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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 17:24


CATHEDRALE SAINT-CORENTIN de QUIMPER

                         BAIE 105
                         deuxième lancette.


                    Saint Corentin
     et l'évêque Bertrand de Rosmadec


Au dessus du donateur qui serait Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper lors de la construction de la cathédrale,  se trouve un évêque.

Un possible saint Corentin, évêque de Quimper.


Il est probable que ce soit un saint Corentin, premier évêque de Quimper. La main droite gantée sur  le bois de sa crosse en verre incolore travaillé au jaune d?argent, dont la volute est à motif végétal, tandis que le n?ud prend la forme d?une construction architecturale. il  pose la seconde main derrière le dos du donateur en geste de présentation.

 Il revêt  la chape de couleur  verte, propre aux évêques, couleur qui  symbolise leur  indépendance et qu?on retrouvera chez des évêques dans les baies 116, 122 et131. Des orfrois, ici sans scène, aux motifs au jaune d?argent, descendent de l?encolure après l?avoir entouré. Sur la mitre aux deux cornes  apparaît une croix brodée.

 Cet évêque  tourne la tête de trois quart arrière, c?est à dire vers sainte Catherine, sa voisine de droite. La position de son corps déhanché et surtout l?inclinaison de sa tête n?est pas sans rappeler la Vierge de la Crucifixion de la baie 100.

Bertrand de Rosmadec, évêque et donateur.


Bertrand de Rosmadec, présenté ici de petite taille,  a pris la pose du donateur à genoux sur un coussin, ses mains jointes passent devant les bois  de sa crosse, au dessin très effacé, et de celle  de son présentateur.
 
L?orfroi qui décore sa chape est très riche de dessins, et rejoint le prie-dieu où est visible un petit losange  encadré de deux autres motifs. C?est peut-être cela que Le Men avait dit voir : pallé d?agent et d?azur de six pièces. Lors de la restauration de 1992 nous ne les avons pas trouvé, ni leurs couleurs ni leurs emplacements.
La position qu?a pris Bertrand de Rosmadec permet de découvrir un des deux fanons ( bandeau) de sa mitre qui tombe sur le haut de la chape. Celle-ci s?étale sur la sol..

Comme toutes les lancettes un rideau de verre rouge fleurie de damas dont certains de leurs traits  ont écaillé le couverte rouge de ce verre et laissent apparaître le support incolore de l?autre face.

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 17:24


CATHEDRALE SAINT-CORENTIN de QUIMPER

                         BAIE 105
                         deuxième lancette.


                    Saint Corentin
     et l'évêque Bertrand de Rosmadec


Au dessus du donateur qui serait Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper lors de la construction de la cathédrale,  se trouve un évêque.

Un possible saint Corentin, évêque de Quimper.


Il est probable que ce soit un saint Corentin, premier évêque de Quimper. La main droite gantée sur  le bois de sa crosse en verre incolore travaillé au jaune d'argent, dont la volute est à motif végétal, tandis que le noeud prend la forme d'une construction architecturale. il  pose la seconde main derrière le dos du donateur en geste de présentation.

 Il revêt  la chape de couleur  verte, propre aux évêques, couleur qui  symbolise leur  indépendance et qu?on retrouvera chez des évêques dans les baies 116, 122 et131. Des orfrois, ici sans scène, aux motifs au jaune d'argent, descendent de l'encolure après l'avoir entouré. Sur la mitre aux deux cornes  apparaît une croix brodée.

 Cet évêque  tourne la tête de trois quart arrière, c'est à dire vers sainte Catherine, sa voisine de droite. La position de son corps déhanché et surtout l'inclinaison de sa tête n'est pas sans rappeler la Vierge de la Crucifixion de la baie 100.

Bertrand de Rosmadec, évêque et donateur.


Bertrand de Rosmadec, présenté ici de petite taille,  a pris la pose du donateur à genoux sur un coussin, ses mains jointes passent devant les bois  de sa crosse, au dessin très effacé, et de celle  de son présentateur.
 
L'orfroi qui décore sa chape est très riche de dessins, et rejoint le prie-dieu où est visible un petit losange  encadré de deux autres motifs. C'est peut-être cela que Le Men avait dit voir : pallé d'argent et d'azur de six pièces.
Lors de la restauration de 1992 nous ne les avons pas trouvé, ni leurs couleurs ni leurs emplacements.

La position qu'a pris Bertrand de Rosmadec permet de découvrir un des deux fanons ( bandeau) de sa mitre qui tombe sur le haut de la chape. Celle-ci s'étale sur le sol..

Comme toutes les lancettes, pour fermer la niche, un rideau en verre rouge fleuri de damas dont certains de leurs traits  ont écaillé le couverte rouge de ce verre et laissent apparaître le support incolore de l'autre face.

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 08:14
      
            Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
            Baie du choeur côté nord, numéro 105



                                     Vitrail
        de l'évêque Bertrand de Rosmadec.


                                 Présentation

Baie à quatre lancettes trilobées composées chacune de  quatre panneaux .Le second panneau de la seconde lancette avec l'évêque a pris une hauteur différente, et cela pour ne pas couper le visage du donateur.

Ce vitrail est très proche,  par certains éléments, de la Crucifixion  de la baie 100 et des baies 109 et 111. Il pourrait s'agir pour ces quatre vitraux de l'oeuvre d'un même atelier.

Ce vitrail décrit par trois historiens à divers époques


 
«  Le panneau n°1( lancette) représente St Guénolé, premier abbé de Landévennec, tout habillé de blanc, probablement à cause de son nom ; le n°2 cette figure que j?avais d?abord prise pour un chanoine est en effet un Evêque tenant sa crosse, et dont la mitre rompue est remplacée par un verre blanc, à genoux présenté à N.D., qui est dans le panneau à côté, par un St Evêque dont on ne distingue pas l?attribut.
Le n°3 la Ste Vierge. C'est probablement l'évêque qui lui est présenté qui a fait don du vitrail de l'église. Ce doit être Gatien de Montceaux qui fit construire les voûtes du choeur et dont on voit les armes sur une des nervures. Ce vitrail suit immédiatement celui du Duc et est à la tête de ceux qui représentent des chanoines.
Le n°4 Ste Catherine que l'on distingue par sa roue.
Les Ecussons du Vitrail étant détruits on ne peut savoir à quelle maison appartenoit le chanoine donateur » .-                  Aymar de Blois dans le registre de Boisbilly,   1820.
1.

