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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 05:16
LES  QUATRES VITRAUX  DE LA BAIE 100.


 
Cette baie, aux multiples péripéties de ses vitraux successifs qui ont eu le même sujet : une Crucifixion, se trouve, plein est, parmi les fenêtres hautes du choeur de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

Elle est celle que l'on aperçoit tout en haut et au fond. en entrant dans cet édifice,

Le sujet en est une, copie récente, 1992, d'une Crucifixion des premières années du Xavier siècle, 1417, disparue de la cathédrale,  aux alentours de 1856 pour être remplacée par une nouvelle Crucifixion du verrier Lobin.

Cette dernière, lors de la grande restauration de la fin du XIXième fut transférée à l'église de Châteaulin en cours de construction. Le pourquoi, comme le pense Yves-Pascal Castel, c?est que cette oeuvre était trop personnelle et était de plus, en complet désaccord avec les fenêtres voisines du verrier Lusson, nouvellement posées.1869


Revenons à la Crucifixion de 1417.

De 1856, date où elle fut notée comme présente, jusqu'en 1962, sa trace fut perdue. A cette date un
article de Jean Lafond dans la revue de la Société des Antiquaires de France, signale alors sa présence dans le Lot au château de Castelnau-de- Bretenoux. Le même auteur rappelle cette découverte en 1978.

Cette Crucifixion, sans spécificité d?origine  réapparaît après 1896 et avant 1932, au château de Castelnau -de- Bretennoux, que vient de racheter, Jean Mouliérat,  enfant du pays, célèbre chanteur d'opéra comique, qui est en plus collectionneur de pièces rares et hétéroclites.

En avril 1932, suite à la donation du château et  du mobilier à l'Etat,  un inventaire  est dressé et le vitrail de la Crucifixion est de nouveau classé. Personne ne semble en connaître la provenance.  Le conservateur ne la connaîtra qu'en 1992 suites à notre passage dans le but de le photographier et de le comparer avec des documents que nous possédions, entre autre des relevés du verrier Ottin.

 Maître verrier Quimpérois, m?intéressant aux vitraux de la cathédrale, j'avais relevé tous les documents concernant ces vitraux. Lorsque mon atelier fut appelé  pour y travailler et lorsqu'on arriva à la restauration du choeur, je proposais de monter une étude sur cette Crucifixion de Castelnau-de-Bretenoux.

 Pour moi, son retour à Quimper devait  et pouvait être assuré, les deux édifices appartenant à l?Etat. Je proposais à l'inspection générale des Monuments Historiques de me Castelnau et d'y faire des relevés et  photos de ce vitrail, apportant avec moi de
s documents concernant ce vitrail, entre autre des relevés du verrier Ottin qui  travailla chez le verrier Lusson possible auteur de la dépose de cette Crucifixion. 

Premier voyage à Castelnau-de- Bretenoux.

L'accord reçu, mon épouse et moi  sommes rendus dans ce château du Moyen-Age, Nous trouvâmes ce vitrail dans une pièce transformée en chapelle où nous fîmes nos relevés sous la surveillance dun gardien qui ne nous lâcha pas d'un pouce La comparaison avec l'original fit tilt. Nous étions bien avec ce que nous cherchions, Cependant trois têtes de lancettes manquaient et il semble qu'un restaurateur inconnu de la fin XIXième y a ajouté, pour le mettre aux dimensions de la baie ogivale de cette chapelle, cinq panneaux de facture de cette époque. Autre surprise, la personne qui avait mis en place ces éléments du vitrail, avait permuté la Vierge et saint Jean, ce dernier tournant le dos au Christ.

Dans le rapport suivant notre aller-retour, nous proposons de laisser ce vitrail en place, bien qu'il était possible administrativement de le ramener à Quimper, les deux édifices étant classés.

  Nous  proposons cette première solution pour plusieurs raisons.

Tout d'abord sa conservation est très bonne,  et n'a rien à voir avec l'état des vitraux des autres baies hautes du choeur qui sont de la même époque.
Ce vitrail a probablement subi un phénomène de substitution et d'échange assez fréquent à cette époque, comme le dit Lafond, qui ajoute que les pièces anciennes restaient entre les mains des peintres verriers, et leur propriété semble-t-il.
 Ce fut probablement le cas pour certaines têtes et pièces d'architectures, provenant des baies hautes de la cathédrale, vendues sur le marché récemment. Cette « substitution » qui a duré, avant sa découverte, près d'un siècle, Jean Mouliérat l'acheta en 1896, a mis cette Crucifixion à  l'abri des intempéries qu'ont subi ses verrières voisines exposées au Sud et à la pollution d'une ville.

La seconde raison  est qu'il se trouvedans un climat bien sec, exposé au Nord,  bien protégé des intempéries par un verre de doublage, et qu'il est à la portée des yeux, ce qu'il ne serait pas à Quimper.  Le bas, côté lecture, étant à 1,20 mètre du sol, facilite les observations des chercheurs et peut- être une base de comparaison.

 Second voyage à Castelnau,pour en faire une copie

Après échanges de points de vue, il fut accepté, et budgétisé, que nous faisions une copie. Antoine Le Bihan a donc été chargé de ce travail. Le même gardien le reçu, mais il y avait les visites organisées du château qui obligeaient Antoine de stopper son travail. Celui ci consista à un relevé minutieux, sur calques, du vitrail,
 en vue de la réalisation en atelier de la Crucifixion qui est actuellement dans le choeur de la cathédrale.

Conclusion

Le vitrail de 1417 se trouve à Castelnau Bretennou, le vitrail de Lobin de 1856 a été transféré à l 'église de Châteaulin, et


le vitrail de Lusson, très effacé, repose en caisses dans une salle de la tour Nord de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, où il a rejoint toutes les pièces XIXième qui n'avaient aucun intérêt, si ce n'est la conservation..




 

pour compléter
les vitraux de la cathédrale saint-corentin de quimper, société archéologique du finistère,www.lefinistère.org
La verrière 1OO, tome CXXVI, 1997,de la même société archéologique.
castelnau-de-bretennous par henri ramet et henri lavedan, imprimerie régionale
toulouse.




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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 17:35
                   

 

CROQUIS EN NOIR ET BLANC,


.

                 LORS DES PROMENADES DU DEBUT
                    
                    DU MOIS DE jUILLET

l'école de voile, le sablier en attente de la marée, les blockauss au b as des dûnes, un fond de baie et ses maisons, une ria de l'Odet, une pose et une rencontre d'un plus petit.une ferme abandonnée dans la nature qui l'envahit.



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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 20:01
CATHEDRALE SAINT CORENTIN QUIMPER
Baie 120.


Verrière de Jehan de Lespervez +1472.




Cette baie qui se trouve dans le bas sud du transept, côté ouest, comporte quatre lancettes, dont seule la seconde présente deux panneaux du XVe siècle, un buste de Christ bénissant et son dais. Les autres lancettes sont l'oeuvre d'une restauration du XIXième dû à l'atelier parisien  de Lusson

Les historiens du XIXième siècle, témoins

Pour Le Men1 et  l'abbé Thomas2 c'est le même titre : <<Quatrième fenêtre (côté ouest) ,>> mais la description varie un peu, .les personnages ne se trouvant pas à la même place. Cela semble du, comme l?indique le second, à Lusson et à ses <<ouvriers maladroits chargés de la mise en place.>>

Le Men propose,  au restaurateur du XIXième,comme sujet, l'évêque Jehan de Lespervez

Le Men, lors de sa proposition pour la restauration des vitraux avait proposé ce Christ bénissant en la première lancette, suivi d'un évêque en orant, Jehan de Lespervez +1472. Le 9 avril 1467, cet évêque avait légué par testament mille livres pour les réparations de la cathédrale. Cette somme n'étant pas payée en 1489, un commandement à exécution est ordonné. Ceci semble indiquer que le chapitre devait avoir besoin de cet argent pour les travaux de la cathédrale.

Il a probablement proposé les sujets des deux autres baies, soit saint Jean et saint François.

      Ce Christ bénissant,
                d'où vient-il ?


En tout cas, ces deux panneaux du Christ ne peuvent par le style et le dessin du dais être incorporé à d'autres baies en place actuellement.

 Aymar de Blois3, pour cette baie 120, est assez brève :<<Ce vitrail a été renouvelé en entier en vitres blanches>>.

 Divers auteurs4ont vu  ce Christ, de 1837 à 1873, dans la chapelle de la Victoire. Mais d'où venait-il ? Parmi la vingtaine de personnages relevée par de Blois, en 1820, soit bien avant son déplacement vers la chapelle de la Victoire, il existait deux << Notre Seigneur Jésus Christ>>. L'un en la baie 132, actuellement entièrement neuve ; le second faisait partie de la baie 117, grande baie figurée du pignon Nord du transept.

Ces deux panneaux présentent un état déplorable de la grisaille. Elle a quasiment disparu, et cela, semble-t-il récemment.

Pour le Christ bénissant, et pour confirmer ces deux lignes, je me base sur le panneau inférieur de 1873, où l'auteur du XIXe siècle offre, en continuation du manteau du XVe siècle, une suite avec une grisaille très marquée et bien conservée. A mon avis, il avait du travailler  et copier au plus prêt le panneau qu'il avait entre les mains, qui devait être très sale à l'époque.

