’est aussi une découverte. J’en ai vu se monter à Brest, mais jamais je n’y suis entré. On est loin de la maison traditionnelle  à étages . A l’intérieur, une odeur de bois, de papier goudronné, de coltar, se mêle à celle indescriptible de cloisons de papier-cartoné pelucheux

 

.

 

Du  rassemblement, où du haut des marches, le  préfet de discipline,, de petite taille, qui possède une minuscule moto pliable de parachutiste, nous adresse de temps en temps la parole.

 

Il y a des hivers rudes, où en classe, ou en étude, on garde les moufles et les passes montagnes, tant que notre haleine ne réchauffe pas la pièce et que les carreaux ne se couvrent pas de buée. Au ras de nos lèvres, la laine de ces passes montagnes commençe  à s’humidifier. Je n’ai jamais eu autant de doigts gercés.

 

Dans le dortoir, il nous arrive de dormir presque tout habillé, recroquevillé sous des couvertures,  de couleurs et de type armée, deux ou trois paires de chaussettes aux pieds. Il va sans dire que les chaussettes de l’époque n’ont pas la qualité de maintenant. Au réveil, parce qu’on dort quand même à cet age, les gants de toilette, posés sur l’anse du pichet d’eau, près de chaque lit, sont raide de gel. L’eau du pichet en métal laqué présente un surface vitreuse Nous nous l’avons pas beaucoup. C’est vraiment un exploit de le faire, ou alors il faut vraiment être maso. Certains grands, seconde ou première, s’y mettent cependant à cette toilette.. heureusement qu’ Il y a de temps en temps des sorties à une douche, hors du collège. 

 

Il y a aussi une tempête où l’on voit des éléments de toits au papier goudronné d’une de nos baraques s’envoler.

 

Il y a l’électricité qui disparait sans arrêt. La lumière est relayée par nos boites à cirage personnelles où une mèche flotte sur de huile. C’est un lumignon jalousement gardé des attaques des voisins et que l’on range précieusement, comme à  regret, dans le casier de notre bureau, une fois le courant rétabli.

 

Ce n’est pas la prison, mais un monde nouveau empreint d’espoir, dans un environnement que l’on voie pousser autour de nous et aussi plus loin, tous les jeudis et dimanches, lors de nos promenades de pensionnaires.  J'avais en plus l'avantage d'avoir un des frères Jésuite,  de'une parenté pas trop éloigné, qui me laissait je vais dire ,gambader lord des récréations  de midi vers Saint Marc où ma grand-mère avait trouvé  accueil.

 

Je vois Brest redémarrer, durant les quatre années que j’y  passe en pensionnaire. Les sorties nous amènent dans tous les coins de cette ville, du port de commerce à l’arsenal, des grèves de Saint-Marc au Minou, à pied, parfois avec le fourgon d’avant guerre, Mathis ou Peugeot, parfois en bateaux , d’autre fois avec les premiers trolleybus Nous voyons l’égout immense situé  sous la future rue de Siam. Nous voyons les maisons, ou ce qui en reste, abattus, rasés, Tout est nivelé. On comble tout ; les caves des maisons, les différences de niveaux du terrain, entre autre la rue Louis Pasteur et la disparition du quartier de Keravel. Ces promenades  peuvent nous amener aussi vers les blockaus. Plus de Grand Pont, un morceau plongeant sa soif dans la Penfeld. mais  le pont Gueydon, jamais jusque là autant utilisé, que nous prenons.  Des matchs de football nous amènent sur un terrain à la Cavale Blanche qui domine tout Brest, au Bouguen où des villages de baraques poussent comme des champignons. Il en est de même de la cité commerciale, plus gaie, où les enseignes commencent à fleurir.

 

Cette cité commerciale, j’y  passe des heures, du moins les jeudis où j’ai la permission de m’échapper de la promenade. Il est vrai que ces promenades à travers Brest ne sont pas obligatoires, et le groupe ne circule pas en rang.  Ma grand mère a ouvert son magasin de fourniture pour artistes, d’encadrement, d’exposition. les premiers vernissages ont lieue.. Elle a trouvé, en attendant mieux, c’est-à-dire sa maison, à se loger auprès de l’église Saint-Martin. Lors de la récréation de 13 heures, après notre repas de pensionnaire, je réussis parfois à l’y rejoindre pour quelques instants, bien sûr après en avoir demandé la permission.  Un autre particulier, plus haut dans la rue Jean Jaurès, lui a prêté un rez-de-chaussé. Elle y expose des toiles

 

Cette cité est un lieu étrange, tenant de la fête foraine et de la foire exposition, une foire exposition appelée à durer. L’endroit est festif. Certains jours, comme le jeudi, c’est un lieu animé. Les ruelles grouillent de gens. On se retrouve, de petits groupes se forment.  Les rares camions de livraisons ont du mal à s’y frayer un passage, les ruelles ne sont pas larges, les magasins exigus, les étales débordent.

 

Ils sont nombreux ces magasins, de surfaces sur rue différente,  parfois double, façades rectangulaires, ou façades de pignon,  Tous regorgent de marchandises. On y retrouve toutes les enseignes d’avant guerre, les plus grandes comme les plus petites.

 

Ces baraques vont disparaître lentement au fur et à mesure de la reconstruction, et la place sera libérée.

 

L’une d’entre elles, qui était au port de Commerce fut exil sur Penhars, qui n’était pas encore en Quimper.

 

Les Castors des Abeilles qui avaient construit une centaine de maison n’avaient pas de lieu de culte. Ils allèrent donc la chercher.  Elle fut installé le long de la rue de la Terre Noire, monté sur un rez de chaussée de parpaings. Celui-ci servi de salle de catéchisme. Quand à la  chapelle, elle se révéla les dimanches rapidement trop petite.