 
Autre son de cloche cinquante années plus tard, l'auteur en est Le Men,

1er Panneau - Un saint religieux, vêtu d'une longue robe blanche et portant une escarcelle ou aumônière de couleur bleue. Ce saint serait, d?après la tradition du chapitre de Quimper, saint Guénolé, premier abbé de Landévennec et contemporain de saint Corentin.
2e Panneau - Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper de 1416 à 1445. Il est présenté à la Sainte Vierge par un saint évêque dont on ne distingue pad l'attribut, mais qui est probablement saint Corentin. Sur le prie-Dieu devant lequel il est agenouillé, est un petit écusson triangulaire portant ses armes qui sont : pallé d'argent et d'azur de six pièces.
3e Panneau - Notre-Dame portant l'Enfant Jésus.
4e Panneau - Sainte Catherine, la tête ornée d'une couronne. Elle était, d'après une tradition, issue des rois de Bretagne insulaire. Elle tient une roue de la main droite. Catherine de Rosmadec, soeur germaine de l'évêque Bertrand, avait épousé Guillaume de Lanros.

Qui est l'évêque donateur ? les avis divergent.


Au sujet de l'évêque donateur, alors que Aymar de Blois propose Gatien de Montceaux, Le Men ne semble pas d'accord et y voie Bertrand de Rosmadec.  L'abbé Alexandre Thomas  semble du même avis ou tout simplement reprend la proposition de Le Men. Par contre, le petit écusson triangulaire portant ses armes n'a pas été aperçu en 1992.

La mise en place des personnages qu'a faite  le peintre verrier Lusson, n'est pas désagréable. A-t-il suivi l'avis de Le Men. Il ne semble pas, puisque celui-ci indique bien que ce sont ses notes qui ont été transmises pour la restauration des vitraux.



        Après plus de 550 années, constat de l'état des             pièces.



, Ce vitrail est parvenu jusqu'en 1992 en assez bon état. Certes, les quatre dais d'architecture n'étaient plus qu'un puzzle de pièces de différentes époques. Mais pour ces dais comme pour le reste, quelques pièces  du XIXe siècle bien traitées et qui avaient résistées au temps ont été conservées.

 
Ce qu?il a fallu fournir en 1992

 Il a fallu cependant fournir des têtes ou visages  comme celui de sainte Marguerite, du saint évêque, possible Corentin, de Bertrand de  Rosmadec de la Vierge Marie. Il en fut de même des mains comme la droite de sainte Marguerite.  A cet inventaire, il faudrait y adjoindre les quatre cinquième du sol, des éléments de dais, particulièrement au dessus de saint Guénolé, vingt trois pièces de colonnettes, alors que la tenture rouge,  bien que la grisaille ait gravé le verre, n'a demandé que trois petites incrustations de pièces neuves.

 Pour les vêtements, saint Guénolé n' a eu besoin qu'un élément de pièces, la Vierge, pour son manteau, trois pièces bleues, sainte Catherine, cinq pièces,  et le saint évêque trois pièces.


   
Qui est sainte Catherine ?


La sainte Catherine  est toujours fêtée le 25 novembre.. et pourtant, il paraît qu?elle n'a jamais existé ! Elle a toujours fait l'objet d'une grande dévotion et ce depuis l'Antiquité.

 On ne connaît  sainte Catherine d'Alexandrie que par sa « Passion ». On dit qu'elle resplendissait de beauté, qu'elle était intelligente et fille de roi. On peut ajouter qu'elle est fêtée chaque année par les « catherinettes » elle leur rappelle qu'à 25 ans il  serait temps qu'elles se marient.

 
En 1969, elle est rayée de la liste des saints et saintes;


Malgré sa popularité, Rome décida, en 1969, de rayer Catherine de la liste des saints : « La mémoire de sainte Catherine, inscrite au Calendrier romain au XIIIe siècle ne peut y figurer car non seulement sa « Passion » est entièrement fabuleuse, mais on ne peut rien affirmer sur sa personne. »

Dans les années 306-312 elle est convoquée par l'empereur  romain Maxence;

A Alexandrie, lorsque l'empereur Maxence convoqua les habitants à sacrifier aux idoles, elle  fut convoquée devant l'empereur romain  du IIIe siècle pour répondre de sa foi chrétienne. Elle s'adressa à l'empereur et essaya de lui montrer que seul le Dieu des chrétiens était le vrai. Aussi,l'empereur vit venir des philosophes des quatre coins'horizon pour essayer de lui faire perdre sa foi. Ils n'y parvinrent pas  et les philosophes furent martyrisés.

Elle subit le martyr


Dans sa prison, elle convertit l'épouse de l'empereur et l'amant de celle ci. Ne voulant pas accepter la proposition d'être impératrice et de renier sa foi, on voulu la martyriser avec quatre roues garnies de pointes de fer, mais l'engin diabolique se brisa. Elle fut donc décapitée et de son corps jaillit du lait au lieu du sang.

Le monastère  Sainte-Catherine-du-Sinaï


Finalement, son corps fut  transporté par des anges au sommet du mont Sinaï. Il y resta trois siècles et y aurait laissé son empreinte. On élève une chapelle qui existe toujours sur ce sommet où on accède par de longs escaliers en pierres sèches. Un monastère au nom de Sainte-Catherine-du-Sinaï s'y installe. L'empereur Justinien l'enrichi au VIe siècle.

Sa présence dans la cathédrale de Quimper.


Cette Sainte, nous la retrouvons
dans ce choeur ,deux fois dans la baie 106 et la baie 109. les photos à droite et à gauche montre la Catherine de la baie 1O5? avant et après la restauration de 1992.
La vie de cette (ex)sainte s'étale à la cathédrale de Dol,XIIIe et XVIe siècles, A Runan, elle accompagne la Crucifixon du tout début XVe siècle. Plus proche elle est présente au Pénity en Locronan. Ce ne sont que quelques unes des nombreuses représentations en vitrail. Le Men, quelques lignes plus haut nous livre que d'après la tradition, sainte Catherine est issue des rois de Bretagne insulaire! La multiplicité de ses statues en Bretagne le montre,  ainsi que le nombre de femmes célèbres et de saintes portant ce nom.pour mèmoire elle égaye le porche sud de la cathédrale saint Corentin ainsi que celui de l'église Ste Claire de Penhars.(xv)°
Autre aspect du culte de sainte Catherine c'est que son image semble alors, inconsciemment ou pas, être vénérée comme la représentation de tous les martyrs.
Elle porte une couronne parce qu?elle était fille de roi et une roue brisée car cet instrument de supplice éclata sans lui faire du mal.








