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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 06:27
            POISSON D'AVRIL !
                               
                le poisson devenu l'attribut

                de nombreux saints
POISSONS D?AVRIL !
                                et
        le poisson attribut de nombreux                                 saints
                        comme

.Saint André, patron des pêcheurs et aussi protecteur de l'université des marchands de poissons à Rome. Représentation : dauphin ou deux ou 3 poissons dans un filet à ses pieds.
            ET LE MERVEILLEUX
Saint Antoine de Padoue.les poissons sortent de l'eau pendant qu'il prêche.ils sont toute uie!

Saint Arnould, évêque de Metz : anneau qu'il jeta dans la Moselle et qui se trouva plus tard dans le ventre d'un poisson.

Saint Bennon, évêque de Meissen en Saxe, poisson qui lui rendit les clefs de sa cathédrale qu'il avait jetées dans l'Erbre, lorsqu'il fuyait la persécution de l'empereur HenriIV.

Saint Berthold, abbé, les poissons sont dans un plat et lui parlent

Saint Corentin, évêque de Quimper. en Cornouaille. se nourrit d'un poisson,  dont il coupe un morceau chaque jour, morceau qui repousse.Ce poisson vit dans une fontaine, il est représenté deux fois à la cathédrale Saint-Corentin de Quimper dans des vitraux du XV° ( baies 113 et 131)!

Le poisson en divers actions.

Clefs jetés dans l'eau retrouvés dans ventre du poisson, Les évêques doivent avoir tous cette idée de jeter leur clef. Il s'agit desSaints Girald, év . Arnould, Maurille, év. Egwin, év. Bennon, év. Arnould, év.

Poisson tenant une mèche allumée dans sa mâchoire. (  pratique pour les cierges!) de Saint Stanislas, évêque.
Poisson portant un saint sur son dos.un vrai ou une statue!
Poisson tenant des clefs dans sa mâchoire,chez saint Maurille.
Poisson placé sur un livre,(de pêche)
Poisson apporté à des saints par un oiseau.(martin pêcheur)!Il s'agit de Saint Gérard et saint Gaultier
Barbeau, dans le ventre duquel on trouva un anneau d'évêque!

Dauphin. Piété pour les morts.
Symbole du Christ et de la Vierge.
Attribut de saint Adrien, saint Lucien



       

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 17:21


                        CATHEDRALE SAINT CORENTIN  QUIMPER




                        Lundi tout est gris
                    ans la vieille cathédrale
                    Dans la musique angélique
                    Où cent ouvriers casqués
                    Bâtissent un échafaudage
                Plus beau que ceux des fusées


                    Puis chez le maître verrier
                            Le raccommodeur
                        De lueurs anciennes
                        Au fond du faubourg
                    Choisissez bien votre verre
                   Bleu de cobalt rouge manganèse
                    Recouvrez-le de grisaille
                        Laissez sécher
                    Placez dans le soleil
                Et Maintenant lentement
                Avec un morceau de bois
                Des aiguilles des plumes d'oie
                    Ou bien vos doigts
                Faites fuser des lumières


                Avec un pinceau de martre
                Modelez cette paupière
                Et la forme du sourcil
                Et cette ombre de sourire


    Passe un compagnon en blouse bleue, une rosace sous      le bras, qui  perd en chemin  des bouts d'anges,  de         vierges,  de rois,de draperies, d'auréoles. Tout  est gris                 sauf  leur  tintement.


            Rien n'est plus triste, père
            Qu'un vieux vitrail hors de sa place
            Car sa lumière et lui
            Etaient inséparables


            Sable et cendres font le verre, dit-il
            Et le désert surgit
            Où rien ne se gaspille
            Sinon le temps


            Cet instant de cent ans
            Dans le désert il faut bien
            Chaque jour sur le chemin
            Glaner la moindre brindille
            Si l'on veut faire un feu au soir


                        Suffit la mélopée


                    Il faut avoir des défauts
                    Pour faire jouer la lumière
                    Telle est la leçon du verre


                    Un visage de larron sourit
                    Qui ira au four cette nuit          


                           
 
                   
 
                       
 
 
                        Compère qu'as-tu vu

                            Jean Pierre Abraham
                            Véronique Caroff
                                    mai 1993
                            aux éditions Le temps qu'il fait







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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 20:13
1480.un chef d'oeuvre          COMMUNE DE BRENNILIS, Finistère

        Eglise Notre-Dame, classée MH   Baie du chevet


Cette église était à l'origine, au XVème siècle, une chapelle, dépendante de la paroisse de Loqueffret, puis, à partir de 1849, de l'Abbaye du Relecq en Plounéour Ménez. Quand à la La commune de Brennilis,  elle ne vit le jour qu'en 1884.

Les vitraux de cet édifice.

Trois verrière figuratives, classées le 10 novembre 1906, (1) éclairent la façade Est de cet édifice, alors que les autres fenêtres du côté Sud ne présentent que des verrières en verre blanc et plombs de diverses époques dont les tympans sont parfois ornés de restes de blasons et  de dais d'architectures. La Vierge, à laquelle est consacrée cette église, est présente dans la verrière du chevet, la 0, ainsi que dans la fenêtre 1, où se voit une Sainte Conception de Marie,fort indécente.(2) Ce dernier vitrail fut offert par un Roland de Berrien, vicaire perpétuel de Pleyben dans les années 1492 -1498, qui est aussi le donateur de la verrière du chevet de la chapelle de Lanneleg en Pleyben.


 
La Baie du chevet



La datation de cette verrière du chevet peut reposer sur les décors et sur les armoiries

A l'encontre de la verrière de la Sainte Conception, nous n'avons aucune inscription ni date . Il est vrai aussi que  quatre panneaux inférieurs nous manquent. Ceux-ci auraient pu être porteurs d'une indication. Grâce aux divers blasons qui ornent le tympan aux trois fleurs de lys, nous pouvons  entrevoir une datation
Ces blasons sont accompagnés d'anges musiciens et orants, ainsi que de motifs végétaux et floraux avec des épis en forme de pommes de pin. Ce décor avec épis  peut nous donner des indices, car il se retrouve dans la fenêtre du transept Nord de Pleyben, malheureusement cachée par un retable, et, dans la fenêtre du chevet du Pénity de Locronan. Il en est de même dans l'Arbre de Jessé de Notre Dame de Confort. Pour les deux premiers édifices, nous avons des dates différentes, milieu XVlème pour le premier et tout début  pour le second. Quant à l'Arbre de Jessé, il   est de la première moitié du XVlème.

L'étude des armoiries est plus prometteuse.

1443 !

Cette date  est celle du blason : des Berrien - Lézongar, au franc canton, chargé d?un lion de sable. Le lion de sable a disparu de son emplacement et orne, comme bouche-trou, la partie supérieure de la scène de la présentation de Marie au Temple. Il sera remis à sa place, lors des travaux de restauration.

1450 !

Blason burelée de dix pièces d'argent et de gueules pour Yvon du Quélen, et faxée d'or et de gueules de six pièces pour Jeanne du Chastel. Pour cette première armoiries, il peut être proposé au plus tôt 1450, date de leur mariage.

 
1481 !

 Autre approche  possible avec les armoiries mi-parti de Berrien et du Juch. Celui-ci était homme d'armes lors d'une montre de 1481 et épousa Louise du Juch. Ils furent le père et la mère de la précédente.

1495 !

Autres dates plus tardives avec les armoiries mi-parti de Quélen et de Berrien. Cette dernière, Louise de Berrien, dame de Coatanezre et de Kerdudal, épousa vers 1495, Olivier de Quélen, baron du Vieux Chastel.
Toutes ces armoiries, dont la datation va de 1443 à 1481 environ, sont à notre avis de la même époque. S'il y avait un doute pour l'une d'elle, l'accompagnement d'anges et de motifs  floraux est bien d'un seul jet et d'une même époque. Donc en premier ressort, nous proposons
148O


Autre approche : l'emploi de la sanguine

Autre approche, plutôt technique, d'une datation probable, c'est l'emploi, avec une grande habileté, de la sanguine sur les visages et les mains des personnages du vitrail. Son apparition, sur le plan national et mondial, date de la première moitié du XVIème siècle.
De cette sanguine, on n'en trouve trace, ni dans les verrières hautes du choeur, de la nef et du transept de la Cathédrale de Quimper datées de 1417 - 1419, pour les premières et fin du siècle pour les autres,  ni dans les Passions XVème ( baie 4) de Guengat, de Kerdévot en Ergué Gabéric. Pour y pallier, il est employé parfois des verres roses, ce qui est notable au chevet de Locronan qui est bien du XVème siècle et que Couffon date du XVlème siècle, se tablant sur les armoiries de François Il et de Marguerite de Foix ... Comme quoi, il faut être très réservé sur la datation de ces armoiries.

Le fenestrage en fleur de lys.
Troisième approche sur la datation du vitrail, c'est un autre chercheur, Yves Pascal Castel, dans 'la fleur de lys aux fenestrages des églises de Basse Bretagne' qui nous la donne, avec la date de 1485 pour Brennilis, en se référant à une inscription lapidaire qui signale la présence d'un procureur 'au commencement de cette chapelle.Nous voici donc en pleine indécision et la comparaison avec d'autres verrières est impossible.

Oeuvre spécifique d'un atelier inconnu pour le moment.En tout cas,Il s'agit ici d'une oeuvre spécifique d'un atelier dont on ne retrouve pas de traces ailleurs. C'est le cas de beaucoup de verrières du XVème siècle qui sont toutes différentes d'esprit, de sensibilité artistique et de technique picturale, ce qui en fait le charme et la richesse.Elles n'ont de points communs, et encore, que dans la technique de la coupe, de la cuisson, des emplois de grisaille, de jaune d'argent et de mise en plomb. C'est le mystère de  ces vitraux, dont on ne connaît encore, ni les commanditaires, ni les auteurs.
Nous penchons pour la fin du XVème ;

Revenons à notre point de départ: quelle date attribuer à ce vitrail? 1450 -1485? Nous pencherons tout bonnement, peut-être avec erreur, pour la fin du XVème, bien que??..

LA VERRIERE DE LA VIE DE LA VIERGE.

Nous avons ici, à Brennilis, huit panneaux historiés, sur seize, répartis deux par deux, en quatre lancettes de 2.80 mètres de haut et de 48 centimètres de large. Ces dimensions varient de plusieurs centimètres, autant en largeur qu'en hauteur suivant les lancettes. Le sol est très proche du côté intérieur, 2.50 mètres et un autel, avec retable, cachait la partie basse de la verrière, il y a encore une trentaine d'années.

Une restauration partielle du peintre verrier Jean Jacques Gruber, avec incorporation de vitraux d'accompagnement dans les parties manquantes, avait eu lieu, suite à la visite de Madame Pompidou, lors de l'inauguration de la Centrale Nucléaire.(3)

Les têtes de lancettes sont réservées aux dais d'architecture, en verre incolore rehaussé de grisaille et de jaune d'argent, dont le dessin est très ouvragé, avec une perspective concave répétitive, qui laisse entrevoir une tribune. L'esprit est gothique.

Malheureusement, à une époque récente, XlXème ou XXème siècle, les parties supérieures ont été coupées, dénaturant la lancée (ou terminaison florale) de ces dais. Cela a semble-t-il été nécessaire suite à un affaissement de la maçonnerie du côté gauche.

Les autres baies, la 1 et la 2, ont eu le haut de ces architectures encore plus massacré. Ces deux verrières venaient-elles d'autres fenêtres? Ce qui est très plausible car dans les baies 4 et 6, nous trouvons encore en place des éléments terminaux d'architectures. Déménagements très fréquents aux XVllème et XVlllème siècle. Dans ce cas précis, la vitrerie blanche de ces baies nous l'indique bien.

Les panneaux manquants, de la baie du chevet, emplacements des donateurs !

Dans les quatre panneaux manquants, plus grands que les figurés, nous n'avons pu déterminer ce qui était présenté. On peut cependant proposer, mais sans affirmer, qu'on aurait pu y voir des donateurs en orant, comme par exemple ces couples du Quélen - du Chastel et de Berrien Lézongar. Nous ne pouvons aller plus loin, car, pour le moment, nous n'avons trouvé aucun acte de prééminence concernant cette église. Se pose la question :quand ont-ils disparu ? Lors de la révolution ? C'est peu probable ; les autres armoiries, faciles d'accès, y sont encore.
Peut-être la présence d'un retable très conséquent et la manie ou tradition du XVllème de boucher avec de la pierre ou de l'ardoise le bas des lancettes en est la cause, ce qui est très fréquent dans notre région.

DESCRIPTION DE LA VIE DE LA VIERGE


Cette vie de la Vierge commence en haut à gauche, pour se poursuivre vers la droite, par l'« Entrée de Marie au Temple", petite « bonne femme » montant les marches sous les yeux d'Anne et de Joseph.

