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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 04:08


Baie 123, dite « Vitre de du PLESSIS ERGUE » ou  « Vitrail du TYMEUR » (1)P



    Sur les 12 m2 de cette baie, seul 2,7O m2 sont anciens et de la fin  du XVe siècle si l'on s'en tient à ce que cette baie est à sa place d'origine, et qu'en 1469 les meneaux n'étaient pas encore  posés.

ci-contre la verrière avant restauration
Au dessus, après restauration.


    Cette « verrière, »  de quatre lancettes trilobées, que j'appellerais plutôt " du Plessis Erguè", aurait été rétablie, au XIXe siècle, d'après un aveu de 1750.(2)

Ce qui reste des vitraux d?origine

     Les vitraux d?origine occupent les quatre têtes de lancettes de cette baie avec des dais architecturaux, sur fonds, de couleur bleue aux extrémités, et, rouge au centre, ainsi que trois des quatre panneaux, b3,c3,d3, les plus à droite et au-dessous de ceux cités plus hauts. photos ci contre

    Une cinquantaine de pièces, pas du tout dans le ton, y avait été incorporée en 1874 par l'atelier Lusson, pour remédier à des manques. De nombreux plombs de casse, parfois voulus, dans les pièces neuves,
 gênaient la  compréhension de l'oeuvre ancienne.(3)

    Le décor architectural des têtes de lancettes.

    Comme il est de tradition, ce décor est le même pour  chaque lancette de cette baie, et, nous ne sommes pas encore << au vocabulaire ornemental de la première renaissance qui pille avec ivresse les motifs de l'architecture antique et son répertoire mythologique.>>(4) qui inondera notre région moins de trente ans plus tard. Et nous sommes aussi, loin des dais des fenêtres hautes du ch?ur (1417-1419) qui emplissaient de leurs décors architecturaux, bien plus lourds, la largeur des lancettes des baies, ne laissant aux bleus et aux rouges des ciels ou fonds que les épaulements  et les têtes.

    Ici, la légèreté de l'édifice architecturé s'est imposée avec ses échappées sur un ciel bleu ou rouge. La lumière qui l'anime par ses gris et ses clairs vient de l'ouest, cette fenêtre étant située au nord, et encore ce principe n'est pas totalement appliqué, le peintre préférant ici et là faire ressortir un élément avec une lumière contrastée.

C'est la baie qui présente un décor architectural le plus aéré de la nef.

    Le clocher-tour, coiffé d'un fleuron, que l'on retrouve dans certaines baies du  ch?ur, repose sur ce qui pourrait être la partie haute, à pans coupés et percée de trois baies gothiques, d'un ch?ur soutenu par deux arcades  et contreforts. Le fronton avec pinacles masquerait une toiture.

    Un deuxième fronton en anse de panier, avec un gâble central surmonté et accompagné de fleurons, repose sur deux culées, tandis que la partie centrale, qui vient en avant, est supportée par deux culs de lampes en crochet. Dessous, dans le panneau inférieur, apparaît le ch?ur, de sens opposé à la partie supérieure, avec son cul en pendentif sous une clef de voûte gothique

    Devant une tenture, ou rideau, avec galon en courbe, laissant entrevoir ce ch?ur, sont saint Jean-Baptiste, une Vierge à l'Enfant et saint Michel l'Archange. Le premier et le dernier présentent une donatrice et un donateur dont l'apport du XIXe siècle offre malheureusement des visages : celui de saint Jean,  celui de la Vierge et  celui de son enfant, et celui de saint Michel. Ils ne sont pas dans l'esprit de cette fin du XVe siècle, bien que ceux de la donatrice et de la Vierge pourraient induire en erreur plus d'un.

    Le ch?ur, assez profond, en pans coupés, présente trois baies en anse de panier, d'esprit roman pour la Vierge Marie, et, agrémentées, pour les deux autres de meneaux et réseaux gothiques. Cette façon d'opposer deux époques, nous l'avons relevé dans l'Annonciation et le Mariage de la Vierge de "Concarneau"(.5)

    Les voûtes, bleues pour saint Jean, grises pour la Vierge et rouges pour saint Michel, nous offrent des nervures et doubleaux où le jaune d'argent joue en deux teintes par l'apport de grisailles lors d'une deuxième cuisson. Cela n'est pas sans rappeler étrangement le décor des voûtes du ch?ur et de la nef de la cathédrale, découvert lors des dernières restaurations. Pour deux de ces voûtes, le jointoiement des pierres, particulièrement sur la rouge, est indiqué. Quelque chose qui encore peut faire penser à la voûte de la nef, mais avec des joints noirs à la place de blancs.
   
 
    Deux galons de tentures sur trois portent un texte en écriture gothique : << Sanctus Michael ora pro nobis >> et <<>> tandis que pour la Vierge à l'Enfant, seul un décor, de perles et de losanges ou doubles gables, l'anime.

On pourrait se demander lorsqu'on relève la couleur et la simplicité, de la voûte du ch?ur de la lancette de la Vierge Marie, simplicité ajoutée à celle des baies et du bandeau, si l'artiste n'a pas voulu appuyer délibérément sur un esprit d'austérité. Les galons avec textes doivent-ils faire reconnaître les saints ? Je ne le pense pas ici. C'est dans la tradition, et la hauteur de 15 à 18 mètres ne peut permettre de les déchiffrer, alors que leurs attributs sont très visibles.

    Les tentures sont, de couleur verte pour saint Jean-Baptiste, de couleur rouge pour la Vierge et bleu pour saint Michel. Chacune présente un damas(6) de dessin différent posé sur la face extérieure. Leur couleur, chez la Vierge et saint Michel correspondent bien à celle de la tête de lancette. Ce n'est pas le cas chez saint Jean.

    Cela se produit parfois, et nous le verrons dans les autres baies. Cela découle de l'habit principal du personnage.



    Saint Jean-Baptiste.

    Le premier panneau ancien de cette rangée qui a subsisté jusqu'à nous,  et faisant suite à un saint Patern du XIXe siècle, est un saint Jean-Baptiste.

    Dans ce panneau, le b3, comme nous l'avons signalé plus haut, seules, sa tête, la tête de la donatrice et sa main gauche ne sont pas d'origine. Il porte un manteau rouge sur une robe jaune serrée à la taille par une ceinture bleue. Echancrée au cou, sur une chemise d'une teinte jaune plus claire, cette robe, faite de peaux de bêtes, peut être de chameaux, et dont les poils s'échappent ici et là de la trame, a la particularité d'offrir un col gauche rabattu sur le côté avec un bouton à l'extrémité. La boutonnière devant le recevoir existe sur la droite. Trois autres boutons ferment plus bas ce vêtement.(7) Une ceinture du même bleu que le Livre serre la taille. De sa main gauche, saint Jean Baptiste tient ce livre qui a une couverture bleue et une tranche dorée, et sur lequel repose l'Agneau tenant entre ses pattes une croix avec oriflamme. La comparaison avec la baie d'en face, la 124, où est présent un second saint Jean-Baptiste, également du XVe siècle, mais plus complet, si ce n'est, malheureusement, le visage et l'Agneau, nous permet de relever deux styles différents et par là,  confirmer la présence de plusieurs ateliers de peintres verriers.. 


     La Vierge à l'enfant Jésus.

   
    Ce sujet est repris deux fois dans la nef. Dans la baie 129, où il ne reste qu'un panneau, le C2, l'enfant Jésus y est en très bas âge.