De plus, à l'intérieur du panneau du Christ, trois pièces du manteau, du début vingtième au plus tôt, nous donnent aussi cette même différence, dont la perception est gênante.

Ce ne sont pas là les seules comparaisons. Pour le dais du XVe siècle, aux architectures et  petits personnages très illisibles, même par réfraction, le restaurateur du  XIXe siècle nous donne un dessin qui ne pouvait être dressé sans avoir un modèle en bon état.

Le pourquoi du mauvais état des deux panneaux du Christ bénissant.

     Comment, pourquoi et quand cette disparition de la grisaille a-t-elle pu se produire ? Il est possible d'avancer, premièrement, la condensation, face intérieure, sur un verre trop sodique qui rejetterait la grisaille,  secondement l'humidité quasi permanente due à des entrées d'eau passant à travers un réseau de plomb au masticage défectueux.

Au-dessous du coude droit du Christ, et du côté intérieur, l'eau, ramassé et drainé par les plombs supérieurs, a enlevé une pellicule de la face du verre sur plus de 2 millimètres de profondeur et 2 centimètres de largeur et cela jusqu'à la barlotière (ferrure horizontale) inférieure. Certes ce travail n'a pu se faire en cent trente ans et indique une forte condensation.

 Cette gravure faite par ruissellement de l'eau n'est pas un cas unique, nous en retrouvons dans la nef. Dans ce panneau,  elle peut  se retrouver dans les rouges du nimbe voisin de la barlotière supérieure

Ce même verre, mais sur la face extérieure, il s'agit d'un verre rouge, a perdu de la même façon son placage.

Cette disparition brutale de la grisaille est peut-être aussi due à l'emplacement de la baie, dernière fenêtre côté Ouest du bras sud du transept, balayée par les pluies.

Le Christ bénissant.

Ce Christ ne peut être rapproché, comme nous l'avons signalé plus haut, des autres verrières.

 D'une facture différente, il offre, malgré sa grisaille défectueuse, et la partie inférieure manquante, une certaine intensité de présence.

Le visage

Sur un rideau, au damas posé au pochoir sur la face intérieure d'un verre d'un rouge très dense, dont il n'en reste que très peu d'origine, et dominé par un nimbe crucifère aux branches rouges pattées, très XVième siècle, qui se terminent en courbe gracieuse balayée de rayons, le visage irradie sa jeunesse. Paire d'yeux vifs regardant vers le bas, verre rose, légèrement concave, pour le visage aux traits fins, aux cheveux longs d'où s'échappent ici et là de belles boucles, barbe séparée en deux, petit balai de moustache prenant racine à droite et à gauche de la lèvre supérieure qu'il laisse  dégagé.

Au-dessus, large galon du rideau offrant quelques restes de lettres donnant UNUM DOMINUM, texte repris par le restaurateur sur les autres lancettes.















Le vêtement


Collet d'une chemise blanche qui apparaît au-dessus d'une robe violette, à l'échancrure fermée au col par un bouton. Manteau, dont la blancheur est due à la pose d'un dépoli assez épais sur la face extérieure, et qui posé sur l'épaule gauche, descendant vers la droite et dont le mouvement, à défaut de trait de grisaille, est indiqué par un filet de jaune d'argent, puis relevé sur le bras gauche, laissant apparaître la main au poignet serré. Comme pour le visage, c'est le verre rose qui est utilisé. Il en sera de même de la main droite, bénissant de deux doigts. Ce verre rose nous confirme une datation  du XVe siècle

On ne peut que regretter de ne posséder que ce buste,  mais il reste quand même le bonheur qu'il nous soit parvenu quasiment entier.

    Le panneau du bas

Le reste de la baie, de création du  XIXe siècle, offre un parti pris que nous retrouvons parfois.

 Pour leurs vitraux neufs, qui ne sont que des copies de vitraux du  XVe siècle et qui possèdent un graphisme de plomb trop éloigné des anciens truffés de plombs au cours des siècles, le verrier auteur y ajoute soit des plombs  de casses supplémentaires, ou tout simplement,  pousse l'hérésie jusqu'à peindre ces plombs de casse sur le verre.

Le dais

Il repose sur deux colonnes, où s'accrochent deux culées qui donnent naissance à un premier étage en courbe. De ces culées part un gâble en accolade ajourée, terminé et accompagné de fleurons gothiques. Ce premier étage ajouré de créneaux triangulaires se termine par un parapet  surmonté de fleurons. Deux colonnes, une à droite, une à gauche, portent chacune un saint en manteau et sans attribut.

L'étage suivant, la moitié moins large, monte jusqu'au fleuron terminal, se découpant sur un ciel rouge assez important. Deux contreforts avec pinacles ajourés y sont accrochés. Une chapelle triangulaire aux deux façades percées chacune d'une baie à trois lancettes  vient en avant d'un fronton supportant deux niches.




Notes,
1, Le Men. op. cit.,p. 137.
2, abbé Thomas. Op. cit. p. 123. P 62.
3, de Blois, op. cit. p.28.
4, Auguste André, op.cit ., p.191, reprenant  de Blois, Philippe-Lavallée et Pol de Courcy. De Guilhermy, op. cit., p.cii : <<Le Christ bénissant.>




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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 05:19
                CATHEDRALE SAINT-CORENTIN DE QIMPER.
                             BAIE 121

             DITE  DE
                    SAINT CHARLEMAGNE


 FACADE OUEST DU BRAS NORD DU TRANSEPT

   

    Dans cette baie à cinq lancettes, les personnages, au nombre de 7, non compris les anges du sommet des baies, s'étalent sur deux panneaux en hauteur,  le second et le troisième.
Les dais prennent les trois panneaux du haut, alors qu'en bas, les socles, entièrement du XIXe siècle, occupent un seul panneau.

Le réseau, comme dans toutes les baies, de cette cathédrale,  une exception près, est du XIXième siècle.(photo en fin du blog.)

   
        Les descriptions du XIX ième siècle

A cette baie, aucun nom n'avait été donné par les trois historiens de la cathédrale. J'entends par là,Messieurs de Blois du registre de Boisbilly 1,  R.F. Le Men 2 et l'abbé Alexandre Thomas.3. Tous les trois  donnent, à ces baies de la cathédrale, des numéros qui varient suivant l'endroit par où ils commencent leur inventaire.
Le patronage de saint Charlemagne a été donné lors de la  sortie en 2OO5 de l'ouvrage sur « les vitraux de la cathédrale » dû à la Société Archéologique du Finistère, 

Aymar de Blois relève : << Les panneaux (lancettes) de ce vitrail représentent un chanoine, saint Pierre, Notre Seigneur Jésus Christ, saint Paul et un autre chanoine : rien n'indique plus à quelques familles appartenaient ces deux chanoines. >>

Le Men, qui indique bien dès le départ qu'il y a cinq panneaux, 4, ne décrit que quatre, avec en premier << un chanoine à genoux présenté par un saint évêque. Son camail porte : parti d'or à une aigle d'empire de sable et d'azur à trois fleurs de lys d'or ; même armes dans le tympan. En second, saint Paul ; apôtre. En 3, un chanoine à genoux, présenté par un saint qui tient une épée. En 4, saint Pierre, apôtre."


Quant à l'abbé Alexandre Thomas, dans ses deux plaquettes sur la cathédrale, décrit ce que nous avons sous les yeux actuellement, et en place depuis 1873-1874.

 <<saint Pierre, un chanoine présenté par un saint évêque, saint Charlemagne portant en alliance les armes de l?Empire et les armes de France, un chanoine présenté par un saint, saint Paul. >> Il ajoute, au bas de la notice du livret le plus ancien, qu' avant 1873, le panneau 2 e occupait la place du panneau 1 e. Celui-ci et le 5 e avaient été transférés dans l'abside depuis 1837. >>


Un saint Charlemagne, acte politique.

Il en ressort, d'après  les  deux premiers témoignages, que  ce saint, canonisé le 28 décembre 1164, n'existait pas dans cette baie. Leurs écrits ne peuvent être mis en doute.

Mais en juin 1851, paraît un mémoire qui sera complété en 1862, du baron de Guilhermy, membre de la Commission des Arts qui visita la cathédrale le 2 octobre 1848, puis, devenu membre de la Commission des monuments historiques, séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 3 à midi. Mémoire qui confirme la présence de Charlemagne à cette époque. Il relève :Un personnage, peut-être Charlemagne, barbu, couronne en tête, sceptre en main, manteau bleu à fleur de lys d'or ; Un saint évêque. assistant un ecclésiastique en chape. La couronne a disparu lors d'une des restaurations postérieures à ce mémoire

Mais d'où peut-il provenir  puisqu'il n'existait dans aucune autre baie ? Guilhermy ne l'indique pas.  En 1892, lorsqu'il écrit son opuscule sur la cathédrale, Thomas l'a bien vu.
 Est-ce une découverte fortuite de quelques pièces, un acte politique que l'actualité a remis au premier plan ? Un hommage en l'honneur d'un empereur qui mourut en 1873 ? Car c'est bien l'année de la restauration de cette verrière. J'entends Napoléon III.
   
Le Men signale bien  ces armoiries sur le camail5 du premier chanoine. Il indique bien d'Empire et de France.

Mais l'aigle ne doit-il pas porter la couronne d'empereur sur le crâne ?. Ce  qui n'est pas le cas  ici. Ce n'est pas moins sûr comme nous montre le Saint Charlemagne d'Issoudun.  Par contre le restaurateur du XIXe siècle s'est empressé de mettre  ces couronnes sur les blasons qu'il a inventé dans trois têtes de lancette. .