 

Elle fut remplacée à la fin des années soixante, par une construction en dur, de l’autre côté de la rue..

d’éclats de balles et d’obus sur les murs encore de couleur noire. Le bout, enfin,  halo de lumière aveuglante. Nous voyons les maisons, ou ce qui en reste, abattus, rasés, Tout est nivelé. On comble tout ; les caves des maisons, les différences de niveaux du terrain, entre autre la rue Louis Pasteur et la disparition du quartier de Keravel. Ce qui m’étonne encore c’est la passivité des brestois qui regardait les yeux plein d’images leur passé s’enterrer. Je vivais aussi la même chose. Notre maison, je n’avais aucun regret de la voir ainsi, vide de l’intérieur, cherchant mes marques dans ces restes d’étages et de papiers peints. seul un chauffe-eau pendait à je ne sais qu'elle étage. Ces promenades nous amenaient aussi vers les blockaus. Plus de Grand Pont, un morceau plongeant sa soif dans la Penfeld. mais  le pont Gueydon, jamais jusque là autant utilisé, que nous prenions.  Des matchs de football nous amenaient sur un terrain à la Cavale Blanche qui dominait tout Brest, j’y marquais mon premier et seul but de ma carrière de sportif, et je me permis de prendre une photo de ce terrain comme souvenir. Nous allions au Bouguen où des villages de baraques poussaient comme des champignons. Pour descendre vers le port., nous longions la cité commerciale, plus gaie, où les enseignes commençaient à fleurir,

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 17:04

A H ! Babelle, sais-tu la nouvelle?

Q'une belle    Nous a mis au jour;

Dieu qui quitte   Pour notre mérite,

Dieu qui quitte   Son divin séjour.

La musique     D'un Coeur angélique,

Authentique   L'afait à Savoir

Dans les langes, Disoient les Saints Anges,

Dans les langes Vous pourrez le voir,

La mémoire      DU Roi  de la Gloire,

Paix, victoire   Répand en tout lieux

Dans les Ames  Par les pures flämes,

Dans les Ames Qui cherchent kes Cieux.

Dans l'étable    Comme un misérable,

Doux , traitable Cit ce Roi nouveau,

Une Créche  Sur la paille Seiche

Une créche    Lui sert de Berceau.

 

Courez vîte, Pasteurs  son mérite

Vous invite  D'en prendre le soin;

                   L'Auteurde tout être,

Il veut être Réduit au besoin.

O Merveille  De Dieu sans pareille.

Dans les langes     vous pourrez les voir

 

 

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 17:41

 Presque toujours, on rejoignait des camarades le long du trajet ;  Et si on arrivait en retard, le coin  et le bonnet d'âne était pour nous. 

certains couraient dans tous les sens,

Il en était de même dans la cour  la récrécertains étaient plus calmes, marchant de concert ou accompagnés par des plus grands..ce qui fut mon cas. 

 

  Les commerçants étaient ouverts, certains  sur le pas de leur porte qui nous regardaient passer , parfois nous adressant la parole,  un peu plus longuement que : « petit, tu vas à l’école » 

 

 La boutique du boucher était hors du commun.

 Des grilles peintes en rouge qui le fermaient la nuit  Lorsqu'elle étaient ouvertes, des crochés tendus vers le ciel sortaient de sa façade.

 

Y étaient accrochées des têtes, des carcasses de vaches et des chapelet de saucisses..  Un petit ruisseau de sang se glissait vers la rue se créant un passage dans la sciure.

 

 

 

 Mais ces rêveries avaient toujours une fin. Souvent la cloche de l’école nous demandait de nous activer. 

Du coup, nos galoches  ou sabots teintaient sur le sol laissant derrière elles des étincelles

 

 Chausser leurs enfants était un casse-tête pour les parents, Mais aussi pour eux, peut-être un peu moindre. Les pieds grandissaient,

 

on coupait les bouts pour laisser pousser les doigts de pied, les semelles était en bois coupé en tranches collées à un support. cela était ainsi moins rigide que les galoches aux semelles de bois. Ces semelles recevaient  des protections en caoutchouc découpé sur de vieux pneus. En ville, la plus part du temps les rues étaient pavés avec une rigole de chaque côté quand elle n’était pas au milieu. 

 

Dans certaines rues, l’herbe poussait entre ces pavés. La commune nous demandait de les enlever.

 

 Ces rues, on y faisait des barrages et on y déposait des navires de papier, souvent pages de nos cahiers.

Il n’était pas rare que, lors de nos allers et retours à l’école, nous faisions des blagues ou des bêtises. Cela était plutôt réservée pour la sortie à la fin de la journée.

 

Faucher le cartable d’un copain,  probable tête de turque, courir pour le jeter par dessus un mur. Entrer chez des commerçants et poser des questions plutôt fallacieuses, tirer les sonnettes, rares à cette époque, plutôt faire cogner le marteau de la porte.

 

 

Dans la cour,  franchi le portail, s’était la foule, et le bruit. Cela grouillait de toutes parts.

 

 Quelques arbres  taillés en bouquet,  recevaient à leurs pieds nos cartables, quand ils ne servaient pas de point de ralliement, de discussion, le dos appuyé contre son écorce et les pieds nonchalamment posés sur le sol de la cour. Rarement goudronné, souvent en terre battue avec quelques gravillons qui écorchaient les genoux. Les prévoyants avaient pris place dans les pissotières aux pans d’ardoises d’Angers, accolées au W.C à la turque, aux portes de bois orphelines des parties inférieures et supérieures. Certains en avait peur. Ils se retenaient jusqu’au moment où il fallait à tout prix lever le doigt, avant que l’accident ne vienne avec les larmes.