 Ici, il se tient droit, bien assis sur le bras droit de sa mère, seul élément subsistant des parties visibles du corps de la Vierge.
   
Cette main de la Vierge, aux grands doigts, sort de la doublure d'un manteau bleu au liseré décoré de perles relevées de jaune d'argent, comme la petite ceinture perlée qui sert obliquement, à la taille, la robe violette de celle ci.

     L'enfant porte un nimbe, avec trois rayons de lumière, tandis que sur celui de Marie se détache une couronne très ouvragée avec serre-tête décoré de perles de toutes tailles et  de diamants rectangulaires. Au dessus de ce serre-tête, règne une forêt de fleurs de lys, on en dénombre huit, cinq en clair, trois en noir, sur lesquelles l'artiste s'est défoulé, leur allongeant démesurément la tige en y ajoutant des pousses. Les enlevés au bois jouent avec le trait noir, le tout sur jaune d'argent.





    Saint Michel l'Archange.



    De cet archange, ici intercesseur ou saint patron d'un chevalier de Ty Meur, il ne subsiste pas grand chose des pièces d'origine, en dehors de ses ailes, le nimbe, le serre-tête rouge avec croix frontale et le côté droit de son armure: plastron, épaulier, arrêt de cuirasse décoratif et mal posé, cubitière, canon d'avant bras et gantelet serrant un bâton crucifère.


    Le verre, sa palette de couleurs, l' habilité de sa coupe.

    L'atelier, qui nous intéresse pour le moment avec cette baie 123, possède une habileté dans la coupe du verre hors du commun. Cela se retrouvera plus ou moins auprès des autres baies, et se remarque ici avec certaines pièces d'architectures des têtes de lancettes.


    La palette de couleurs,
Malgré le peu de panneaux qui existe encore, elle est très riche, avec au moins trois bleus dont deux plaqués sur blanc. Le rouge plaqué, car il ne peut exister autrement, offre des teintes différentes suivant l'épaisseur du verre ,incolore et celle du placage. Les jaunes sont au nombre de trois dont deux proches de ceux utilisés au XIII(e). Rareté, l'un d'entre eux est plaqué. C'est le cas de la robe de saint Jean. Les autres, teintés dans la masse, sont utilisés pour sa chemise et le bandeau portant le nom de saint Michel et son armure. Les verts, de trois sortes vont de la robe de l'enfant Jésus, aux baies gothiques et à un élément des ailes de l'Archange. Celles ci sont faites aussi d'un gris violacé, cousin du gris de la voûte de la baie de la Vierge.

    Un verre incolore, très légèrement vert, sert pour les architectures des têtes de lancettes et pour quelques pièces encore existantes telles que la main de Jésus posé sur celle de sa mère, l'Agneau, le liseré de la robe de Marie, sa mèche de cheveux, sa couronne - nimbe, et le bâton crucifère de saint Michel.

    L'épaisseur des verres est très variable, de deux à trois millimètres sur la même pièce, les verres incolores dans cette baie étant plus réguliers

    Malgré cinq cents ans d'âge, ces verres sont dans un état satisfaisant. Les cratères sur la face extérieure sont très légers, la couverte de jaune d'argent les ayant protégé là où cette teinture a été posée. De plus l'apport d'une légère grisaille sur cette face, pour accentuer certains reliefs, n'a pas été négligeable. Sur la robe de saint Jean Baptiste, ces cratères ont cependant réussi à faire sauter le plaquage en six ou sept endroits. Il est possible que cela soit dû à la qualité du verre  trop riche en potassium. Des gravures à l'archet(13), il y en aura très peu dans cette nef, ne sont présentes que sur le rouge du serre-cheveux de l'Archange. 


         Quelques marques de repères d'assemblage ont été relevées sur la face extérieure des têtes de lancettes. Les pièces étant identiques d'une lancette à l'autre,  le dessin et la coupe étant reproduits quatre fois pour les quatre pièces centrales et huit fois pour les autres dans les dais de cette baie, cette démarche se comprenait.

    Le dessin, ou peinture, est d'une grande habileté et d'une connaissance approfondie de l'utilisation de la grisaille, ici brune, posée au trait, au pochon, au lavis, avec des enlevés au bois, à la brosse dure, au pochoir et à la pointe. Souvent le trait noir est doublée d'une lumière, qui est un enlevé de grisaille avec un bois..

    Le jaune d'argent passe de l'orange au citron acide, très bien posé sur le dos des architectures des dais, un peu moins sérieusement sur les autres pièces. C'est le cas de la couronne de Marie. La différence de teintes provient de plusieurs éléments dont le peintre n'est pas maître: la texture du verre qui peut être modifiée d'une partie à l'autre du plateau, de son épaisseur, et de sa cuisson. Cette différence de teintes entre les pièces ne semble pas gêner le peintre puisqu'il les a conservés. C'est un usage très courant du XVe et du XVIe siècle dont les dernières années présentent quand même un grand manque de maîtrise ou de liberté de l'auteur. Cela présage de la décadence du vitrail.

   


    Les rapprochements possibles,


    Les dimensions des pièces de verre des dais suivent un rythme en hauteur que l'on retrouve dans les fenêtres hautes du ch?ur de cette cathédrale, mais aussi dans de nombreuses autres verrières du XVe et du tout début XVIe, pour ne citer que Sainte - Cécile en Briec, Finistère,  Le Pénity en Locronan, Finistère et Concarneau, Finistère.

    Pour ces deux dernières et notre baie 123,  nous pensons qu'il pourrait s'agir d'un même atelier ou d'un même peintre, car la façon et de poser et de travailler la grisaille offre une même sensibilité. Cela pourrait être corroboré par la façon de traiter les voûtes, et la juxtaposition des baies romanes et gothiques qui se retrouve à Concarneau. Les deux lancettes encore existantes du Pénity ne suffissent pas à étayer cette proposition. Mais cette façon d'offrir simultanément du roman et du gothique est peut être aussi un style d'école.
   
    Cependant, il y a un autre détail en faveur de ce rapprochement. La main de la Vierge a un traitement du dessin, par de petits traits successifs, que l'on retrouve dans le visage de la Sainte Catherine du Pénity.

    Mais il pourrait s'agir de pièces de repique du début du XVIe siècle. Des tempêtes en 1524 et 1525 endommagèrent les vitraux de la cathédrale. Ils furent réparés par un Jean Quéméneur dont on ne sait rien d'autres si ce n'est qu'un autre Quéméneur, mais au prénom de Thomas, sévissait vingt ans plus tard à Morlaix.

