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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 08:58

SYMBOLISME  ET ICONOGRAPHIE DANS L’ART RELIGIEUX

 

 

Les origines du symbolisme sont très anciennes et remontent à la préhistoire. L'empreinte de la main d'un homme sur le flanc d'une bête est le geste symbolique de la possession. Dans l'art égyptien, bien avant l'apparition de l'art chrétien, tout prend une valeur symbolique; ainsi le sphinx à tête d'homme, à pattes de lion, à croupe de taureau, aux ailes d'aigles, symbolise les 4 éléments; leur croix ansée est le signe d'une vie éternelle, comme le scarabée-amulette est l'emblème de la résurrection. Il en est de même dans la mythologie grecque où chaque dieu ou déesse symbolise une chose ou une action. L'arc  d'Artémis est l'image de la lune.

 

Les catacombes seront un exemple chrétien du symbolisme, agneau, poisson, ancre

 

Le Moyen-Age ramène,  ou s'accapare tout,  l'histoire, la nature, les héros, même les héros de l'AncienTestament. Les animaux réels ou chimériques sont interprétés comme des symboles christologiques.

 

L'église est symbole du Christ cloué sur la croix, C'est pourquoi le plan basilical se transforme par adjonction de deux bras, les transepts. Elle prend un plan cruciforme. Le XIXe siècle ne l'a pas toujours appliqué. L’église Sainte-Claire de Penhars en est un exemple. Probablement question de crédit, mais aussi de facilité.

 

 Il faut voir que ces édifices au XVe, XVIe, siècles, ont été construits au fur et à mesure des ressources. D'abord l'axe central, puis les  bras de la croix l'un après l'autre. Il arrive parfois qu'un seul soit fait.

 

Les ressources sont les donateurs; souvent les nobles et seigneurs locaux. Ils prennent en charge une participation à la construction et plus tard à l'entretien. Cette participation leur donne un certain  droit de propriété. de nombreux procès émailleront au cours des siècles leur rapport avec le clergé et les autres seigneurs , et ces procès pourront durer des siècles.

 

L'orientation des églises;

 

A de rares exceptions, elles sont orientées, c'est-à-dire que leur chevet est tourné vers l'est, du côté du soleil levant. Cet usage se généralise à partir du IVe siècle.

 

C'est un souvenir de cultes solaires, de l'antique adoration du soleil levant; en Egypte et en Grèce, les fidèles se tournaient vers l'Orient pour adorer le dieu du Soleil; morts ils se faisaient inhumer face à l'astre.

 

Dans le christianisme le soleil n'est plus adoré comme un dieu mais reste symbole du Sauveur. Il faut ajouter aussi que l'Orient est, en même temps que la source de la lumière, la direction de Jérusalem.

 

C'est aussi la direction de La Mecque vers laquelle s'oriente le mihrab ( niche placée au milieu du mur du fond) des mosquées. Il indique, comme l'autel des églises, le point de direction des prières.

 

Si les musulmans prennent grand soin d'étendre leurs nattes et tapis de prières en direction de La Mecque, les chrétiens ne croient plus que le Dieu qu'ils adorent habitent le Sinaï ou Jérusalem. Ils le considèrent comme omni présent et leurs prières  arriveront bien à destination qu'ils se tournent vers le nord ou vers le sud. Dès le IXe siècle, il a été formulé qu'il n'y avait aucune raison de se tourner dans un certain sens pour prier.

 

Mais bien qu'elle ait perdue, depuis lors, sa raison d'être, l'orientation des lieux de culte est une règle que l'Eglise n'a pas abolie.

 

Si l'Orient est considéré comme le symbole du Paradis, l'Occident ou Est  est lui considéré comme de royaume des ténèbres, de la mort.  Souvent le mur de ce côté présentera un Jugement Dernier.

 

Le Nord est la région des frimas et de l'obscurité, il est voué à Satan, au règne de la Loi. Le Sud, Le Midi d'où viennent la chaleur et la lumière évoque l'idée du Christ Sauveur.