Succède le mariage de Marie et de Joseph avec l'épisode du rameau, sujet très fréquent dans les vitraux du XVème en Cornouaille.

Le Nouveau Testament et l'Evangile de Luc sont pris pour les quatre tableaux suivants : l'Annonciation, la Visitation, la Nativité et la Circoncision. De l'évangile de Mathieu proviennent l'Adoration des Mages et la Fuite en Egypte.

La composition de chaque scène et le parti-pris simplifié du décor, sont un atout et une spécificité de cet atelier. Le lieu où l'action se déroule est très simplement. indiqué.

Dans l'Entrée de Marie au Temple, ce dernier prend la moitié du panneau. C'est un escalier en courbe dont les onze marches, au dessin naïf, présentent une perspective hallucinante ainsi qu'une montée très délicate. Au haut, le grand prêtre sort d'une porte, les bras ouverts vers Marie. A gauche, Joachim et Anne, volume rectangulaire sur fond bleu.

Pour le Mariage de la Vierge, le Temple n'est pas représenté, si ce n'est par le grand prêtre. Seul le fond rouge pourrait rappeler le rideau du Temple.

Ici, on peut relever la place des fonds dans les panneaux supérieurs, deux fonds bleus encadrent deux fonds rouges. Au-dessous, deux fonds rouges encadrent deux fonds bleus. On aurait probablement retrouvé au-dessous, dans les parties manquantes, le même parti-pris, soit bleu, rouge - rouge, bleu. Mais continuons à regarder nos panneaux.

Seul le pupitre et la colonne d'architecture, qui ouvre sur l'espace rouge, indiquent le lieu de l'Annonciation. A noter cependant, au-dessus de Marie, le plafond voûté en bois. Toujours le même dépouillement dans la Visitation. Geste, plus que rare, d'une Elisabeth à genoux devant Marie. Le décor est une petite porte cintrée derrière une femme témoin.

Dans les deux scènes de la crèche, le lieu est un mur de pierres, bien jointoyées et posées régulièrement, parfois presqu'en ruine, ceci dans la Nativité; en meilleur état lors du passage des Rois Mages. Les dimensions des pierres ont varié d'une scène à l'autre. Et, sur ce mur de pierres repose le toit, dont la charpente est constituée de troncs d'arbres, et aussi de branches dont certains portent encore les écots. Des liens en corde unissent ces éléments de charpente. Image des étables du XVème siècle!

La Circoncision se déroule sur un fond bleu violet, le Temple c'est l'autel et le grand prêtre.

Enfin, pour la Fuite en Egypte, ni arbre, ni palmier, simplement un fond rouge. Cette façon de procéder permet dans tous les cas, une meilleure lecture et on est loin des vitraux aux décors exubérants de la Renaissance. Cet esprit de simplicité de composition n'est pas sans rappeler les vitraux des Xllème et Xlllème siècle.


La palette des couleurs

Ce fut une surprise que de découvrir le grand nombre de teintes de verres qu employa le verrier. Cela indique aussi la présence d'un atelier possédant un stock et une palette de couleurs de verres, ce qui est assez rarissime.

Il y a les rougesqui semblent prédominants par leur surface. Ils ont été choisis dans des feuilles de tonalité très proche ; ce qui n'est pas toujours facile. Le rouge ne laissant pas passer la lumière, il s'agit d'un verre blanc supportant au soufflage une fine pellicule de rouge.

Nous trouvons un bleu violet dans la robe d'Elisabeth, un autre, un peu plus fort pour St Joseph, que cela soit au Mariage ou dans la Nativité. A noter que St Joseph ne se trouve plus dans l'Adoration des Mages, probablement question de place.

Il y a le bleu du manteau de la Vierge que l'on retrouve dans toutes les scènes. Ce manteau bleu recouvre une robe d'un violet carmin, violet que l'on voit plus proche d'un brun laqué comme fond de la Circoncision, ou, plus brun vermillon chez Joachim. Il y a encore un violet, plus gris violacé pour les ailes de l'Ange Gabriel.

Les verts sont, eux aussi, nombreux. On en relève trois: une cendre verte derrière la Vierge de l'Annonciation, un moyen sur le pupitre de la même scène et que l'on retrouve pour les sols de l'entrée de Marie au Temple, de la Visitation et de la Nativité. Et enfin, un vert émeraude sur le manteau de l?Ange Gabriel.

Le verre incolore présente au moins deux teintes que l'on devine dans les architectures. L'une d'elles, la plus proche du blanc, est utilisée pour les visages, les mains et les corps.

Les visages

L'approche du détail nous confirme, une fois de plus, la spécificité et la qualité hors pair de cet atelier, avec cependant une certaine réserve pour la scène de la Présentation de Marie au Temple.

Attirés par l'air de famille des visages, ce qui est une chose naturelle, lorsque c'est le même peintre qui oeuvre sur une verrière, nous avons été plus loin et avons découvert (et cela est la première fois en trente ans de métier) en superposant les visages, hommes sur hommes, femmes sur femmes, parfois face interne sur face externe, nous avons donc découvert que le peintre verrier devait posséder un dessin original de visages. Il le transposait très légèrement, sans grande modification, par transparence, ouvrant ici un peu plus grand les yeux, forçant là un peu sur le nez. Il a agi de même pour le toit de la crèche.


Le peintre

Il n'était pas seulement un copieur, il savait tenir ses pinceaux et son registre plastique est époustouflant.

Le trait de grisaille noir est très sensible, juste ce qu'il faut, affirmant quelques traits comme les sourcils, les paupières, l'oeil ou les poils de barbe ou les cheveux. Tout le reste est une débauche luxuriante de sanguine.
Cette sanguine, il l'a posée sur les deux faces du verre, au dos pour accentuer la teinte, les traits et donner des ombres. C'est avec elle, qu'il crée les visage, les mains. Il va même plus loin. Avec cette même sanguine ou du Jean Cousin, qui est de la sanguine encore plus cuite et desséchée, et sa grisaille noire mélangées, il arrive à une teinte brune. Cette teinte se trouve dans le toit de la crèche, le couffin de l'Enfant Jésus, ou les ombres portées des vides sanitaires au-dessous des escaliers du Temple.

Toutes ces grisailles ou sanguines, il les enlève pour donner de la lumière ici et là, avec un bois ou une pointe et aussi parfois avec une brosse dure. Un damassé très effacé ou très léger recouvre les faces intérieures.

Il y a aussi le jaune d'argent, nitrate ou chlorure d'argent, qui est très librement posé et qui, par endroit, c'est reproduit sur d'autres pièces par fusion lors des cuissons. Il anime les nimbes, les cheveux, les architectures.


Le verre

Autre spécificité de cet atelier, c'est aussi le verre et sa découpe. Le verre utilisé est un verre soufflé en plateau.
Nous avons pu relever, grâce aux ondes concentriques que laisse ce genre de fabrication, que les plateaux de verre utilisés faisaient près de 90 centimètres de diamètre, soit environ les 36 pouces des mesures d'époque. Le verre est d'une surface non plane dont l'épaisseur varie de 3 à 6 millimètres et, sur certaines pièces, on trouve les bords arrondis, dits bourrelets, spécifiques à ce genre de fabrication.
De nombreuses bulles, petites ou grosses comme une cerise, s'étalent en cercles plus ou moins concentriques suivant les couleurs et les morceaux de verre.

Dans certains cas, les cratères, dû à l'âge du verre et à l'acidité de l'air et des lichens et mousses, laissaient sur le verre rouge apparaître le verre incolore.
Les pièces de verre découpées sont assez grandes dans l'ensemble
. Une pièce bleue du manteau de la Vierge s'étale sur 34 centimètres. Cela peut être une indication intéressante sur les dimensions des fours de l'époque.

La coupe de ces pièces de verres montre une dextérité hors du commun à une époque où le verre était coupé au fer rouge. Cela est visible dans les morceaux supérieurs de l'architecture des dais. Par contre, nous n'avons relevé qu'un chef d'oeuvre,qui est, après l'ouverture d'une fenêtre dans le verre, la pose d'un autre morceau de verre. On le voit dans le mur de la crèche. Cet atelier n'a pas non plus profité de la technique de la gravure à l'archet des pièces rouges, technique très utilisée au XVlème siècle.


Les marques de repères

Nous avons signalé l'absence de gravures à l'archet ; par contre, il existe une autre sorte de gravures que l'on trouve sur la face extérieure du vitrail et qui sert de repérages lors des diverses manutentions des pièces en vue de la mise en plomb.
Ces gravures, très petites, d'approche visuelle difficile, sont faites dans le coin des pièces, généralement dans le bas. Par rapport à certaines autres découvertes sur d'autres verrières, où ces marques de repères étaient d?une explication aisée à donner, ici nous nous trouvons devant quelque chose de plus complexe. Un seul panneau présente la même gravure et cela sur vingt pièces. Sur les autres panneaux, cela va de deux sortes de gravures à quatre, sans que l'on ne comprenne pourquoi, car il ne peut y avoir inversion de pièces. Ces marques de repères sont des F A. delta. , un triangle fermé, Z, o( . delta, z, et un graphisme représentant une paire de lorgnon. L'une d'entre elles nous a permis,  de remettre à sa place d'origine, une pièce d'architecture d'un dais qui s'était égarée dans un socle ou avait servi de bouche trou.


Des visages, des vêtements, des cheveux de Marie,  de l?Enfant Jésus.

Les visages présentent tous un nez légèrement courbe, cela étant bien sûr dû à la façon de travailler par transparence. Les yeux ont des sourcils et des paupières lourdes et deux ou trois rides apparaissent dessous. La pupille très noire est parfois enrichie d'une lumière blanche. Les cheveux de Marie sont longs et peignés ou disparaissent sous le voile bleu lors de la Fuite en Egypte et lors de la Circoncision. Ils sont maintenus par un serre cheveux ou serre tête, agrémenté d'une sorte de médaillon ovale.
Marie, personnage principal, est habillée, tout au long des huit scènes, de la même façon, sauf au Temple où son manteau bleu recouvre entièrement sa robe violette. La petitesse de la pièce et du personnage ne pouvait le permettre.
L'Enfant Jésus, tout nu sur un lange, à la Nativité et à la Circoncision, est revêtu d'un lange pudique lors de l'Adoration des Mages, puis emmailloté avec des bandelettes pour la Fuite en Egypte.

Des sols.
Ceux-ci ne prennent pas beaucoup de place dans la composition générale, ce qui est rarement le cas dans les autres verrières des XV et XVIème siècle. Il est vrai aussi que les socles diminuent d'autant la hauteur des panneaux figurés ainsi que la proportion largeur I hauteur de l'espace laissé libre au créateur.

Par contre, ce sol est important, et  est  dans la scène de la Fuite en Egypte, indication du lieu, Des petits cailloux ronds, groupés par deux ou trois, essaiment le chemin qui est égayé de plantes aux quatre ou cinq feuilles d'où sortent autant de pistils longiformes. Ce procédé graphique des cailloux et de leurs ombres sera repris plus tard par l'Atelier Le Sodec et existe chez Durer dès 1492.
Sur le sol de la Présentation au Temple, trois petits arbustes apparaissent au pied du mur de l'escalier contrebalançant l'oblique de cet escalier.
Sur les autres scènes, les sols ne sont juste qu'une indication timide comme parfois un graphisme de carrelage dans la scène de la Nativité.


Le carton

L'artiste s'est, semble-t-il, servi d'un carton bien au point pour toutes les scènes sauf une. Ce carton avait-il déjà servi? L'artiste en était-il l'auteur? On ne peut y répondre. C'est la différence de traitements entre la partie droite de la Présentation au Temple et les autres scènes qui nous amène à penser à une telle chose.

Dans cette scène, comme nous l'avons déjà signalé, on peut relever une certaine naïveté ainsi qu'un manque de connaissance architecturale et de perspective dans la construction du Temple et de son escalier. Cela, on ne le retrouve pas ailleurs. Il est cependant vrai que le décor y est réduit à la plus simple expression. Le manque de connaissance architecturale se révèle, entre autres, au- dessous de la fenêtre gothique, (qui n'est pas sans rappeler celles du Jubé de Notre Dame du Folgoêt) avec un boudin sans goutte d'eau, d'une longueur démesurée. De semblables boudins se voient à la Cathédrale de Quimper sous les fenêtres hautes du chevet haut datant de bien avant 1417.

A noter que la fenêtre signalée plus haut se retrouve en deux exemplaires dans la scène de l'Annonciation.
Une remarque, qui peut être faite sur ce carton, est le manque des réservations faites pour les lèvres des plombs,  lors de sa création Ces lèvres, dans bien des cas,ici, recouvrent en partie les extrémités et côtés des doigts des personnages et vont même jusqu'à cacher tout le pourtour de la tête de Marie lors de la Présentation au Temple. Tête qui dénote un manque d'habileté à traiter un petit visage.