    La possibilité d'une repique plus tardive, à Locronan et à Quimper, pourrait être envisagée si l'on prend le cas d'un Jean Le Corre qui, en 1579  à Quimper puis en I588 à Locronan, répara les vitraux. Mais j'en doute à cause du style de travail incompatible avec l'époque.8

Notes,

1,R.-F. Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, XIIIe-XVesiècle, Quimper, 1877,p.144,.donne cette première attribution ou titre, et abbé A. Thomas, Visite de la cathédrale, 1892, du même, La cathédrale de Quimper, 1904. le second, p.47..
2, Pour Plessis Ergué, R.-F Le Men, op. cit.,p.144. se reporte sur <<un aveu de la seigneurie du Plessis - Ergué, en la paroisse d'Ergué - Armel, fourni au roi, par demoiselle Charlotte d'Appelvoisin le 14 août 1750 >> Quant à l'abbé A. Thomas, op. cit. p. 47, il se base sur les armoiries du chevalier, de restauration XIXe
3, Registre de Boisbilly- Aymar de Blois, 8 L1, Arch. Dioc. Quimper. p. 19.<< vitrail donné par les Sires de Ploeuc de la branche aînée, maintenant éteinte, Baronnie de Kergorlay, sieur du Ti-meur près Carhaix et du Plessis-Ergué, paroisse d'Ergué-Armel et indiquant l'enfeu de la terre du Plessis. Il est fort endommagé, par le bas, on n'y voit plus l'effigie de ces seigneurs remplacée par des vitres blanches, mais on remarque dans ce qui en reste le haut des images de Notre-Dame, St Michel et St Jean Baptiste>>
4, Roger Barrié, Thèse page 76
5, Vitrail du XVe actuellement en l'église de Concarneau.
6. Damas, ici fait au pochoir, soit en cuivre soit en parchemin.
7. Il semble qu'il n'y ait pas en ces XVe et XVIe siècles une règle concernant l'emplacement des boutons et par là, des boutonnières, droite ou gauche indifféremment.
8, de Guilhermy. Op. cit. p. xcix. Il donne  La Vierge portant son fils ; saint Michel en guerrier assistant un chanoine. Devons-nous voir en un donateur en cotte blasonnée, saint Jean-Baptiste assistant ce donateur, la donatrice que le XIXe a donné. De Blois ne parle que du haut du saint Jean-Baptiste. Lequel des deux a fait son relevé le premier ? Il semblerait que c?est de Blois. Mais !


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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 11:08
                ROUTE DE L'AMITIE,
            ETAPE DU BONO MORBIHAN


                            CROQUIS DU 3 AOUT 2OO8



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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 08:16
Avant-propos

Dans cette étude des vitraux des baies hautes du transept et de la nef de la cathédrale Saint-Corentin, de Quimper,  il n?est pas ou rarement question des réseaux de ces baies. Ils sont tous d?époque XIXe , à l?exception de deux soufflets de la baie 131,

 La numérotation des baies est celle instituée par le Corpus Vitrearum Internationale. Les numéros pairs sont du côté sud et les impairs du côté nord. Les fenêtres hautes  prennent les centaines et le décompte commence par la fenêtre du chevet à qui l?on donne le numéro 0 pour les baies basses et 100 pour les baies hautes.




Baie 113, Vitre de Jean Le Baillif,



    Cette baie, la première du côté Est du bras Nord du transept, est composée de cinq lancettes trilobées de vitraux de la fin du  XVe siècle. Chaque lancette  possédant  4 panneaux de vitraux.

Cette estimation peut être confirmée, tout d?abord par la datation  de la construction des trois  voûtes du transept en 1486, puis par la construction de ce croisillon qui est signalée en 1477 et 1478 (1) .

 Le troisième élément confortant cette proposition est la présence de 1468 à 1494, en tant que chanoine de la cathédrale de Quimper, de Jehan Le Baillif, archidiacre du Désert, au diocèse de Rennes, que l?on voit en donateur dans cette verrière.

On peut  aussi affirmer que cette fenêtre est bien à  sa place d'origine et cet argument est renforcé par la présence d?un écusson, visible sur la voûte vis-à-vis, et qui est identique à celui qui s?étale sur le prie-Dieu de ce  chanoine donateur..
 
Les descriptions des historiens du XIXième.

 
    Les descriptions qu'offrent, R.-F. Le Men(2)en 1877, et l'abbé Alexandre Thomas en 1892(3), se correspondent. Celle du second étant plus succincte : <<1. Un saint évêque ; 2. Saint Michel : 3. Un écuyer ; 4. Saint Christophe : 5. Saint Jean-Baptiste, présentant Jean Le Baillif, chanoine de Quimper, (1468-1494). Armes de Jean Le Baillif : écartelé d'or et de gueules.>>

    Pour Aymar de Blois, il ne voit à l'époque de son relevé de 1820,<< que quatre des panneaux restant de ce vitrail>>(4) De plus,  il signale que l'évêque est<< Saint Corentin remarquable par son poisson>>. Quant à ce poisson, dont la présence n?est pas signalée par les deux historiens de la cathédrale, cités plus haut, nous  en avons cherché en vain un emplacement possible parmi les pièces  qui sont toutes anciennes et bien à leur place.

 Autre désaccord  que nous relevons et cela à propos du chanoine donateur présenté par saint Jean-Baptiste.

<<L'écusson qu'on remarque sur son prie-Dieu, et qui est écartelé rouge et or, indique qu'il était de la maison du Boisberthelot. On voit les mêmes armes sculptées sur la nervure de la voûte aux environs>> écrit Aymar de Blois.

 Il est vrai que les deux armoiries correspondent(5) et cela peut prêter à confusion, et  même mettre le doute.  A cette époque, il y a bien dans le clergé, un Boisberthelot, mais il est abbé de l'abbaye de Bon-Repos, où il est signalé en 1484.

    La composition, telle que l'a relevé Aymar de Blois, et qui se trouve être la plus ancienne, avec un écuyer central entouré de saint Michel et saint Christophe, le saint Corentin relayé avec le donateur aux extrémités, ne nous satisfaisait pas entièrement. Nous aurions aimé proposer une autre, avec saint Corentin au milieu, ayant à sa droite le donateur et saint Michel à sa gauche, l'écuyer et le saint Christophe prenant les extrémités.


Mais aucun élément d'archives ne pouvait soutenir notre réflexion. Nous l'avons donc purement et simplement annulée, bien que nous ne comprenons toujours pas la place de cet écuyer au centre de cette baie.

    Saint Corentin, première lancette.

    Pour ce saint évêque, nous maintenons la proposition d' Aymar de Blois, qui y voyait un saint Corentin. Un autre saint Corentin, il s?agit là d?une proposition de Le Men(6), intercède pour  Bertrand de Rosmadec en la baie 105 du choeur.

    Sur fond d'une tenture bleu à damas intérieur, au semis d'étoiles à 8 branches, soutenue et tendue par un galon en jaune XIIIe, décorée d'une frette, notre évêque se dresse, dans un geste d'accueil et de bénédiction, debout sur un sol de carreaux jaunes dont la trame des joints s'inscrit dans une perspective de profondeur.

Un nimbe d'un brun rouge-carmin encadre une mitre, malheureusement pas d'origine, ce qui est le cas aussi de la crosse de son bâton pastoral. Le visage, heureusement d'origine, en verre rose plaquée  a perdu une grande partie de son dessin. On  peut cependant y relever l'expression d'une certaine paix.

Le collet d'une aube dont nous retrouverons la manche droite et le bas traînant sur le sol, laissant apparaître le soulier gauche, s'échappe d'une chasuble réversible rouge et verte décorée d'un orfroi, en forme de croix, pour lequel il est utilisé un verre incolore et du jaune d'argent. Cette chasuble est portée sur une tunique, ouverte sur les côtés. Le mouvement du bras et de la main droite relève cette chasuble, ce qui est bien indiqué par l'élément horizontal de la croix. Cette chasuble, peut être à cause du  poids de l'étoffe et la pose plus basse de l'autre bras, tombe plus bas de ce côté, en dévoilant sa doublure de couleur verte.

Les deux mains et les bras, seul celui de droite est visible, sont habillés de gants exécutés  dans un verre bleu clair et plaqué sur verre blanc. Ce plaquage de bleu a permis de dessiner des bijoux,  après la dépose de la plaque de bleu  et l?ajout sur le verre blanc de jaune d'argent, Il s?agit, sur le pouce de la main droite, d?une bague et, sur l'autre main, en plus d'une bague sur le médius, d?une incrustation sur le dos du gant de cinq pierres montées en croix .