 Venons en donc à Issoudun . On peut y voir, au musée Saint-Roch, un saint Charlemagne, du tout début XVIe, époque très proche du nôtre, en armures portant le globe terrestre à trois continents de la main gauche et une épée de l'autre. Ses armoiries présentent bien le même aigle non couronné

  
  Peu de pièces d'origine

 Comme nous l'avons laissé entendre, de ce Charlemagne, il n'y a que peu de pièces d'origine: la tête, le petit collet blanc, le haut du sceptre et deux petits éléments du manche du même sceptre, sans oublier ce blason.

Dessous , comme par hasard, dans un texte de gothiques, qui existe toujours, le restaurateur avait inscrit : restituerunt, encadré par A Lusson, Lefèvre'.. anno domini mdccclxxiv.
( 1874)

Le visage

Le visage, du XVième, sur verre incolore, est travaillé à la grisaille noire, les enlevés sont fait, au bois pour les cheveux, à la pointe pour les poils, avec des hachures fines et épaisses de grisaille pour les sourcils. Les enlevés à la brosse caressent les joues, et la conservation de cette pièce est très bonne, en dehors de la face extérieure qui est parsemée de cratères.Ici, à gauche, avant notre dernière restauration.

Que dire  de plus sur la présence de ce Charlemagne dans la cathédrale, et en voit-on ailleurs ?

Le Moyen âge n'acceptait pas, ou très peu, autant en sculpture qu'en vitrail, la représentation de rois, évêques, ou empereurs, si ce n'est qu' en tant que donateurs bien figurés, exception faite de saint Louis, et de Charlemagne et de la première croisade dite «  croisade Charlemagne »6 ou alors dans des oeuvres narrants des  légendes.

 Un vitrail du XIIIe siècle a été offert par les pelletiers de Chartres sur  Charlemagne et sa légende. Un second sur la même légende est signalé  ayant existé à Saint-Denis.  A Strasbourg, du XIIIe siècle, le musée de l'oeuvre Notre-Dame présente un empereur assis que l'on dit être  Charlemagne, portant globe terrestre et sceptre

            Saint Pierre.

Personnage monumental, très droit, dont le mouvement est encore accentué par la verticalité de l'immense clé double7 opposée parallèlement à la retombée de la manche rouge que termine la main droite. Tout cela est accompagné par la masse descendante du manteau gris.

Comme saint Paul, que l'on trouve à l'extrémité de la baie, il tourne le visage vers sa droite. Cette baie étant sur la façade Ouest du bras Nord du transept, les deux apôtres regardent donc la croisée du transept. 

Son visage

La pose de cette tête, qui semble être indifférente à ce qui se passe sur sa gauche, est contrariée par son corps, qui tourné de biais, nous conduit, comme une invite, vers cette gauche Ses deux petits yeux noirs accentuent cette impression. La barbe vient compléter ce mouvement. Il est intéressant de relever que ce mouvement en diagonale est repris par le manteau dont la partie haute monte quasiment jusqu'aux cheveux.

Ce visage de grisaille brune sur verre rose ne présente pas le stéréotype du saint Pierre. La mèche de devant, ordinairement puissante, est ici juste indiquée, et bouclée. Boucles que l'on retrouve non seulement dans les cheveux, dans la barbe, mais aussi au bout des moustaches avec deux boucles, l'une remontant vers le haut, la seconde, vers le bas.. La robe rouge, qui descend jusqu'au sol, laissant apparaître les deux pieds, est ouverte, au col, sur cinq centimètres et possède un bouton à droite et un à gauche.

Le livre des écritures

La tache bleue et rectangulaire du livre des écritures apporte un plus à cette dominante rouge. Sa couverture nous livre la moitié d'un décor composé de cinq  quadrilobes et de parallèles offrant une forme rectangulaire et se croisant au centre. sa tranche est jaune et peu épaisse. 

Les clés

 Immenses en verre bleu clair, couleur du métal chauffé et recuit, avec rehaut de jaune d'argent, la clé de saint Pierre, ou plutôt les clés, car elles sont bien deux, mesurent ensemble 54 centimètres de longueur, alors que la tête du saint Pierre ne  fait  que 24 centimètres. Ces clés symbolisent non seulement le pouvoir de saint Pierre d'ouvrir et le pouvoir de fermer, mais aussi le pouvoir spirituel dont il est investi.

 Le symbole est aussi bien expliqué,  lorsqu'on regarde la main gauche qui les porte, avec le petit doigt en arrière, et cela malgré la lourdeur de ces clés. Petit doigt tendu pour boire une tasse de thé !  Cette main, comme la seconde, auxquelles ont peu ajouter le pied droit qui est ancien, sont en verre rose et traités en grisaille brune.

Le manteau,

Ici, un morceau d'étoffe grossière et lourde, dont l'aspect gris est donné par un verre violet plaqué sur un bleu très clair, est jeté en travers de l'épaule.  En suite il descend le long du dos pour réapparaître sous la main droite à la paume ouverte. Ce manteau est repris par-dessus le bras droit pour redescendre le long du corps jusqu'au sol de couleur bleu balayée de zébrures au pinceau.

Ce vêtement nous offre une étude de plis que nous n'avons jamais rencontrés. Ces plis sont cassés, très nerveux, avec courbes, angles droits, obtus, accentués par une ombre portée très forte. Moins apparente dans la robe rouge, cette façon de travailler se retrouvera dans le manteau de saint Paul.

Derrière le personnage, une tenture verte avec damas, enlevé à la brosse et ce, du côté intérieur, tombe avec feston sur un sol bleu. Des cratères, petits mais nombreux, s'étalent sur la face extérieure de ce rideau. La trame horizontale a pris la proportion de 24 centimètres sur 24.

Le chanoine donateur et le saint évêque.
 
Le panneau inférieur étant du  XIXe siècle, nous ne voyons rien à en dire, ce qui n'est pas le cas pour le panneau au-dessus où sont groupés les deux personnages.

Visages au même dessin

    Pour les têtes, sur un verre plus violet que rose, l'auteur a repris le même dessin, par transparence. Cette façon de procéder  nous l'avons trouvé dans la baie 116 et la retrouverons ailleurs.  Visages au nez pointu, petits mentons. La différence vient des cheveux bouclés et un front dégarni pour le donateur, alors que ceux de l'évêque sont raides, bien coupés et écrasés sous la calotte qui apparaît sous la mitre, dont les deux cornes ne sont pas anciennes. Un seul des deux fanons, extrémité du galon frontal, retombe sur le devant.

        Par contre, dû à leur place dans la hiérarchie ecclésiastique, le costume n'est pas le même. Chez l'évêque, la chasuble verte, symbolise son indépendance ; Elle  est ornée au collet par une suite de perles auquel s'accroche une croix dont le centre est décoré d?une patère dont l'avant-dernier anneau est de perles. Trois autres emplissent les bras de la croix, sur un semis toujours de perles. Le jaune d'argent joue sur un verre incolore. Un foulard, qui semblerait être l'amict,  est glissé, croisé, sous ce vêtement.

 La main gauche, est habillée du gant blanc de cérémonie, remontant jusqu'au coude, et portant un pompon, terminal du lacet de serrage. Un gros bijou est posé sur le dos de la main et une bague s'enfile  sur l'annulaire. Cette main tient la crosse, dont le n'oeud prend la forme d'une petite construction. L'autre main, comme cette dernière, sort de dessous la chasuble.  Le revers de celle ci est parcouru de cercles enserrant un quadrilobe sur jaune d'argent, et s'ouvre à plat à l'arrière du donateur, dont l'orfroi présente un saint Pierre dans une niche. La chape bleue, dont nous n'avons qu'un petit morceau, est brodée de motifs végétaux. Le mors de chape prend une proportion excessive, et est faite, semble-t-il de tissu. Deux éléments de la soutane violette apparaissent au collet et aux manches, d'où sortent les deux mains jointes, pour qui il a été utilisé le verre du même violet que pour les visages.

Le chanoine donateur et le saint à l'épée.

De Blois parle bien d?<<un autre chanoine>>. Le Men, d?un<< chanoine à genoux présenté par un saint qui tient une épée. >>,  Alexandre le Grand<< un chanoine présenté par un saint>> De ces deux personnages, il ne reste quasiment rien, si ce n'est une pièce de la chape au dessin bien usée.

        Saint Paul.

Dernière lancette de cette baie, le personnage ne manque pas de stature, posé devant la tenture bleue au damas exécutée au pochoir sur la face intérieure. Cette tenture, comme les quatre autres, prend une forme concave dont la courbe est indiquée et par le galon supérieur jaune et par la franche inférieure de la même couleur.

Robe verte, dont on ne voit que la partie haute et le bas. Longues manches, dont la gauche est même retroussée. Chute très longue, aux plis cassés, traînant sur le sol  et ne laissant entrevoir que les doigts du pied gauche, et un élément du second .