Décapitée,  elle a comme  autre attribut une épée.






Nous apprenons avec Le Men 5 que l?évêque Bertrand de Rosmadec avait une soeur  portant le nom de Catherine. Il est très possible que c?est en son hommage que son frère ait fait installer sa sainte patronne ici  dans la baie dont il semble être le donateur. Cette Catherine de Rosmadec était mariée à Guillaume de Lanros. De plus, on la retrouvait, vitrail disparue depuis longtemps, en donatrice dans une fenêtre basse de la cathédrale, la baie 19 dite aussi chapelle Saint-Roch.


Les socles et dais.

Ces premiers ont disparu, on ne sait pourquoi. Est-ce au cours des siècles ? Suite à un changement de place ? Etait-ce prévu ainsi dès le départ ? Le sol reprend les mêmes graphismes que la 103, damier noir et blanc, de face, de biais,  et demi losanges.


Dans chaque niche  deux colonnes en faisceau montent du socle jusqu'au dais, colonnes qui seront très peu nombreuses dans les vitraux de la fin du  XVe  siècle de cette cathédrale. ci-dessus dais avant restauration, dessous après.


Le dais monte sur deux étages. Le jaune d?argent y joue avec la grisaille sur une verre incolore très légèrement verdâtre. Un léger dépoli est posé sur la face extérieure. Il n?est pas réservé à cette architecture, il court sur toutes les pièces des baies.  Il est construit en angle vif dont l'extrémité  entre dans une colonne avec culée qui monte jusqu'au haut du dais et se termine avec un fleuron. A la hauteur de la culée démarrent deux voûtes supportant chacune une façade agrémentée d?un gable avec crochets et quadrilobe, encadrée de deux lancettes trilobées. Le haut  de ces deux façades est arrêté par une corniche avec moulures et fleurons. Au dessus,  deux gables semblables à ceux du dessous mais  plus petits s'accrochent à des culées surmontées de pinacles. Pour les quatre lancettes, le ciel qui apparaît, au-dessus et entre les pinacles est de couleur bleue.

NOTE

1
2.- R.F .le
3. - Abbé Alexandre Le Grand. La Cathédrale de Quimper, Quimper, 1904, note, p.54.
4.,
5.- R.F. Le Men, op. cit., p, 39)
A lire pages 57 et suite dans "les vitraux de la cathédrale de Quimper"presse universitaire de Rennes et socièté archéologique du finistère;









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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 17:43


                Cathédrale Saint Corentin Quimper

             Baie 116, Troisième lancette
                Vitrail daté de 1496,il a été offert par Geoffroy et Rioc de Tréanna, tous les deux chanoines de la cathédrale, l'un étant aussi recteur de Crozon et le second, semble-t-il archidiacre de Tours. C'est ce que l'on peut lire, avec la date sur les socles de la base. Cette famille bretonne est aussi donatrice des baies 1I2 et 1O8.

       
            Le Christ bénissant,
             à la croix de Résurrection


 

Au milieu de la baie,  sur un fond bleu, entouré de Sainte Geneviève et de Saint Martin se trouve ce Christ bénissant.

, Son visage, derrière un nimbe cruciforme rouge et or, se présente quasiment de face, en opposition aux autres personnages, et légèrement penché sur le côté gauche, son regard semblant suivre le geste de bénédiction de sa main droite.


 Ses cheveux, couleur or, bien partagés, tombent sur ses épaules. Sa barbe à deux pointes et courte encadre  le bas du visage,

Il porte une robe rouge, fermée au cou par une agrafe ronde  couronnée de perles,  qui découvre, par le biais du geste de la main droite qui bénit, sa poitrine nue et la blessure de la lance.

 L?un des  pans de la robe est accroché au bras gauche dont la main tient la croix de résurrection.  Cette robe découvre sa jambe gauche et ses deux pieds nus, dont l?un présente plus fortement la plaie d?un des clous de la mise en croix. Ces pieds et le second pan de la robe reposent sur un sol pourpre.

Pour le corps, sauf pour la tête XIXe, deux sortes de verre rose ont été utilisées, l?un plaqué sur bleu pour les bras, les mains, et les jambes, tandis que le buste utilise une teinte différente. Spécialement sur le bras droit, le dessin des veines commence à prendre le graphisme de losanges que l?on retrouvera en Cornouaille cinquante ans plus tard.

L'iconographie de la croix de Résurrection.

Elle semble apparaître dès la fin du XII° siècle avec la représentation de la Résurrection où l'on voit le Christ, bénissant, enjambant le tombeau, tenant cette croix processionnelle de la main gauche, c'est-à dire l'instrument de son supplice. Avec cette croix, il descendra aux limbes, figurées comme enfer par la gueule d'un monstre, comme  l'indique la Passion du tympan de Rouen datant de 13OO.

L?état de conservation du verre.

Le verre rouge de la robe est très légèrement parsemé, du côté intérieur, de petits cratères qui ont fait sauter le plaquage, laissant un semis d?étoiles non voulues. La face extérieure de ce verre est vierge de toute attaque, il en est de même pour le corps du Christ. Par contre le rideau bleu, à damas exécuté au pochoir sur la face intérieure, est très abîmé sur la face extérieure, spécialement du côté gauche, à l?emplacement de la pose d?une grisaille devant assombrir cette partie du rideau.

Les pièces XIX°

Un nimbe crucifère, ancien, rouge et Jaune, entoure la tête dix-neuvième. La même restauration a fourni la croix posée sur un manche d?origine.


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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 10:04
                                           CATHEDRALE SAINT CORENTIN
                                DE QUIMPER


                    Baie 116

                Lancette de Sainte Geneviève


Le répertoire des statues de saints, inclus dans le Nouveau Répertoire des églises et chapelles,du diocèse de Quimper et de Léon ne signale aucune statue de cette sainte.

Par contre, sainte Geneviève y est signalée comme titulaire de l'église de Loqueffret, ainsi que d'une  chapelle de Ploujean. Ces deux sont des édifices classés et datant du XVIesiècle. On la retrouve aussi pour une chapelle détruite à Plouvorn, ainsi que pour une dernière, désaffectée dans un manoir de Lannilis. Elle eut un culte à Argol dont elle fut la seconde sainte patronne« depuis au moins 1634 »



Peut-on rapprocher sa présence ici à la cathédrale avec celle de saint Eloi ?