 

 

A la cloche,  finis les jeux, les parlotes. On se mettait en rang  de deux ou de trois devant les maîtres, qui pour mieux nous voir  et calmer ce monde de garnements, montaient sur la marche de la porte de leur classe ; à l’abri d’une véranda souvent simple petit toit à une seule pente reposant sur des colonnes de ferrailles.

 

Des arbres, une multitude de moineaux essayaient  prudemment de descendre picorer sur le sol les miettes de nourriture que nous avions laissé tomber : pain et chocolat de notre goûter, gâteaux vitaminés de couleur rose que l’on nous donnait sous la photo d’un chef d’Etat, devant laquelle nous chantions sans bien comprendre : « Général, nous voilà ».

 

Dans un silence lourd, l’appel avait lieu, une bonne vingtaine de « présent » coupée de : « il est malade msieur »  Cet inventaire terminé, le maître se mettait sur le côté et la petite tribu, cartable à la main, quittait la cour.  Il y avait toujours deux ou trois qui s’échangeaient des secrets en avançant et deux ou trois autres qui se faisaient des crasses.

  Des arbres, une multitude de moineaux essayaient  prudemment de descendre picorer sur le sol les miettes de nourriture que nous avions laissé tomber : pain et chocolat de notre goûter, gâteaux vitaminés de couleur rose que l’on nous donnait sous la photo d’un chef d’Etat, devant laquelle nous chantions sans bien comprendre

Le calme, que le maître avait  à peu près réussit à instituer,  devenait lettre morte dès et lors du passage de la porte de la classe.  Ce n’était plus le jour de la rentrée, où chacun de nous, l’anxiété ou la découverte aidant, avait du mal à prendre place. Les cartables glissaient sur les tables,  les blouses grises ou bleues remplaçaient les manteaux, cabans, cirés ou simples vestes. Le grand tableau noir, bien scellé, nous faisaient face, encadré d’une carte de France et du monde.

 

 Debout sur la droite de  ce tableau, le maître ; en blouse grise blanchie de craie,  la main droite dans la poche , la gauche tenant une grande règle, attendait   que nous soyons tous assis  dans le silence. « Sortez vos ardoises. Ecrivez sur votre cahier à la page  blanche : J.M.J. jeudi 14 octobre 2004. Puis  la phrase de morale qui est sur le tableau : Ceux qui ne vont pas à l’école resteront des ignorants. »

 

 

 

 

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 14:46

 

le bonnet d'âne-copie-1Souvenirs des passages aux écoles primaires de  Landerneau, Pontivy, Quimper saint-Joseph et Saint-Yves. 1939-1945

 

Avant de partir à l’école, il fallait bien se laver les mains et la mère faisait souvent l’inspection : « Montre tes mains, dessus, dessous; as-tu un mouchoir ?, as-tu  bien préparé ton cartable ? n’oublie rien.  Sois sage, Travaille bien. Rentre à la maison directement ; ne reste pas traîner !. » Chapelet habituel et journalier que nous recevions d’une oreille ouverte à d’autres bruits venant d’ailleurs.

 

 

 

 

 

Pour l’habillement, on était en période de restrictions, de bons, de tickets. Les parents devaient se débrouiller de toutes les façons honnêtes. Mères, grand-mères, tantes, amies tricotaient, cousaient, agrandissaient, diminuaient, ajoutaient. Il n’était  cependant pas question d’être mal fagoté.  Tout vêtement prenait une valeur jusque là jamais atteinte. On se devait d’y faire attention. Mais l’âme d’enfant, bien qu’on lui est rabâché : « fait  bien attention à tes vêtements », est occupée à  bien autre chose et il ne fallait pas oublier son cache nez ou cache col, le passe-montagne à certaines époques. Celui-ci, comme le précédent, était souvent mâchonné et du coup, humide près de la bouche. Avec les passe- montagnes,  apparaissaient les paires de gants, en laine, souvent œuvre d’une grand-mère ou d’une tante ou transmission d’un frère ou sœur aînée. Les gants en cuir étaient plus rares, héritage d’une génération précédante J’en héritais d’une paire mais elle ne fit pas long feu, à cause de mon inexpérience.  Trop mouillée d’avoir modelé des boules de neige, je me devais de la faire sécher. Le poêle à bois du fond de la classe  se proposa comme moyen d’y remédier.  Je connaissais pas encore les résultats de ce séchage. Une odeur suave et âcre à la fois qui prenait le nez emplit très vite cette classe. Des deux gants, il ne restait qu’une forme tortillée où il était impossible d’y glisser le moindre doigt.  Au fond de la classe, le maître, debout, les tenait au bout de deux règles. Il m’appela et me les lança.  Ce poêle me fait  penser aussi aux bottes, souvent vieilles souvent  percées que l’on portait  parsemées de rustines. C’était quelque chose de nouveau, qui permettait de glisser le pied dans les caniveaux et ruisseaux, tout en faisant attention de ne pas laisser l’eau dépasser la limite et rejoindre nos chaussettes et pieds. Un jour de grande marée, c’était à Landerneau, le caniveaux se présenta brusquement plus profond. J’avais lâché la main d’un plus grand qui m’accompagnait.

 

 A l’école,   plus profond. J’avais lâché la main d’un plus grand qui m’accompagnait. A l’école,  le floc floc venant de mes bottes averti le prof. Il m’assit sur la table la plus proche et se mit avec peine à décoller l’ensemble bottes, chaussettes. Celles-ci terminèrent sur un fil  au-dessus du poêle et les bottes se remplirent de vieux journaux. 

 

 Quand à mes pieds, il les enveloppa dans une serviette sortie de je ne sais où.