 Manteau violet, et non morceau d?étoffe, jeté sur l?épaule comme pour saint Pierre, fermé au cou avec une broche jaune, tout en laissant apparaître un petit triangle du vert  de la robe.A gauche, élèment du manteau après restauration. Les plombs de casse ci-dessus ayant été supprimés et remplacés par des incrustations et collages

 L'auteur y a utilisé la même technique de pliures très ombrées et cubistes, mais en moins grand nombre que pour le manteau de saint Pierre, la retombée de ce vêtement ne le permettant pas. Le pan gauche de ce manteau est remonté sous le bras droit, et, est, semble-t-il, coincé par ce dernier, dont la main s'ouvre vers le sol. La main droite, au bout d'un bras gauche relevé à l'horizontal, tient obliquement l'épée dont la lame est exécutée dans un verre bleu très clair. Jaune sont les quillons et le pommeau de l'épée.

Le visage, qui prend la même direction que celui de saint Pierre, nous donne l'impression d'être plus allongée, cela grâce à la barbe plus longue et pointue et aux cheveux moins épais qui tombent le long du cou. Comme on la vu pour le donateur chanoine et le saint évêque, pour dessiner les grands traits du visage, le verrier a pris le parti d'employer le même poncif, tout en se laissant une certaine liberté. Ici la barbe et les moustaches sont moins bouclées, plus effilochées, emmêlées, les yeux levés sont sans lourdes paupières, les cheveux bien plus bouclés, et sur la joue gauche pousse une grosse verrue  d'où sortent cinq poils. Tout cela sur un verre rose, repris pour les mains et les pieds, sur lequel joue une grisaille brune.

Les dais.

Tout d'abord, il faut exclure les deux dais des extrémités, chacun composé de trois panneaux, puis les trois têtes de lancettes centrales, dont la présence de bustes d'anges ne semble pas être une pure invention.

 Sur  les panneaux inférieurs nous découvrons le bas de leur aube ou robe d'origine. Mais le fait qu'ils jouent des instruments de musique et tiennent le blason timbré d'un aigle, ici couronné, doit être de pure invention, aucun texte ne nous l'indiquant. Le restaurateur du XIXe siècle aurait-il trouvé une pièce ancienne pour s'en inspirer,  pourquoi alors n'aurait-elle pas été restituée ? Pourquoi avoir mis cette armoiries sur les trois têtes de lancettes ? Une, au dessus de Charlemagne aurait suffi. Nous sommes en 1873.

La courbe de ces premiers étages de dais  se retrouve dans les baies 123 et 126. Comme ceux de ces deux baies, la baie 121 offre aussi au milieu un gable accompagné tout au long de sa monté, et jusqu?au sommet, de fleurons. Ce gable s?appuie sur un balcon dont les balustres, ajourées de quadrilobe, et de formes losanges séparés par deux montants. Sur la tablette court une succession de fleurs de lys. Deux colonnes avec pinacle calent le tout.

Le deuxième étage démarre en retrait sur une base triangulaire qui monte jusqu'au haut, encadré de deux éléments arcs boutants avec claire voie  surmontés de deux baies cintrées. Aux extrémités, démarrent les deux colonnes, de nouveaux accrochées par un arc boutant, qui supportent les anges. La partie centrale, percée de deux baies de deux lancettes trilobées, donne assise à un socle ou terrasse sur laquelle se tient un personnage qui pourrait être David jouant de la harpe. Le seul d?origine étant celui de gauche. Le restaurateur, se trouvant devant un manque des deux autres personnages a, semble-t-il, pris la parti de répéter cet hypothétique David deux autres fois. De plus il ne savait rien des architectures de la première et dernière  lancette et encore moins de la présence possible de personnages.

 Dans cette architecture les pièces étant identiques de coupe et de dessin, seules des marques de repères les différenciant lancette par lancette, David pouvait être à n'importe quelle place. Il porte un chapeau, à front de tricorne et bombé sur l'arrière. Une barbe collier très fournie, colorée au jaune d?argent, encadre le visage qui est un peu incliné. La main droite, dont le bras sort d'un manteau à larges ouvertures pince les cordes de la harpe.

Le rideau à décors de losanges s'enfonce en biais dans la niche, laissant apparaître sur le galon une suite de lettres dont nous n'avons pu éclaircir le sens. Il s'agit d'une suite désordonnée  de E, de M, de H, de M de A répétée quatre fois dont deux, ceux de droite, posées à l'envers.

Au-dessus, foisonnement de gables, de pinacles couronnés de fleurons à l?inévitable jaune d'argent, qu'entourent deux robes d'anges exécutées chacune dans une seule pièce de verre mais de teintes différentes, verre verdâtre pour l'ange de gauche du panneau C5 et verre d?une teinte d'ocre léger  pour celui qui lui fait vis à vis7

Sur ces robes on relève quelques gravures de repères : G pour le panneau c5, 6 pour le panneau b5, w pour le d5 et des 9 sur le panneau d4. Le ciel, ou fond, prend alternativement des couleurs de violet rouge ou de vert.

 
   

Notes,

1, Arch. Dioc. Quimper, Registre de Boisbilly, 8 L 1.op. cit., p.121.
2, R.F.Le Men, op.cit., p.131.
3, Abbé Alexandre Thomas, Visite de la cathédrale de Quimper. Op.cit.p. 107.La cathédrale de Quimper, op.cit.p 47
4, par panneau entendre lancette.
5 Le Men appelle camail ce qui est en fait une chape ; Note de Castel.
6, « Le Vitrail Roman » Grodecki, Brissac, Lautier, p. 94-95.
7,dans la baie 124, on retrouvera une double clé, mais un peu moins grande et de couleur jaune.
8, Sur la robe d'un ange, on relève une tache de jaune d'argent. Elle provient, lors de la cuisson, de la superposition de deux couches de pièces, le lit de plâtre les séparant n'ayant pas empêché la projection, à une certaine température, d'éléments de jaune d'argent. La pièce posée au-dessus se révèle, par le dessin, être un pinacle, et de plus, d?une dimension inférieure à la première.

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 08:27



                        QUIMPER
        CATHEDRALE SAINT-CORENTIN

                        BAIE 114

            Troisième lancette ©

                    Sainte Marthe
protectrice d'une épouse de Lézongar.




J?ai posé ce mot d'épouse, car nous n?avons aucun renseignement sur ce fait. Elle porte bien cependant les armoiries des Lézongar. Elle est placée ici dans la même baie que son éventuel époux.

 Il ne fait pas de doute que c'est la même main qui a peint les deux personnages. Cette façon de travailler ne se retrouve dans aucune  baie, encore présente dans la cathédrale, bien que nous ayons trouvé que les pièces des colonnes, du moins ce qui nous en restait, étaient identiques à celles de la baie 129. Nous verrons plus loin quelques analogies avec la baie 123.

La place de cette dame ?

Elle  est bien dans cette baie. L' aveu relevé par l'historien Le Men le confirme. Mais est-ce bien l?épouse de ce Christophe. Et Ronan,  s'agit-il de son frère ou de son fils ? Ils sont  tous deux chevaliers en 1495, date assez proche de celle que l'on pourrait attribuer à cette baie.

Nous ne connaissons pas son prénom. Avons-nous  le droit de lui donner celui de sa sainte protectrice ?  Comme le dit Emile Male,  il y a bien une raison pour que le donateur ou la donatrice ait choisi leur protecteur.

Témoignage de sa présence à la cathédrale.

A signaler les quelques lignes d?Auguste André , fin XIXième, sur la présence  dans la chapelle de la Victoire avec d'autres panneaux  d?une<< Marguerite de Lézongar, dame de Kerméno, présentée par sainte Marguerite, vêtue mi-partie de gueules à 3 macles d?argent et d'azur, à la croix d'or cantonnée d'une fleur de lys d'or ; ce dernier parti se retrouve sur l?un des personnages représentés dans une fenêtre du transept méridional : ce sont les armes des Lézongar ; les vêtements et les tentures sont de brocard, dont les dessins sont rendus sur la vitre avec la plus grande richesse.>>15



Est-ce bien la même dame de Lézongar ?

A-t-il confondu sainte Marguerite avec sainte Marthe ? D?où tient-il ses renseignements ?  Il l'indique.16 Entre autres, il cite De Blois avec la nouvelle édition  du Dictionnaire d'Ogée. Je n'ai rien trouvé aux pages indiquées.

Une Marguerite de Lézongar existait bien, fille de Jeanne du Fresne, morte en 1538 et première épouse de Roland. Elle ne pouvait porter les armoiries décrites.

Dans ces deux panneaux, l?ensemble des pièces anciennes est arrivé jusqu?à nous.

Description de la scène.

Cette scène est dominée par un choeur rouge avec voussoirs en anse de panier et clef, reposant sur les sommiers de deux colonnes et  trois baies en verre bleu dont les deux extrêmes possèdent deux lancettes trilobées semblables à la lancette précédente.

Les mains jointes, comme beaucoup de pièces voisinent des ferrures,(barlotières) ont disparu. Cela  est dû à la rouille qui ,en gonflant, les brise.

.     Le rideau, ou tenture, dont le galon se courbe vers l?intérieur, est de couleur verte à damas intérieur. Il est exécuté sur du verre soufflé en plateau. De celui-ci, nous avons pu exécuter, sur la face extérieure, un relevé des courbes parallèles et ce travail nous a permis d?estimer que ce plateau de verre avait un diamètre d?un minimum de soixante seize centimètres.

Cette dimension de plateau se retrouvera dans d'autres bais de la cathédrale.