Carton ou pas carton, ces petits défauts nous font qu'apprécier la qualité de l'ensemble. Et c?est un bon point pour l'auteur qu'il soit peintre ou verrier.

Comme nous l'avons noté à la Cathédrale de Quimper, les verriers de cette époque employaient des vergettes en forme, qui au lieu de couper chaque panneau horizontalement en trois ou quatre éléments par leur rigidité, contournait le dessin des têtes, mains et autres parties importantes. Cela se voit dans le tracé de leur emplacement.

Les nimbes,
La Vierge, toujours à gauche dans les scènes, sauf bien sûr lors de la Présentation au Temple, porte un nimbe, au jaune d''argent sur verre incolore, décoré de motifs gothiques sur le champ, sur seulement six scènes. Ce nimbe est partie intégrante de la pièce de verre au visage dans le Mariage, l'Annonciation, la Nativité, les Rois Mages. Il est indépendant lorsque le voile du manteau bleu est ramené sur la tête.

Lors de la Visitation, le nimbe de Marie a changé de couleur; comme celui d'Elisabeth, il est jaune foncé. Il en est de même pour celui de Ste Anne. Pourquoi ce brusque changement d'option ? Y a-t-il une signification iconographique?
Autre question que l'on peut se poser Pourquoi y a-t-il une absence de nimbe chez Joseph et Joachim, alors que le Grand Prêtre de la Circoncision en porte un, en jaune foncé? Sacralisation de la personne et du geste?

Quant à l'Enfant Jésus, il ne reçoit de nimbe qu'à partir de cette Circoncision? Il s'agit d'un nimbe dont le champ est cruciforme avec soit une grisaille tamponnée, soit avec en plus des enlèves à la pointe en raies de lumière.

Tout autre, est l'Enfant Jésus, lors des deux scènes de la crèche. Il est auréolé de stries de lumières qui inondent les langes.


Les bijoux et l'orfèvrerie

Nous avons signalé la présence du serre cheveux de la Vierge ; on le retrouve deux autres fois chez des femmes, l'une témoin du Mariage, la seconde, témoin de la Visitation. Le Grand Prêtre porte une agrafe de manteau dans les deux premières scènes et pas sur sa chape lors de la Circoncision.Quant aux Rois Mages, pas de démonstrations de luxe. Seul l'un d'eux porte une couronne posée sur son chapeau. Un ciboire avec couvercle et une cassette sont les seuls présents. Quant au Noir, la boucle d'oreille et le visage sont récents et probablement pas une extrapolation de restes de pièces d'origine.

Au XVlème siècle ce genre de bijoux est fréquent et provient de scènes de guerre flamande ou germanique. On peut le voir à Pont Croix chez un personnage avec un bandeau sur l'oeil, et, lors de la Flagellation d?Ergué Gabéric, où un des bourreaux porte un grelot en pendantd'oreilles. On peut aussi noter que certains cols de robes, en jaune d'argent, sont par leurs ombres portées, proches de colliers.

Pourquoi une restauration

Depuis une quinzaine d'années, avec le progrès technique, les ateliers de verriers ont à leur disposition des colles à base de silicone réversible qui ne jaunissent pas et permettent d'offrir
 
une meilleure lisibilité aux pièces de verres, qui brisées, étaient devenues illisibles à cause du nombre de plombs dits de casses.

Cette verrière présentait de nombreux cratères où les mousses proliféraient. Les ferrures qui séparent les panneaux étaient rouillées et la rouille du côté extérieur s'incrustait dans ces cratères sous l?effet de la pluie.

De plus, la pose, lors de la dernière restauration, avait été très mal faite. Les panneaux avaient été coupés sur les rives et étaient posés en superposition à la jonction des ferrures. Des pièces manquantes avaient été fournies. Certaines dénotaient n?étant pas dans l'esprit de la verrière. Cela se remarquait dans les dais et les socles d'architecture ainsi que chez certains personnages.

Nous en avons conservé  in situ certaines à titre de témoignage des diverses restaurations des XIX et XXème siècles. Il s'agit de la tête du Roi Mage, de celle de Gabriel, de certains morceaux de vêtements chez les Rois Mages et toute la partie concernant Joseph dans la Nativité.

Les panneaux du bas de Jean Jacques Gruber ont été remplacés par un nouvel accompagnement plus coloré. Ces panneaux au graphisme répétitif étaient conçus pour être moins visibles à l'origine, un panneau d'autel en cachait les deux tiers.


A la recherche d'un atelier

Espérons qu'un jour cette Vie de la Vierge révélera le nom de son auteur et sa date d'exécution, ou restera-t-il à jamais le verrier de Brennilis! Etait-il Cornouaillais ou extérieur à ce diocèse' Dans ce cas qui l'a fait venir.  Dans tous les cas, cette verrière n'est pas l'oeuvre de n'importe qui, et celui ci n'est pas à sa première oeuvre. Nous pouvons nous poser la question de savoir où sont passées ses autres oeuvres ? Ont-elles fait partie des quelques cinq cents ou milliers de verrières de Cornouaille disparues Ce verrier ne travaillait pas seul, il était aidé par des compagnons. Et nous pensons qu'il avait un commanditaire très au fait du programme car cette oeuvre révèle des tas de petits détails invisibles à plus de vingt à trente centimètres. Je pense ici à certaines terminaisons de lettres gothiques du Phylactère de l'Annonciation qui n'apportent rien en plus à la compréhension du sujet. C'est la première fois que nous nous posons la question de savoir si les maîtres verriers de l'époque, et particulièrement celui-ci, devaient travailler sous la surveillance du commanditaire ou donateur qui venait vérifier le travail en atelier, comme c'est le cas pour les orfèvres Cette recherche du détail, qui ne peut être aperçu du commun des paroissiens, était-elle faite par amour de l?art ou pour plaire au commanditaire?



NOTES.

1. L'église est classée le 12 novembre 1914.
2.La Conception de Marie. Elle est représentée de plusieurs manières, suivant les époques.
1° ce qui prévaut du XIII au XV e siècle est la rencontre de la Porte Dorée.
2° Fin XV et XVIe, Marie est une jeune fille à longs cheveux et joignant les mains que le Père Eternel bénit avec autour emblème.
3° Type « fort indécent » dit un traité d?iconographie de 1890. Barbier de Montant.
Sainte Anne est , debout, enceinte et dans son ventre ouvert, on distingue un pêtit être nu  ou une demie figure vêtu et joignant les mains. Autour, emblèmes de Marie et de chaque côté, chandelier allumé. Musée de Cluny. 1545.
A Morlaix,  le sujet en sculpture est visible sur une  maison.
3. Lors de l'inauguration de la Centrale, le recteur fut la seule personne à demander, à madame Pompidou, épouse du président de la République de l'époque, suite à la messe où elle assistait, de l'aide. Un projet de restauration de l'édifice n'aboutissait pas faute de moyens. Il eut ce qu'il voulut.
 Jean Jacques Gruber m'a raconté  de plus qu'il avait déjà fait un devis en 1928, devis revu en 1936. A  mon avis, il s'agit du père Gruber, Par contre, suite à la visite de madame Pompidou, il dépose les vitraux en 1966 et les reposa en 1971. Le recteur fut chargé de prendre les formes et dimensions, certains panneaux étant trop courts de dix centimètres.
Actuellement, l'édifice est fermé par mesure de sécurité et manque d'argent pour une restauration.



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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 15:36
CROQUIS DEBUT DU MOIS DE MARS, LORS DE PROMENADES AUTOUR DE QUIMPER, JOURNEES PARFOIS  AVEC VENT, PARFOIS ENSOLEILLEES:

 CALE DE ROSULIEN, MER BLANCHE,  BORDS DE L'ODET, MARAIS DE CAP COZ. ON PEUT DECOUVRIR L'ILE AUX SPATULES UN MOULIN LE LONG DE L'ODET, LES CAUSEUSES, LA MARCHEUSE DES MARAIS, LA MEME EN OBSERVATION, LA MER MONTANTE DANS LES MARAIS, UNE MAISON SUR PLAGE DANS LES SAPINS,POSE ET REGARD SUR MER, POINTE SAINT GILLES, LA CALE AU MARQUIS, LA MAISON DU PENDU, DE NOUVEAU LE MOULIN, LE PTIT PORT DE LA FORET,LA MAISON DU GOLF, LE PHARE DE COMBRIT.
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 18:32
                        Glossaire






Dans le volume « les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper » (Société archéologique du Finistère) un des auteurs, Yves Pascal Castel, note  sous le titre : Un vocabulaire fluctuant, que « comme tout vocabulaire, celui qu'utilise les praticiens du vitrail, n'est pas parfaitement fixé, pas plus que celui des historiens d'art ».


abside, terminaison arrondie de l'édifice ou chevet arrondie
acide oxalique, sert à nettoyer des pièces complètement opaques sous compresses de coton.
anse de panier, arc en anse de panier ou surbaissé constitué par des cercles de rayons différents
baie, ouverture ménagée dans une partie construite.
baies cintrées, avec un arc en cintre,  le plein cintre est décrit par un demi cercle.
balustre,  petite colonne basse et renflée comme la fleur de grenadier, terminée en haut par un chapiteau, en bas par un pied.
boudin, nom donné à une moulure ronde et épaisse.
perle , motif d'ornementation formé d'une suite de petits grains sphériques souvent sur une moulure.
barlotière.  Pièce de métal, fer, cuivre, fonte, laiton, inox, etc., de section rectangulaire dont la largeur et l'épaisseur peuvent varier suivant la portée qui leur est donnée. Elle comprend divers éléments, le plus fort étant fixe et scellé dans la maçonnerie en pierre des meneaux et du remplage. Des  pièces métalliques perpendiculaires  à oeilletons, pannetons, y sont accrochés soit par soudage, matage, vissage. Elles serviront à accrocher un feuillard plus léger que la première. dans l'oeilleton est glissée une clavette qui coince ainsi le panneau de vitrail qui est pris entre le fer et le feuillard.