 Nous sommes, ici à la Cathédrale, en 1496.Dans la baie 116, sainte Geneviève occupe la seconde lancette, Eloi la première.

 Anne de Bretagne vient d'être  couronnée reine de France, quatre plus tôt, en 1492, à Saint-Denis. Cette date parle donc d'un rapprochement Bretagne-France.

Saint-Denis, un lieu que fréquentait sainte Geneviève.


C'est elle qui décida les prêtres à édifier un monument sur le tombeau de saint Denis.

C'est là, au cours d'un de ses pèlerinages avec ses compagnes, que se passa l'épisode miraculeux du cierge, qui est son attribut et que l'on voit ici, enjolivé par la tradition :  Ange qui rallume son cierge éteint par le diable avec un soufflet alors qu'elle se rendait en pélerinage à Saint-denis.



Elle passait pour être bergère, attributs récents,profession utilisée de façon politique depuis Napoléon.

 .

Message politique posé délibérément  en 1493 ?


Saint Eloi a, comme on l'a vu dans la première lancette, milité pour ce rapprochement France-Bretagne. Alors peut-on continuer dans cette idée, qu'un message politique est pu être posé délibérément par les donateurs, les Tréanna ?

Message politique au XX° !


Face au républicanisme athée laïc et anticléricalisme, l'Eglise tente d'ignorer la Révolution et souligne la nature royale d'Eglise liée à une monarchie française et chrétienne.

 Sainte Geneviève avec saint Denis, saint Vincent de Paul, saint François de Sale, sainte Clotilde, saint Louis, sainte Elisabeth, sainte Jeanne d'Arc, sont alors sortis de l'oubli et proclamés dans le vitrail

Revenons à cette sainte Géneviève.


Son visage
.

Tournée vers le Christ,lancette suivante, le visage de sainte Geneviève, dont malheureusement le dessin est très effacé, est égayé par de longs cheveux, attribut des vierges. Ces cheveux tombent dans le dos maintenus sur le sommet du crâne par un serre-tête
Pour ce visage c'est une verre incolore qui est utilisé, Cette couleur, (le blanc)  est ici attribuée aux femmes, alors que pour les hommes, le verre rose est utilisé.
Le jaune d'argent y a été utilisé comme il le sera sur les liserés du manteau blanc qu'elle porte, ouvert sur la poitrine.

Ses habits


 Ce vêtement découvre une robe verte, relevé sous la main droite qui tient le cierge de couleur jaune, comme le sont ceux fabriqués en cire d'abeilles non trafiqué.

 De l'autre main, elle porte, et soutient de l'avant bras, le livre des écritures, largement ouvert, aux nombreuses lignes et à la tranche dorée.







 
Le combat du diable

et de l?ange
.


Derrière elle, sur un fond de rideau rouge à damas qui fut exécuté  au pochoir sur la face intérieure, un combat se joue, autour du cierge, entre un diable bleu et un ange,   à qui aura le dernier mot. Allumer, éteindre !De son cierge, éteint sous l'action du vent, lors d'un de ses pèlerinages, mais qui se ralluma miraculeusement, nous avons ici la description merveilleuse que l'on donne plusieurs siècles plus tard..

 Figure étonnante de ce diable maniant de ses deux mains un soufflet et dont le corps est fait de gueules immenses aux crocs aiguisés, de diables engoulant son ventre ses bras, ses jambes, ses pieds.

Quant à l'ange, à la robe blanche ceinturée à la hauteur du bassin par un gros filet décoratif au jaune d'argent, flottant horizontalement dans les airs, il rallume ou essaye de rallumer ce cierge dont malheureusement la flamme a disparu lors de restaurations précédentes..

 Une franche jaune, qui termine le rideau, balaye un sol d'un rose violet balayé de courbes en forme de S.



Inventaire de quelques vitraux des XIX° et XX° siècle dont le sujet est cette sainte.


Argol, 29, église, 1953.  auteur P. Toulhoat.
Kerlouan, 29, église Saint-Brévalaire 1904, auteur Société artistique de peinture sur verre.. Dans niches à fond damassé, en pied de face  sur tenture damassée sainte Geneviève, les mains jointes aux doigts serrés a le regard perdu vers le ciel. Elle est pieds nus vêtue d?une robe bleue à manches courtes laissant découvrir une chemise blanche, par dessus accroché au bras gauche un pan d?un manteau de couleur rouge. Un voile blanc couvre ses cheveux. Une quenouille est coincée sous son avant bras droit. Plus bas, un mouton se frotte contre ses vêtements. Au-dessous, scène où sainte Geneviève, entourée de personnages, est à genoux habillée de blanc les mains jointes devant un saint évêque :saint Denis.
Le Conquet, 29, église, 1960-1967, auteur Jacques Bony.
Saint-Eloi, 29, église Saint-Eloi, auteur Saluden, sur grisailles, dans médaillons, en buste, Santez  enoveva(Geneviève)   de trois quart droite les mains jointes  portant une robe rouge et portant  une houlette


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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 11:20
                CATHEDRALE SAINT CORENTIN DE QUIMPER

                            BAIE 116


        Saint-Martin. de Tours.
    ou la charité Saint-Martin.


La figure traditionnelle de Saint-Martin à cheval se détache sur fond de rideau damassé fait d'un verre violacé, devenu très foncé en vieillissant, et parsemé de gros cratères du côté extérieur, mais plus nombreux et faisant un tapis là où une grisaille a été posée.

Les pieds sur les étriers, bien déhanché sur sa gauche, il vient de partager son manteau dont le morceau recouvre le dos de l'indigent, à la porte d'Amiens. Cette dernière n'est pas proposée ici.
Photo après restauration

Vie en rapport avec la Bretagne ! mais aussi mystère de ce choix !


Sa vie présente, elle aussi, un rapport avec la Bretagne, tout d'abord par sa campagne d'évangélisation de I'Armorique où il se heurte au culte des druides, et par Tours qui fut son archevêché  et celui de la Bretagne.