    Saint Michel, seconde lancette.

    Il est revêtu d'une armure, réalisée en verre d'un bleu gris clair, , le même que celui des gants de saint Corentin. Le casque est absent. Le même verre est utilisé pour le bouclier (7) les gantelets. Malheureusement do la grisaille a disparu. Cela est dû, semble-t-il, à la qualité de ce verre.

 Cet archange, portant serre-tête avec petite croix et nimbe rouge, se dresse  sur des jambes écartées.

    L?une de ces jambes foulent un monstre à cornes,  traité avec un verre d?une couleur de cendre brûlante. Il s?agit ici d?un verre plaqué dont la couche colorée posée sur la face intérieure a été attaquée par la condensation. Ce qui laisse apparaître une nuée de points blancs.

Quant au monstre, renversé sur le sol, le bâton de la croix dans la gueule,  il essaie, avec ses dents et d'une patte aux doigts crochus d'en freiner la rentrée.

La composition  de cette lancette, comparée à celles de saint Corentin, du donateur ou de l'écuyer, offre, avec celle de saint Christophe, un dynamisme apporté par les divers éléments dont elle est composée : le démon la tête en avant; les jambes de saint Michel, sa croix, le bras droit ouvert tenant l'épée aux quillons recourbés; le gauche ramené sur la croix.

 Ces éléments, épée, bras, guident notre regard le long de la croix  jusqu'à la bête. Le tout sur un fond de tenture que déchire à droite et à gauche les ailes aux ramiges violettes et couvertures vertes et un sol, en verre incolore au dessin très effacé, semé de cailloux et de plantes colorés au jaune d'argent.

Le visage de saint Michel, en verre incolore mais bien effacé, révèle quand même une pose un peu penchée d'un quart sur sa droite, vers le démon. Ses cheveux, bien séparés et coupés aux épaules, tombent des deux côtés.

    Sur le bandeau jaune apparaît le texte MIKAEL : ARCHANGE.


    L'écuyer, troisième lancette.
     
    Gentilhomme qui accompagne un chevalier et porte son écu, ou jeune noble non encore armé chevalier.(8)

Quant à moi, je pencherais pour la première définition. Il s?agit bien d?un chevalier, il porte bien l'écu. Qui est-il?  Le Men y voit les armes qui rappellent celles de Lezongar  de la seigneurie de Pratanras, en la paroisse de Penhars, actuellement en Quimper.

Ces armes devraient être d'azur chargé d'une croix d'or cantonnée à dextre d'une fleur de lys de même, ce qui n'est pas le cas ici avec trois autres fleurs de lys. Ce blason est inconnu au Nobiliaire et Armorial de Bretagne. Ces armes se retrouveront dans la baie 114, avec Ronan de Lezongar ( mais XIXe) ainsi que dans la baie du choeur 106(9) avec un probable Paul de Lezongar. Quant à la place, au centre, de cet écuyer, nous ne pouvons que la constater. Est-ce une idée de Le Men ou du restaurateur XIXe, ici Lusson ou Lefèvre(10).   

Au-dessous du choeur à la voûte rouge, le bandeau  jaune, aux enlevés au bois dessinant des motifs floraux, tend un rideau couleur lie de vin sur lequel se détache l'écuyer. Il est coiffé d'une toque verte au graphisme de feuilles proche d'une couronne de lauriers, d'où s'échappe un panache blanc. De la main gauche, non protégée comme l'autre par des gantelets, cet homme tient une lance, dont la partie finale est identique à celle que Mantegna met dans la main de saint Georges(12)et dont le haut se pavoise ici d'une oriflamme à deux pans qui prend le même sens que le plumet de l'écuyer.

 Visage, en verre rose plaquée sur blanc et d'origine, aux longs cheveux au jaune d'argent et aux enlevés à la pointe. Yeux très noirs, perdus dans le vague, qui donnent un regard froid à ce visage encore jeune, et très légèrement tourné vers sa droite; nez fort,  double menton.

Un collet en cotte de mailles sort d'un justaucorps bleu, non serré à la taille, aux manches courtes, où règne les armes des possibles de Lezongar. Armes que l'on retrouve sur le bouclier posé à terre, et qu'il tient de la main gauche. Les jambes protégées par des cuissards, genouillère et jambières, et les pieds par des solerets, reposent sur un sol bleu-vert, aux multiples plans.

    Saint Christophe.quatrième lancette.

Alors que le saint Christophe de la baie 115 lutte contre le courant, les deux mains sur le tronc d'arbre, celui-ci est trapu, solide, les jambes bien plantées dans le torrent qui coule, de gauche à droite. Son arbre bâton y est bien planté, la main droite le prenant tout en haut au pied de la fourche. De la gauche il maintient l'Enfant Jésus, dont le pied gauche est probablement dans cette main.

    La composition de ce personnage, sur fond rouge lie de vin, à damas, révèle un auteur qui semble appliquer une construction du dessin faite d'obliques se succédant. La main droite, le visage, la seconde main suivent une droite qui rencontre à angle droit une seconde, donnée par le manteau blanc et le genou. Cette oblique est de plus reprise par la jambe droite qui semblent, sous l'eau, rejoindre la gauche, dessinant un Z que l'on retrouve dans le haut du saint Michel.

Cette composition est calée par le bâton dont la verticalité annonce celle de l'enfant Jésus dont les doigts de la main droite sont ici levés. La jambe gauche, jusqu'au mollet dans l'eau, répète en bas cette verticalité. L?eau du ruisseau, dont  il ne reste du dessin, que le négatif d'un courant dressent des vagues aux crêtes d'écume

    On peut, en voyant ce saint Christophe, sans nimbe, penser à Hercule, qui comme lui est né pour servir, mais aussi à toutes les représentations de ce saint, parfois géantes, que le clergé du XVIIIe jugeait tout juste digne d'amuser les enfants et qu'il fit détruire, lui que le peuple venait implorer pour éviter la mort subite, en tant que patron du passage en l'au-delà.

    Robe verte, courte et ouverte sur le devant, fermée par deux boutons sur le côté droit, manteau blanc jeté autour de la taille et sortant par-dessus le bras gauche. Visage d'origine en verre rose, barbe fournie, cheveux avec  de larges crans, nez fort, vu du dessous, yeux profonds et noirs sans iris, qui se tournent vers l'enfant dont la main gauche présente le globe terrestre, en jaune d?argent sur verre incolore, surmonté de la croix, en verre incolore comme le visage et le nimbe crucifère et dont le visage, encadré de cheveux sur jaune d'argent, est éclairé par deux petits yeux regardant dans le lointain.


     La scène se déroule sur fond de tenture à damas, de couleur  bleue, identique à celles de saint Corentin et saint Michel, et galon jaune XIIIe avec texte, coupé par le nimbe rouge de saint Jean, où l'on peut lire VN AVE : MTDOVE. Au-dessus, le choeur offre ses voûtes couleur vieux rose.

    L'on voit ici le premier couple chanoine donateur et saint patron intercesseur du transept. Cet exemple de chanoine donateur se répétera autant dans ce transept que dans la nef, et cela dans la continuité des baies hautes côté Nord du choeur.

Que cherchent-ils par leur image: affirmer leur place au sein de l'église, contrecarrer par leur image la place prise par le monde féodal dans cette figuration, ou, tout simplement,  comme cela est écrit dans les Statuts de Tréguier en 1455, mais cela pour les laïcs, soit par dévotion, soit par ambition et vanité? 