    Sainte Marthe
Nimbé de jaune au XIXe, le visage de sainte Marthe, en verre incolore,17 se baisse vers la donatrice. Il est encadré de longs cheveux,18 au jaune d'argent, qui tombent sur les épaules des deux côtés. Ils sont maintenus sur le sommet du crâne par un serre-tête.

Son manteau de couleur rouge est agrémenté du damas sur la face extérieure, avec les défauts de cette solution qui apporte sur la grisaille une culture de champignons. Ce vêtement est bordé de passement blanc perlé. Des éléments d?une robe bleue à emmanchures jaunes sont encore présents.

 De la main droite, cette sainte tient une petite croix, en verre jaune, qui porte aux extrémités des boules tronquées égayées de perles.

Sa main gauche repose sur l'épaule de la donatrice. Nous avons relevé au dos de la pièce de verre utilisée pour son visage, une marque de gravure,  qui semble indiquer l'axe du milieu du panneau.19.

Le galon supérieur du rideau, de forme concave, ne porte pas de texte mais une succession de graphisme qui utilise des losanges carrés encastrés les uns dans les autres, losanges entourés de perles et de ronds concentriques.

 Le prie-Dieu, qui possède deux petits pieds, se présente de trois quart. Sa structure qui imite ici le faux bois, est de couleur mauve. Il est recouvert sur la tablette supérieure d'un petit tissu rouge sur lequel est posé le livre d'où pendent deux fermoirs ou sceaux. Le dessinateur, épris de réalisme, y a indiqué le tenon de la traverse horizontale.


La donatrice
A genoux, la possible Marthe de Kermeno, épouse de Lézongar, porte une coiffe.  aux parties rabattantes, qui encadrent d?habitude le visage d'une jeune épousée, et tombent jusqu'aux épaules, Ces pièces de la coiffe sont de couleur violette.  Quant au fond de cette coiffe, c'est une résille, ou filet, faite de losanges agrémentés de perles à chaque intersection et aux centres.

Un double collier torsadé d'or supporte un gros bijou ovale au centre rouge, qui pourrait bien être un camée. Celui ci repose sur un chemisier à poils, probablement d?hermines 20 s'ouvrant sur le devant, comme l'indique la présence de deux boutons, au-dessous du bijou.


La robe, violette à l'origine, cède la place, à hauteur de ceinture, aux armoiries des Lézongar et des de Kerméno, sans pour cela perdre sa texture de robe, avec ses plis, ses ombres. La pose agenouillée de la donatrice repoussent vers l?arrière la croix d'or de l?époux. La  coupe de la pièce de rouge centrale, encore dans les trente centimètres, est d'une très bonne qualité de coupe avec ses redents, et ses incrustations. Malheureusement les grisailles posées aux dos pour l'ombrer ont accéléré le phénomène habituel d?altération. Les deux macles d?argent visibles sur cette partie de robe nous offrent aussi cette dextérité avec chaque fois un chef-d'oeuvre lors de la double incrustation du losange rouge dans le macle blanc, puis dans le verre rouge de la robe. Cette dextérité se retrouvera dans des pièces encore bien plus compliquées et plus fragiles des dais.
    La Tarasque
Derrière, en position verticale, empiétant sur la robe, et bien mal restauré, il en manque une moitié de la bouche, apparaît le tarasque, à l??il jaune incrusté en chef d'oeuvre, Cet animal monstrueux est ici long de plus de trente centimètres, de couleur bleue, avec une aile aux membrures arrondis, du même violet que celui du prie-Dieu.

     Du sol, au rouge violet, au dessin à base de demi losanges, proches des gaufrés fréquents dans l?art roman, enlevés au bois sur grisaille, il ne restait que deux petites pièces, à gauche et entre  les deux pieds du prie-Dieu. Le restaurateur du XIXe, ou du XXe, je pencherais pour ce dernier, avait proposé un herbage, mauvaise copie de la lancette précédente. C?est pourquoi nous avons rétabli ce sol..

Les  dais dont trois d?origine
     Dans cette baie, trois dais sur quatre sont d'origine et remplissent les trois premières lancettes, dont celle  de la Donatrice. Certes ils  n'ont pas traversé cinq siècles sans dommage, et présentent de nombreux plombs de casse et de pièces XIXe et XXe.

Ces panneaux, comme les quatre des donateurs devaient être très sales, lors de la dernière restauration ou de la pose d'après la guerre 39-45, car le dais XIXe, comme les quatre autres de la même époque, était recouvert d'une couche d?une peinture d?un gris vert granuleux au doigt, qui n?avait rien à voir avec une grisaille, et qui se révéla difficile à enlever. Exemple de bonne volonté pour atténuer les effets de vitraux plus récents, mais qui aurait pu abîmer les grisailles anciennes à jamais.
Même auteur
Nous avions relevé plus haut, que les colonnes de cette baie et celles de la 129, avaient une même main comme auteur. Ici, les dais, sont, si ce n'est de la même main, copiés sur la baie 123. L?analyse de la pose des grisailles et la façon  de les poser confirme cette hypothèse, comme divers détails.

   
   
Même importance des échappés sur le ciel, vertes pour le a3, bleues pour le b3 et rouges pour le c3, et ici encore plus accentuées par les trois ouvertures du second étage, qui sont vides de meneaux. Ces baies vides d'éléments ne sont-ils pas là pour rappeler, qu'avant 1469,21 les baies de la nef étaient ainsi. Cette baie aurait-elle été exécutée avant celles de la nef et particulièrement la 123  alors que pour moi le transept est arrivé en dernier ? En tout cas cet atelier travailla dans le transept et la nef, mais sommes-nous encore tout à fait sûr.

Les ch?urs que surplombent ces dais présentent la même distribution et parfois la même coloration. Cela est remarquable avec le c3 de la 123 et le c2 de celle-ci la 114.
            La distribution de la lumière.
Le principe de distribuer la lumière vient ici parfois de droite, c?est le cas du dais en c4, parfois de gauche, pour le dais d4. C?est semble-t-il au bon vouloir de l'auteur.

Cela va à l?encontre des autres baies, choeur, nef, transept ou la dominante de provenance, l'Ouest, est, en gros, toujours la même, que les baies soient ou Nord ou au Sud. C?est le cas de la baie 123, avec  cependant ici et là un élément que le peintre a fait ressortir avec une lumière contrastée.

Comparaison avec la baie 123

Ce dais s'étale sur trois paliers. Au sommet pas de fleuron,  mais une boule ovalisée terminant  un toit pointu à six pans, comme la 123, dont  trois sont visibles, et dont la base est cachée derrière une balustrade courbe  composée de fleurs de lys en continu, ou de feuilles d?ache, 22 pour  le A3, mais malheureusement aux motifs décapités pour les deux autres.

     Dessous, une corniche composée de moulures aux talons renversés, puis une petite tour, dont le baie centrale offre deux lancettes trilobées et un réseau. Les deux autres baies, vides, sont à moitié cachées par deux pinacles couverts de boutons. Même processus pour la 123.

Au-dessous d'un vaste parapet percé de créneaux, ceux-ci n'existent pas en 123, et d'où démarrent quatre pinacles dont les deux cités plus hauts, l'édifice prend de l'ampleur avec ses trois baies en claire voie, et ses arcs-boutants accrochés au haut des colonnes montant depuis le socle  La 123 a rempli sa baie centrale de deux lancettes trilobées et les deux autres, cachées par un pinacle, dont on n'a que le socle en 114.

Ce parapet, à trois faces, est, entre deux moulures en boudin, agrémenté de graphismes divers : suite de losanges avec perle au centre, pour le c3,  suite de doubles cercles séparées par deux perles, pour le a3, et  faisceau de figures formée de lignes courbes répété par renversement, chez le b3. Détails que ne possèdent pas la 123.

Cette dernière a simplifié la coupe de la galerie du premier étage qui surplombe le choeur. La courbe court de droite à gauche sans détour. Ce qui n'est pas le cas pour la 114, où la pièce du fronton, avec ses deux culs de lampes, ses deux socles et ses deux moitiés de colonnes, est  d?une coupe accumulant les difficultés.

Autre différence, avec dans cette galerie, une suite, entre deux cordons, de petites ouvertures rondes évidées, garnies certaines  de deux écoinçons en tête à cu, d'autres de quadrilobes et au centre un seul avec un vitrail losangé.

Lorsque la 123 offre un immense fleuron sur ce fronton, la 114 joue avec des feuilles enveloppées.23 Celles-ci se retrouvent à droite et à gauche du dais de la 123.

A noter  quelques pièces gravées dans ces dais. Pour le c3, des 3 inversés sur les pièces de verre bleu, et sur le d3 des g à petite tête et gros ventre.