Mais il restera toujours, un mystère sur le choix de ce saint par les donateurs de ce vitrail, tant qu'aucun document ne pourra nous aider.
                                                                          Photo avant restauration


Personnage très célèbre en France


Cependant, on peut relever que ce saint fut en France très célèbre. Au XIIIe siècle la dévotion était encore bien vivante,  à Tours où deux  vitraux lui sont consacrés ainsi qu'un à Angers. Il faut aussi se rappeler que Quimper dépendait alors de Tours et que le sanctuaire de cette ville est consacré à ce saint. Il peut aussi avoir un rapport avec les pèlerins et les voyageurs. Avant de partir pour un long voyage, ceux-ci clouaient souvent une fer à cheval sur les portes des églises en  son honneur.

Autres lieux en Bretagne où Saint Martin est représenté au XVI° siècle :
Romillé, Ille et Vilaine, où dans une Légende de saint Martin .1555. la figure traditionnelle de Saint-Martin à cheval, partageant son manteau avec un indigent,  n'est pas proposée.
Saint-Martin des Champs. Finistère. Chapelle de Cuburien, en saint patron dans la baie de saint Jean Baptiste. Représenté ici en évêque et chape verte.

L
'ensemble visage, bonnet et nimbe

Le nimbe, de couleur jaune XIlle foncée, donne l'illusion d'une assiette par la façon dont il a été ombrée, avec l'apport de grisaille, à la limite entre le champ et la bordure. Sur ce nimbe se découpe le bonnet en deux pièces de laine superposées du saint Martin. Celui-ci est fait d'une seule pièce de verre, dont la partie inférieure est bleu, et l'autre verte. Cette dernière est réalisée par l'apport de jaune d'argent sur le verre bleu de la pièce.

 Son visage est pris dans un verre rose, qui porte une suite quasi horizontale de mini cratères, à l'emplacement probable d'une vergette. Celle ci a conservé,  durant plusieurs siècles, l'humidité entre elle et le verre . Ce visage de trois quart gauche, baissé vers l'indigent, porte des cheveux coupés à la Jeanne d'Arc, sortant sur les côtés du bonnet et colorés au jaune d'argent.

Le buste


Il porte un manteau rouge, plutôt chlamyde, sur un possible justaucorps bleu, ainsi qu'une épée, aux quillons recourbés vers l'extérieur, de couleurs jaunes ainsi que le pommeau, qu'il tient de la main droite, la gauche devant être sous l'étoffe du manteau qu'elle relève.

Le cheval


Celui-ci est exécuté en verre incolore, travaillé à la grisaille brune et noire, mais qui présente, ici et là, des taches de petits cratères sur la face intérieure. La crinière et les poils de la jambe sont traités au bois et à la pointe. L'auteur nous offre un harnachement rouge aux chefs-d'oeuvres jaunes, c'est à dire des  incrustations de verres dans le rouge, plus décoratifs que réalistes.Le sommet de la tête du cheval est surmonté du panache, que l'on retrouve plutôt dans les scènes de joutes chevaleresques et de festivités. C'est un peu, ce que nous fait penser la position de la jambe avant droite prête à ruer et la jambe arrière

L'indigent


A l'indigent, il n'a pas été donné beaucoup de place dans cette scène. Le héros du sujet, il est vrai, étant saint Martin.  Il s'appuie sur sa béquille qu'il coince sous son épaule gauche et qu'il tient de la main gauche. Il a,  déjà revêtu un morceau du vêtement que lui a offert saint Martin. Dessous  ce morceau d'étoffe, il est nu, en dehors d'un linge blanc à la hauteur du sexe. L'auteur de ce vitrail le présente en unijambiste, et un élément du moignon est visible sur le bord de la lancette. Sa tête et la partie visible de son corps sont faites d'un verre bistre- rose plaquée sur blanc,  qui est malheureusement abîmé par taches sur cette face intérieure.

Le décor


La scène se déroule devant un rideau d'un  pourpre violacé très foncé et encore assourdi par la présence sur la face extérieure de très nombreux cratères dû à la pose d'une grisaille. Le feston du bas, de forme inverse au galon supérieur, est identique à ceux des autres lancettes, et tombe sur un sol bleu. Celui-ci est parcouru de traits de grisaille en courbes irrégulières accompagnés de balayage de jaune d'argent.

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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 10:25
CROQUIS LORS DES PREMIERS JOURS D'AVRIL 2007: le pêcheur et la vieille cale de l'Ile Tudy - Pignon sur marais de la baie de Cap coz - maison petite et chaude de l'Ile Tudy - vent frais -la parabole - manoir et marais - pied nus - maisons de l'ile tudy - cimetière de canots - la montée après le pluie -chez denise - les vieux canots -

 
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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 05:44
                        BAIE 116
        Saint-Antoine et le donateur,

                    Rioc de Tréanna.


         Ce donateur et ce saint patron
 se trouvent dans la dernière lancette à                         gauche.


Le sujet se présente sur un fond de rideau vert à damas, posés toujours du côté intérieur, qu'égaie dans le haut le galon jaune XIlle habité de motifs floraux.

 Ce verre vert est,  très attaqué du côté extérieur par des cratères  s'installant aux emplacements d'une grisaille posée pour ombrer. Ce défaut se retrouve dans toutes cette baie de la cathédrale. La faute  est dû à la composante verre et grisaille et à la pose de cette dernière sur la face extérieure.. Celle ci a emmagasiné, au cours des ans, de l'humidité qui a attaqué le verre.

Description du saint Antoine 

 Saint Antoine, le visage tourné de trois quart vers le Christ, tient de la main droite une petite crosse, pièce malheureusement XlXe mais dont l'espace est d'origine.  La gauche, suivant le canon propre à la représentation du donateur et de son saint intercesseur, repose légèrement sur l'épaule de ce dernier.

Il présente un visage sérieux, pour lequel il a été utilisé, de même pour ses mains, un verre légèrement teinté, travaillé avec une grisaille de teinte terre de sienne, posée au pinceau trois poils, reprise par endroit au pochon et accompagnée d'enlevés à la pointe.
Les cheveux ont la coupe de moine sur le devant, avec repousse sur l'arrière du crâne. Ces cheveux retombent par derrière l'oreille En continuation, la barbe se termine en deux pointes
 Le nimbe, d'un jaune très foncé, reprend le même aspect que celui du saint Martin de la lancette voisine.

Saint Antoine porte une robe d'un ocre rouge, dont les manches ont une teinte violette pourpre assez foncée. Cette teinte du verre utilisé est le résultat d'un bleu plaqué sur rouge. Il porte par dessus cette robe  une bure ou  un manteau d'un gris violet éteint.