La peur de la mort se doit d'être bien pour quelque chose dans cette effigie et semble  être bien indiquée par la présence du saint patron, intercesseur et garanti du salut dans l'éternité. Le don rentre aussi en ligne de compte. N'accroît-il pas, comme le dit Roger Barrié,(14), <<les mérites individuels et constitue un poids à jeter dans la balance du jugement dernier>>? Il ajoute que << Les mérites, que le saint protecteur présente, effacent l'interrogation personnelle devant la mort et la crainte du néant. Il ne faut pas négliger le souci de gloire éternelle. >>

    Il est donc là ce chanoine donateur, en orant, à genoux devant son prie-Dieu recouvert d'un tissu vert  décoré de son écusson écartelé d'or et de gueules. Le livre de prière, ouvert et à tranche dorée, porte l'indication de neuf lignes sur la page de gauche et dix sur celle de droite.

 La tête et les mains sont exécutés dans un verre rose plaquée, dont la fabrication en plateau est signalée par des courbes concentriques visibles sur le verre.(15) Pour la chape, très longue et ample, l'auteur utilise le jaune XIIIe sur lequel il pose un dessin à grand damas. Les pièces de verre sont assez grandes, et l'on peut comprendre pourquoi l'une n'a pas la même teinte ni la même qualité de grisaille bien qu'elle soit  ancienne,  possible restauration postérieure.

 L'orfroi, en verre incolore, présente sur les bords un filet de perles blanches entourant  un motif central  répétitif composé  de deux amandes opposées tête-à-tête et encadrées de couples de perles. Les ombres portées sont posées à la grisaille. Un fermail, ou plutôt mas de chape, décoré d'un grand losange,  maintient les deux pans de cet habit, dont la doublure violette apparaît dans le plis du bas, tandis qu'un élément de l'orfroi, en forme de demi-écu, apparaît au dos, orné d'une niche avec un saint, sans attribut visible. Un élément de surplis encadre les mains jointes.

    Le visage, aussi en verre rose, vu de trois quart, comme le personnage, vit de deux yeux noirs sans iris, typiques de cette baie. Le nez fin est pointu, le menton fort, l'oreille gauche se devine sous les cheveux ramenés sur le devant et portant une large tonsure.


    Manteau rouge, découvrant l'épaule droite d'une robe lie de vin, aux manches courtes, ici encore un verre plaqué, la main gauche posée sur le chanoine, l'autre tenant son attribut, voici saint Jean-Baptiste, saint patron du donateur et intercesseur.

L'agneau au nimbe crucifère, la tête tournée vers saint Jean et allongé dans l'autre sens sur le livre de biais, est dominé par la croix à l'étendard qu'il doit tenir entre ses pattes. La ferrure séparant les deux panneaux a facilité à l?auteur l'absence de recherche de dessin. Cette croix aurait du être tenue par une de ces pattes, mais ici, seule une patte, celle du train avant, est visible.  Pour l'exécution de cette pièce, un verre verdâtre a été choisi.

    Les socles.

    Au nombre de cinq, un par lancette, ils offrent trois faces, dont la principale est coupée dans une pièce de verre incolore de 33 sur 21 centimètres.

Le socle repose sur deux contreforts angulaires, dont la perspective, en les présentant de biais, augmente leur puissance.  Deux autres contreforts, bien plus légers, effet dû à la perspective, soutiennent eux aussi cette architecture répétitive, percée de quatre ouvertures longilignes et cintrées, sous une moulure comportant un bandeau et un boudin encadrant un congé décoré de feuillages au Jaune d'argent.

Un pignon ornemental et pointu, agrémenté et couronné de fleurons, surmonte une ouverture à contre-courbe, et découvre une croisée d'ogives, au-dessus d'un sol de couleur bleu-vert dont les traits de grisaille dessinent des volutes qui se serrent en avançant vers le fond. Aucune colonne ne monte de ce socle vers le dais

    Les dais

    Edifice de soixante six pièces, en verre incolore sur ciel, tour à tour de couleur lie de vin, pour le premier et la dernière lancette, puis bleu pour la seconde et la troisième, et rouge pour la centrale. La lumière qui anime les éléments d'architecture vient du Nord. Nous sommes ici, comme nous l'avons indiqué, avec une baie est du bras Nord du transept.

Dans la nef et le choeur, cette lumière dans la presque totalité, vient de l'Ouest, que cela soit pour les baies du côté Nord ou Sud.

    Le clocher tour, dont seules trois faces à petit pignon sont visibles, se termine par un gros fleuron(16)de verre de couleur que deux pinacles encadrent. Le jaune d'argent côté extérieur, et le trait de grisaille face intérieure, sur un lavis tamponné avec enlevés au bois et à la brosse, sont omniprésents aux trois étages de cet édifice, dont le second offre ses volés, ces arcs-boutants, ses pinacles, ses claires voies sur le ciel de couleur. Au-dessus du choeur, le premier étage offre des gables ornementaux, pointus aux courbes parallèles et concaves encadrant un écoinçon, le tout entouré de deux choux. Deux culées maintiennent la poussée de l'ensemble, tandis que deux cules de lampes annoncent deux colonnes se terminant en pinacle au deuxième étage.

    Cette fin du  XVe est en plein dans << l'apprentissage des lois de la perspective.(17)>>, et ces architectures, de toutes ces baies de la nef et du transept, offrent les premiers balbutiements.

    Les verres et la peinture.

    La palette de couleurs de cette baie est assez riche, surtout dans les verts. Cela est peut-être due à la diversité de teintes dans une même feuille, ce qu'il est possible de relever dans l'herbe au-dessous du saint Christophe, ou dans la doublure de la chape de saint Corentin. Il en est de même pour les bleus, bleu de l'écuyer et bleus des rideaux. Les plaqués se trouvent avec les rouges, plus ou moins forts  et qui ont bien tenu, le violet cendre du démon plus fragile, dû à l'épaisseur du placage, comme c'est le cas de la robe de  saint Jean, les roses des visages, mains et jambes, ici ayant bien traversé les âges. Est-ce à cause de la qualité du verre ou de la grisaille, ou d'une mauvaise cuisson que le visage du saint Corentin est devenu si pâle?  Nous ne saurons y répondre. Présence omniprésente du Jaune XIIIe. Parmi les verres incolores des dais, nous avons trouvé certaines de ces pièces bombées, effet plutôt dû à la cuisson, et portant des taches de jaune d'argent provenant d'une superposition, là aussi dans le four lors de la cuisson, la pellicule de plâtre les séparant devant être trop fine. Ce défaut, si l?en est un,  nous l?avions aussi trouvé dans les baies hautes du choeur. On peut relever une trame horizontale et parallèle de 21 et 22 centimètres de haut est portée sur toutes les lancettes(18)
   
Les gravures de repères(19) posées du côté extérieur sont peu nombreuses et se trouvent essentiellement sur les verres de couleurs des ciels et des fleurons supérieurs des dais en a4 et d4.
 Une autre gravure répétitive, verticale et de trois centimètres, toujours du côté extérieur, se trouve au milieu du panneau d4, et sur plusieurs pièces. Indique-t-elle que le panneau était mis en plomb, la face peinte, qui est posée du côté intérieur de l'édifice, sur la table de montage. Ce trait permettrait d'établir des côtés parallèles lors du montage? Cette gravure nous le retrouverons sur d?autres baies.

La coupe des verres est dans l'ensemble assez facile, cela étant du à la simplicité du dessin, qui montre une certaine maîtrise du métier de la part de l'auteur.