A la cathédrale Saint-Corentin de Quimper les vitraux restaurés ont pu bénéficier d'une double verrière extérieure. Pour cela, il a été fourni une «  barlotière à balancier de 10x30 à double panneton traversant, placé tous les 180 mm. Une cale de 10 mm d'épaisseur 30x70 engagée sur chaque panneton inférieur assure l'écartement des deux verrières et porte l'épaisseur du vide d'air central pour ventilation de bas en haut à 20 mm. Le feuillard intérieur est identique à celui de l'extérieur ( 8x30mm) mais comporte un orifice permettant supplémentaire en façade » Benjamin Mouton, Monumental n°3, p.55
,bouche-Trou. Se dit de pièces ou d'éléments de vitraux qui servent à obstruer des manques dans une verrière ou un panneau. Ces pièces peuvent être anciennes ou de simples verres  soit dépoli soit de couleurs, soit tout simplement incolore.
brosse, pinceau court plus ou moins dur qui peut servir pour les enlevés
carton Il s'agit d'un mot du XIXe siècle. Avant on parlait de patron au petit pied (XVIe), ou patron à pied réduit ou encore vidimus.  Le carton semble apparaître au début du XVe siècle, mais on servait aussi de toile de lin. Dans des contrats on trouve poultraiture, pourtraict. Le carton, peut être un  élément de répétition, Grâce à la façon des cartons originaux, et en plus de l'exécution des vitraux en découlant, les ateliers peuvent être capables de  répéter les sujets et cela très vite et en grand nombre.
Cathédrale, église principale d'un diocèse, ici  au XVe siècle, la Cornouaille, siège de l'évêque. Ne peut être appelée cathédrale une église qui n'est pas ou n'a pas été le siège d'un évêque.
choeur,  partie réservée aux clercs. Il est délimité par une clôture et peut-être fermé du côté de la nef.
collage Lorsqu'une pièce est en deux ou  plusieurs morceaux, au lieu de les assembler avec un plomb, dit plomb de casse, on utilise une colle silicone réversible. Ce collage doit être souple et résistant, Selon la couleur de la pièce à  coller on peut employer une colle transparente ou de couleur
coupe du verre. A l'époque des vitraux  des baies hautes de la Cathédrale de Quimper, le verre était encore coupé au fer rouge suivant un tracé fait à la pointe. Une simple humidification,   à la salive posée sur le doigt, sur la trace encore chaude et le verre se fendait. Parfois il était utile de la gruger. Cette façon de couper le verre continue en Cornouaille durant les XVIIe et XVIIIe  siècles, suivant les ateliers.
cratère,  trou, plus ou moins petit, sur la surface du verre du aux acides sécrétés par les lichens et les mousses.
croisée du transept.   Peut désigner le transept entier, se dit aussi carré du transept.
cuisson.. Au et à partir du quinzième siècle, les plateaux, saupoudrés de plâtre sec, où repose les pièces de verre peintes, parfois en plusieurs épaisseurs, sont contenus  les unes au-dessus des autres, et sur des cales, dans  une caisse ou boite de terre réfractaire, dit  moufle, Ce mouffle doit reposer sur des pieds en terre réfractaire, et possède une porte,  elle aussi en terre réfractaire, qui est jointoyée avec de la glaise, après chargement. Un regard,  ou trou, y est percé et obturé. Il permet par ouverture de surveiller la cuisson. Tout autour, dessous, sur les côtés et au-dessus, on pose une certaine quantité de charbon de bois, quantité connue par expérience. Le feu y est mis. Aux alentours de 600 à 700°, le verre dans le four prend une teinte cerise. Le regard permet de  vérifier la montée de la teinte. On laisse alors e feu se consumer lentement. On déchargera une dixaine à douzaine d'heures plus tard. D'après nos relevés faits sur les pièces de la cathédrale de Quimper, les fours  utilisés devaient intérieurement avoir une surface, de 50cm sur 50cm, la hauteur nous est inconnue.
dais, partie supérieure de la niche
damas,  grand dessin à ramages que l'on trouve  entre autre dans les vitraux sur les vêtements, les tentures et les fonds au cours des XVe  et XVIe siècles et sera repris au XIXe siècle. Le motif est le plus souvent une sorte de grenade se répétant en diagonale. La plupart du temps, les damas sont exécutés en enlevés sur une légères grisailles.
La façon est le plus souvent faite sur la face intérieure. Le travail est fait au pochoir mais aussi au trait de pinceau. Ils ne furent pas toujours monochromes, mais à l'occasion animés par le jaune d'argent ou piquetés par des éléments de couleurs vives. Le même pochoir peut être repris sur plusieurs fenêtres, c'est le cas dans les baies de la nef de la Cathèdrale de Quimper.
dépoli extérieur, grisaille  légère posée quasiment tout le temps sur la face extérieure qui donne une aspect laiteux au verre. Sur les verrières de doublage, il  imite la face extérieure.
doublage. Le premier but est de renforcer une pièce, aux multiples  casses, réparée par collage. Le second but est de permettre de confirmer ou de reprendre le dessin, trait ou lavis, disparu d?une pièce ancienne. Ce verre de doublage est cuit dans le second cas, mais peut l'être avec dépoli ou surcuisson sur la face extérieure dans le premier cas pour que ce doublage de l'extérieur ne présente pas une tache brillante. Ce verre doit être parfois  thermoformé.. En face finale, ce verre de doublage  sera joint à l'autre pièce et le collage et l'étanchéité assuré par un joint de silicone.
écoinçon.  En vitrail, ouverture du réseau de forme proche du triangle qui remplit l'espace laissée par les courbes du réseau.
enlevés, lorsque la grisaille posée est sèche, il est possible, avant la cuisson, à l'aide de divers instruments  durs ou fins, tel que brosse, pointe de bois. Ces enlevés peuvent se faire à l'aide de pochoir.
fenêtre,  baie munie d'une fermeture vitrée et donnant du jour à l'intérieur
fleuron, ornement sculpté représentant une fleur et son feuillage
frite.  Poudre de verre qui aide les colorants comme la grisaille à adhérer au verre, lors de la cuisson
fronton, couronnement pyramidé à tympan, celui-ci peut-être ajouré
gâble, couronnement pyramidé, il est habituellement triangulaire.
 gravure, procédé qui permet de faire apparaître sur un verre plaqué de couleur, la seconde couleur qui s'y trouve, elle peut-être incolore ou de couleur. Pour graver, '?est à dire enlever partiellement la partie de couleurs désirée, iil est utilisé soit des pierres soit un outil appelé archer qui fait tourner une fraise. C'est un travail minutieux. On trouve souvent des éraflures dues au dérapage de la pierre ou de l'outil tenu en main
grisaille c'est une couleur vitrifiable préparée par un mélange de fondant, verre pilé, et d'oxyde métallique dilué dans un liquide  qui,  posée au pinceau sur le verre, s'incorpore à ce dernier lors d'une cuisson. Elle peut être  posée au trait, en lavis. Avant cuisson,  elle accepte toutes les sortes d?enlevés. Elle peut être de teinte noire, brune, verte, etc. Elle n'est pas un émail. Ce mot de grisaille a été inventé au XIXe siècle. Avant on parlait de couleur.
 jaune d'argent
est posé sur la face extérieure des verres ; c'est une teinture à base de chlorure ou nitrate d'argent.. procédé mis au point au début  du XIVe siècle pour colorer le verre incolore en jaune. Il pénètre profondément dans le verre.
jaune XIIIe est une dénomination commune d'un verre de couleur jaune à nuance proche du safran, quasiment le seul employé à la cathédrale de Quimper, et qui est très proches du jaune des XIIe et XIIIe siècle.
Jean Cousin,  terme du XIXe siècle, couleur  rousse, variant du rose au brun, obtenue avec sulfafte  ou peroxyde de fer
lancette, baie étroite formée d'un arc en tiers point surhaussé qui peut ressembler à un fer de lance
lavis ;
  teinture du verre par application de minces couches de grisaille délayée
masticage, action de faire rentrer un mastic liquide entre le verre et les lèvres du plomb pour assurer l?étanchéité du vitrail  et par-là sa rigidité.  Ce mastic est fabriqué en atelier à base d'huile de lin, de blanc de Meudon et de siccatif, les trois en certaine proportion. L'opération est faite sur les deux faces, les plombs de la face extérieure n'étant rabattus qu'après. Lors de la restauration des vitraux anciens, c'est le cas de ceux-ci, le mastic, plus épais est entré au doigt sous les lèvres du plomb. Cela évite sa dispersion dans les cratères et dans les grisailles en mauvais état.
meneau 
colonne verticale de pierre qui divise les jours d'une baie
mouchette
, en vitrail, ouverture du réseau de formes asymétriques  rappelant une flamme.
nef, partie d'une église de plan allongé comprise entre le massif du porche et le choeur.
niche,  élément décoratif,  composé en partie supérieure d'un dais, d'un fond en creux avec tenture, et d'un socle. 
nimbe, « irradiation de la tête, partie la plus noble du corps, parce qu'elle est le siège de l4intelligence et de la volonté » Il signifie sainteté. Il peut être posé verticalement derrière la tête ou placé obliquement au sommet de la tête Les couleurs  sont :  L'Or et le Jaune = lumière brillante, Bleu = couleur céleste, Rouge = emblème martyr et charité, Vert = espérance, Violet = humilité et pénitence.
L'auréole
est irradiation du corps et non de la tête, comme le dit le langage courrant.
oculus,
En vitrail, ouverture du réseau de forme ronde ou ovale.
oeil-de-boeuf, ouverture ronde ou ovale.
ogive,  espace obtenu par l'entrecroisemenr de deux arcs diagonaux.
panneau de vitrail. Le panneau est un élément d'un vitrail Il est compréhensible que pour des raisons de mise en plomb, puis de manipulation, de facilité de transport et de pose, il ne dépasse pas ordinairement une certaine dimensions, la largeur tant celle de la lancette, et la hauteur étant définie par la hauteur. Dans cette cathédrale, les plus grands ne font pas plus de 90 centimètres sur 60 centimètres.
patron, Dessin grandeur nature du sujet du vitrail ou panneau de vitrail sur un support.
peinture. Le travail principal de peinture se passe sur la face intérieure du vitrail, pour une question de netteté. On utilise la face extérieure pour poser des lavis pour les  ombres, pour réaffirmer des traits. On y pose le jaune d?argent, le dépoli et aussi les damas.  Cette face extérieure  permet aussi de donner une profondeur, comme les poissons dans l'eau du Baptême du Christ. Les outils employés sont des pinceaux, « pinceau à étendre » assez gros, fait de poils de blaireau ou d'écureuil ; le « blaireau » brosse souple et large permettant d'étaler la grisaille à différentes épaisseurs. La grisaille est posée en lavis ou en trait. Elle peut faire l'objet d'enlevés
 ( voir enlevé, grisaille,, lavis)
perle, en décoration en forme de petite boule qui décore les moulures.
phylactère
, banderole utilisée au Moyen Age où il était inscrit un texte.
plomb, ou verge de plomb, en forme de H majuscule. Les verres y sont insérés et les ailes rabattues sur le verre. Au XVe et XVIe siècle en Cornouaille il est fait au rabot sur un lingot  de forme allongée. Les ailes sont alors minces. Par la suite à la fin du XVe siècle en France.
plomb de casse, plomb posé pour réunir les éléments brisés d'une pièce de verre.
pochon, terme d'atelier pour une brosse ronde aux poils courts.
poids du verre. La densité est de 2,5 kg pour 1 mm d?épaisseur au m2 ; soit une feuille de verre antique d?environ de 0 ;80 x 0, 60 et de 3 m/m d'épaisseur moyenne. Son poids serait d'environ 3,200kg.
pointe , « exécuté à la pointe », «  travail au petit-bois », termes indiquant un travail  d'enlevé de grisaille exécuté avec un instrument très fin et donnant une lumière, aiguille, plume d?oie, petit pinceau dur usé ou taillé
pontil.
Tringle de fer pleine de 1, 30 ml à 1,80 ml qui sert à cueillir du verre et faire adhérer la paraison. Grâce au pontil, le verrier imprime un mouvement rotatif à la paraison en même temps que le plateau ou la cive se forme. La cive achevée, le verrier détache le pontil qui laisse une excroissance appelée boudine. La mise au pontil se fait alors que la pièce est encore attachée à la canne.
pose,  Une baie est constituée d'une  ou de plusieurs lancettes et d?un réseau. Le vitrail terminé est composé de plusieurs panneaux. Il va falloir les mettre en place. dans la baie.  Pour cela, il est scellé dans la maçonnerie, si la lancette est peu large, des barlotières ou ferrures horizontales. Dans les autres cas il s'agit d'armatures de même section  à plusieurs horizontales et verticales. 
potée, contenance de verre liquide pouvant  être sortie  chaque fois du creuset
quadrilobe pas correct, c'est un quatre feuilles, et plus de quatre feuilles est dit polylobé.
réseau. ensemble des éléments de remplage formant des divisions nombreuses dans les baies 
remise en plomb.
Il s'agit d'une remise en plomb total des vitraux après dessertissage. Il arrive  parfois  qu'elle soit partielle, plomb en bon état, conservation de plombs très anciens comme témoins. Au XVe siècle, on parle de rhabillage. Ce travail fut confié à des ateliers médiocres d'ouvriers forains, allant de paroisse en paroisse. Les verres doivent rentrer parfaitement  dans les plombs et les plombs les uns dans les autres aux intersections où une soudure à l'étain est posée.
réfraction, en penchant  certaines pièces ont peut voir le dessin qui a disparu, le fritte et la grisaille y ont laissé une empreinte. Cette dernière est utile pour rétablir le dessin sur un verre de doublage.
restauration  ensemble des travaux de reconstitution et de complément, tendant à restaurer un vitrail et à lui rendre son état d'origine.
La restauration demande dès le départ une lecture profonde de l'oeuvre. Il faudrait arriver à se mettre à la place de celui qui l'a fait. Pour cela il faut  dans une première phase, chercher à connaître  l'époque, ses techniques,  ses commanditaires et découvrir le message  de foi que cet oeuvre a fait passer C'est aussi, pendant et  après cette phase, une recherche livresque de références. Les thèmes sont peu nombreux et les rapports entre eux importants dans leur unicité.
Depuis le tout début du XIXe siècle, on trouve un grand nombre d'articles de  fond sur le vitrail en Bretagne. Mais il faut les analyser, car tous ces auteurs ont une sensibilité et des idées qu'ils ne peuvent étouffer. C'est un long travail de recherche,  qui commence, travail accompagné de notes,  et de réflexions sur le pourquoi de la composition. Cela ne s'obtient pas en un seul jour, il faut des années pour y parvenir, mais chacun de ces jours apporte une parcelle de connaissance.
rosaline, terme d'atelier, pour un verre mi-violet, mi-rose.
sanguine. Grisaille dont la couleur peut varier  suivant sa pose dans les teintes rousses  ou brunes. Il est obtenu à partir de roche comme la sanguine.
socle,
partie basse d'une niche.
soudure. Il s'agit de poser une goutte de soudure riche en étain aux points de jonction des plombs. Pour faciliter et décaper un tant soit peu le plomb à cet endroit, il est utilisé  actuellement de la stéarine, les anciens employaient tout simplement de la résine, une goutte de chandelle ou de cire. A la place des fers électriques actuels, ils employaient des fers  portés au rouge et garnis d'un manchon en bois.
soufflet, En vitrail, ouverture du réseau de forme symétrique aux bords en courbes et contre-courbes suivant un axe
thermoformage. Fabrication d'une seconde pièce de verre que l'on désire doubler pour la conforter. Pour cela on utilise une l'empreinte mâle ou femelle de la pièce, obtenue sur un lit de plâtre. Cette ensemble, empreinte en plâtre et pièce à thermoformer est passé au four est cuite à la température voulue.
.transept, partie transversale formant. Une croix avec le corps de la nef. Les bras du transept sont les deux fractions du transept au Nord et au Sud.
tympan,
paroi de remplage généralement plein. En vitrail, il arrive que ce terme soit employé pour un réseau.
verre en manchon. Autre technique, qui donne des feuilles de verre proches du rectangle et de surface proche du demi-mètre carré. Il est obtenu en basculant la canne et la pomme de verre, qui se trouve à l'extrémité inférieure, au-dessus d'une fosse, la canne ayant le même type que précédemment. Lorsque le verre a obtenu la forme d'une grande bouteille, il est détaché, ouvert et étalé avant d'être recuit. Dans les deux façons, le doublage, rouge sur blanc, bleu sur blanc, etc., est obtenu par une première couche d?émail, 1 millimètre environ, de couleur enrobée ensuite d'une épaisse couche de verre, de 2 à 3 millimètres, incolore dans les deux cas. Elle peut être de couleur, comme le rose.
verre en plateau.
Cette technique de soufflage du verre, très utilisée dans les verres de vitraux en Cornouaille, au XVe et XVIe, existe depuis l'antiquité. Sa production s'arrête, même pour le verre à vitres, au milieu du XIXe siècle. Le verre en fusion est pris dans le four au moyen d'une canne creuse d'environ 1,80 mètres de longueur et d'une trentaine de centimètres de largeur, l'extrémité permettant, avec un évasement, la cueillette du verre, et l'autre extrémité, arrondie, permettant le soufflage à la bouche, pour lui donner une forme de poire. Celle-ci est détachée de la canne pour passer à une seconde canne, le pontil dont l?extrémité est en forme de croix. La poire est alors ouverte.    Pour éviter une brûlure des mains, un manchon en bois entoure cette canne sur une certaine longueur. Le verre est étalée, en tournant le manche de la canne pontil entre les deux  paumes des main, sur un lit de sable chaud. Il est obtenu ainsi  une grande cive allant jusqu'à 90 centimètres de diamètre. Une nouvelle cuisson de cette cive, portée à plat dans un four a lieu. Ces verres se reconnaissent par leurs bourrelets et des lignes concentriques. Nous n'en connaissons pas la provenance. Il est vendu et livré en panier d'osier allant jusqu'à ving-quatre au pannier ( A. Félibien, des principes de l'architecture  ; p. 261
verre incolore, nous employons ce terme pour le verre  courant qu'on nomme verre blanc ou verre à vitres. Le  terme verre blanc étant plutôt réservé à un verre dépoli ou laiteux.
verre plaqué, le placage du verre est obtenu par trempage de la paraison du verre incolore, dit blanc,  par exemple dans du verre rouge en fusion. Ces verres plaqués existent obligatoirement dans les teintes rouges. L'oxyde de cuivre qui sert de colorant  est tellement puissant  qu'il peut entraîner l'opacité  et donc, dans l'épaisseur de la feuille, il ne laisse pas passer la lumière. Ces verres plaqués  peuvent exister aussi  dans  une autre couleur que le rouge  comme : rouge sur bleu, sur vert, sur jaune, ou bleu sur violet, sur jaune, . Ce procédé permet  d'enlever partiellement la couche de couleur désirée et ainsi laisser apparaître la seconde ou  le verre blanc sur lequel on peut déposer une grisaille ou un jaune d'argent.