Le donateur, Rioc de Treanna

Le donateur, en orant, les mains jointes, mais en oblique, est vêtu, semble-t-il,  d?une aube sur une soutane bleu dont des éléments apparaissent au collet, aux manches et dans le bas du vêtement.

. Une restauration XlXe, il ne reste que peu de pièges anciennes, a bouleversée la composition et la compréhension de cette aube

Pour le visage,  vu de trois quart, la grisaille, pour lui donner du volume, est posée en hachures parallèles et fines qui sont reprises par la pointe et le bois sur un verre rose entaché par endroit de minuscules cratères bien groupés.

Les cheveux dessinés ,aux traits et à. la pointe, ont été peignés et gonflés vers le haut.

Le livre de prière, à la tranche jaune, porte lui aussi deux sceaux tombant sur l'étoffe violette qui recouvre le prie Dieu et dont les deux rares pièces anciennes présente sur la face extérieure un damas complètement rongé.
Sur une pièce de l'aube, du côté extérieur, les cratères ont suivi les enlevés parallèles et de biais que le peintre a exécuté au bois sur la grisaille. Le sol  qui est  de verre rouge est lui aussi très abîmé.

Les dais.

 Ils se découpent sur un ciel vert émeraude pour les lancettes b et d,  et violet pourpre pour les trois autres. Par contre, ils sont  tous identiques.

 Deux culées supportent, aux extrémités, chacune un pinacle,  ce dernier accroché  par un arc-boutant à deux des trois autres colonnes démarrant en culées de lampes. Ils sont séparées par deux pignons ornementaux très pointus, ajourés, de chaque côté de petites baies à plein cintre, et couronnés d'un fleuron qui surplombe deux autres.

Ce schéma se retrouve au premier étage

  • Dessous le claire-voie s'ouvre sur le ciel.

 La tête de clocher reprend le même schéma des trois colonnes et gables, mais ici les claires-voies sont remplacés par deux baies gothiques à deux lancettes. Un dernier pinacle surmonte le tout.

 Le jaune d'argent s'étale partout, sur les boudins, les tores, les culées, les pinacles et les fleurons, sur lesquels s'irradie la lumière venant de gauche.

Le verre incolore très légèrement verdâtre, dont la puissance de la teinte varie suivant les feuilles qui ont été utilisées, fut soufflé en plateau. Des ondes en courbes non seulement nous le confirme mais permettent parfois d'en calculer le diamètre.

 Certaines pièces sont bombés irrégulièrement, et n'ont pas trop souffert de la condensation intérieure qui a laissé une couverte de myriades de petits cratères qui ne gênent en rien la lecture. et gardent à la grisaille sa qualité originelle.

Les Socles.

Sur les cinq, seul trois possèdent des pièces anciennes.

 Celui du milieu est XlXe d'écriture, mais a gardé la forme originelle qui est donnée par la découpe des rouges du sol.

 Le Men lit une inscription en caractères gothiques: (l?an) mil CCC (C) . xx XVI fut maistre Gefre de Tre (anna archidiacre) du Mans chanoine de ceste église recteur de Craozon.




Les évangélistes du réseau.

Du coté gauche du réseau, saint Marc, saint Jean,  à droite saint Luc et saint Mathieu.

 Leur emplacement dans ce réseau de la 116, n'est pas celui d'origine, pour deux raisons

 La première raison est que le caractère pictural des peu de pièces qui ont subsisté n'a rien à voir avec le reste de la baie.  Il nous faut signaler que nous n'avons trouvé aucun fond bleu d'origine.

 La seconde raison, se voient du côté  des phylactères. Ceux-ci ont été tronqués pour rentrer dans le moule des soufflets. De plus, on a connaissance qu'ils ont été déposés vers 1836, sans indication de provenances si ce n'est « des fenêtres du transept et de la nef» pour «garnir trois des fenêtres latérales de l?abside»17

Cependant, trois des visages sont anciens, tout d'abord en verre rose non plaqué,  puis au dessin des principaux traits du visage identique, sur lequel on a ajouté les cheveux ou la barbe suivant le besoin.

Longs cheveux bien peignés et bouclés pour Jean, le crâne presque dégarni pour Luc, mais barbe accroché au menton, boucles en accroche-coeur pour Marc dont le verre est truffé de cratères sur les deux faces. Quant à Mathieu, son visage a disparu. Existait-il en 1836? cela est très probable.

Tous les quatre écrivent ou sont en action de le faire, stylets en bois creux, bambou, taillés de biseau, encriers, phylactère portant leur nom en latin, et tenu de la main gauche. Malheureusement un seul est d'origine, celui de saint Jean, mais en partie seulement. Ils ont tous revêtu une robe rouge, Marc, avec capuchon, Jean, avec collet décoré sur jaune d'argent, pour Mathieu, elle est XIX e, pour Luc, et plus foncée. Ils portent tous une cape. Chez les deux de gauche, elle est carrément jetée en arrière. Les nimbes sont animés de décors à base de rayons, différents pour les deux seuls anciens, Marc et Jean.

La grisaille est posée, sur la face intérieure, au jus puis tamponné, des enlevés sont faits à la brosse et au bois. Une deuxième grisaille légère est posée sur la face extérieure, ce qui a amené l'illisibilité de la tête de Marc.









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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 17:42
        croquis des sorties de Mars
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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 11:07


CATHEDRALE SAINT CORENTIN QUIMPER

                        BAIE 116.




            Vitre de Geffroy et Rioc de Tréanna,



Cette baie, dernière du côté est du bras sud du transept, est composée de cinq lancettes trilobées de quatre panneaux chacune et d'un réseau de neuf écoinçons.

Du vitrail originel que reste-t-il ?et diverses descriptions des historiens

Des vitraux d?origine, 1496, il en reste une grande partie.  Cependant on ne peut que regretter la disparition de  deux socles:  celui au-dessous du Christ, et celui de saint Martin, une grande partie du panneau inférieure, et celui, du chanoine donateur de l'extrême droite,aisi que le visage du Christ en c2, un dais et quatre têtes de lancettes. Dans le réseau, quelques éléments de quatre évangélistes ont subsisté., mais il semble qu'ils ne soient pas à leur place d'origine.

La description des emplacements des personnages que Le Men nous offre ne correspond ni à ce qui existe actuellement, ni à celle donnée par l'abbé Thomas ; qui est celle faite après la restauration de 1873-1874.