 

 

 

Pour alimenter ce poêle, nous devions apporter, du moins ceux, dont la famille le pouvait, chaque lundi, les retardataires ou les oublieurs le mardi,  une bûche. Elles ne pouvaient pas être bien grosses ces bûches. 

 

 On vit cependant de pauvres garçons s’écroulait au pied du poêle, la porte de la classe franchie De leur côté, certains pères, souvent fermiers,  fournissaient l’école plus copieusement. Moi, je les extrayais du petit bûcher, m’arrangeant pour ne pas le faire écrouler ; Il n’ y avait pas à l’époque de chauffage au mazout ou au gaz

.

Avec des bons,  et dans la mesure où nous avions le droit,  et si les parents étaient économe,

 

on pouvait avoir un peu de charbon, du coke, de l’anthracite que des charbonniers aux visages et aux mains noirs venaient livrer en portant le sac sur leur dos.  Les mêmes personnages nous apportaient de la tourbe ou du bois.

 

Dans les maisons de mes parents ou grand-parents, nous étions des riches.

Nous avions un chauffage central. On y brûlait aussi bien du bois, du charbon, de la tourbe et tous ce qui pouvait se consumer. Il est  arrivé cependant très souvent à cette époque, que cela manquait

 

  . La porte de la maison franchie, c’était une sorte de liberté qui se présentait à nous jusqu'à l’école. On avait oublié les conseils des parents tel que « Surtout ne traîne pas sur le chemin de l’école ». Les voitures automobiles étant inexistante ; pas de « fait attention aux voitures ». On croisait  à ces heures matinales certes les charrettes des fermes qui livraient les commerçants, ou les calèches ou charrabancs de certaines fermières livrant leur lait et venant faire leurs courses. Les jours de marché, des vaches beuglaient au bout de leur corde tirée par un homme souvent . La porte de la maison franchie, c’était une sorte de liberté qui se présentait à nous jusqu'à l’école. On avait oublié les conseils des parents tel que « Surtout ne traîne pas sur le chemin de l’école ». Les voitures automobiles étant inexistante ; pas de « fait attention aux voitures ». On croisait  à ces heures matinales certes les charrettes des fermes qui livraient les commerçants, ou les calèches ou charrabancs de certaines fermières livrant leur lait et venant faire leurs courses. Les jours de marché, des vaches beuglaient au bout de leur corde tirée par un homme souvent .

 

C’était l’époque de l’Occupation qui dura quasiment tout le temps de notre primaire. Et on  avait oublié difficilement : « m’accepte pas de bonbons ! »  Aussi à la  vue d’un uniforme, surtout en casquette, on changeait de côté. On évitait leurs immenses charrettes à quatre roues grinçantes souvent attelées de 2 bourins. Elles se rangeaient  sur la place Saint-Mathieu,  accrochées aux arbres, en attente de chargement, et leurs chevaux nous montraient, piaffants et hennissants, sur un tapis jaune et chaud de purin,  leurs sexes raides, à la hauteur de nos yeux. Cela, on ne l’évitait pas et procurait, semble-t-il une certaine chaleur en notre corps. Lorsque nous étions plusieurs à regarder, nos discussions, souvent triviales, faisaient sortir de leur café les soldats conducteurs de ces engins. Une fois, à l’heure de midi, un de ces véhicules s’emballa,  le chargement terminé, les rênes traînant par terre, le conducteur, sans calot, en bottes de cuir, courait derrière, criant des jurons incompréhensibles. J’étais avec mon père, je l’avais rejoins après les cours de la matinée. Je le vis bondir devant cet attelage les bras levés en V. Les chevaux, bavant, s’arrêtèrent, tapant de leurs fers sur le pavé. Il pris les rênes et attendit l’arrivée du « boche » De chez le coiffeur, on sortit, patron en tête, visage à mousse blanche, officier en uniforme, le crâne pas entièrement tondu, le garçon lui tendant la main..

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 14:12

Je vois très bien le jardin de Pontivy, Img_1410.jpgje devrais le dessiner, je n’en aurais pas le temps, je vois le poulailler,  les caisses en bois des pondeuses, la guérite accolée où se range les carabines, où quand il pleut on s’abrite parmi les outils, l’immeuble des lapins plein d’odeurs, les buttes d’asperges, les haies de framboises plus hautes que moi, le fumier où pousse un cerisier, ou le pêcher, le champ aux pommiers où il reste les tiges du blé coupé,  ou du maïs, quand on tombe cela vous ouvre la pomme de la main, le chalet, écurie de la vache et des biquettes, je me vois tirant le lait de la biquette, trempant le doigt goulûment dans le seau, avalant un poil qui s’est aventuré sur le doigt, son goût, les bagarres dans la paille de la grange, le cognassier et ses fruits dans la haie du fond, le grand cerisier où avaient lieu nos repas, le vertige qu’il nous occasionnait et aussi pour certains les vomis plein de noyaux, comme ceux des oiseaux. Je vois d’en haut le grand-père qui arrive par l’allée accompagnée de ses deux fils pendant que nous les cousins on s’empiffre à mourir. Tout près, dessous, la grande au toit de taule, recelant des machines à vanner, une brouette et mieux une charrette à bras, balançoire, moyen de transport et lieu de glisse. Encore un peu de paille, je vois le trèfle que je vais couper  à la faux pour les lapins. Je vois les chemins disparus sous l’herbe haute, et humide qui mouille les mollets au-dessus des bottes. Le chemin qui se trace au fur et à mesure des jours sous nos pas. Quand est-ce que j’aurais le temps de dessiner tout cela. Quel machine pourrait scanner l’image qui est en moi ? Souvenir de Guillaume,le jardinier, de la cloche qui nous appelle, Du petit train qui démarre non loin de la cuisine et qui disparait au fond du jardin, derrière les chataigniers et les ruches.