 

Ceci s'explique en outre parce qu'en entrant les fidèles ont, en entrant dans l'église, le nord à leur gauche et le sud à leur droite. La gauche a toujours été réputée de mauvais augure. Le mot sinister a donné en français le doublet senestre-sinistre. La dextre a toujours occupé la place d'honneur

 

Dans les Crucifixions, la Vierge est à  la droite du Christ, elle symbolise l'Eglise, saint Jean à gauche, la synagogue, soit l'ancien testament. Dans les jugements derniers les Elus sont placés à la droite du juge et les réprouvés à la gauche. Dans la nef des églises, les hommes occupent la droite, les femmes considérés comme des inférieures sont du côté gauche. On le voit encore particulièrement aux enterrements.

 

Ceci n'est  valable que pour notre hémisphère. Ce symbolisme chrétien n'est plus valable ou applicable au sud de l'équateur.

 

Continuons encore sur  le côté symbolique du Nord et du Sud. Dans la décoration des églises, fresques, vitraux, sculptures, le Nord est réservé à l'Ancien Testament, et le Sud au Nouveau Testament.

 

Autre symbolisme, les fonds baptismaux,  ils doivent être placé du côté nord de l'église car la Nord est la région des ténèbres où sont plongés les néophytes avant la purification du baptême. le 8, symbolise la renaissance par le baptême et la résurrection; les baptistère ont souvent une forme octogonale

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 17:42
Les compositions mystiques, au nombre de sept offrent un certain intérêt d'autant plus qu'elles ont été fréquemment représentés


 la fontaine de vie, le pressoir, ont été en vogue du XIII° au XVI° siècle et  XVII° pour ce dernier.

On trouve la Fontaine de vie à  la Cathédrale de Nantes, blog suivant
,Saint Jacques de Reims, ainsi qu’au château de Bourrions en Maine et Loire.

Le pressoir.

i


En vitrail : Saint-Jacquesde Reims, au château de Boumois en Maine et Loire On la trouvait aussi en peinture murale ou sur bois, à Chinon, châteaudun,Dissais,au musée d'Avignon XVII° siècle,


Le Vitrail  du maitre peintre verrier Linard Gonthier  XVII° siècle.

 à la cathédrale de Troyes.
  le Christ  est montré couché entre des planches qui le pressurent.

Des plaies, coule du sang,    recueilli dans un ciboire, sang qui fait naître une vigne, "vigne qui porte des fruits"  dont des apôtres: Pierre, Paul, André, Jean Baptiste, et vierges, une possible Marie-Madeleine
Deux donateurs, probables seigneurs l'accompagnent
dessin de L.Ottin,page 313, auteur de "Le Vitrail, son histoire", Laurens éditeur.



 
 
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 16:47
 La FONTAINE DE VIE fait partie des sept compositions mystiques, en vogue du XIII° au XVI° siècle.  Le Pressoir Mystique en est l'une.

 


 Le Christ est attaché à une croix, plantée au milieu d’un  vaste bassin ; le sang de ses plaies le remplit ;

 il est déversé au dehors par les autres têtes , au nombre de quatre; symboles des évangélistes, dans une seconde vasque, où des gens de tous ordres viennent se purifier.

L’efficacité salutaire de ce bain est attestée par la présence de deux pécheresses,   Marie-Madeleine et  Marie l’Egyptienne.
Les apôtres versent le sang divin dans la vasque où tous les ordres de la société viennent le puiser.





 Nantes, Loire Atlantique, cathédrale.

 La lancette centrale, de la Baie ouest, qui est un vitrail offert par Anne de Bretagne en1499, offre une

                                Fontaine de vie.



 Le Christ est ici en buste.                                 

Il porte une couronne d'épines de couleur verte

 Il est, dans une vasque de forme ronde où coule le sang de ses deux mains qu’il lève à la hauteur de ses épaules.
  Cette vasque est poséE sur une colonne qui repose sur une seconde vasque reposant dans une dernière vasque.  De cette première vasque,

                                   d’une tête d’ange ailé 
     dont un filet de sang coule tout le long  au delà de la dernière vasque.

La suite nous manque.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:23
    MARIE L ‘EGYPTIENNE

Quasiment inconnue en notre fin de vingtième siècle, elle fut cependant la plus illustre des saintes du désert, et accompagne souvent, dans les Fontaines de Vie, une autre pécheresse:Marie Madeleine.
Sa vie fut bien connue au Moyen Age qui lui attribue la date de l'an 421 pour sa mort et qui  célèbre son culte au mois d'avril, le 9, ce, jusqu'au XVIIIe siècle, puis le 2, plus tard et cela même jusqu'en 1925.