La grisaille employée est un mélange de brun et de noir, à quantité égale, et très intense lors de l'application au trait. Après la dépose en lavis, elle est tamponnée du côté intérieur, tandis qu'elle n'est juste posée qu?en lavis sur l'autre face, ombrant certains endroits Les enlevés sont au bois et à la pointe. Des hachures(20) aux traits de grisaille et en enlevés se retrouvent autant sur les vêtements que sur les visages, mais avec une certaine sensibilité et sans démesure. La sanguine n'est pas  encore employée.

 Le jaune d'argent est posé régulièrement, avec les changements de tons qu'apporte la cuisson et le verre.

Les cratères, petits comme des têtes d'épingles, exemple : démon, et robe de saint Jean, plus importants sur certaines couleurs, sont  nombreux sur la face intérieure et quasiment absent sur l'autre face (21)


Notes.
1, R.-F. Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, p.243-244,
2, R.-F. Le Men, op. cit. p.134. De plus, le même auteur, p. 125, signale qu'à la mort de Thibaut de Malestroit, évêque de Quimper en 1479, Jean Le Baillif fut élu par le chapitre pour lui succéder mais ce choix ne fut pas agréé par le duc de Bretagne.
3, Abbé Alexandre Thomas, Visite de la cathédrale de Quimper.1892 p.117, et  La cathédrale de Quimper, 1904, p.51
4, Arch. Dioc. Quimper,  Registre de Boisbilly, 8 L 1.Oncle d?Aymar de Blois, l?abbé de Boisbilly avait dessiné l?architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail, il devait le compléter par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d?autres fonctions. A. de Blois, héritant de ce registre, en fait don à l?évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l?évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 <<pour l?usage de la cathédrale >>. Il rajoute << malade d?une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l?évêque>>
5, P.Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, p.35  et 105.
6, R.F. Le Men, op. cit. p.24,
7, Dans la baie 131, il  possède un bouclier et dans la baie 109, un casque avec heaume relevé, et l'épée dans le fourreau.
8, Dict. Petit Larousse.
9,Le Men, op. cit. p. 28.
10,Lefèvre Léon, atelier, 21 rue de Laval, Paris. Collaborateur Maréchal, Lusson, Lechevalier-Chevignard (1879) Michau. Succède à Lusson, signature difficilement lisible  par perte de grisaille sur baies 113 et 115.
11, Pour les seigneurs de Prat ar Raz voir notes baie 114.
12,Musée de l'Académie, Venise, vers 1460.
13,P.Potier de Courcy, op.cit. seigneur de Kersimon et de Kerouledic, paroisse de Plouguin. Références et monstres de 1427 à 1503 à la dite paroisse de Plouguin.
14, Roger Barrié, Thèse, de IIIecycle U.H.B. U.E.R des Arts, Rennes 1978. p. 113
.
16.<< L'art gothique imite de préférence les bourgeons et les feuilles enveloppées du commencement du printemps. >> Emile Male, L'art religieux au XIIIes.
17, Emprunt à Ekaterina Zolotova, Livres d'heures, Ed. D'Art Aurora, Lenningrad, Ars Mundi 1991. Dans ce livre, cet auteur signale que l'artiste Tourangeau, Jean Fouquet (1427?-1480) fut le premier artiste français à se rendre en ltalie, et qu'il y découvrit la perspective lors de son premier voyage. Dans La Perpective en Jeu de Philippe Comar, édition, Découverte, Gallimard, nous relevons que vers 1415, Philippo Brunelleschi réalise une première expérience sur les grands principes de la perspective, que reprendra Leon Battista Alberti en 1435 dans son traité Della Pittura. Quelques années plus tard, Piero  della Francesca sort son manuscrit De Prospectiva pingendi. Quant au, premier traité de perspective imprimé, il date de 1505 et est du à Jean Pellerin.
18.Ce rythme en hauteur, nous le trouvons dans de nombreuses verrières des XVe et XVIe comme Sainte Cécile en Briec, le Pénity en Locronan, la Vie de la Vierge posée dans l'église neuve de Concarneau. Il en est de même  pour les baies hautes du choeur de la cathédrale de Quimper.
19, J.P.Le Bihan, Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII

19 bis, chaque lancette d?une baie reçoit une lettre a, b , c, d , e etc. de gauche à droite. Les panneaux sont numérotés de bas en haut. Ainsi a1 est le premier panneau du bas de la première lancette de gauche
20. Les hachures n'ont rien à voir avec la gravure comme l'ont écrit certains auteurs. Il s'agit d'un procédé et une façon d'ombrer. A la même époque, nous trouvons l'application de ces hachures dans de nombreux livres d'Heures. Certes nous n'y trouvons pas de hachures en enlevés, mais la pose d'une teinte plus claire. Un autre procédé, que l'on retrouve en vitrail, est la pose de jaune orangé, par tache ou hachuré, sur les visages et partis du corps humain. Cela n'est pas sans rappeler certains emplois du jaune d'argent, autant au XVe qu'au XVIe

21, Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin eu milieu du XIXe siècle par le baron de Guilhermy, document communiqué par M.Couffon. BSAF, t.LXXXIX. 1963, p.xcvii et suivantes.
    << Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d?après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes>> Son mémoire a comme référence : B.N. Nouv.aq.fr. 61006, p.335 et suivantes. Les baies n?y sont pas numérotées et distribuées en cinq lieux : Vitraux de la chapelle des fonts, vitraux de la Nef, vitraux du transept, vitraux du choeur, vitraux de la chapelle terminale.

    Pour la baie 113, qui nous intéresse, nous pouvons relever dans ce mémoire : un personnage debout, imberbe, coiffé d?une toque verte à plume blanche, portant une armure et pardessus une cotte d?azur à la croix d?or cantonnée de quatre fleurs de lys de même. Il tient de la main gauche une lance à banderole blanche et s?appuyant de la droite sur un bouclier blasonné comme la cotte. Ne sait-ce pas saint Louis ? Il s?agit de l?écuyer de Prat ar Rouz
Saint Michel vainqueur du démon ; saint évêque bénissant, décrit comme saint Corentin par Aymar de Blois, saint Christophe passant l?eau avec le Christ sur son épaule, qui peut être aussi bien celui de la 115




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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 05:12
DOUARNENEZ PLAGE PECHEURS TROMPETTISTE  




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2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 04:54
DOUARNENEZ PLAGE 16 HEURES LE 31 JUILLET



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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 05:54
                    CATHEDRALE SAINT-CORENTIN
                                       DE QUIMPER

ci-dessous baie avant restauration







            Baie129, <<Deuxième fenêtre (nord)>>


    Tel est le titre que donne à cette baie, autant Le Men que l'abbé Thomas, deux auteurs, du XIX° siècle, de livrets sur la cathédrale.
 
Ci  contre, baie après restauration


.  Il s?agit d'une baie de quatre lancettes trilobées dont Il ne reste pas grand chose du  XVe siècle ; Quelques pièces dont certaines d'une grande qualité plastique, comme celle de la Vierge Marie allaitant au  second panneau de la troisième lancette. Les autres  pièces d'origine nous les trouvons dans la première lancette au second panneau  avec le donateur et son intercesseur et chez un second donateur qu?on  trouve au second panneau de la seconde lancette. en d2(3)

. L'inventaire établi par Aymar de Blois, sur cette baie, nous permet d'évaluer  les disparitions intervenues depuis 1820 (4)

Ces vitraux, tels que nous les avons trouvé en 1993, n'avait plus l'état de leur restauration du siècle dernier . Une dépose durant la dernière guerre pour les mettre à l'abri n'a rien arrangé, pas plus que les transports sur Paris pour une restauration d'après guerre.  Les grisailles ont par endroits disparues, Les plombs de casses, posés pour assembler les éléments des pièces brisées, ont alourdi la vision.