 

Soixante dix ans après je m'en rappelle lorsque le sommeil n'arrive pas, la pluie  et la tempête qui tapent sur les carreaux m'ont pas sortie de ce jardin, proche du canal.

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 14:05

Une grande et haute maison sévère, seule à droite du pônt qui enjambe le canal. et  un grand jardin  l Cest là, chez mon grand-père que j'ai passé une partie de mon enfance ,  mon père étant sur le front, puis prisonnier.

Aufond de ce jardin un petit bois, avec un immense marronnier, des châtaigniers, des haies séparant de la ligne  de chemin de fer, à droite ses ruches et plus loin le cognassier perdu dans la haie du fond.

Le 19mars 1943, il envoie une lettre à une mes soeurs restées avec ma mère; "

Les enfants ne s'ennuient pas, et ne nous ennnuient pas; ils profitent du beau temps et ne parle pas de retour, malgré cela, nous irons vous les conduire jeudi si.. j'ai l'autorisation. Je  fais  Lademande aujourdhui:

 

Toubib il pouvaiT avoir des osveisses, Ma mère s'était réfugié avec mes frères et soeurs à landerneau

 

 Nous sommes en pleine guerre,

Le 6 Mai 1945, c'est une lettre pour ma soeur;

"Vous lui dirait que les petits lapins sont beaux et d'un joli gris bleuté.

Depuis 6jours nous avons 3 pêtits biquets:tpous les trois ont la tête noire avec une robe blanche sur le front comme la mère; 1 Petite chèvre noire avec une tache blanche sur les flancs.

 2 petits boucs: têtes ry épaules noires, l'un deux à même les jambes noires avec trois brecelet blancs; il faut les voir sauter et gambader"

Les  jours derniers ont fait des dégats: groseilles, cassis, tomates, pommes de terr, vigne, crises!!

 

dans ce jardin les cultures existaient, le blé, l'avoine, l'orge, le blé noir, coupés à la faux par Guillaume, du maîs pour les pigeons et nous, un carré de tabac, des fraises, une haie de framboises, les^pommiers à pommes à cidre, les pommes à couteau que l'on cueillit avec un instrument, genre éteignoir ou coupe vent des cirges monté sur un manche, les poiriers en espaliers le long de l'allée, le trêfle à la faux que l'on coupait pour les laoins, faux chaussure et chaussette, lors d'un geste mal assuré, les cerisiers, grands près de la grange, capables de supporter sur ses branches plusieurs petites enfants dégustateurs,, Jjusqu'à en être malade, petits et précieux près de la maison

 

Les cabanes

Une première accolée au poulailler, avoisinant les lapins, pas très grande mais suffisante quand même, pour abriter divers outils et une ou carabines

 long rifle,dont on avait le droit parfois de s'en servir avec le grand-père: surtout pour tirer sur les corneilles ou corbeaux qui habitaient le clocher de l'église Saint-Joseph. Une fois semble-t-il le grand père a réussi à en abattre un qui sévissait dans le cerisier il est vrai qu'il était aussi un chasseur ...et un pêcheur. Avec la patte droite coupée, il eut le droit à la mairie à une nouvelle cartouche Le front de Lorient ètait terminé; Mon père était rentré.

 

Une deuxième cabane, immense, aux piliers de troncs d'arbres équrris, ouverte d'un côté, couverte de toles, les flancs en planches de bois; Elle abrite des instruments agricoles; grands rateaux et fourches de boid aux crocs très longs servant à faner, une machine à vanner, un semoir, et surtout une grnde charrette à brs, où nous pouvions nous asseoi tous, c'est à dire, cinq ou six, lors des promenades dans les all"eq du jardin. Dans le brancard, des pères, le grand-père ou deux de bous. Rangée, la béquille déposée, son plancher, alors en pante, servait aussi de terrain de glissade.

 

La dernière cabane provenait de l'exposition universelle. Petit chalet en bois à toit à plusieurs pentes, couvertures en tuiles mécaniques, grande porte, parée d'un miroirpublicitaire et d' un thermomêtre, donnant le plus souvent sur la réseve de foins et ^pailles en gerbes ou en bottes; petite porte pour l'écurie pour la vache ou pour la chèvre. On se serait cru à la voir cette cabane, du temps de Versailles et de la Marie-Antoinette;

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:43

 "Chants de chouans de François Cadic page 19, Extrait de la paroisse Bretonne de mai 1924.

 

ma Grand mère,

 

 

Mathurine Le Dain, était certainement une des plus saintes femmes de tout le pays de Pontivy,.elle avait tellement débité de chapelets, en ses quatre-vingt-cinq ans de vie que le bon ange chargé de drsser le compte de ses Ave Maria, y perdait son arithméthique.

 

Elle n'avait pas connu que des joies en sa carrière presque centenaire, la chère créature.

 

Née aux jours les plus noirs de la Révolution d'une famille de proscrits, celle des Dains, de Kerlagadec en Noyal, rudes Chouans qui rendaient aux Bleus coup pour coup, on n'avait même pas pu la porter à l'église pour la baptiser.

 

un prêtre, qui se cachait chez ses parents au village de kergo avait dû administrer le sacrement dans une écurie, aua bout de deux semaines. lesannées qui suivirent n'avaient pas été guère heureuse.

 

Sans cesse la Nation était chez les siens à la poursuite de suspects, insultant, réquisionnant b^tes et grains, brisant les meubles, donnant de la baîonnette dans les lits, la paille et dans les foins.