NOTES
16, références données par Auguste André : De Blois, nouv.éd.du Dict.d?Ogée, II, p.419, 419 ; Philippe-Lavallée, Ass.Bret.,classe d?arch., Congrès de Quimper, séance du 20 septembre 1847, Bull., t.I, 1 re livr. ; p. 25, et supplém. A la 4e livr., p. 263 ; Pol de Courcy, Guide de Nantes à Brest, p.252 et  La Bret. Contemp ., p.8.
17, Dans la liturgie, puis après dans l'iconographie chrétienne, le blanc fut attribué aux femmes et aux vierges. Il fut aussi au Moyen Age une couleur de deuil, et de là vient le nom de Blanche de Castille qui vécu un long veuvage. En attendant l'apparition de la sanguine, fin XVe, le violet est utilisé pour les visages, mains, pieds des hommes. Dans cette baie, pour l?Enfant Jésus, le verre incolore est utilisé, il en a été de même dans la baie précédente.
18, Les longs cheveux tombant sur les épaules, signe d?innocence, sont l?attribut des vierges, des jeunes filles. Ils peuvent être aussi une parure mondaine comme pour Marie- Madeleine . Ils indiquent la vie dans le désert, saint Jean-Baptiste, Marie l?Egyptienne. Le Christ, avec ses cheveux longs, se conforme à la coutume des Nazaréens.
19, Cette gravure indiquant le milieu du panneau apparaît souvent dans les baies de la cathédrale. Parfois longue de deux à trois centimètres, elle peut prendre jusqu?à vingt centimètres et passer sur plusieurs pièces successives. De quand date-elle ?  Montaient-ils les panneaux à l?envers et axaient ainsi leur panneau pour régler les filets ou les dimensions de largeur ? Cela date-il d'une restauration ?
20, Nous retrouverons l?emploi de l?hermine dans la baie 129. Elle est utilisée entre autre, pour la Vierge dans la baie XVe de Concarneau. L'animal et sa fourrure obtiennent un statut vestimentaire et insignologique lié à l?exercice ou délégation de pouvoir. Ce n'est plus une fourrure mais un symbole, doublure au début, elle passe progressivement de l?intérieur vers l'extérieur. La Bretagne, terre d?Europe.
21.R.F.Le Men, op. cit., p.242, Il nous apprend et nous en découlons qu'il n'y avait probablement pas de vitraux à cette date, lorsqu?une tempête renversa << les cloisons en planches des fenêtres du haut de la nef, du côté de l?évêché.>>
22, Plante appartenant aux ombellifères. Le dessin de sa feuille qui ressemble au trèfle est très employé dans les chapiteaux gothiques.










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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 08:36
CRETE, CROQUIS  DERNIERE SEMAINE DE JUIN 2OO7

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 20:06


                CATHEDRALE SAINT CORENTIN de QUIMPER

                BAIE 114  FIN QUINZIEME SIECLE
                            Deuxième lancette (b)

            Saint Christophe présentant
            Christophe de Lézongar.

Les trois panneaux composant ce tableau sont quasiment anciens, et de la fin XVe, si ce n?est le socle.

C?est la première fois dans cette étude sur les vitraux anciens de la cathédrale que nous rencontrons la disparition de ces socles. Nous verrons par la suite que dans la nef, elle est due, semble-t-il à une nouvelle pente de la toiture des bas côtés, postérieure à la pose des vitraux.

Les colonnes,
soutenant les dais que l'on relèvera ici, et dont il ne restait que de petits éléments,dus aux déposes successives pour restauration ou pour protection lors de la dernière guerre, ne seront pas souvent présentent, dans les baies, dans le choeur, elles furent quasiment toutes présentes et de plus grandes largueurs.
 
Sur fond de tenture rouge, trois personnages.

C?est sur un fond de tenture rouge à gros damas posés sur la face intérieure, dont certaines pièces de verre dépassent les quarante centimètres de long,  ainsi dans le manteau de saint Christophe, nous en trouvons une de trente huit centimètres12, que l'auteur inconnu pose ses trois personnages, trois, car nous oublions trop souvent l?enfant Jésus dans la présentation. Ce dernier n?étant plus mis qu?au titre d?attribut de saint Christophe, comme l?arbre déraciné ou l?eau.

Ici,  cependant, comme dans beaucoup de cas, c?est lui, l?enfant Jésus, qui domine et qui de sa main au doigt levé donne une âme à cette pose par trop statique, où trois visages suivent la même oblique qui fait la liaison entre les mains jointes du donateur et celle de l?enfant.

Cet enfant Jésus est posé, bien à cheval, sur le dos de saint Christophe, un pied à droite, un pied à gauche, vêtu d?une robe ample d?une teinte violet parme,  robe agrémentée d?un collet ornée de perles et autres graphismes.

Le visage,  présenté de trois quart vers sa droite, comme les autres personnages,  et sur lequel les cheveux de grisaille noire courent en vagues de boucles colorées au jaune d?argent,  a été pris ainsi que les deux mains et les pieds dans un verre incolore, Il en est de même du collet. Cette pièce de verre est, sur la face extérieure, mangée de cratères là où le jaune d?argent n?a pas été posé.

Tandis que la main droite, levée à la hauteur du visage, bénit, la gauche retient la base du globe terrestre,  traité au jaune d?argent sur verre incolore, surmonté de la croix, elle aussi en verre incolore.

A droite et à gauche de cet enfant Jésus, le galon jaune de la tenture offre, à gauche, entouré d?une succession de perles jumelées, un texte dont seul est compréhensible les trois premières lettres : S A I N puis I V L I.E.N.13 Les six dernières, de l?autre côté des épaules de l?enfant Jésus, aux graphismes très libres, ne nous donnent au premier abord rien d?approchant de ce qu?il aurait du être tout ou partie de : CHRISTOPHE.       

     Encadrant la tête de l?enfant, deux chapelles aux voûtes bleues avec chacune une baie  à deux lancettes trilobées surmontées d?un écoinçon. Ce dernier, comme les têtes de lancettes a une forme  proche d?une pointe de flèche. Pour ces baies, il a été posé une grisaille grise très dense sur un verre incolore. Un enlevé à la brosse permet de faire apparaître les meneaux.

Le saint Christophe ne porte pas de nimbe, comme pour la 113.  Quant au visage, il est malheureusement du s XIX.
.Cette perte de la tête XVe nous interroge sur le fait de savoir si, à l?origine, il dialoguait, la tête tournée vers l?enfant Jésus, qui lui possède son nimbe jaune. Habitude iconographique, il s?appuie de la main droite sur un frêle tronc d?arbre, tiré d?un verre jaune dont la face extérieure est cratérisée. Ce verre, plusieurs fois utilisé dans cette baie, présentera toujours les mêmes défauts.

Pour la main droite, comme la main gauche, qui ici dans un geste d?accompagnement repose contre le dos du donateur, c?est un verre de couleur rose plaquée sur un bleu très clair qui a été choisi. C?est la condensation, en étoilant de petits cratères  le rose de la surface intérieure du verre, qui nous permet de connaître la composition du placage, sans avoir recours à un écaillage désastreux.

un foulard élément ancien.

De la tête originelle, il reste cependant un élément, en plus d?une indication de cheveux, un foulard tourné et noué, et flottant sur sa gauche, direction prise dans les crucifixions par le linge recouvrant le bas ventre du Christ. Mais ici, il n?y a pas de rapport. Ce foulard accentue simplement le mouvement d?avancé du passeur qu?est saint Christophe, qui prend ici, vu le sujet, une pose statique, rendu  obligatoire par son rôle  d?intercesseur.

Il porte un manteau vert, à galon orné de perles blanches, dont la doublure rouge, agrémentée d?un bouton jaune, apparaît avec un élément du col rabattu à l?échancrure du cou. Un damas égaie ce manteau. A l?opposé de celui que l?on trouve sur les rideaux de fond, ce damas est posé du côté extérieur.

Nous avons relevé à la cathédrale, sur les pièces de vêtement, une dominante de pose de damas sur la face extérieure du verre, mais nous ne pouvons en faire une règle.14 Malheureusement, comme c?est le cas pour ce manteau, la grisaille, donnant le dessin, qui n?a pas été enlevée lors du travail au pochoir, est le champ d?une culture de cratères.

Derrière le donateur, et un peu en retrait, la jambe gauche du saint Christophe, malheureusement XIXe, entre dans l?eau. Verre bleu gris où la grisaille et le trait dessinent des vaguelettes d?une chute d?eau faites de boucles sucessives, proches du motif d?ornementation appelé flots grecs.

Christophe de Lézongar prend la pose de tout donateur, en orant, à genoux sur un coussin rouge à l?unique pompon et aux  motifs  de fleurs et de feuillages. Cette pièce a été diminuée, au cours des ans, d?une bonne partie.  Dessous, le sol  de couleur verte  reçoit diverses petites plantes dessinées aux traits de grisaille.

Sur le prie Dieu, jaune,  où s?ébauche une perspective pas encore au point, repose, directement sur le bois, et posé de biais, le livre ouvert des écritures, dont six traits de grisaille veulent imiter, sur la page de gauche, le texte. La tranche de ce livre, travaillée au jaune d?argent, est balayée d?une suite de X en enlevés.

Quant à la page de droite, elle est à moitié cachée par les deux mains jointes du donateur. Un verre rose terne, le même que celui  des mains du saint Christophe, est ici utilisé, avec un  trait noir pour dessiner les doigts. Le médius et le petit doigt de la main gauche portent chacun une bague. Il en est de même pour l?index de l?autre main.

Ce verre rose est aussi utilisé pour le visage, dont les cheveux, très bouclés, sont dessinés avec un pinceau très fin. Ceux ci se terminent très fournis à l?arrière, prenant la forme d?un chignon. Ce verre rose est malheureusement, pour cette pièce, un champ de culture pour de gros cratères, dues ,comme nous l?avons déjà vu, à la pose sur la face extérieure d?une grisaille ombrée.