ouvrages utilisées
 Jean Lafond, le Vitrail, Fayard, 1978,
Travaux de restauration des monuments historiques, opuscule technique, vitrail, ministère de la culture et du patrimoine, décembre 1993.
Monumental n°03, Direction du patrimoine, 1993
Le Vitrail,  Nicole Blondel, l?Inventaire, Ministère de la Culture et de la Francophonie. 1993.
Vesey Norman, Armes et Armures, Hachette, 1966
Abbé Duret, mobilier, vases, objet et vêtements liturgiques, librairie Letouzey et Ané, Paris 1932.
Jean Rollet, << les maîtres de la lumière>> Bordas, 1980,
L. Ottin, le vitrail,  E.Laurens, Librairie Renouard, Paris, non daté, vers 1904
Glossaire des termes techniques, éditions
Jeanpierrelebihan, premier décembre 2OO7


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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 18:32
                        Glossaire


        J'aurais dû dès le départ proposer cet inventaire descriptif des mots         employés dans les articles sur le vitrail.jean-pierre le bihan





Dans le volume « les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper » (Société archéologique du Finistère) un des auteurs, Yves Pascal Castel, note  sous le titre : Un vocabulaire fluctuant, que « comme tout vocabulaire, celui qu'utilise les praticiens du vitrail, n'est pas parfaitement fixé, pas plus que celui des historiens d'art »


Photos prises à l'atelier sarl le bihan vitraux.Ci contre démontage pièce par pièce d'un panneau de vitrail


abside, terminaison arrondie de l'édifice ou chevet arrondie
acide oxalique, sert à nettoyer des pièces complètement opaques sous compresses de coton.
anse de panier, arc en anse de panier ou surbaissé constitué par des cercles de rayons différents
baie, ouverture ménagée dans une partie construite.
baies cintrées, avec un arc en cintre,  le plein cintre est décrit par un demi cercle.
balustre,  petite colonne basse et renflée comme la fleur de grenadier, terminée en haut par un chapiteau, en bas par un pied.
boudin, nom donné à une moulure ronde et épaisse.
perle , motif d'ornementation formé d'une suite de petits grains sphériques souvent sur une moulure.
        barlotière.  Pièce de métal, fer, cuivre, fonte, laiton, inox, etc., de         section rectangulaire dont la largeur et l'épaisseur peuvent varier suivant la portée qui leur est donnée. Elle comprend divers éléments, le plus fort étant fixe et scellé dans la maçonnerie en pierre des meneaux et du remplage. Des  pièces métalliques perpendiculaires, pannetons, y sont accrochés soit par soudage, matage, vissage. Elles serviront à accrocher un feuillard plus léger que la première. dans l'oeilleton est glissée une clavette qui coince ainsi le panneau de vitrail qui est pris entre le fer et le feuillard.