    Du XIIe siècle, il existe un chapiteau du cloître Saint Etienne de Toulouse qui raconte sa vie, et, les vitraux, peu nombreux, ne sont pas en reste, comme à Chartres vers.1205-1215, et Bourges 1210-1215, sans négliger Auxerre.

 Les époques postérieures semblent moins fécondes. J'ai pu en relever un de la fin XVe dans le Cher, et un second, du milieu du même siècle à Vendôme. Je pense, que cette représentation de Marie l'Egyptienne à Quimper dans la cathédrale, baie 127, est la seule de Bretagne.

Dans cette baie, dite des Kerloaguen, qui est dans la quatrième travée de la nef, côté nord, elle est, au-dessus des donateurs, a genoux sur deux coussins ces personnages sont Louise de Bréhet, dame de Rosampoul et son mari, Maurice de Kerloaguen

La présence de cette Marie l'Egyptienne, comme intercesseur du couple n'est pas directement explicitée et le texte gothique du phylactère, pour le moment incompréhensible, ne nous est d'aucune utilité dans cette recherche.




Marie l’Egyptienne, courtisane d’Alexandrie, avait eu la fantaisie de s’embarquer pour la Terre Sainte. Elle suit par curiosité des pélerins se rendant à Jérusalem. Elle faisait ce voyage avec des pélérins pour son plaisir assurée de trouver autant d’admirateurs en .Judée qu’en Egypte./
Elle comptait bien payer son voyage en nature;  Bourges, cathéseale Saint-Etienne. Arrivée à Jérusalem, elle se rendit au Saint~Sépulcre, et pénétra par les portiques sur la grande esplanade où s’élevait, d’un côté, la rotonde de l’Anastasis, de l’autre la basilique du Martyrium. Ce jour là ,la croix du Sauveur était exposée à la vénération des fidèles dans le Martyrium ; elle  voulut y rentrer  avec la foule, mais une force inconnue l’arrêta à la porte.

Marie, bouleversée par ce miracle, comprit que, seule, dans cette foule elle était indigne de pénétrer dans le sanctuaire, et elle fondit en larmes. Il y avait là une image de la Vierge ; elle la prit à témoin de son repentir, et il se trouva qu’après avoir prié devant elle, elle put entrer dans l’église. En sortant, elle s’agenouilla de nouveau l’image.
Tandis qu’elle rendait grâce

Marie, bouleversée par  ce miracle, comprit que, seule~ dans cette foule, elle était  indigne de pénétrer dans le sanctuaire, et elle fondit en larmes. Il y avait là une image de la Vierge ; elle la prit à témoin de son repentir, et il se trouva qu’après avoir prié devant elle, elle put entrer dans l’église. En sortant, elle s’agenouilla de nouveau l’image.
Tandis qu’elle rendait grâce

 elle entendit une voix qui lui (lisait « Franchis le Jourdain, et tu trouveras la paix »  Un inconnu lui mis trois deniers dans la main (fig. t65). Avec ces trois deniers elle acheta trois pains
Après avoir marché tout le jour, Marie arriva vers le soir au bord du Jourdain. Elle était à l’endroit même où le Sauveur avait été baptisé, et une basilique, dédiée à saint Jean Baptiste s’élevait sur la rive. Elle y entra pour prier, puis, s’étant approchée du .Jourdain, elle dénoua  sa belle chevelure et la plongea dans le fleuve pour la purifier.

.
Le lendemain, la sainte franchit le fleuve et s’enfonça dans les solitudes de la Perée où avait vécu saint .Jean-Baptiste; elle y resta quarante-sept ans. Un jour, un abbé nommé Zozime, qui chaque année quittait. son couvent pour aller chercher dans le désert une perfection plus haute, crut apercevoir non loin de lui une forme humaine, un être étrange. entièrement nu et brûlé par le soleil. Il voulut s’en appro-cher, mais il entendit une voie qui lui disait a Je suis une femme, et je suis nue, jette moi ton manteau pour que je puisse cacher ma nudité ». Il obéit aussitôt.