Ce donateur revêt une cotte d?armes bleue dont le collet a trois niveaux. Sur cette cotte il porte une croix d?or cantonnée à dextre d?une fleur de lys de même. Ce n?est pas ce qu?a vu Le Men.
Description de la cotte d?armes
Un canon d?avant-bras,  en deux éléments, apparaît sur le bras gauche, au dessus de l?épée dont seuls apparaissent la poignée rouge et les quillons recourbées vers le bas. La lame est dans un  fourreau de couleur  violette- Cette enveloppe est faite dans une pièce de verre de trente-neuf centimètres de long.
Cinq centimètres d?une cotte de mailles dépassent en deux endroits sur sa cotte bleue,  nous permettant de découvrir deux tassettes.

Les jambes sont protégées par des cuissards, genouillères, jambières. lacées, et solerets. Ces pièces d?armures sont exécutés en  un verre incolore grisaillé et dépoli au dos. Des rivets ou écrous, animent ces pièces.

Aux genoux, des plates à décors, dénommées rouelles, protègent les jointures. Le bleu acier que l?on a trouvé avec le saint Michel de la 113.n?est pas utilisé ici.

Le heaume, couronné d?un panache rouge est posé sur le sol vert. Sa présentation est intéressante.

Son profil est bien angulaire et pointu, offrant ainsi aux coups de l?adversaire une surface oblique qui déviera leurs courses. La visière n?est pas montée sur des pivots latéraux comme il en est l?habitude. Le heaume est coupé en deux dans la partie inférieure Une fente longiligne ferait office de visière et de vantail. Cette pièce d?armurerie n?est pas en manque de décors relevés au jaune d?argent : cercles, cordons. Dans le bas une boucle pivote et dont le but semble, en même temps, de fermer les deux parties du bourrelet inférieur, et d?accrocher ce casque ailleurs. A l?arrière apparaît attaché un axe ou pivot qui permettrait semble-t?il l?ouverture.

Ce heaume serait donc enfilé par l?arrière de la tête et fermé devant. Ce serait la première supposition. La plus sérieuse, car tout le dessin de cette armure est plus décoratif que réaliste, pour exemple la façon de traiter les genouillères, c?est qu?il s?agirait d?un heaume de joute. Celui ci diffère de ceux de combat, car il est solidement bouclé sur la poitrine et dans le dos. Ce serait là le pourquoi de cette boucle et de l?axe arrière.

A noter un autre détail réaliste avec les éperons qui sont maintenus par une première lanière passant sous les plates du soleret à la hauteur de la cheville et, une seconde sangle partant à angle droit sous la voûte du pied. Petit détail que nous n?avons pas encore trouvé ou remarqué sur les armures des seigneurs donateurs que nous avons eu l?occasion de restaurer jusqu?à maintenant.





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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 13:57
Un chevalier à genoux vêtu d?une cotte bleue sur laquelle est une croix d?or. Il est présenté par saint Christophe.- Christophe de Lezongar.

        Cathédrale Saint-Corentin
                    baie 114
            Vitre de Prat ar Raz

                    Transept, bras sud, mur est.

            Les lancettes b et c sont de la fin du xve
        Les deux autres lancettes, la a et d sont du xixe


                Les constats des historiens
                    du XIXième siècle


La lecture des constats des historiens du XIXième siècle nous offre une description des vitraux bien différente de celle que l?on trouve actuellement.


Vitre de Prat ar Raz, tel est le titre que donne Aymar de Blois , 1760-1782, à cette fenêtre de quatre lancettes trilobées, dans le registre de Boisbilly (1), et voici ce qu?il relève
<<
Le vitrail représente un seigneur à genoux (seconde lancette actuelle) revêtu de sa cotte d?armes bleue, à la croix d?or, une fleur de lys de même couleur au quartier droit. Il est présenté par saint Christophe; on croit que c?est un Lezongar, sieur de Prat ar Raz2 .
Sa femme(troisième lancette actuelle) est derrière lui présentée par sainte Marthe. Sa robe est moitié des armes de son mari, moitié des siennes propres, qui sont rouges à trois macles d?argent. Ce sont celles de Kermeno3 en Vannes. Les deux premiers panneaux sont détruits. Sainte Marthe est reconnaissable par la Tarasque4, espèce de dragon qui l?accompagne : ce panneau de vitrail a été transporté dans la chapelle de la Victoire
.>>

     Le Men, 1837, nous offre une autre description.

<<
1 er panneau.- Une dame à genoux présentée par sainte Marthe (troisième lancetteactuelle). Sa robe est partie des armes de son mari représenté dans le deuxième panneau, et des siennes propres qui sont : de gueules à trois macles d?argent.- Ce sont les armes de la maison de Kermeno, dans l?évêché de Vannes.
2 er panneau (neuf) (quatrième lancette actuelle).- Un chevalier à genoux portant pour armes : d?azur à la croix d?or cantonnée à dextre d?une fleur de lys de même, présenté par saint Ronan, ermite. Ronan de Lezongar seigneur de Pratanras.
3 er panneau (deuxième lancette actuelle)
 ?
4 er panneau (neuf) (n'existe pas actuellement dans cette baie).- Ecuyer portant une bannière écartelée au : 1, d?azur à la croix d?or cantonnée à dextre d?une fleur de lys de même ( Pratanras) ; au 2, de sable à une fasce échiquetée d?argent et de gueules ; au 3, d?azur à sept macles d?argent ( Le Saux, seigneur de Pratanros,6 en la paroisse de Penhars) ; au 4, d?azur à trois mains d?argent en pal 2 et 1, chargées d?une cotice de gueules (Guengat)7

Le Men 8 ajoute qu?il a<< rétabli cette verrière d?après un aveu fourni au roi, le 4 avril 1731, par François Dorval, seigneur de Kergos.>>


Voici le troisième inventaire.1892, celui d? Alexandre Thomas,abbé, qui correspond exactement à ce que nous voyons actuellement et  ce depuis 1873/1874, ici, restauré en 1992-93.

1   
Saint Pierre présentant un seigneur qui porte les armes écartelées : 1° de Pratanras, 2° armes inconnues, 3° de Pratanros, 4° de Guengat. ;
2 Saint Christophe présentant Christophe de Lézongar ( ou Pratanras) ;
Sainte Marthe, présentant la femme du précédent, née de Kermeno ;
3 Ronan de Lézongar présenté par saint Ronan vêtu en ermite ( Ce détail montre que ce panneau est moderne, car autrefois l?on donnait toujours à saint Ronan les attributs épiscopaux.)


     Alexandre Thomas continue en faisant remarquer que
si l?on trouvait en trois fois et dans  des lieux et dates différents, choeur, transept et nef, des représentations de la même famille, c?était que
<< les enfants ou petits enfants ne voulurent pas se montrer moins généreux que leurs ascendants.>>

     Après cette page de présentation de la baie, il faut souligner que nous nous trouvons, pour ce qui est des vitraux anciens et d,origine, devant quatre panneaux figurés les b1, b2, et les c1, c2, plus les dais au nombre de trois sur quatre. Ces derniers éléments n?ont jamais intéressé les historiens quimpérois. Ce qui ne fut pas le cas du verrier parisien Ottin qui dans Le Vitrail en reproduit plusieurs.10

Il semblerait donc que le restaurateur du XIXième siècle, Lusson ou Lefèvre, ait préféré mettre les deux ensembles XVe côte à côte, ne suivant pas en cela les conseils de Le Men. Ce que ce dernier confirme dans les premières pages de sa monographie : << Je dirai une fois pour toutes, que la restauration des vitraux,(photo ci dessous) ,a été faite d'après mes indications, qui n?ont pas été toujours fidèlement suivies.>>11 Autre exemple, dans cette baie, le quatrième panneau ( entendre lancette), avec écuyer portant une bannière écartelée, a disparu, par contre les armoiries sont portées par le donateur inconnu de la première lancette, oeuvre du XIXe.

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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 04:59
                QUAND LES BLOCKAUSS
                                           ONT PRIS DES COULEURS.
ET DE L'AGE              SUR les PLAGES
                     VIVANT DE SABLE
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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 17:34


D


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I











 




 

 

































Cathédrale Saint-Corentin de Quimper



                                BAIE 109.
                ci-dessous avant restauration




            Baie à quatre lancettes trilobées,
          à trois panneaux de vitrail du XVième par lancette.


5 panneaux sur 12 ont disparus, il s?agit des quatre dais et du bas de la lancette où saint Michel terrasse le dragon. Un seul visage, sur les quatre, manquait, il s?agit  de  celui de la sainte Marguerite
                            ci dessous après restauration


 

L?archiviste historien de la cathédrale la fin du XIX°  Le Men nous laisse un premier inventaire de cette baie.


1er lancette ? Saint Georges reconnaissable à sa cotte d?armes blanche d?une croix rouge dite «  croix de Saint-Georges » et au dragon qu?il perce de sa lance.
2° lancette ? Saint Julien, sous la figure d?un chevalier armé, vêtu d?une cotte d?azur, portant sur la poitrine une croix d?or. Sa main gauche s?appuie sur un bouclier armorié des mêmes armes que l?on remarque encore sur la bannière, ou pennon, qu?il tient de la main droite. Ces armes sont celles de la maison de Pratanras, en la paroisse de Penhars. Ce saint Julien, n?est pas le saint du même nom qui fut premier évêque du Mans ; c?est saint Julien, dit l?Hospitalier, ou le Pauvre, qui avait été militaire et dont la fête se célébrait le 12 février. Il était le patron d?une des paroisses de Quimper. Il existe sur lui un ancien cantique rempli de circonstances merveilleuses, que l?on chantait autrefois dans nos campagnes.
3° lancette? Sainte Marguerite foulant aux pieds un dragon.
4° lancette ? Sainte Catherine, appuyée sur une roue.