 Une troisième lecture a été faite par le verrier Ottin,  après la pose, Il a fait quelques erreurs minimes, comme le marteau pris pour une béquille et du coup il n'a pu, à cause de cela, reconnaître le saint Eloi 3

La lecture, de cette baie, en partant de la gauche, donne: un chanoine donateur avec un saint intercesseur, une sainte, un Christ tenant la croix de Résurrection, saint Martin partageant son manteau, puis à l'extrémité droite, un second donateur avec un saint intercesseur.(absent de la photo ci-contre)

Dans le réseau, quatre bustes d'évangélistes, dont Ottin est le seul à signaler la présence. Ces derniers, où ce qu'il en restait, avaient été employés, entre 1837 et 1873, dans la chapelle Notre-Dame de la Victoire.Nous leur avons fait retrouver leur place possible.

Revenons à la plus ancienne description, celle d'Aymar de Blois :

«Le premier panneau, offre l'image de sainte Geneviève de Paris, le second, un chanoine présenté par saint Eloi; évêque caractérisé par le marteau qu'il tient, rien ne désigne qui est le chanoine. Le troisième est un autre chanoine présenté par saint Antoine, ses armes sont une couronne verte sur un fond blanc5. Le quatrième, Notre Seigneur, ou saint Jean-Baptiste, on ne peut trop distinguer lequel des deux, et le cinquième, saint Martin, évêque de Tours, distinguée par la croix pommelée qu'il tient.»

C?est cette description que nous présente Le Men.

La place du restaurateur du XIX°

 Ce restaurateur, il y a de grande chance que ce soit Lefèvre 6, il a remis l'ensemble dans un ordre plus convainquant. Mais il a aussi fourni les deux blasons de Tréanna, en a1 et e1, suivant en cela les indications de Le Men et le texte, dont des éléments en lettres romanes subsistaient alors sur les socles. Cependant ce restaurateur nous proposait des armoiries avec le macle d'argent au lieu d'azur.7

Al'époque, lorsqu'une pièce était brisée ou fendue, on posait un plomb dit de plombs de casse. ils étaient nombreux lorsque la restauration de 1993 à commencée.Les photos de Ste Geneviève et de St Martin avant le montrent.


Les deux chanoines, des extrémités de la baie, seraient donc des de Tréanna.

Geffroy et Rioc de Tréanna sont signalés par Le Men,8,comme chanoines de la Cathédrale en 1486 et 1496.

Le premier, comme l'indique une inscription des socles en écriture romane, est archidiacre du Mans et recteur de la paroisse de Crozon. Il fonda, toujours selon Le Men, dans la cathédrale, un obit de < six vingt écus d'or vieux du coin royal de France pesant 120 gros»

Le second fit de même et fonda dans la même église un obit de 40 gros d'or. En 1473, ce même Géffroy de Tréanna est mentionné par un acte du Saint-Siège comme clerc du diocèse de Quimper, Licencié en décrets, maître-es-arts commensal de l?évêque de Sabine, Alain de Coétivy, il obtient une dispense pour des bénéfices incompatibles 10 . Au décès du cardinal de Coétivy en 1474, Geoffroy de Tréanna, chanoine de Quimper devient vice-chancelier et commensal10bis de Roderic, évêque d?Albano, alias Rodrigue Borgia qui deviendra pape sous le nom d?Alexandre VI (1492-1503) 11 Leur écu se voit sur la voûte en face de la baie 124. Ils n'eurent pas le droit à celle en. face de leur baie comme il était souvent le cas, l'évêque Alain le Maout (1486-1493) ayant  déjà, d'une courte tête semble-t-il, monopolisé les trois écus du bras sud du transept.

Les Tréanna une famille répertoriée.

Un autre de Tréanna, Guezennec, était aussi, un demi-siècle plus tôt, 1443, archidiacre du Mans. Il apparaît dans une codicille testamentaire dressée par l'évêque Jehan de Lespervez avec le titre de maistre. 12

Dans le choeur de cette même cathédrale, la famille de Tréanna est titulaire d'une baie, la 108, avec, dans la première lancette la représentation d'un chevalier en orant présenté par un saint évêque.

 On trouve aussi , dans la baie 112, dans la seconde lancette un second chevalier de Tréanna, ici présenté par un saint religieux non défini. A la fin du XIV et tout début du XVe, un chanoine Jean de Tréanna est signalé à la Cathédrale 13


Saint Eloi et Geffroy de Tréanna. 1ère lancette à gauche .

C'est devant un rideau, d'un violet sombre, aux damas exécutés au pochoir sur la face intérieure du verre, et maintenu par un galon en verre jaune Xllle très foncé, au rythme cassé vers le centre et décoré d'une succession de quadrilobes inséré dans un rond et portant une perle au centre, que sont présentés les deux personnages.

Pourquoi ce donateur  a-t-il choisi saint Eloi comme intercesseur? Certes ce saint est donné comme orfèvre et trésorier de Clotaire Il et de Dagobert, je ne vois aucun rapport avec le Geffroy de Tréanna. Il en sera de même pour son frère Rioc avec saint Antoine. Ils ont emporté la réponse avec eux, comme l?écrit l'historien Emile MaIe :

«Lorsque les donateurs n'offrent pas l'image de leur saint patron, il est parfois possible de découvrir pour qu'elles raisons ils ont choisi tel autre personnage » 14.

L'ont-ils choisi pour son action ou plutôt mission pacificatrice en Bretagne, sur ordre de Dagobert, mission qu'il réussit en faisant Judicaél, duc de Bretagne,  monter jusqu?à Clichy, afin d'y conclure une entente qui aurait assujetti le duché au royaume des Francs?

Description  de saint Eloi

Ce pacificateur est vêtu d'une chasuble verte, à l'élément décoratif en verre jaune, dont seule la partie supérieure, qui est visible, offre au centre un IHS très travaillé et entrelacé qui est accompagné sur la droite de trois lettres S L O, et au dessus d?un E.

saint EIoi tient de la main droite, portant entre le pouce et l'index, le marteau très léger des orfèvres. Il est ici de couleur bleue et de forme en arc de cercle, et possède un manche fin. Derrière cette main apparaît la doublure de couleur violet-brun de la chasuble. Elle est portée sur une aube dont la blancheur apparaît au ras du cou

 Cette main droite est gantée de blanc et porte  une bague d'or à l'extrémité du médius. Sur le dos de la main, un second bijou.