L’année suivante, au temps de Pâques, Zozime apporta l’eucharistie à la sainte, et il lui promit de la lui apporter. chaque année. Mais, quand Zozime entra dans le désert, la troisième fois, la sainte venait. de mourir, et il la trouva étendue sur le sable. Zozime ne savait comment l’ensevelir, mais un lion vint, creusa la fosse, et s’en retourna aussi paisible qu’un agneau ».


Jacques de Voragine, La légende dorée, Paris, librairie académique, 1925.p,212 et suiv.15, à propos de Marie l'Egyptienne, Fra Angelico la présente en 1437, dans le trityque de Pérouse.

En avril 1998, numéro 2745, dans l'hebdomadaire La Vie, paraît une reproduction d’une statue en pierre du XIVe de Marie l'Egyptienne, entièrement habillée de ses cheveux présentée comme étant une Marie Madeleine. Elle provient de l'église Notre-Dame d'Ecouis et fait partie de l'exposition << L'art au temps des Rois maudits : Philippe le Bel et ses fils>> montée au  Grand Palais, où cette erreur est reprise autant  sur le socle, que sur l'affiche.

A la cathédrale de Bourges, dans la baie 23, chapelle du déambulatoire, vingt scènes de sa vie sont narrées.

 Les vitraux de la cathédrale d’Auxerre  reproduisent à peu près les mêmes sujets.

Au musée Fech d’Ajaccio, elle est présente au milieu de cinq saints qui font partie d’une peinture sur bois du Maître du Crucifix d’Argent

Dans certaines fontaines de vie, l’efficacité salutaire du bain dans la vasque où les gens de tous les ordres viennent se purifier, est attestée par la présence de deux pécheresses : sainte Madeleine et Marie l’Egyptienne.

Elle est le symbole de la communion. L’abbé Zourine lui donne la communion.

Elle est invoqué comme saint Antoine pour « le feu », le feu de la prostitution, «  feu au fesse »



Son corps est recouvert de poils comme  le démon, par image à son ancien métier.
Les seins apparents indiquent la dégradation de son âme comme la nudité absolue.

Pénitente :  ses cheveux qui en poussant couvrirent tout son corps.

  Elle est Image de la Vierge qui motive sa conversion dans sa main droite elle tient trois pains
dont elle se sustenta miraculeusement.





Quimper, 29, cathédrale, XVe.  Baie 127.

Debout derrière les donateurs, la main gauche reposant sur la donatrice, ses longs cheveux au jaune d'argent, essayent de couvrir la nudité de son corps, laissant cependant apparaître une partie des seins. A noter que le gauche est moderne. Telle elle est décrite au Moyen Age, lors de sa découverte par l'abbé Zozine dans le désert de la Pérée où elle se retira durant 47 années : << une créature bizarre, toute nue, avec un corps tout noir et brûlé de soleil>>



Description:

Sa tête, en verre incolore, aux cheveux exécutés aux traits et aux enlevés au bois, avec une raie au milieu, est penchée sur la droite. Son regard, à la pupille noire et à l'iris gris, ne se porte pas sur les donateurs, mais plutôt sur le corps du Christ. Un nimbe rouge, très haut placé, est orné de deux rangés de perles blanches, exécutées à la gravure à l'archet. De la main droite, elle porte sur un livre rouge à tranche dorée les trois pains, symbole de vie et nombre divin, qu'elle emporta au désert après les avoir achetés à Jérusalem, avec les trois deniers qu'un inconnu lui donna. Sur sa droite, le phylactère est un morceau de bravoure technique dans sa découpe.Il est malheureusement illisible.


Vendômes, milieu XVIe


 Bourges,cathédrale saint Etienne  1210-1215,
Elle s'embarque avec des pélérins qui partent pour Jérusalem.

Elle prie devant la statue de la sainte Vierge

Elle passe le jourdain en canot


L'abbé Zozime  lui donne son manteau



                                         Celui-ci aidé par un lion enterre saint marie l'Egyptienne.

photos jp le bihan f; Qiuvreux,édition du chêne.Paris



Bussy, cher, église, fin XVe, en  elle est présenté enextase.

Chartres. 1205-1212.