A la cathédrale Saint-Corentin de Quimper les vitraux restaurés ont pu bénéficier d?une double verrière extérieure. Pour cela, il a été fourni une «  barlotière à balancier de 10x30 à double panneton traversant, placé tous les 180 mm. Une cale de 10 mm d'épaisseur 30x70 engagée sur chaque panneton inférieur assure l?écartement des deux verrières et porte l'épaisseur du vide d?air central pour ventilation de bas en haut à 20 mm. Le feuillard intérieur est identique à celui de l?extérieur ( 8x30mm) mais comporte un orifice permettant supplémentaire en façade » Benjamin Mouton, Monumental n°3, p.55
,bouche-Trou. Se dit de pièces ou d'éléments de vitraux qui servent à obstruer des manques dans une verrière ou un panneau. Ces pièces peuvent être anciennes ou de simples verres  soit dépoli soit de couleurs, soit tout simplement incolore.
brosse, pinceau court plus ou moins dur qui peut servir pour les enlevés
carton Il s'agit d'un mot du XIXe siècle. Avant, on parlait de patron au petit pied (XVIe), ou patron à pied réduit ou encore vidimus.  Le carton semble apparaître au début du XVe siècle, mais on servait aussi de toile de lin. Dans des contrats on trouve poultraiture, pourtraict. Le carton, peut être un  élément de répétition, Grâce à la façon des cartons originaux, et en plus de l'exécution des vitraux en découlant, les ateliers peuvent être capables de  répéter les sujets et cela très vite et en grand nombre.
Cathédrale, église principale d'un diocèse, ici  au XVe siècle, la Cornouaille, siège de l'évêque. Ne peut être appelée cathédrale une église qui n'est pas ou n'a pas été le siège d'un évêque.
choeur,  partie réservée aux clercs. Il est délimité par une clôture et peut-être fermé du côté de la nef.
collage Lorsqu'une pièce est en deux ou  plusieurs morceaux, au lieu de l' assembler avec un plomb, dit plomb de casse, on utilise une colle silicone réversible. Ce collage doit être souple et résistant, Selon la couleur de la pièce à  coller on peut employer une colle transparente ou de couleur
coupe du verre. A l'époque des vitraux  des baies hautes de la Cathédrale de Quimper, le verre était encore coupé au fer rouge suivant un tracé fait à la pointe. Une simple humidification,   à la salive posée sur le doigt, sur la trace encore chaude et le verre se fendait. Parfois il était utile de la gruger. Cette façon de couper le verre continue en Cornouaille durant les XVIIe et XVIIIe  siècles, suivant les ateliers.
cratère,  trou, plus ou moins petit, sur la surface du verre du aux acides sécrétés par les lichens et les mousses.
croisée du transept.   Peut désigner le transept entier, se dit aussi carré du transept.
cuisson.. Au et à partir du quinzième siècle, les plateaux, saupoudrés de plâtre sec, où repose les pièces de verre peintes, parfois en plusieurs épaisseurs, sont contenus  les unes au-dessus des autres, et sur des cales, dans  une caisse ou boite de terre réfractaire, dit  moufle, Ce mouffle doit reposer sur des pieds en terre réfractaire, et possède une porte,  elle aussi en terre réfractaire, qui est jointoyée avec de la glaise, après chargement. Un regard,  ou trou, y est percé et obturé. Il permet par ouverture de surveiller la cuisson. Tout autour, dessous, sur les côtés et au-dessus, on pose une certaine quantité de charbon de bois, quantité connue par expérience. Le feu y est mis. Aux alentours de 600 à 700°, le verre dans le four prend une teinte cerise. Le regard permet de  vérifier la montée de la teinte. On laisse alors e feu se consumer lentement. On déchargera une dixaine à douzaine d?heures plus tard. D'après nos relevés faits sur les pièces de la cathédrale de Quimper, les fours  utilisés devaient intérieurement avoir une surface, de 50cm sur 50cm, la hauteur nous est inconnue.
dais, partie supérieure de la niche
damas,  grand dessin à ramages que l'on trouve  entre autre dans les vitraux sur les vêtements, les tentures et les fonds au cours des XVe  et XVIe siècles et sera repris au XIXe siècle. Le motif est le plus souvent une sorte de grenade se répétant en diagonale. La plupart du temps, les damas sont exécutés en enlevés sur une légères grisailles.
La façon est le plus souvent faite sur la face intérieure. Le travail est fait au pochoir mais aussi au trait de pinceau. Ils ne furent pas toujours monochromes, mais à l'occasion animés par le jaune d?argent ou piquetés par des éléments de couleurs vives. Le même pochoir peut être repris sur plusieurs fenêtres, c'est le cas dans les baies de la nef de la Cathèdrale de Quimper.
dépoli extérieur, grisaille  légère posée quasiment tout le temps sur la face extérieure qui donne une aspect laiteux au verre. Sur les verrières de doublage, il  imite la face extérieure.
doublage. Le premier but est de renforcer une pièce, aux multiples  casses, réparée par collage. Le second but est de permettre de confirmer ou de reprendre le dessin, trait ou lavis, disparu d'une pièce ancienne. Ce verre de doublage est cuit dans le second cas, mais peut l'être avec dépoli ou surcuisson sur la face extérieure dans le premier cas pour que ce doublage de l?extérieur ne présente pas une tache brillante. Ce verre doit être parfois  thermoformé.. En face finale, ce verre de doublage  sera joint à l?autre pièce et le collage et l'étanchéité assuré par un joint de silicone.
écoinçon.  En vitrail, ouverture du réseau de forme proche du triangle qui remplit l'espace laissée par les courbes du réseau.
enlevés, lorsque la grisaille posée est sèche, il est possible, avant la cuisson, à l'aide de divers instruments  durs ou fins, tel que brosse, pointe de bois. Ces enlevés peuvent se faire à l'aide de pochoir.
fenêtre,  baie munie d'une fermeture vitrée et donnant du jour à l?intérieur
fleuron, ornement sculpté représentant une fleur et son feuillage
frite.  Poudre de verre qui aide les colorants comme la grisaille à adhérer au verre, lors de la cuisson
fronton, couronnement pyramidé à tympan, celui-ci peut-être ajouré
gâble, couronnement pyramidé, il est habituellement triangulaire.
 gravure, procédé qui permet de faire apparaître sur un verre plaqué de couleur, la seconde couleur qui s'y trouve, elle peut-être incolore ou de couleur. Pour graver, c'est à dire enlever partiellement la partie de couleur désirée, iil est utilisé soit des pierres soit un outil appelé archer qui fait tourner une fraise. C'est un travail minutieux. On trouve souvent des éraflures dues au dérapage de la pierre ou de l'outil tenu en main
grisaille est une couleur vitrifiable préparée par un mélange de fondant, verre pilé, et doxyde métallique dilué dans un liquide  qui,  posée au pinceau sur le verre, s'incorpore à ce dernier lors d'une cuisson. Elle peut être  posée au trait, en lavis. Avant cuisson,  elle accepte toutes les sortes d'enlevés. Elle peut être de teinte noire, brune, verte, etc. Elle n'est pas un émail. Ce mot de grisaille a été inventé au XIXe siècle. Avant on parlait de couleur. 
 jaune d'argent est posé sur la face extérieure des verres ; c'est une teinture à base de chlorure ou nitrate d'argent.. procédé mis au point au début  du XIVe siècle pour colorer le verre incolore en jaune. Il pénètre profondément dans le verre.
jaune XIIIe est une dénomination commune dun verre de couleur jaune à nuance proche du safran, quasiment le seul employé à la cathédrale, et qui est très proches du jaune des XIIe et XIIIe siècle.
        Jean Cousin,  terme du XIXe siècle, couleur  rousse, variant du rose au brun, obtenue avec sulfafte  ou peroxyde de fer
lancette, baie étroite formée d?un arc en tiers point surhaussé qui la  à un fer de lance ressembler
lavis ;  teinture du verre par application de minces couches de grisaille délayée
masticage, action de faire rentrer un mastic liquide entre le verre et les lèvres du plomb pour assurer l'étanchéité du vitrail  et par-là sa rigidité.  Ce mastic est fabriqué en atelier à base d'huile de lin, de blanc de Meudon et de siccatif, les trois en certaine proportion. L'opération est faite sur les deux faces, les plombs de la face extérieure n'étant rabattus qu?après. Lors de la restauration des vitraux anciens, c?est le cas de ceux-ci, le mastic, plus épais est entré au doigt sous les lèvres du plomb. Cela évite sa dispersion dans les cratères et dans les grisailles en mauvais état.
meneau  colonne verticale de pierre qui divise les jours d'une baie
mouchette, en vitrail, ouverture du réseau de formes asymétriques  rappelant une flamme.
nef, partie dune église de plan allongé comprise entre le massif du porche et le choeur.
niche,  élément décoratif,  composé en partie supérieure d?un dais, d?un fond en creux avec tenture, et d'un socle. 
nimbe, « irradiation de la tête, partie la plus noble du corps, parce qu'elle est le siège de l'intelligence et de la volonté » Il signifie sainteté. Il peut être posé verticalement derrière la tête ou placé obliquement au sommet de la tête Les couleurs  sont :  L'Or et le Jaune = lumière brillante, Bleu = couleur céleste, Rouge = emblème martyr et charité, Vert = espérance, Violet = humilité et pénitence.
L'auréole est irradiation du corps.
oculus, En vitrail, ouverture du réseau de forme ronde ou ovale.
oeil-de-boeuf, ouverture ronde ou ovale.
ogive,  espace obtenu par l'entrecroisemenr de deux arcs diagonaux.
panneau de vitrail. Le panneau est un élément d'un vitrail Il est compréhensible que pour des raisons de mise en plomb, puis de manipulation, de facilité de transport et de pose, il ne dépasse pas ordinairement une certaine dimensions, la largeur tant celle de la lancette, et la hauteur étant définie par la hauteur de l'ouverture et sa fragmentation en plusieurs panneaux. Dans la cathédrale de Quimper, les plus grands panneaux ne font pas plus de 90 centimètres sur 60 centimètres.
patron, Dessin grandeur nature du sujet du vitrail ou panneau de vitrail sur un support, très souvent réutilisé dans le même atelier en des lieux différents, ou utilisé par d'autres ateliers.
peinture. Le travail principal de peinture se passe sur la face intérieure du vitrail, pour une question de netteté. On utilise la face extérieure pour poser des lavis pour les  ombres, pour réaffirmer des traits. On y pose le jaune d?argent, le dépoli et aussi les damas.  Cette face extérieure  permet aussi de donner une profondeur, comme les poissons dans l'eau du Baptême du Christ. Les outils employés sont des pinceaux, « pinceau à étendre » assez gros, fait de poils de blaireau ou d'écureuil ; le « blaireau » brosse souple et large permettant d'étaler la grisaille à différentes épaisseurs. La grisaille est posée en lavis ou en trait. Elle peut faire l'objet d'enlevés
 ( voir enlevé, grisaille,, lavis)
perle, en décoration en forme de petite boule qui décore les moulures.
phylactère, banderole utilisée au Moyen Age où il était inscrit un texte.
plomb, ou verge de plomb, en forme de H majuscule. Les verres y sont insérés et les ailes rabattues sur le verre. Au XVe et XVIe siècle en Cornouaille il est fait au rabot sur un lingot  de forme allongée. Les ailes sont alors minces. Par la suite à la fin du XVe siècle en France.
plomb de casse, plomb posé pour réunir les éléments brisés d'une pièce de verre.
pochon, terme d'atelier pour une brosse ronde aux poils courts.
poids du verre. La densité est de 2,5 kg pour 1 mm d?épaisseur au m2 ; soit une feuille de verre antique d?environ de 0 ;80 x 0, 60 et de 3 m/m d?épaisseur moyenne. Son poids serait d?environ 3,200kg.
pointe , « exécuté à la pointe », «  travail au petit-bois », termes indiquant un travail  d'enlevé de grisaille exécuté avec un instrument très fin et donnant une lumière, aiguille, plume d?oie, petit pinceau dur usé ou taillé
pontil. Tringle de fer pleine de 1, 30 ml à 1,80 ml qui sert à cueillir du verre et faire adhérer la paraison. Grâce au pontil, le verrier imprime un mouvement rotatif à la paraison en même temps que le plateau ou la cive se forme. La cive achevée, le verrier détache le pontil qui laisse une excroissance appelée boudine. La mise au pontil se fait alors que la pièce est encore attachée à la canne.
pose,  Une baie est constituée d'une  ou de plusieurs lancettes et d'un réseau. Le vitrail terminé est composé de plusieurs panneaux. Il va falloir les mettre en place. dans la baie.  Pour cela, il est scellé dans la maçonnerie, si la lancette est peu large, des barlotières ou ferrures horizontales. Dans les autres cas il s'agit d'armatures de même section  à plusieurs horizontales et verticales. 
potée, contenance de verre liquide pouvant  être sortie  chaque fois du creuset
quadrilobe pas correct, c'est un quatre feuilles, et plus de quatre feuilles est dit polylobé.
réseau. ensemble des éléments de remplage formant des divisions nombreuses dans les baies 
remise en plomb. Il s'agit d'une remise en plomb total des vitraux après dessertissage, ou démontage Il arrive  parfois  qu'elle soit partielle,  car plombs en bon état, ou  conservation de plombs très anciens comme témoins. Au XVe siècle, on parle de rhabillage. Ce travail fut confié à des ateliers médiocres d'ouvriers forains, allant de paroisse en paroisse. Les verres doivent rentrer parfaitement  dans les plombs et les plombs les uns dans les autres aux intersections où une soudure à l'étain est posée.
réfraction, en penchant  certaines pièces ont peut voir le dessin qui a disparu, le fritte et la grisaille y ont laissé une empreinte. Cette dernière est utile pour rétablir le dessin sur un verre de doublage.
restauration  ensemble des travaux de reconstitution et de complément, tendant à restaurer un vitrail et à lui rendre son état d?origine. La restauration demande dès le départ une lecture profonde de l'oeuvre. Il faudrait arriver à se mettre à la place de celui qui l'a fait. Pour cela il faut  dans une première phase, chercher à connaître  l'époque, ses techniques,  ses commanditaires et découvrir le message  de foi que cet oeuvre a fait passer C'est aussi, pendant et  après cette phase, une recherche livresque de références. Les thèmes sont peu nombreux et les rapports entre eux importants dans leur unicité.

Depuis le tout début du XIXe siècle, on trouve un grand nombre d'articles de  fond sur le vitrail en Bretagne. Mais il faut les analyser, car tous ces auteurs ont une sensibilité et des idées qu'ils ne peuvent étouffer. C'est un long travail de recherche,  qui commence, travail accompagné de notes,  et de réflexions sur le pourquoi de la composition. Cela ne s'obtient pas en un seul jour, il faut des années pour y parvenir, mais chacun de ces jours apporte une parcelle de connaissance.
rosaline, terme d'atelier, pour un verre mi-violet, mi-rose.
sanguine. Grisaille dont la couleur peut varier  suivant sa pose dans les teintes rousses  ou brunes. Il est obtenu à partir de roche comme la sanguine.
socle, partie basse d'une niche.
soudure. Il s'agit de poser une goutte de soudure riche en étain aux points de jonction des plombs. Pour faciliter et décaper un tant soit peu le plomb à cet endroit, il est utilisé  actuellement de la stéarine, les anciens employaient tout simplement de la résine, une goutte de chandelle ou de cire. A la place des fers électriques actuels, ils employaient des fers  portés au rouge et garnis d'un manchon en bois.
soufflet, En vitrail, ouverture du réseau de forme symétrique aux bords en courbes et contre-courbes suivant un axe
thermoformage. Fabrication d?une seconde pièce de verre que l?on désire doubler pour la conforter. Pour cela on utilise une l'empreinte mâle ou femelle de la pièce, obtenue sur un lit de plâtre. Cette ensemble, empreinte en plâtre et pièce à thermoformer est passé au four est cuite à la température voulue.
.transept, partie transversale formant une croix avec le corps de la nef. Les bras du transept sont les deux fractions du transept au Nord et au Sud.
tympan, paroi de remplage généralement plein. En vitrail, il arrive que ce terme soit employé pour un réseau.
verre en manchon. Autre technique, qui donne des feuilles de verre proches du rectangle et de surface proche du demi-mètre carré. Il est obtenu en basculant la canne et la pomme de verre, qui se trouve à l'extrémité inférieure, au-dessus d'une fosse, la canne ayant le même type que précédemment. Lorsque le verre a obtenu la forme d'une grande bouteille, il est détaché, ouvert et étalé avant d'être recuit. Dans les deux façons, le doublage, rouge sur blanc, bleu sur blanc, etc., est obtenu par une première couche d?émail, 1 millimètre environ, de couleur enrobée ensuite d?une épaisse couche de verre, de 2 à 3 millimètres, incolore dans les deux cas. Elle peut être de couleur, comme le rose.
verre en plateau. Cette technique de soufflage du verre, très utilisée dans les verres de vitraux en Cornouaille, au XVe et XVIe, existe depuis l'antiquité. Sa production s'arrête, même pour le verre à vitres, au milieu du XIXe siècle. Le verre en fusion est pris dans le four au moyen d'une canne creuse d'environ 1,80 mètres de longueur et d'une trentaine de centimètres de largeur, l'extrémité permettant, avec un évasement, la cueillette du verre, et l'autre extrémité, arrondie, permettant le soufflage à la bouche, pour lui donner une forme de poire. Celle-ci est détachée de la canne pour passer à une seconde canne, le pontil dont l?extrémité est en forme de croix. La poire est alors ouverte.    Pour éviter une brûlure des mains, un manchon en bois entoure cette canne sur une certaine longueur. Le verre est étalée, en tournant le manche de la canne pontil entre les deux  paumes des main, sur un lit de sable chaud. Il est obtenu ainsi  une grande cive allant jusqu'à 90 centimètres de diamètre. Une nouvelle cuisson de cette cive, portée à plat dans un four a lieu. Ces verres se reconnaissent par leurs bourrelets et des lignes concentriques. Nous n'en connaissons pas la provenance. Il est vendu et livré en panier d'osier allant jusquà ving-quatre au panier ( A. Félibien, des principes de l?architecture  ; p. 261
verre incolore, nous employons ce terme pour le verre  courant qu'on nomme verre blanc ou verre à vitres. Le  terme verre blanc étant plutôt réservé à un verre dépoli ou laiteux.
verre plaqué, le placage du verre est obtenu par trempage de la paraison du verre incolore, dit blanc,  par exemple dans du verre rouge en fusion. Ces verres plaqués existent obligatoirement dans les teintes rouges. L'oxyde de cuivre qui sert de colorant  est tellement puissant  qu'il peut entraîner l?opacité  et donc, dans l'épaisseur de la feuille, il ne laisse pas passer la lumière. Ces verres plaqués  peuvent exister aussi  dans  une autre couleur que le rouge  comme : rouge sur bleu, sur vert, sur jaune, ou bleu sur violet, sur jaune, . Ce procédé permet  d' enlever partiellement la couche de couleur désirée et ainsi laisser apparaître la seconde ou  le verre blanc sur lequel on peut déposer une grisaille ou un jaune d'argent.



ouvrages utilisées
 Jean Lafond, le Vitrail, Fayard, 1978,
Travaux de restauration des monuments historiques, opuscule technique, vitrail, ministère de la culture et du patrimoine, décembre 1993.
Monumental n°03, Direction du patrimoine, 1993
Le Vitrail,  Nicole Blondel, l?Inventaire, Ministère de la Culture et de la Francophonie. 1993.
Vesey Norman, Armes et Armures, Hachette, 1966
Abbé Duret, mobilier, vases, objet et vêtements liturgiques, librairie Letouzey et Ané, Paris 1932.
Jean Rollet, << les maîtres de la lumière>> Bordas, 1980,
L. Ottin, le vitrail,  E.Laurens, Librairie Renouard, Paris, non daté, vers 1904
Glossaire des termes techniques, éditions


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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 18:01
            LEUHAN ET SA CRUCIFIXION.