.
                Cousine de la baie 111 !
Il est intéressant de noter que  plusieurs éléments architecturaux sont identiques à ceux de la baie 111. Il s?agit  des socles, de   la tenture  qui prend la même courbe dans le haut, des colonnettes des côtés,  de la partie haute du dais  à trois côtés et  de la partie terminale avec  le clocheton et les contreforts,



        Des gravures de repère au dos des pièces de verre.

 Ces gravures, nous n'en trouvons que dans la lancette de saint Georges au  second panneau (d2) à partir du bas avec un. graphisme proche d?un 7 et au troisième panneau (d3),  avec un graphisme proche d?un X . Cette dernière gravure de repère se retrouve cinq fois sur les pièces d?architecture du dais  des colonnettes et du socle. Seuls ces deux panneaux portent des gravures de repère.
        Les autres panneaux reconnaissables.
Les autres panneaux  de vitraux qui constituent la fenêtre sont très reconnaissables.techniquement.avec leurs pièces  de verre  très épaisses (proche de sept millimètres), les bords ou tranches qui sont taillés par éclatements, et la cuisson, trop poussée, en deux couches superposées qui a donné aux pièces de verre des formes concaves ou convexes aux pièces. En fondant à plus de 600 degrés, la pièce supérieure a pris la forme de la pièce inférieure. Les jaunes d?argent, par implosion, se sont reproduits sur la pièce jumelle. 

Cette mauvaise cuisson n?a  pas nuit à la qualité de la peinture, mais on peut se demander, vu la difficulté de la mise en plomb  de pièces non seulement épaisses mais tordues, pourquoi ces panneaux de vitraux n?ont pas été recommencés. Manque de temps, de verre ?.

 
Sainte Catherine

Dans cette baie, elle voisine avec une sainte Marguerite dont elle tourne allègrement  le dos, et comme elle, elle est issue d?un travail de grisaille et jaune d?argent sur du verre incolore. Elle se tient debout sur un sol au carrelage noir et blanc et  se détache  avec son grand nimbe ovale d?une tenture bleue à damas.

Son corps  se déhanche sur sa droite, sa main gauche s?appuyant sur la roue brisée, dans l?autre main, l?épée  est  dressée obliquement  et parallèlement au visage. Elle porte un long et ample manteau blanc, ne découvrant  pas les pieds, retenu à la taille du côté droit   et s?ouvrant sur le corsage rouge de la robe. Sa tête penchée tourne  de trois quart dans la même direction que la sainte Marguerite de la  baie 105 et de plus à la même place, lancette a,. Dans  un grand nimbe blanc,  sa couronne, en jaune d?argent sur une verre incolore, ornée de perles ou olives  de couleur blanche est surmontée, comme les couronnes royales, de trois hauts et fins fleurons,  eux même séparés par deux autres petits, Des cheveux, bien jaunes et bien peignées   s?échappent à droite et à gauche
 
Sainte Marguerite,

 

Père, prêtre de faux dieux, elle eut une nourrice chrétienne. Son Père, indigné de sa folie chrétienne, l?envoya garder des troupeaux. Un général la croisa un jour et en tomba amoureux. Il lui demande d?abjurer sa foi, elle refusa et donc fut torturé, vers l?an 175.

Ici elle est présentée avec un Dragon, forme du démon, qui la dévora et dont elle perça les entrailles, sortant saine et sauve

 On la découvre ici se découpant sur une tenture bleue à damas, alors qu?elle sort du dragon.

Ce dernier essaye de la retenir en mordant  un  pan de sa robe.

Comme sainte Catherine, elle est vêtu d?un manteau de couleur blanche, mais bordé d?un galon jaune aux grains de café blanc qui se retrouve sur les manches. Ce manteau laisse apparaître une chemise ou robe au jaune d?argent avec un collet des mêmes grains de café mais de tailles plus petites.

 Il va sans dire que  ce galon et le haut de sa chemise feraient  plutôt penser à  décor de chape d?ecclésiastique avec orfrois et agrafe ou mors de chape.. Ses longs cheveux  tombent nattés  de chaque côté sur ses épaules. Une tenture en verre  rouge damassée anime le fond de la niche.


Saint Julien l?Hospitalier

L?histoire de ce saint est merveilleuse et rocambolesque à la fois.

Un oracle avait prévu qu?il tuerait son père et épouserait sa mère.

Encore jeune homme, il  rencontre  à la chasse un cerf qui lui demande :
"comment oses-tu me poursuivre, toi qui doit être l?assassin de ton père et de ta mère".

Aussi il se réfugie chez un seigneur qui le marie à une riche héritière.  Voilà que celle-ci reçoit en son absence les parents de Julien et les couche dans son lit. A son retour, ce dernier les tue, croyant tuer sa femme et un amant.

 Pour expier son crime, il fait pénitence et consacre sa fortune et ses forces pour aider les gens à franchir les bras d?une rivière en bateau. Il institue des hospices  à proximité pour que ces derniers puissent se reposer.

D?où le grand nombre de chapelles, églises et lieux dits proches des bras de mer qui portent son nom : Landerneau, paroisse Saint-Julien, Quimper, qui eu  aussi une paroisse à son nom, Le Pouldu, Locquenolé, Riec sur Belon, Plonéour-Lanvern.

Surtout ne pas le confondre avec saint Christophe qui lui fait passer les rivières.

Il fut aussi, dit-on, militaire.

Donc, il est ici, devant une tenture rouge damassée, debout, sur un sol pentu à damiers noirs sur blancs, sous la figure d?un chevalier armé, vêtu d?une cotte d?azur, portant solerets, jambières, genouillères et cuissards.

Sa tête est protégée par un casque dont la visière est relevée et dont le ventaille est percé de petits trous. Il porte sur sa cotte les armes à croix jaune contournée de 4 fleurs de lys de la famille de Prat-ar-Raz de Penhars.

 Il tient de la main droite une bannière ou pennon aux mêmes armes, croix d?or sur fond d?azur. Il en est de même pour le bouclier, posé à terre verticalement, qu?il tient d?une main gauche  protégée par un gantelet, comme est la droite. 

Il est tourné de trois quart sur sa droite, son corps s?appuyant sur les deux jambes à demi écartées. Son regard est dans le vague, dans le même sens que la sainte Catherine. Un autre chevalier,  sans nimbe, aux mêmes armes de Prat ar Raz  portant la même tenue,  un bouclier et un pennon, mais un chapeau à plumet à la place du casque,  se trouve dans la lancette centrale de la baie 113.

 

Saint Georges.

Il ne restait  de cette lancette que certaines pièces du second panneau dont la tête casquée et nimbée de ce saint Georges,  et 6 à 7 pièces du troisième panneau. Le panneau inférieur avec le dragon n?étant plus compréhensible suite à des restaurations.

Comme saint Julien, il est habillé  d?une cotte d?armes et de certains éléments d?armure.

Il porte, comme armoiries,  la croix rouge  dite« croix de Saint-Georges ».  Il semble porter un bouclier dans le dos. Il ne porte pas de pennon, mais une lance qu?il tient des deux mains avec gantelet. Son visage tourné de trois quart vers sa gauche est encadré  par un heaume dont il a rehaussé, comme saint Julien, la visière percée de multiples  petits trous ronds. L? épée à la poignée ciselée, et au pommeau en gland, aux quillons un peu courbés, est accrochée, probablement dans un fourreau, sur le côté gauche de la cotte. Ce personnage se détache sur une tenture bleue à damas.


 Toutes les pièces d?origine de cette baie ont subi aussi une cuisson trop élevée et  du coup présentent des verres très déformés et par là même très difficilement enchâssables dans la résille de plomb. Cette verrière aurait dû probablement  être refaite, mais sans doute les délais ont fait qu?elle  fut conservée dans cet état.  Ces défauts permettent d?approcher un peu plus les techniques de cuisson de ce début du XVe siècle. On y trouve la confirmation que les  verriers cornouaillais de cette époque cuisaient leurs pièces peintes en les disposant en deux couches superposées et séparées par une trop fine couche de plâtre au autre support.

Socles et dais.

Les colonnettes montant du socle jusqu'au dais sont un peu plus large que les autres. Elles ont un filet en jaune d argent bien conservé sur certaines pièces anciennes.

 Comme  dans biens des baies, la tenture, ici sans galon, découvre dans sa partie haute le choeur avec voûtains habituel à ces baies. Au-dessus, une tour   dont on ne voit que trois des côtés. Sur chaque face est accroché un gable à la moulure formée d?une suite irrégulière de perles encadrée de deux boudins parallèles . La perspective ou l?essai de perspective, elle n?apparaîtra que plus tard, ne laisse visible intégralement que la moulure extérieure des gables de droite et de gauche.  Fleurons, pinacles, oculus agrémentent la façade. Au dernier étage  un clocher  dont on n?aperçoit  aussi que trois faces, entouré de pinacles avec fleurons, démarre sur une tour calée par arcs boutant et culées.. Ciel bleu pour  le premier et le troisième et rouge pour les deux autres.













































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