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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 15:28
LA DORMITION
Ici Dormition de la Vierge de la chapelle Notre-Dame des Cieux de la commune d'Huelgoat  en Finistère. Il ne reste que 2 panneaux d'un ancien vitrail les A2, second panneau de la lancette de gauche et B2, second panneau de la lancettesuivante.

Sur un  panneau de cette Dormition,  le Christ a hérité de la tête d’un apôtre alors que sa tête « plane » 10 cm à côté.  Un autre panneau de cette Dormition existe dans une autre baie avec les apôtres et l’ange portant la palme. Ci-dessous reconstitution photographique.
Marie est allongée, dans la position inverse de quasiment tous les autres représentation.




DORMTION-WEB.jpg





L'historique des récits desDormition de la Vierge Marie





On attribue le récit de la Mort et de l’Assomption de la Vierge à Meliton, un disciple de saint Jean et parfois même à saint Jean, lui-même. Le texte est très ancien et eut une grande portée. On en retrouve en versions arabes et Coptes.

C’est semble-t-il Grégoire de Tours qui le fit connaître à I’Eglise des Gaules en l’abrégeant. Au Xllème siècle, Vincent de Beauvais et Jacques de Voragine le reproduisirent avec peu de modification.



DESCRIPTIFS.


Marie est étendue sur un  lit de parade qu’entourent les apôtres attristés ou priants, car des divers lieux où ils prêchaient l’évangile, ils sont tous venus portés sur les nuages (Vitrail.du XIIe siècle à la Cathédrale d’Angers.)
Ci contre gravure de Durer;

Au XVe siècle domine l’idée de l’absoute.


Saint Pierre, avec la chape ou tout simplement l’étole  croisée sur l’aube, asperge le corps d’eau bénite et récite les dernières prières. Un autre apôtre tient l’encensoir.
 Saint Jean a en main la palme verte que lui a remise l’archange Gabriel afin que Marie soit assurée de sa victoire sur la corruption et la mort. Elle vient du paradis c’est elle qui est évoquée lors de la Fuite en Egypte.
Le Christ, arrivé du ciel, enlève l’âme de sa mère sans ses bras et cela devant tous les apôtres sauf Thomas.

 Dans un autre registre, saint Jean est enlevé sur une nuée qui le dépose à Ephèse. Il accueille les apôtres et leur demande de ne pas pleurer afin que les païens ne disent pas «  Voyez comme ils craignent la mort, ceux qui prêchent la Résurrection. »

Le Convoi de Funérailles
, précédé de saint Jean portant la palme, est intercepté par le Prince des prêtres qui veut faire brûler le corps. Ses mains restent sur la catafalque.


L’on ignore de lieu et la date et les circonstances de la Mort de la Vierge.
A droite vitrail du XVI° de la chapelle du Ktreisker en Briec,Finistère
à gauche,vitrail XVI°de Louvigné de Bais, Morbihan,

Récit apocryphe.

« De Transitu Mariae » proche du VIe siècle, où le Christ vint au milieu des apôtres pour recueillir l’âme de sa mère. Le lendemain, le corps fut mis au tombeau et Jésus la ressuscita et les anges l’emportèrent au ciel.

Les Dormitions bretonnes suivent la tradition du XVe siècle où domine l’idée de l’absoute.
Ci dessousDuault, fin XVI° Côtes d'Armor.

L'historien Couffon, MSHAB1 1943, p. 53. signale que dans presque  dans toutes les Dormitions du XVIesiècle l’un des apôtres porte des lunettes ou du moins une paire de binocle.
Ex. Chalons/Marne baie 38. Mémoire de verre,p.30



   
Spézet,Finistère,chapelle Notre-Dame du Crann.



Là première scène, qui nous occupe en ce moment, demande à être décrite en détail.  Elle est encadrée ou surmontée d’une sorte de portique ou arcade architecturale portée sur un entablement et des pilastres à chapiteaux corinthiens. L’  ensembIe. .du tableau est composé d’après les données le la Légende dorée et offre beaucoup de rapports avec le panneau flamand du retable de Kerdevot, en Ergué-Gabéric.


La Sainte Vierge est étendue sur son lit funèbre, noblement drapée dans son manteau. les mains  croisées sur sa poitrine.