                Commune de Leuhan, Finistère.
                    église Saint-Theleau


        UNE CRUCIFIXION


La fenêtre du chevet de cet édifice présente, insérées dans un montage haut en couleurs et géométrique, genre kaléidoscope, du début XIXe siècle, quelques pièces anciennes du XVIe  siècle.

Le fenestrage de la baie, qui a été restaurée au milieu du XXe siècle, le pignon s'écroulant, a retrouvé sa forme originelle, et, semble être plus proche du XV° siècle, alors que les autres baies de l'édifice portent le caractère du XVI°siècle.


Cette baie  est partagée en  3 lancettes en ogive de 3 panneaux de vitraux, dominées par un réseau de 3 écoinçons, le fond est unmontage  à base d'une résille  de bornes de couleur jaune se croisant à angle droit  à un point rouge créant ainsi en leur centre des losanges blancs à filets violets.

Inventaire des vitraux anciens

Ces vitraux, de petites surfaces, nous offrent des éléments d'une crucifixion, complétée, il y a une cinquantaine d 'années, avec un Christ en croix, une Vierge Marie, un saint Jean. Une tête d'évêque crossé, une dizaine de pièces d'architecture des XV° et XVI° siècle, un médaillon présentant les cinq plaies, complètent cette en semble de qualité.

        La Vierge Marie.


C'est le plus beau morceau de l'ensemble et possède l'avantage d'être le plus complet.


Dans la lancette de gauche un élément rectangulaire présente une Vierge de la Crucifixion en manteau bleu.Ce manteau semble moins ancien mais offre au regard un très bon drapé. Pour le visage et les mains serrées de douleur il est utilisé de la sanguine. Le verre employé est  un verre incolore verdâtre  concave, forme probablement due à la cuisson, vers l'intérieur d'une épaisseur de 2 à 3 cm.Ce verre reçoit un léger jaune d'argent et de la grisaille brune, que l'artiste a enlevé à la brosse dure.

Un gros trait de grisaille noire entoure le visage de Marie et marque la limite avec le blanc du voile. Cette tête et ce voile font partie de la même pièce de verre.

Les sourcils, un trait surmonté d'un pointillé, se rejoignent avec  deux virgules, qui ne sont pas sans rappeler l'école, des sourcils à la banane, spécifique à certains vitraux de Cornouaille. De ses yeux s'échappent, vers le bas, des rayons lumineux.
Le nez est épaté et les lèvres charnues, une sanguine très rose anime la lèvre inférieure, tandis qu'une seconde plus légère, caresse le visage. Cet élément peut nous permettre de  mieux cibler la datation  que nous estimerions pour le tout début du XVI° ; cette sanguine n'apparaissant en France qu'au XV°.
Un ton chair est déposé sur les lèvres et le visage. Au-dessus de Marie flotte, horizontalement, un nimbe  de forme ovale rayonnant

Le dessin de ces vêtements est tout en contraste de valeurs de grisaille noire plus ou moins forte, qui donne l'impression d'un manteau fait dans un tissu ou étoffe épaisse.

Comme dans toutes les Crucifixions, Marie est debout, les mains jointes, la tête, sortant d'un voile blanc, légèrement inclinée vers le sol.

Dans ce sol, il ne reste que quelques pièces avec sanguine où on peut déchiffrer quelques fleurs, possible indication de la Résurrection et du printemps.

Les verres et leur état de conservation.

Les verres, suivant leur composition, présentent du côté extérieur, des états de conservations différentes. Les verres incolores, comme il est fréquent, présentent des petits cratères, tandis que les pièces bleues du manteau et violette de la robe ont une face extérieure très propre et lisse. A noter que seule  la partie haute est ancienne.



Le Christ en croix


Dans la lancette centrale, deux éléments rectangulaires indépendants, l'un offrant un Christ  fin XVIe sur une croix de couleur jaune brûlée. L'autre une tête d'évêque à la mitre au jaune d'argent

 Il porte une couronne d'épines au jaune d'argent dont le dessin a disparu, il en est de même du visage du Christ. Les doigts sont resserrés, entourés de pièces anciennes. Le INRI,ou titulus, est d'époque.  Sur la droite du Christ  divers pièces d'architecture seconde moitié du XVIe siècle.

Ici, très peu de pièces d'origine, et celles qui subsistent sont en très mauvais état, les grisailles noires et brunes ayant disparues. C'est le cas pour la tête, le bras et la main gauche. De la couronne d'épines descendent des larmes, du moins par la forme, de sanguine très rouge..

On peut relever que les doigts serrés et la main n'ont pas de clous, mais une tache de sanguine, avec sept traces de sang en  étoile; détails peu visibles sur photos.

Le INRI nous offre pour séparer chaque lettre un graphisme losangé aux côtés concaves.

Seul l'élément supérieur de la croix est d'origine avec son imitation de veines de bois. La branche horizontale étant faite d'un décor damassé provenant d'un sol.

Les cinq plaies.

Cette dévotion, qui n'est pas antérieure au XV° siècle, est ici présentée dans un ovale de verre bleu, dont toutes les pièces, sauf l'une, sont d'origine.

A  l'intérieur, posés en étoile, deux mains et deux pieds entourant un coeur. La plaie de ce dernier a pris la forme d'un croissant de lune, le sang qui en coule est un peu indiqué par des traits verticaux, un peu comme des cils à l'envers, tandis que pour les pieds et les mains, ces dernières ont pris la forme d'un gant, du côté du poigné.Les plaies du trou du clou sont rondes, étoilées de sang.

Ces pièces ont été exécutées sur un verre incolore légèrement verdâtre parsemé de multiples cratères. Une sanguine brune est employée pour les plaies et le sang.

L'évêque

Il est plus ancien. En verre incolore, une légère sanguine appuie le trait noir bien plus large que celui qui anime les traits de la Vierge. 

Pour la mitre, une grisaille noire est posée au lavis sur la face extérieure du verre,
pour animer le volume tandis que la face intérieure est agrémentée d'enlevés au bois parralléles et horizontaux. Dans le bas de la pièce, l'artiste utilise de petits enlevés à  la pointe.

Pour la crosse, le jaune d'argent est employé, ainsi que le trait noir posé sur une grisaille brune. Seule la fleur décorative a gardé la teinte du verre.

Par la façon de poser le trait et surtout son épaisseur, cette pièce ne semble pas être l'attribut de notre évêque. La grisaille brune n'est pas non plus employée chez  ce dernier. Et on ne peut savoir s'il s'agit d'un évêque ou d'un moine.

Aure élément à noter : deux lettres d'écriture gothique.

Saint Jean.

L'intention était bonne, de présenter à droite du Christ, ce personnage, mais ce n'est pas un saint Jean d'une Crucifixion, car nous découvrons dans sa main droite, certes avec difficulté, un livre.

L'inventaire des pièces anciennes se résume aux deux pièces des mains et manches, ainsi qu'à quelques pièces  rouges d'une robe, certaines avec plis, les autres avec damas ; tout ceci indiquant divers provenances.

Cependant l'intérêt réside plus dans l'esprit du modelé et du dessin de ces pièces. Il y a été utilisé  un jaune d'argent très fort  et très orangé, ici plus du chlorure d'argent que du nitrate de ce dernier. Un autre jaune d'argent plus léger, mélangé à de la sanguine est aussi utilisé.

Ce travail n'est pas sans rappeler les saints ou apôtres du chevet de la chapelle du Manoir de Kernault en Mellac

n
Note. diverses pièces datent de la dernière restauration du xx° siècle, comme la tête de Saint Jean ainsi que les fonds d'accompagnement.

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 09:52
Des saints dans des niches!




La niche une façon de présenter les saints et personnages.


Les  figurations des saints que l'on découvrent , ici baie 129, dans les  vitraux, des églises,  avec ou sans leur (s) donateur(s) ou donatrice(s), sont toutes  présentées dans des arcades ou niches.

 Celles-ci peuvent, dans une fenêtre de vitrail, aller jusqu'à dépasser  le nombre de trois, c'est le cas à la cathédrale de Quimper, pour les baies hautes du choeur,  100,101 et 102 et103, ou quatre  pour les suivantes du transept et de la nef.Elles servent aussi de cadres aux scènes des siècles suivants

Il en est de même pour certaines fenêtres basses du XIX°siécle,de la cathédrale et d'autres édifices, comme ci-dessous, du verrier Nicolas.

La construction d'une niche.


Ces niches,ici au-dessus, la baie 123, en relief, comportent, dans la partie basse, un socle, sur les côtès, des colonnettes, accessoires obligatoires des montants de l'ouverture, où apparaît le personnage et celui qui l'accompagne parfois, et sommital un dais architectural.

Cette façon de procéder n,est pas exclusive au vitrail, elle existe aussi en sculpture pour présenter des statues. Cela fut, peut-être au départ, un style de présentation et une décoration en plus.

Saint Augustin, en a-t-il  été le précuseur?
au-dessus, mariage de la Vierge, xv°, église de Concarneau.


Il est dit aussi que cette façon de présenter fait suite aux déclarations de Saint Augustin, ou à une transposition, lorsqu,il dit que ce sont les Saints et les Apôtres qui nous OUVRENT LES PORTES DU CIEL.

C'était peut être cela au départ, mais c'est devenu très vite un style de présentation et une décoration spécifique d'époque, le rideau remplaçant la porte.
'(ci-contre saint Jean et saint Bathélémy,de la chapelle des Gorais en Pleucadec,56)

Tenture ou rideau


La scène se passe devant une tenture ou rideau de couleurs, souvent à damas dont le dessin en grisaille est posé au pochoir du côté intérieur du vitrail, sauf   extérieurement en certaines exceptions.

Ce rideau n'est pas sans rappeler le rideau qui ferme le Saints des Saints, mais peut être aussi celui que l'on dressait devant le choeur lors des représentations au Moyen-Age, des Mystères.

A gauche Passion de Lanvénégen, chaque sujet est ainsi présenté,sur un fond soit rouge soit bleu.ce qui est souvent le cas au XVI° avec l'atelier Quimpérois Le Sodec.

Ce rideau ou tenture se retrouve dans tous les vitraux des XVe et XVIe siècles.exception ci-dessus.

Les architectures du sommet des niches


Au XVe siècle,(à droite Trinité de Stival, Morbihan), cette présentation est quasiment omniprésente et les peintres verriers rivalisent d,inventions, de recherches et de styles dans la construction de leur architecture, qui,  avec leurs pinacles, leurs contreforts, leurs colonnes, leurs vues, leurs culs de lampes et leurs fleurons  n,est pas sans rappeler nos édifices religieux du XIX°. Ces artistes vont même jusqu'à créer des édifices imaginaires, un peu comme Victor Hugo, et ornent chaque baie de modèles différents.

Ainsi, dans les fenêtres hautes de cette Cathédrale de Quimper, on dénombre dans les vitraux près de trente architectures ou dais différents.(ci-dessous croquis de divers auteurs).

Plus bas les baies 1OO et 102 de la cathédrale de Quimper; la première est une copie de l'original duXV°, expatrié au XIX° dans le Lot.





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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 17:46

 

CROQUIS DES DERNIERS JOURS DU MOIS DE FEVRIER 2OO7.












LORS DE PROMENADES DU CÖTE DE DOUARNENEZ, PONTL'ABBE L ILE TUDY COMBRIT  LES BORDS DE L ODET DES QUE LE TEMPS PREMETTAIT UNE ECHAPPEE MEME EN CIREE

CES CROQUIS ONT NOMS

LE CHATEAU D EAU

EGLISE ET CHATEAU

PORT RHU

LA RUE QUI MONTE

LA JETEE

LA VAGUE

LE CANOT

LE BOIS DE SAPINS

LE BOURG


LE GRAIN


L ESCALIER


LES DEUX BALISES


LA SOURCE DES ESPAGNOLS


LE PEITIT VILLAGE


LES VIRECOURTS






























































LE GRAND VILLAGE

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 13:39

            Marie l'Egyptienne,

                            BAIE127

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

 

Dans cette baie d'exposition nord, vitre dite de Kerloaguen, et composée de cinq lancettes trilobées, onze panneaux de vitraux sur les vingt ont  pu conserver, des quantités plus ou moins grandes, de pièces d'origine.

Les restaurations successives, nous en avons dénombré plus de trois, depuis celle de 1869-1870,  n'ont pas amélioré l'état des vitraux.
       