Notre travail a été de redonner une jeunesse à ces personnages et leur décor ;




     Le panneau a2,de la première lancette.

    C'est de l'intercesseur, qu'il nous reste le plus de pièces d'origine. Il s'agit d'un évêque, probablement un saint, bien que rien ne le confirme, si ce n'est sa place d'intercesseur. Un élément de bois de crosse est visible au-dessus de la main gauche, non gantée et ancienne, exécutée en verre rose plaqué. Une seconde main, la droite, elle aussi d'origine, sort d'une première manche blanche, d'une possible robe ou surplis, dont un second élément de verre se voit un peu plus bas. Au dessus, une manche d'une robe bleue, recouverte d'un manteau rouge.  Celui-ci est damassé sur la face extérieure, et s'avérera de la même main que la robe de la Vierge du c2. Du manteau rouge de l'évêque, seules deux pièces ont subsisté. Il est bordé d'une frise de losanges, rectangles et d'amandes, séparés de perles, et dont les centres ont été appuyés d'une tache de grisaille noire, le tout sur un verre incolore rehaussé de jaune d'argent. Une résille d'enlevés à la pointe, prenant le graphisme d'une grille losangée, trame la grisaille.


Cet élément graphique se retrouve dans les autres  panneaux.


    Un morceau de tissu jaune XIIIe parait au-dessus de la manche droite. Sa provenance est incertaine. Probable pièce bouche-trou des XVIe et XVIIe siècles.

    Parmi les pièces anciennes, il reste encore quelques éléments sur le côté droit du panneau, dont le tissu recouvrant le dessus d'un prie-Dieu, verre jaune XIIIe, avec galon de perles qui court dans la partie inférieure. Sur ce tissu repose le livre dont seule une partie existe. Sur la page de gauche, cinq lignes en gros trait de grisaille noire suivent un alpha qui annonce l'oméga dont une partie est visible sur la page de droite. Les ficelles ou, nerfs, probablement en chanvre, de la reliure cousent les feuillets dont trois sont dessinés sur la partie gauche du livre.

    Derniers éléments anciens, deux pièces du rideau de couleur verte dont le damas est peint du côté intérieur. L'état  de conservation de ces éléments est assez bon. Comme partout, la face intérieure est piquetée de trous d'aiguille qui, sur les rouges et le rose, ont fait sauter le placage. Seuls les verres verts ont très foncé.


    Panneau c2, lancette troisième, la Vierge allaitant,

    C'est le panneau le plus complet, nous pouvons  en estimer la part ancienne à 95 pour cent, et qui, de plus, nous offre la seule pièce d'encadrement, la colonne de la niche.

La Vierge tient l'enfant Jésus dans ses bras. Ses mains ne le touchent pas, car il repose sur un linge ou, lange, recouvrant seulement son épaule gauche, et s'étalant sur le bras droit de Marie. L'enfant essaye de téter le sein bien rond. Le baron de Guilhermy, signale dans son mémoire une Vierge portant son fils, il la peut être vu dans la chapelle de la Victoire.

    Comme fond, la tenture, est ici d'un violet très sombre, avec damas au pochoir sur la face intérieure. La Vierge porte, sur une robe jaune, décorée d'un grand damas exécuté à la main du côté intérieur, un manteau bleu doublé d'hermine. L'enfant Jésus, entièrement nu, est exécuté  en verre incolore, comme le sont, le linge, les  mains de la Vierge et son sein sortant du haut de la robe. Sur ce verre, le lavis de grisaille a été enlevé à l'aide d'une brosse légère et d'une brosse plus dure. Les enlevés au bois affirment les plis du lange, où repose l'enfant Pour ombrer le sein ,quelques traits parallèles de grisaille ont été apportés. Le jaune d'argent est posé sur le galon de la robe qui est décoré de perles et d'amandes. Un verre incolore en est le support. Cette teinture anime aussi les cheveux, assez courts et bien peignés de l'enfant Jésus.

    Comme le panneau précédant, l'état de conservation du verre est plus qu' acceptable, vu l'âge. La condensation intérieure a, bien sûr, fait sauter les traits de grisaille noire des verres incolores composant l'enfant Jésus, mais cela sans nuire à la lecture.


    Le panneau d2,quatrième lancette.

    Ce panneau, lorsque nous l?avons déposé en vue d'une restauration, était posé à l'envers, la face intérieure à l'extérieure, et semble-t-il depuis pas mal de temps, vu l'état de la grisaille de cette face intérieure. Lors de la restauration de 1998, nous lui avons restitué sa place qui est semble-t-il  celle d'origine. Maintenant le chanoine donateur regarde la Vierge, et cela grâce aux quelques éléments encore existants.

    L'intercesseur ou saint patron ne peut être qu'un abbé ou évêque. Il porte une robe blanche, dont restent trois éléments : l'un au bas de la robe et, le reste, comme manche autour des deux mains. Par-dessus, une bure d'un brun couleur laque de garance, et enfin par dessus le tout, un manteau rouge à damas, travaillé au pochoir du côté extérieur. Les deux mains ont hérité d'un verre rose plus clair que celui qu'on trouve en a2.

    Du chanoine, existe l'orfroi en verre incolore, rehaussé de jaune d'argent et  décoré des figurations ,  exécutées aux traits de grisaille, des apôtres  Pierre et Paul présentés dans une niche(5). Le trait a pratiquement disparu, dû à l'exposition de la grisaille du côté extérieur. Sur cet orfroi,  on découvre un graphisme de grille losangée  exécuté à la pointe fine. La chape, en verre jaune XIIIe, est animée d'un damas au trait sur la face intérieure Le livre de prière est ici entier, ouvert, sans indication de feuillet ni de reliure, avec simplement le même graphisme de grille losangée  mais sur jaune d'argent. Chaque page porte six lignes traitées par un gros trait de grisaille avec, au début de la troisième, un A  sur la page de gauche et un possible D sur l?autre page . Ce livre est posé sur une nappe verte très foncée, difficilement identifiable car trois éléments de teintes différentes l'accompagnent,  dont un très concave. Il doit s'agir ici  de pièces bouche-trou d'une restauration postérieure au XVe siècle. Derrière,  se voie l'inévitable tenture, ici  en verre bleu  animé d'un damas intérieur, exécuté au pochoir.


notes,

1, Le Men, o. p., cit. p. 142.
2, Abbé A.Thomas, la cathédrale de Quimper.p.45, et, Visite de cathédrale de Quimper, p. 106.
3. Dans les deux premières lancettes, nos historiens de la cathédrale ne voyaient pas là même chose. En a, << un religieux, la tête presque entièrement rasée, à genoux devant un prie-dieu, présenté par un saint évêque>>, description de Le Men. Pour l'abbé Thomas : << un moine présenté par un saint évêque>> Il s'agissait en fait d'un personnage en orant, offrant une tête de moine, à la défroque noire en verre incolore et grisaille noire, sale et mal conservée. Ils ne parlent pas du tout de l'existence de pièces anciennes. Pour la lancette b, chez Le Men nous lisons : <
< saint Maurice, abbé, XIIe siècle, (panneau neuf)>>
. Pour Thomas, il s'agit de saint Jacques le majeur. Nous acceptons bien qu'il s'agisse de saint Maurice, abbé de Langonnet et de Carnoët, mais pourquoi l'avoir habillé entièrement de noir avec de plus une coquille, ce qui trompa l?abbé Thomas. Cette bure ou, robe noire et la coquille ne sont pas dans l'iconographie de saint Maurice, abbé. Les vêtements noirs ne sont apparus dans l'histoire du vitrail qu'au milieu du XVIe siècle, et seulement pour les donateurs, suivant en cela un engouement pour le sombre, que les mondains mirent à la mode et, qui fut suivi par le clergé  et ce jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle et encore utilisé par certains, de nos jours.