 Les apôtres tous avertis par un appel mystérieux pour venIr assister à ses derniers moments, sont réunis autour d’elle..

 Saint Pierre, portant  au cou son étole croisée la bénit et récite les dernières prières qu’il lit dans un livre tenu par un autre apôtre placé à sa gauche. Saint Jean. à sa droite, porte la branche du palmier du paradis, qu’un ange a apporté à Notre Dame, lorsqu’il est venu lui annoncer  l’approche de sa mort.

A son chevet,. un des apôtres tient d’une main une croix
processionnelle. et de l’autre un encensoir. A ses pieds, c’est un autre apôtre qui tient un bénitier et asperge d’eau bénite son corps sacré.


C’est donc tout l’appareil et le cérémoniaL des funérailles chrétiennes. Trois autres apôtres sont agenouillés sur des prie--Dieu, le premier lit dans un livre d’heures ; le second se lamente dans sa douleur, les mains croisées sur sa poitrine ; le troisième, les mains jointes, contemple avec respect et piété sa souveraine. Les  autres l’entourent avec des expres-sions diverses de tristesse et de vénération.
Au-dessus, dans l’encadrement de l’arcade,  au milieu d’une gloire lumineuse, Notre Seigneur  emporte au ciel l’âme de Sa divine Mère, figurée sous la forme traditionnelle d’un petit corps nu. Quatre petits angelots, les nains jointes, l’entourent et lui font cortège, tandis que deux anges musiciens jugés sur la corniche de l’entablement, jouent de la viole et célèbrent ses louanges.  Abgrall. 1913..



INVENTAIRE.BRETAGNE

Bannalec    29        Chapelle deLa Véronique. Vitrail Disparu                                                        MSHAB plan XII
Bazouges laPérouse , 35                                       XVI°
Briec        29        CHapelle.St Corentin_Le Kreiker.            XVI°
La Chapelle Janson      église       1558
Duault     22        église                        1594
Ergué-Gabéric 29       Chapelle Notre Dame de Kerdevot                XV°
La Ferrière 22        église                        XVI°
Gouezec    29        Ch. NotreDame  des Trois Fontaines. Vitrail Disparu      XVI°
Huelgoat    29        CHapelle.Notre Dame des Cieux.                XVI°
La Martyre 29         église                        XVI°
Languidic  Morbihan        ChapelleSaint Diboban            1588   ci-dessous

Louvigné de Bais 35     église                        XVI°
Merléac    22        Chapelle.Saint Léon                        XVI°
Moncontour 22        église, éléments possibles en Baie3        XVIe
Nantes    44         Notre Dame . Vitrail Disparu
Plabennec 29        Chapelle NotreDamede Lesquelen. VitrailDisparu              XVI°
Ploërmel    56             église                        XVI°
Quimper     29        Chapelle Du Penity     VitrailDisparu                XVI°
                    Chapelle. Du Guéodet  Vitrail Disparu                XVIe
Rennes     35         EGLise.St Germain                    1545
Spézet    29        ChapelleNotreDamedu Crann                1550
 
DIVERS
Ablis                        1550
Avesnes     Sarthe            1540         Egl. St Jean Baptiste
Bale                         1666         ( revue de l’art n°10)
Baugy          Oise            1530
Beauvais      Oise            1550
Chambry                    1515

Crenoy        Aube            XVI        Egl. St Aventin
                                Ange apportant un palme
Ecouen
Eve           Oise            1540
MESNIL Aubry                1560
Rheinfelden
Roye       Somme                       1534
Rouen                     1500 vers    Egl. St Godard
                                Le vitrail à Rouen, F.Perrot
St Quentin                     1220
Soissons                      1225
Vieux Thann                  1466
A Etampes, 1540-1555, il existe une Dormition avec un essai d’habits d’apôtres de l’époque du Christ.

Dans les Pays de Loire, on trouve 8 Dormitions de la Vierge traitées en funérailles et 28 Dormitions simple dont Chartres.