 

En rappellant ces affreux souvenirs, il; lui passait un frisson dans les membres et se lamentait à voix dolente; "Triste temps, mes enfants, triste temps  que celui-là La nuit il ne fallait dormir que d'un oeil et le jour continuellement sur ses gardes. Que de larmes et de deuils et aussi de drames dans les familles

La nôtre fut particulièrement éprouvée; mais à quoi sert de tant dire?

 

Il est des secrets  qu'il vaux mieux taire pour ne pas perpétuer les haines. 

 

Nous avons un secret de famille, grand-mère? demandions nous

 

Ce secret narre un mauvais moment  passé au village où Jean Le Bihan a le haut contre une troupe de soldats et gendarmes venant chercher le trésor religieux. Il leur tient la tête, et déclare les découvrire sous leurs masques.

Ils partirent sans assassiner ce Jean Le Bihan, le pourquoi? Ils avaient été reconnu devant les personnes de la maison, liées avec les chouans.

Pour plus,  pages 24et 25 du volume de Chants de chouans édition Slatkine Genève Paris 1981

 

  Ce Jean Le Bihan serait né  à Kerriole 27081757 et décédé le04 02 1855

M

 

.

 

 


lLes Le Bihan de Kério

 

les Le Bihan habitaient au village de Kério en NoyalPontivy depuis le XV° siècle;  C'est le genre de manoir ancien, tout proche de la route menant  de Pontivy à Loudéac;

En qualité de gens notables de la paroisse de Noyal ils avaient de père en fils le titre de trèsoriers d'une chapelle célèbre pour son pélérinage.


 

  Son trésor  était abondamment pourvu d'objets précieux, d'or, ou d'argent et de vermeil.


Quand sonnèrent les heures sombres,son aîeul, Jean Le Bihan n'eut qu'une idée: cacher son trèsor, afin d'empêcher les aigrefins de la Révolution de voler ou profaner les croix et les vases sacrés. Il l'emporta dans sa maison de Kério.

 

Malheureusemen la trahison veillait. Il l'avait,à peine,en sa possession, qu'un détachement de la garde nationale de Pontivy

survenait et découvrait une magnifique croix d'argent qu'un gendarme mis en pièces pour en emporter le morceaux.ilen fut de même d'une croix d'or que Jean avait enterré dans le coin d'un champ.auprès du hameau du Kastel-er-biket.

Les malfaiteurs bleus, renseignés par un espion, sen saisirent et nul n'en entendit plus parler;

 

Restait une troisième croix, de vermail celle-là, véritable oeuvred'art qu'il se promit de soustraire à toutes lesrecherches en allant le jeter secrètement, sans être vu de personne, au fond du puits des Allanic, ses voisins.Il n'était pas espion, ni gendarme qui aurait l'idée de fouiller en une pariette oubliette.

 

 Mais cela ne faisait pas le compte des chefs de voleurs, les administrateurs du district de Pontivy. Ils n'ignoraient pas qu'il y avait en core une superbe croix aux mains du trésorier de la chapelle de Sainte-Malven et ils prétendaient s'en emparer.

 

 

 Pourquoi, je sort ce document du Chants des Chouans qui m'était signalé, et même offert

 

 

Dans les archives familliales des Le Bihan,  que j'avais en mains,  je découvre des documents à l'écu états de Bretagne et du temps des seigneurs de Rohan, et daté de l'an mille septcent soixante, concernant mes ancêtres Le Bihan et particulièremenr, une déscription des bêtiments et terres de ce village de Kério.

 

Curieux, j'ai cherché   et trouvé, un dimanche soir, sur l'anuaire de téléphone,,en la commune de Noyal un Le Bihan de Kério.

Il me reçoit  aimablement au bout du fil et propose de le rencontrer. à Kerio

 

Profitant de rendez-vous de chantier  dans  les environs de Noyal, nous lui avons annoncé notre présence. Une demie heure plus tard,  il nous recevait, Il avait les mêmes documents et regrettait que nous nous présentions trop tard, étant veuf.et sans enfants Avec lui nous découvrîmes les lieux¨,et les batiments,,qui n'avaient  très peu changé par rapport à notre document. l'air à battre encore sur place, le petit manoir restauré le siècle précédant. Tout y était

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:43

De retour d'une permission pour Noêl, Arrivé àPont Réan,  un centre de formation maritime,

Sur place,, au pied d'undrapeau français devant un château du XIX°. Nous sommes groupés comme peuvent l'être des civils, dont plus de la moitié sont des étudiants, certains ayant 24 ans et plus. Un gradé( nous devrons apprendre par la suite ces divers grades),avec un mot d'accueil nous fait l'éloge de notre mission et nous invite à la belle vie! que nous allons tout d'abord passer "à bord"de ce bâtiment qu'est Pont Réan.

 

les souvenirs de ces quelques jours y sont vite bousculés. ^

J  En Juin1956 j'avais annulé mon sursis de 3 ans, croyant que Ce service militaire va durer d'abord, 12 mois,!Puis arrive ce qui ne nous 'est pas prévu;  18 mois,

Puis vu arriver le 24 eime, ainsi que le 26ième.

 Et la Quille,c'est pour quand?......

 

 Il nous est annoncé que nous déménagions vers d'autres horizons.. Il fallait s'y attendre...

 

Nous refaisons la queue, pour recevoir notre paquetage individuel. Un énorme sac de toile, auquel est joint notre nourriture pour plusieurs jours, ainsi qu'un litre de rouge. Il sera plus utile que vous ne le pensez.Ce sac est lourd. Une carabine sans munitions nous est attribuée. Les cartouches sont entre les mains des sacos qui vont nous accompagner jusqu'à notre destination. Destination que nous aimerions connaître et qui, malgré les demandes répétées, ne nous sera délivrée qu'à la fin du voyage.

 

Nous reprenons la route dans ces éternels P'45, cette fois-ci en sens inverse, pour la gare de Rennes où nous embarquons dans un train spécialement réservé...