    Pour ces deux vitraux, lors de la restauration, nous avons supprimé cette teinte noire et avons rendu à ce saint Maurice une tunique ou bure ou robe de couleur blanche tel que le relate Alexandre Thomas lors de la translation des reliques en 1880, page 113.Un autre élément nous a confortés dans la reconnaissance de ce saint, c'est la présence d'un phylactère du réseau du XIXe siècle qui parle de saint Maurice.

    Pour établir, au XIXe siècle, cette fenêtre avec saint Maurice, il a bien fallu posséder quelques données... Cette baie aurait pu porter avec bonheur le titre de <<Vitrail de Notre Dame>>, celle-ci ayant un rapport avec l'ordre de Citeaux et saint Maurice. Mais ce saint abbé breton est l'objet d'un culte durant ce XIXe siècle, culte qui n'ira qu'en s'amplifiant avec la translation de ses reliques, de Carnoët à Langonnet.

4, Si nous prenons Aymar de Blois, op. cit. ,p. 22 c'est tout autre chose que nous découvrons. <
<Ce vitrail est très endommagé. On reconnaît dans ce qui en reste, un chanoine présenté par un saint évêque dont on ne distingue pas les attributs, l'image de Notre Dame et un personnage présenté par un saint, mais on n'y voit plus ni écusson, ni cotte d'armes qui puisse le faire reconnaître>>

5 Il est fréquent de découvrir des orfrois décorés de saints, de Vierge et même de Christ. Ici, suite à la disparition du trait de grisaille, il nous a semblé bon de doubler la pièce de verre ancienne, d'une seconde, portant une reprise du dessin. Objectif : assurer une meilleure lecture.


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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 06:12
                CROQUIS AUTOUR DE LA POINTE DE LA JUMENT,
                     BAIE DE DOUARNENEZ
                      25 JUILLET


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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 05:56
                                                    CROQUIS
                                DE TREZ MALAOUEN
                        A SAINTE-ANNE DE LA PALUD

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 04:27
        CATHEDRALE SAINT-CORENTIN
                    DE QUIMPER

               
Baie 130, nef, côté sud.
                        Vitrail dit du Pont l'Abbé.



 



actuellement, en place, vitrail, de quatre lancettes trilobées, exécuté en 1998.


Le vitrail du grand chantier du XIX°siècle,ici lancettes 1 et 2 à gauche, et 3 et 4 à droite, avait piètre figure,  lorsque  nous dûmes le déposer, en vue d’une restauration.

Les grisailles, qui devaient lui donner vie, avaient en majorité disparues.

Aussi, nous proposâmes à l’architecte en chef des Monuments historiques, de redonner couleurs et vie à ce vitrail, tout en gardant la silhouette des personnages que nous laissait le dessin du plombage.

 Le bas du corps du chanoine, première lancette, qui avait été signalé par de Blois comme existant vers 1820, avait disparu et remplacé par diverses pièces sans rapports avec le sujet

 < ll ne reste presque rien de ce vitrail ; On n'aperçoit que le bas du corps d'un chanoine en chape à genoux ; ses armes qu'on voit sur le prie-dieu sont d'or au lion rouge qui sont celles des Ducs, Barons de Pt 'Abbé> de Blois



Sur la tenue de la grisaille, déja signalée en 19O4.

Il y a tout ou rien à dire. Cela dépend comment on le voit, car il ne restait quasiment rien,  Le dessin en trait de grisaille a disparu et apparaît en négatif, incrusté sur la face du verre. Les lavis, qui donnaient vie aux visages, et vêtements, ont fondu. Seuls subsistaient les jaunes d’argent dont ceux de la chape du chanoine de la première lancette. Ce désastre, qui est le cas de tous les vitraux de cette restauration du XIX°siècle,  est signalé dès 1904, entre autre  par l’abbé Alexandre Thomas.

Qu’est-ce une grisaille ?

C’est une couleur vitrifiable préparée par un mélange de fondant, verre pilé, et d’oxyde métallique dilué dans un liquide,   qui,  posée au pinceau sur le verre, s’incorpore à ce dernier lors d’une cuisson. Elle peut être  posée au trait, en lavis. Avant cuisson,  elle accepte toutes les sortes d’enlevés. Elle peut être de teinte noire, brune, verte, etc. Elle n’est pas un émail. Ce mot de grisaille a été inventé au XIXe siècle. Avant on parlait de couleur.

Il semblerait qu’elle disparaît sur ces vitraux du XIX°  par la faute d’un verre trop sodique qui la rejetterait avec l’appuie de la condensation. L'apport de soude dans la fabrication du verre permet une plus grande rapidité dans le refroidissement.


                            Description

             Photos ci-dessous après restauration.1er et seconde lancette. à gauche. A droite, troisième et quatrième.


1er lancette.
 
Saint Paul, l’épée de la main gauche, présente un chanoine à genoux sur un coussin de couleur rouge, les mains jointes devant son pupitre. Ce personnage serait  un de Pont l’Abbé, comme le montre l’écusson qui avait quasiment disparu sur le vitrail avant travaux.

Seconde lancette.


Suivant le même principe, le donateur, un chevalier, à genoux, les mains jointes et portant sur les côtés deux épées,  est présenté par saint Jean l’évangéliste qui porte de sa main gauche le calice aux serpents, Ayant survécu à l’ingestion du poison que lui avait  imposé Aristodème, on lui met un calice chargé d’un ou des aspic ou d’un crapaud. Le Lion de Pont l’Abbé s’étale sur sa cotte jaune.

Troisième lancette.


 Faisant face à ce dernier, une dame de Pont l’Abbé, probablement demoiselle Ploeuc, comme l’indique le blason porté sur sa robe, est présentée par sainte Marguerite portant sa palme de martyre.

Quatrième lancette.

Suivant la précédente, un évêque, crosse en main et portant mitre, présente les écritures. Il s’agirait de saint Ronan,du moins, le disent les historiens du XIX°comme Le Men, ce dernier, archiviste, a suivi ce chantier et aidé les verriers de cette époque de ses conseils qui, souvent n'ont pas été suivi.
 
Le travail de restauration


Pour accomplir ce travail, après la conservation de certaines pièces, nous avons été, pour la peinture des pièces qui étaient à remplacer, grandement aidé par les vitraux du XV°. Ainsi chez saint Ronan, la mitre ainsi que la crosse proviennent de la baie 131, il en est de même de la tête du chanoine. Par contre, les décors des vêtements de ce même chanoine ont été copiés sur la baie 125. Les sols de cette baie ont été repris  ici chez cette baie 130..le peintre étant Antoine Le Bihan, le reste, avec la recherche, étant un travail d'équipe, architecte compris.


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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 05:37
CROQUIS DU 16 AU 2O JUILLET

du côté de la rade de Brest en Plougastel,

 








des vasières de Cap-coz,












 et de l'Ile Tudy.
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