XIXe et XXe.
Dinan, 22, église Saint-Malo, 1877, Denis, « Mort et couronnement de la Vierge »
Langonnet, 29, chapelle Neuve, 1985, JPLB.
Morlaix, 29, église Saint-Martin des Champs,  baie 11, dans médaillons, 1859, JLNicolas.
Ploudaniel, 29, église Saint-Yves, 1862, Florence.
Quimper, 29, Cathédrale,  baie 2.1891, Lavergne
Saint-Nolf, 56, chapelle Sainte-Anne. XXe dormition de la Vierge sur deux lancettes dans baie avec fleur de Lys.

 

ARTISTE et DIVERS
 Bourricquen Claude        relevé des Cordeliers.
Durer            vue de face        1510   
Collaert         Sculpteur            1580
                                D’après Stradamus Joan
Galle                            idem . MSHAB XXV pl. XVI
Schongauer        vue de face         1491 avant jardin des     arts
                                n° 198  ( 1971) p. 23.30


Mulhouse        musée historique, retable Lösel.

A  Rennes en l’église Saint-Germain, nous voyons dans la verrière  du Sud entre autres sujets l’annonce par l’Ange de la future mort de la Vierge.

Marie avait soixante ans (soixante douze suivant une autre tradition qui paraît moins vraisemblable pour Jacques de Voragine).

Marie, depuis longtemps, désirait rejoindre son fils. Un jour, au milieu d’une grande clarté, un ange apparaît à Marie. Il porte à la main un palme. “Marie, dit-il, je te salue et je t’apporte une branche de palmier du Paradis. Tu le feras porter devant ta dépouille dans trois jours, car ton fils t’attend”.

Ce palme est aussi évoqué dans la fuite en Egypte. Ici, il veut indiquer que Marie est assurée de sa victoire sur la corruption et la mort.

Ce sujet est assez rare en vitrail. C’est semble-t-il le seul en Bretagne.
Il peut être vu à Soisson et à Saint-Quentin.

Ici à Saint-Germain, on peut remarquer que le visage de la Vierge est le même lors de l’Annonciation et lors de l’Annonce de sa mort. Est-ce une image voulue de sa vie éternelle?

LA DORMITION DE LA VIERGE

Ce sujet est très fréquent dans le vitrail. En Bretagne, on peut en dénombrer une quinzaine de représentation.

Ce sont les grecs qui ont donné le nom de “Dormition” à la mort de la Vierge, car pour eux cette mort ne fut qu’un sommeil.

Au XV et XVIème siècle, la Dormition de la Vierge était, surtout plastiquement, l’expression de l’absoute suivant un schéma bien défini.

Saint Pierre, revêtu d’une chape ou simplement d’une étole croisée sur une aube, asperge le corps de Marie avec de l’eau bénite. Il se sert d’un goupillon proche des aspersoirs en bois ou en métal du XVème siècle qui ont la forme d’un bâton se terminant par une longue touffe de longues soies de blaireau. On le nomme goupillon par analogie avec la queue du renard. Saint Pierre récite les dernières prières. C’est le cas ici à Saint-Germain.

Un autre apôtre doit tenir l’encensoir, tandis que saint Jean tient en main le palme que lui a remis l’archange Gabriel ; c’est le palme de l’annonce de la mort de Marie.

Ici à Saint-Germain, on trouve bien saint Jean, à qui le verrier a ajouté un geste de tristesse, mais pas l’apôtre avec l’encensoir. De même, ont disparu le Christ ou un apôtre tenant la croix processionnelle.

Ces personnages devaient faire partie d’une scène plus importante d’au moins quatre tableaux sur un plan horizontal. La présence de seulement la moitié du corps de la Vierge peut nous le confirmer.

La présence des trois femmes en pleurs est unique en Bretagne dans les Dormitions de la Vierge, mais cette présence est de tradition dans les évangiles apocryphes.

Jacques de Voragine parle de “choeur de vierges”.

Dans un autre évangile apocryphe et, d’origine inconnue, mais cité en 1863 par L. Ayma, on peut lire que:
“Le troisième jour, vers la troisième heure, le sommeil descendit sur tous ceux qui étaient dans la maison, et personne ne put se tenir éveillé, excepté les apôtres et trois vierges, compagnes fidèles de la Vierge Marie”.

Dans notre verrière, les femmes et saint Jean en pleurs surprennent si l’on s’en tient aux deux textes où saint Jean demande de ne point pleurer.

1Mémoire de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne.


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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans ICONOGRAPHIE
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