 

Combien sommes nous? Nombreux en tout cas, peuplant plusieurs wagons avec compartimernts; Nos gardiens prenant place deux par deux dans les compartiments des extrèmitès, près des portes qu'ils nous condamnent et ce, pour toute la durée d'un voyage vers le Sud.

 

Voyage qui fut une apothéose.

 

Souvent, laissant le passage à d'autres convois, ou pour toute autres raisons; comme les manifestations  précédentes des rappelés.

.Le train stationnera sur des voies de garage, la plupart du temps en pleine nature.

 

Très vite, nous essayons de prendre l'air. Mais cela nous est, les premières fois, mpêché assez rudement par nos gardes.

Et c'est là que les litres de vins que nous trimbalions et que nous touchions trè peu, vont faire le Miracle.

Les sacos  (Quartier-maître fusilier marin),ont semble-til vite épuisés leurs sources.

 Ils sont de plus en plus souvent dans nos compartiments et lorgnent nos provisions.

Très vite, nous comprenons que c'est nos litrons qui les interessent. Nous y allons lentement mais sûrement.

Rapidement, ils tombent dans un sommeil qui nous laisse toute liberté.

 

Nous sortons donc vers une autre liberté: marcher le long des voies, jouer aux toréadors avec les vaches dans les champs. ou se diriger vers les premières maisons à l'horizon; certains certes à la recherche d'un bistrot.

 

Et chaque fois il faut repartir, la loco a beau siffler, nos gardes révéillés ont un mal fou à récupérer leurs matelots.qui attendent le dernier instant pour grimper dans le train, parfois en marche.

 


Dans ce convoi, il n' y a pas que des appelés à faire ce voyage; des engagés, ainsi que des inscrits maritimes. Tout ce beau monde chante et reprend des "Méditerrenée, rivages ensoleillées"

 

Cela fait passer le temps et l'appréhension de l'avenir.

 

Combien de jours dura ce voyage vers Marseille? je crois qu'il fut très long pour tous. Avec cette rumeur de l'Algérie en vue; trois, quatre jours?

On ne vit de près aucune grande ville ou très vite. Ont entendit des bruits d'aiguillages, les tecs à tacs des rails qui s'ccèlèrent et les panaches de fumée, oui de fumée,  qui nous accompagnent à babord et tribord

 

On voit s"approcher desmontagnes, puis entrevoir des ressemblances de mer au loin.  et  des "Re Méditerranée" jaillissent

 

 

 

 

 

 

On voit s’approcher des montagnes, puis entrevoir des  ressemblances de  mer au loin.

 

Et, un  certain jour, nos destinations, des feuillesde routes,  nous sont livrées dans un langage hermétique qui ne nous dit pas grand chose au premier abord. 

 Nous sommes encore ignares sur les sigles annoncés.;.

 

 Quant à moi,, matelot sans spécialité,  je suis affecté à  l’Etat-Major  de la Troisième Région Maritime ». Ce que celà signifie? je le saurais  que plus tard, à Toulon.

 

Avec une trentaine d’autres ou plus, nous changeons de train.et conduits par un officier marinier,  nous allons rejoindre Toulon.

 

  De ces jeunes hommes, combien revinrent en France?  La Méditerranée, vont-ils la revoir au retour en France?

 

Ce jour"Vers le Sud" ne c'est pas bien terminé pour tous.

 

 

 

 

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 16:46

 

LE PONT

 

 

 

 

 

 

Il traverse d’une seule enjambée le canal et son chemin de halage.

 

Le Blavet canalisé coule paisible.

 

De temps en temps, un chaland automoteur ou une péniche, tirée par deux chevaux et un homme, descend vers Lorient, ou monte vers le centre de Pontivy.

 

 

Un jour,

une voiture que je connais, passe ce pont vers la ville. Je reconnaît l’ancienne voiture de mon père. Elle venait d’être vendue. C’était facile, il n’y en a pas beaucoup à l’époque. Ce pont sert plus aux piétons et aux charrettes qu’aux automobiles.  Certes il y a quelques rares camions bruyants à roues pleines qui y passe et aussi un car faisant la ligne Quimperlé-Pontivy, la galerie encombrée de cageots d’où sortent de temps une tête de poulets.

 

On est en 39.40

Mon père n’avait plus besoin de sa voiture, ma mère ne conduisant pas. Il partait à la guerre. Il m’avait laissé en 1938 chez mon grand-père et ma grand-mère qui l'ont vendue.

 

Un de ces jours très long, lorsqu’on a a peine six ans, et qu’on n’a pas de copain, je remarque que sur ce pont, une dizaine d’hommes s’affairaient. Des bancs et des tables enlevés du restaurant Robic, tout proche, sont entassés en travers.  Les allers et retours se succèdent. A  cette époque, les tables de restaurant sont grandes.

On dit des rumeurs: "Et ces civils sont-ils armés" ?  l me le semble, mais je ne mettrais pas ma main au feu.  Cela Je ne le voie pas de la fenêtre de la maison du grand-père, pourtant toute proche.

 

Cette fenêtre, c’est mon poste d’observation habituel, orsque je ne suis pas dans le jardin.

Elle se trouve au milieu de la maison. C’est là que je dors, entre la chambre des grands-parents et une seconde chambre au grand lit pour les invités.

 

Le canal, où les maisons se reflètent, s’écoule, au pied de la maison, sur plus d’un kilomètre et cela des deux côtés. En face, au-dessus de grands arbres, se pointent le clocher de Notre-Dame de la Joie et la tour de Saint-Joseph.