 La seconde main, gantée avec un anneau d?or au pouce, serre le manche, parcouru de volutes, de la crosse ouverte vers l'extérieur. Cette crosse est ici faite de motifs végétaux  peints à la grisaille sur un verre incolore rehaussé de jaune d'argent.

La crosse, la croix et le cierge, la composition parallèle  de ces objets tenus par les acteurs de la baie est-elle voulue !

A l'encontre de la crosse du saint Antoine et de la croix du Christ, que l'on voit plus loin, toutes deux portées bien droites, celle de saint Eloi est de biais, parallèle au cierge de sainte Geneviève. Cette composition est-elle voulue? Pour moi, cela me semble réaliste de l'affirmer.: Car nous trouvons deux obliques, qui ouvrent vers le Christ, une verticale, celle de sa croix, puis l?oblique plus accentué de l?épée de saint Martin, celle ci, contrebalancée par la canne du pauvre. Le tout est bien calé par la légère verticale de saint Antoine.

Mais revenons à notre couple de la première lancette. Du saint Eloi, la mitre étant XIXe, il nous reste le visage et le nimbe. Ce dernier ne présente comme décor qu'une légère suite de demi cercle.

Des visages semblables.

Pour la tête, on s'est servi  d'un verre d'un rose tirant sur le gris. Cette tête prend les mêmes traits que ceux de la tête du donateur, et que ceux, inversés ou pas de toutes les autres visages de la baie ; utilisation d'un même carton ou calque !C'est aussi le cas à Brennilis.

Cette façon de travailler avec un modèle, copié par transparence, n'est pas spécifique à cette baie, nous le retrouverons par la suite. Ce procédé est d'autant plus aisé à découvrir que nous possédons sept visages d'origine.

La mitre très XIX° de 1873-1874 a été remplacée par une plus dans l'époque,suivant documentation; elle repose sur un bonnet rouge d'où s'échappe une touffe de cheveux qui recouvre l'oreille. Ceux-ci sont exécutés au lavis avec un enlevé à la brosse et à la pointe. Un léger jaune d'argent est posé sur la face extérieure.

Sur le visage même principe de lavis avec enlevés. Mais ici des traits très fins, parallèles, ont été données a l'aide d'un pinceau à trois poils. Le visage est présenté de trois quart et le regard se  porte vers le centre des lancettes.

Le donateur, Geffroy de Tanna, ses vêtements liturgiques et leur  décor

Le donateur, Geffroy de Tanna, pose les mains jointes  devant le pupitre traditionnel, où est ouvert, vu de profil, le livre des saintes écritures qui sont représentées par neuf lignes d'un gros trait de grisaille noire.

Du visage, du même verre que son intercesseur, on peut retenir la coupe ou coiffure des cheveux, relevés vers le haut  et où apparaît une tonsure, qui forme un gros chignon à l'arrière; le tout exécuté au lavis et aux enlevés aux bois et à la pointe.

De la couverture rouge pendent deux sceaux de couleur jaune XlIle accrochés à une étoffe verte. Un tissu violet foncé, complètement mangé à l'extérieur de cratères, recouvre le pupitre, et descend jusqu'au sol bleu. Sur celui-ci, quelques enlevés au bois dessinent librement des demis quadrilobes.

 Un décor de damas, au dessin très serré de motifs floraux, et qui est de surface importante, couvre une chape rouge. L'orfroi de celle-ci est d'une richesse de dessin. Des lettres blanches d'un gothique décoratif, fait au filling, se détachent sur un fond au jaune d?argent. Ce texte, qui donnerait AVE MARIA GRATIA PLENA, est encadré de deux filets de perles. Le mors de chape, de forme proche d'un  quadrilobe imposant, a pris l'aspect d'un objet en métal. Cet aspect est obtenu par le volume en rond de bosse des amandes, perles et anneaux, rehaussé par l'emploi de jaune d'argent.
*
Du blason tout a été dit. Nous signalons cependant que nous l'avons rétabli lors de la restauration en 1999.

Terminé pour cette lancette, les autres suivront.
notes

1, R. F Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, p 156;
2, abbé Alexandre Thomas, La cathédrale de Quimper ,op.cit. p.61
3, L. Ottin, peintre verrier, Le vitrail, son histoire, ses manifestations à travers les ages et les peuples. H. Laurens, Editeur, Paris, non daté. P. 174. 24°F.1° St évêque avec crosse et béquille. Dr en chasuble- Ste Geneviève avec l?ange et le démon se disputant à qui rallumera ou éteindra le cierge.-30 Christ aux Lymbes en manteau rouge et la croix à la main.- St Martin.- 5°
Solitaire crossé. Dr en aube.
4, De Blois, Arch. Dioc. Quimper, Registre de Boisbilly
5, de ce blason, personne n'en parle.
6, Lefèvre, Léon, déjà cité baie 113.
7, le restaurateur l'a-t-il fait par négligence, ou n'était-il pas ne mesure de faire le macle avec un émail bleu, ou faire un chef-d'oeuvre lui était par trop compliqué.
8, Le Men, op. cit. p.126.
9, service religieux célébré par fondation pour un défunt à la date anniversaire de sa mort.
10, Cf., Yves-Pascal Castel, Brève note sur Geffroy de Tréanna, Actes de Sixte IV, Vol. 729,f0
10 bis, commensal, lat. cum, avec et mensal, table, celui qui mange à table avec une autre personne.
11, cités dans le Bulletin  Diocésain d?Histoire et d?Archéologie, 1914, p. 356.
il, Y.P Castel, Note déjà citée, op.cit, vol. 759, f0 243.
12, R.F. Le Men, op. cit, p. 175.
13 Y. P.Castel, note déjà citée.
14, Emile MaLe, L'art religieux au XlIie, p. 325.
15, Il en existe un à Saint-Michel de Guéhenno, cf. Y.P.Castel.
15 bis, chef d'oeuvre. il s'agit d'une pièce de verre, de diverses formes  et de diverses tailles, incrustée dans une découpe préalablement établie dans un verre  de la même forme et la même forme à quelques deux millimètres près. Cette espace sert pour glisser le plomb..
16, vergette: fer rond ou carré d?environ 8 millimètres d?épaisseur, posé horizontalement, renforçant le vitrail qui s?y attache par des attaches en plomb, et scellé dans la maçonnerie.
Lorsqu'il suit le dessin des plombs il évite cet incident sur la grisaille que nous voyons sur cette tête et sur celle XlXe du Christ, ici en décollant la grisaille.
17, abbé Alexandre Thomas. Op.cit.,p.5


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