    Parmi ces onze panneaux du  XVe siècle,  sur les vingt que totalise cette baie, on relève les cinq têtes de lancettes, dont l'une n'a conservé que cinq pièces, puis deux panneaux avec chacun un chanoine donateur, en a2 et b2, une Pietà couvrant deux panneaux superposés, les c2 et c3, et enfin un couple de donateurs présenté par Marie l'Egyptienne en e2 et e3.

Les lancettes sont numérotées de gauche à droite par les lettres a,b,c,d,e ; en hauteur avec des chiffres.

Originalité de ce vitrail.


    Cette originalité réside dans une certaine façon de procéder à l'exécution de certaines pièces du corps comme les têtes,ici Mariel'égyptienne et les mains. Nous avions  déjà relevé,  cela dans le vitrail du chevet de l'église de Brennilis, et cela se sentait aussi dans les têtes des donateurs du côté sud du choeur de la cathédrale. Toutes ces pièces, têtes et mains, ont été peintes suivant un même modèle ou poncif, par transparence, dont les  grandes lignes ont été conservées, et lorsqu'il en était le besoin, le modèle était retourné. Cela est lisible par superposition des pièces. Notion de facilité, ou recherche d'une unité de style de la part de l'atelier! dessous Vierge de la pietà

                                           
Une seconde originalité, qui peut être intéressante pour la connaissance de l'atelier, concerne les pièces de corps humains et celles d'architectures. Toutes les faces extérieures des verres présentent une ébauche, un double, au trait de grisaille du dessin intérieur, parfois très lisible, d'autre fois relevable grâce à une suite de cratères qui a suivi le trait de grisaille. Après réflexions, nous pensons qu'un premier peintre posait, ce trait extérieur, à la chaîne sur toutes les pièces,  puis un second, plus peintre que le premier, et dont le travail de trait, de lavis, d'enlevés était plus long et plus délicat, exécutait la pièce, et cela pièce par pièce.




Pourquoi cette présence de Marie l'Egyptienne dans cet édifice.
ici à gauche avant restauratio, à droite après
.

.La présence de cette Marie l'Egyptienne, comme intercesseur du couple n'est pas directement explicitée et le texte gothique du phylactère, pour le moment incompréhensible, ne nous est d'aucune utilité dans cette recherche.le texte présenté provient de la Piéta

    Quasiment inconnue en notre fin de vingtième siècle, elle fut cependant la plus illustre des saintes du désert, et accompagne souvent dans les Fontaines de Vie, une autre pécheresse, Marie Madeleine.

Qui est-elle?

Sa vie est bien connue au Moyen Age qui lui attribue la date de l'an 421 pour sa mort et qui  célèbre son culte au mois d'avril, le 9, jusqu'au XVIIIe siècle, puis le 2 plus tard et cela même jusqu'en 1925.
ci contre les trois pains


    Du XIIe siècle, il existe un chapiteau du cloître Saint Etienne de Toulouse qui raconte sa vie, et, les vitraux, peu nombreux, ne sont pas en reste, comme à Chartres vers.1205-1215, et Bourges 1210-1215, sans négliger Auxerre. Les époques postérieures semblent moins fécondes. J'ai pu en relever un de la fin XVe dans le Cher, et un second, du milieu du même siècle à Vendôme.


 Je pense, que cette représentation de Marie l'Egyptienne à Quimper est la seule de Bretagne. Par contre l'éventualité de la présence d'une seconde serait la bienvenue.

    C'est une sainte qui semble inconnue au XIXe. Pour Le Men, historien de la cathédrale,  lorsqu'il voit dans ce vitrail<< un saint qui est probablement Saint Maurice>> assertion vite corrigée dès 1892 par l'abbé Thomas , autre historien. Ottin, maître verrier auteur d'un volume sur le vitrail , parle d'une << Marie Madeleine vêtue des ses cheveux jaunes>>, et Aymar de Blois d'<< un saint ou sainte qu'on n'a pu distinguer>>
 
<< une créature bizarre, toute nue, avec un corps tout noir
et brûlé de soleil>>

    Debout derrière les donateurs, la main gauche reposant sur la donatrice, ses longs cheveux au jaune d'argent, essayent de couvrir la nudité de son corps, laissant cependant apparaître une partie des seins.


A noter que le gauche est moderne. Telle elle est décrite au Moyen Age, lors de sa découverte par l'abbé Zozine dans le désert de la Pérée où elle se retira durant 47 années : << une créature bizarre, toute nue, avec un corps tout noir et brûlé de soleil>>

    Sa tête, en verre incolore, aux cheveux exécutés aux traits et aux enlevés au bois, avec une raie au milieu, est penchée sur la droite. Son regard, à la pupille noire et à l'iris gris, ne se porte pas sur les donateurs, mais plutôt sur le corps du Christ de la lancette à sa droite. Un nimbe rouge, très haut placé, est orné de deux rangés de perles blanches, exécutées à la gravure à l'archet.

De la main droite, elle porte sur un livre rouge à tranche dorée les trois pains, symbole de vie et nombre divin, qu'elle emporta au désert après les avoir achetés à Jérusalem, avec les trois deniers qu'un inconnu lui donna. Sur sa droite, le phylactère est un morceau de bravoure technique dans sa découpe.

    Comme fond, un rideau bleu orné d'un galon de verre jaune au graphisme proche de O et de V. Derrière, une baie gothique, verte à trois lancettes et réseau de couleur noir, comme aveugle intentionnellement, est entourée de voûtains rouges.


   
    Les donateurs, les Kerloaguen,

   

    C'est le seul couple qui se trouve dans ces baies hautes de la nef, alors que le choeur nous en offre plusieurs. Qu'il y en ait eu d'autres, rien ne vient le confirmer.

    Il s'agit de Morice de Kerloagwen et de Louise de Brehet, dame de Rosampoul, mariés en 1446. Cette dame, originaire de l'évêché du Tréguier, serait la fille d'Olivier, praticien en cour laïque qui prêta serment en 1437.

    L'un derrière l'autre, vu de trois quart, tournés vers la Pietà, l'époux semble prendre plus de place. Il est le seul à avoir droit à un prie Dieu qui ne soit pas recouvert d'étoffe comme c'est le cas pour les chanoines donateurs. Ce meuble n'est pas armorié, la restauration XIXe n'ayant laissé qu'un élément de pièce, vierge de tout
 indice.
Le livre de prières, à la tranche jaune, et aux sept lignes posées dans une cartouche rectangulaire, est bien plus petit que ceux des membres donateurs du clergé. A cela nous ne voyons d'autre explication que celle de laisser apparaître, sous les mains du donateur, des éléments d'armoiries. Mais au premier abord, cela ne justifie pas la différence entre ces livres de prière, chanoines et donateurs laïques. Ci-contre visage du donateur

Le verrier du XVe siècle s'est peut être soumis, soit à une règle  iconographique, soit au désir du donneur d'ordre, le laïc devant garder son rang. Il n'aurait pas le droit d'étaler le même symbole d'enseignement et d'autorité que le clergé, symbole, qu'est le livre saint, qui se doit d'être l'attribut du Père Eternel, du Christ, des évangélistes, des docteurs de l'église, des prophètes, des saints et d'un certain ordre social ou classe. Il n'a droit qu'au "livre de poche". . . .

    Dans cette représentation de donateurs, pour différencier l'homme de la femme ou, vice versa, les visages ont pris les teintes roses ou blanches. Il en est de même des mains jointes qui sont vues de trois quart et qui n'ont pas tout à fait la même ouverture de paume, et, les doigts de Louise sont recourbés.

    L'époux porte les cheveux assez longs, et bien peignés avec raie au milieu. Pour elle, c'est un bonnet, dont la coiffe est éxécutéz avec un verre rouge, plaqué sur verre incolore, gravé de perles blanches, encadré de rabats d'un bleu mauve. Tandis qu'il porte sa cotte d'armes, blasonnée au-dessous d'une collerette d'un bleu clair, couleur identique à la pièce d'armure du bras droit, celle du gauche n'étant pas ancienne, son épouse est habillée d'un chemisier ou, bustier, pour lequel il a été utilisé du verre incolore légèrement verdâtre, et sur lequel le peintre a laissé libre court à sa fantaisie. Il continue le trait indiquant l'ouverture de ce vêtement sur les boutons, qui se trouvent ainsi coupé en deux.

    Une manche rouge apparaît sur sa gauche, et le bas du panneau, avec des restes d'armoiries, devient incompréhensible.
On peut cependant relever que cette dame a été mutilée d'une partie de son dos, qui aurait dû continuer jusqu'au bord droit du panneau,  et aurait ainsi supprimé  le fond bleu apporté au  XIXe. Nous n'avons trouvé aucun indice sur sa robe, actuellement de couleur verte.

    Ces panneaux sont-ils à leur place d'origine, étaient-ils dans une autre baie ?

La Pietà peut en être un exemple. Tous ses panneaux ont été coupés en largeur. De plus l'architecture du côté gauche fait 3 centimètres de moins que celle de droite. Du coup, le nimbe du Christ  a subi une grosse ponction. Par contre la Croix se trouve exactement au milieu.

A signaler ici l'erreur de lecture d'Aymar de Blois qui y voyait un baron de Pont-l'Abbé en Maurice de Kergloaguen, à cause du Lion rampant de gueules.



    L'architecture des dais,



    L'originalité de cette baie vient qu'elle est la seule de la nef à présenter à la fois deux types d'architecture de dais. L'un, sur fond bleu, est repris trois fois dans les lancettes a, c et e, le second sur fond rouge, en b et d. Ces architectures sont construites sur une superposition de pièces de verre de 23 centimètres de hauteur, la largeur variant avec l'emplacement dans la construction de l'édifice présenté. Certaines de ces pièces offrent des prodiges de coupe.


    Les architectures b, la seconde sur la photo et d, première et troisième

    Malheureusement pour celles ci, les pièces anciennes sont peu nombreuses, et ne nous laissent à peine de quoi reconstituer la partie supérieure au dessus de la barlotière. Cependant on peut estimer, comme le propose la restauration du XIXe,que la large façade, encadrée de deux culs de lampe supportant deux colonnes, laissait découvrir un culot supportant les nervures d'une voûte. Il nous arrive très souvent, ici c'est le cas, de penser que ce restaurateur possédait des pièces ou, des informations, je pense à Ottin, ou des éléments de pièces qu'il n'a pas transmis.

    Au-dessus, où les pièces sont anciennes, en partie et leur nombre suffisant pour  une reconstitution, un gable, surmonté d'un fleuron, que l'on retrouve à droite et à gauche sur les deux faces en perspective, fait place à un pignon ajouré de baies jumelées et surmonté d'une galerie percée de quadrilobes. Plus haut, un dernier fronton, aux arêtes concaves, orné d'un trilobe se termine par l'incontournable fleuron au jaune d'argent.

    Cette construction d'édifice, nous sommes au XVe siècle finissant où la perspective n'est pas encore entièrement définie et par la très connue, est traitée avec une recherche naïve de perspective, propre à nous donner le tournis, les axes se contredisant, s'emmêlant, comme si tout était prêt de s'écrouler. Heureusement que cela s'accroche à deux contreforts et pinacles ainsi qu'à une colonne centrale bien verticale. Ce qui n'est pas le cas des multiples lancettes.




Notes,





, à propos de Marie l'Egyptienne,

 Fra Angelico la présente en 1437, dans le trityque de Pérouse.
En avril 1998, numéro 2745, dans l'hebdomadaire La Vie, paraît une reproduction d?une statue en pierre du XIVe de Marie l'Egyptienne, entièrement habillée de ses cheveux présentée comme étant une Marie Madeleine. Elle provient de l
'église Notre-Dame d'Ecoui
s et fait partie de l'exposition << L'art au temps des Rois maudits : Philippe le Bel et ses fils>> montée au  Grand Palais, où cette erreur est reprise autant  sur le socle, que sur l'affiche.

A la
cathédrale de Bourges, XIII
  • cathédrale d'Auxzerre
  •   , dans la baie 23, chapelle du déambulatoire, vingt scènes de sa vie sont narrées. Les vitraux de la creproduisent à peu près les mêmes sujets. Au musée Fech d'Ajaccio elle est présente au milieu de cinq saints qui font partie d?une peinture sur bois du Maître du Crucifix d?Argent

Dans certaines Fontaines de Vie, l?efficacité salutaire du bain dans la vasque où les gens de tous les ordres viennent se purifier, est attestée par la présence de deux pécheresses : sainte Madeleine et Marie l'Egyptienne.

Elle est le symbole de la communion. L'abbé Zourine lui donne la communion. Elle est invoqué comme saint Antoine pour « le feu », le feu de la prostitution, «  feu au fesse »Son corps est recouvert de poils comme  le démon, par image à son ancien métier.
Les seins apparents indiquent la dégradation de son âme comme la nudité absolue. Pénitente :  ses ch
eveux qui en poussant couvrirent tout son corps. Image de la Vierge qui motive sa conversion.










   

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