 

 Donc ce jour là, je vois mon grand-père sortir de chez lui, et se diriger vers le pont. Il a cinquante mètres à parcourir.  Je le devine discuter avec eux. Beaucoup de bras s’agitent. Il doit sûrement  leur dire que c’est une connerie. Il a fait 14-18. Il a vu les armées allemandes.

 

 Ce n’est pas cet enchevêtrement de banc et de table, et leurs fusils de chasse qui arrêteront les Fritz. Je devine cela car c’est ce qu’il grommelait tout seul, tout à l’heure, quand je lui ai dit de venir voir à la fenêtre ce qui se passait sur le pont

.

Et ils  démontent leur barrage, reprennent ces bancs, auxquelles ils refont traverser la moitié du pont, les rendent à leur propriétaire.  Ils ont du s’asseoir sur ces bancs, dépités, et boire un dernier verre ou finir celui qu’ils avaient commencé. Une bouteille de rouge devait les attendre, et les aidera à vivre cette défaite de nos troupes. Ils doivent y être là bas, derrière les rideaux du café, à attendre, toujours attendre et discuter de ce qu’ils auraient du faire ou pas faire. De quoi se mêlait ce docteur ?(Oui et je ne l’avais pas dit, mon grand-père est docteur.) Au moins nous, nous aurions fait quelque chose. Ils en auraient bavé ces Allemands.

 

Le pont est redevenu  désespérément vide.

 

Le Blavet coule paisiblement. Il fait beau. Peu de vent et de rides sur l’eau qui reflètent les rayons du soleil.



Puis brusquement la rumeur coure le long du Blavet.

 

 Le lourd silence se déchire.

 

" Les Allemands arrivent, ils sont au Gohazé. On les a vus. "

 

C’est Joséphine qui revient, en courant de la ferme où elle est allée prendre le litre de lait journalier.  Ses sabots claquent sur la route, et ce bruit rythme son appel de détresse.





Au premier étage. Il a été tiré les volets métalliques de toute la façade de la maison. Cela a fait le moins de bruit possible. Nous regardons au travers les fentes.

 

Car je l’avais quitté cette fenêtre, pour écouter dans la cuisine la Joséphine, que la grand-mère avait assise d’autorité sur une chaise, le pot de lait, au complet, auprès d’elle sur la table. La pauvre Joséphine, affalée sur la table, la tête dans les bras, elle sanglotait et parlait à la fois.

 

Le canal, avec son chemin de halage, et le pont, est devant nous.

 

Tout est calme.

 

La route qui arrive de la direction de  Gohazé, ce lieu-dit est en  Saint-Thuriau, sur la route de Josselin, passe au loin, sur notre droite, à un kilomètre, sous le pont de chemin de fer de la ligne Guingamp-Auray qui traverse le canal.

 

 Tout est calme. Personne. Nous attendons sans parler. 





récitent tous les deux des ave, le chapelet à la main. Elles prient Notre-Dame de la Joie, Notre-Dame de la Houssaye, Notre-Dame de Gohazé, Notre-Dame de Remungol, Sainte Anna d’Auray. Protégez-nous des Allemands. Ce sont des endroits où la grand-mère aime bien prier, certains très près. Elle nous y amène à pied les après-midi. Nous y brûlons un cierge puis jouons à l’extérieur pendant qu’elle récite son chapelet..

 

Le grand-père  hausse des épaules.

 

C’est pas ça qui va repousser les allemands, grogne-t-il, en les entendant.

 

 

Première FIN

 

 

 

 Nous sommes là derrière les volets, le grand-père et le petit-fils. Tous deux oppressés. Lui, je ne sais pas. Mais moi si.

 

Dans la chambre d’à côté il y a,  dans de gros livres,

des images de guerre avec soldats tués, de chevaux les quatre fers en l’air, ensanglantés, des arbres moignons, des canons renversés. C’était quelque part en Crimée.

 

 

Nous attendons, les yeux rivés vers cette arche du pont

de chemin de fer par où ils apparaîtront.

 

Aucun bruit ne les a précédés.

Ils sont là,

ils nous ont échappés.

 

Ils apparaissent sous le pont, Pas celui du chemin de fer.

 

Sous le nôtre, sous nos yeux.

 

 J’attendais un déluge d’hommes habillés de vert, de casques,

 

C’est calme, paisible. C’est tout autre chose que ce que nous attendions. Une image de rêve au lieu d’un cauchemar. Il y a de quoi se frotter les yeux.

 

 Trois hommes à cheval, je les vois habillés de blanc ou de rouge, j’avais six ans, comme en promenade le long du chemin du halage et qui remontent paisiblement vers le centre ville, la cravache à la main. Les chevaux dodelinent de la tête, s’ébrouent.  Leur hennissement traverse le canal. Ils n’ont rien à voir avec les chevaux de trait qui halaient les péniches.

 

de baïonnettes brillantes au soleil, de chars, d’engin de toutes sortes, de bruits.

 

Nous décompressons. Nos regards les suivent puis les quittent, trente secondes, peut-être moins, pour voir du côté du pont de chemin de fer. Rien n’y apparaît. Le trou sombre de l’arche y est désespérément vide. Est-ce un songe ?

Le premier coude du canal avale ces cavaliers..

 

Ce fut tout. C’était ça l’invasion ?

 

Plus personne à l’horizon. Tout le monde c’est calfeutré.

 

Le pont est toujours là, et nous aussi.

 

 Dans la cuisine, Joséphine et la grand-mère ont repris leur chapelet. Ils remercient le ciel de nous avoir sauvés. Elles ont complètement oubliées que c’était l’heure du goûter, pour moi, et du café pour elles.

 

Le grand-père, hoche de la tête en traversant la cuisine  pour se rendre au jardin. Je le suis, après avoir récupéré mes sabots.

 

 







 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 19:54

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