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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 11:20
LA VIE EN BARAQUE                                       

Nous avons vu Brest redémarrer.

De cette époque, je garde de bons souvenirs, pas seulement  parce que j’avais 11-12 ans, mais peut-être parce que c’était Brest  que je retrouvais, Brest où j’étais né « intra-muros » en 34.et que mes parents avaient fui, comme beaucoup d'habitants,pour Landerneau, puis Quimper.

Au coin de la place Sadi-Carnot et de laRue Traverse la maison familiale avait été détruite, plus de musée, rien que l’abri Sadi Carnot, D'elle des murs qui appelaient au secours, un gros chauffe eau pendu.

Par contre, en face de notre ancien nid, une boulangerie y existait encore, parmi les ruines, et son propriétaire faisait encore du pain et des pâtisseries qui avaient je ne sais pourquoi un goût spécial, mêlé d’avant-guerre et de liberté.

Des baraques : une odeur d’exotisme et de renouveau. C’ était une découverte. On était loin de la maison traditionnelle à étages. Dès qu’on y entrait une odeur  de liberté, de .bois et de papier goudronné se mêlait à celle indescriptible de cloisons de papier carton pelucheux.

C’était une façon de vivre, un lieu de vie totalement opposé à ceux que j’avais connus avant. Les proportions, le plein pied sur l’extérieur, en dehors de 1ou2marches, les petites fenêtres, et, cette couleur claire à l’intérieur, plus jaune de Naples que blanc  et plutôt foncée. J’allais dire noire à l’extérieur mais chaude.

Et ce bois partout présent – le sol, les charpentes – horizontales ou verticales, toujours visibles, dans des lieux où ne poussaient  pas encore d’arbres.
 

Salles de classes, salles d’études,  dortoirs, réfectoires, chapelles, tout était en bois.

Ces bois ou du moins certaines chutes nous servirent à monter un toboggan les jours de neiges.


Les nuits froides, les doubles chaussettes étaient nécessaire, le gant de toilette et la serviette posé ,auprès de la cuvette et du pichet , était devenu, surtout le premier une pierre.

Il y avait l’électricité qui disparaissait sans arrêt, relayée par nos boites à cirage personnelles où une mèche flottait sur une huile. C’était un lumignon jalousement gardé des attaques des voisins, et que l’on rangeait précieusement dans la casier de notre bureau, une fois le courant rétabli.

Ce n’était pas une prison, mais un monde nouveau empreint d’espoir dans un environnement que l’on voyait pousser tous les jeudis et dimanches, lors de nos promenades de pensionnaires.

Je pense que nous avons vu  Brest démarrer , du moins durant les 4 années que j’ai passées comme pensionnaire. Les sorties nous amenaient dans tous les coins de cette ville du port de commerce à l’arsenal, des égoûts immenses de la future rue de Siam, aux blockauss du Minou. Que de fois nous avons pris le pont Gueydon,tmonté et descendu  l’escalier du Cours d’Ajot tandis que des prisonniers Allemands restauraient. Nous avons eu le droit à de petites sorties en mer… plutôt  dans la rade. à bord d’un bateau de la direction du port. Les beaux jours   nous poussaient vers kerAnna et le bain.

Lors de ces sorties, dès qu’un des accompagnateurs me le permettait, je m’échappais dans la cité commerciale, mais cela un peu plus tard. Ma grand-mère y tenait boutique. C’ était un lieu étrange. Très festif mais durable semble-t-il.Ses ruelles grouillaient de gens, les magasins quant à eux, bien qu’ils soient de petites surfaces, regorgaient de marchandises.

Les  gens,  de Brest et des environs se  rencontraient, se parlaient de l’ancien Brest ,.se tenaient au courant des aléas de la reconstruction.

Dans ce lieu j’ y passais des heures à lécher les vitrines. Puis je rentrais, plein d’images rue Coat ar Guéven, à Bon-Secours alors installé en barraques.                                                                                           








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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 09:40
SOUVENIRS PERSONNELS


  Objet:   Des papiers hygiéniques.. et des petits coins.


Chez le grand-père de Pontivy, le wc de la salle d’eau, qui se trouvait au premier étage, cela se passait durant la guerre 39-45, était devenu une salle de lecture.  Des morceaux du Journal La Croix, déchirée ou coupée en morceaux de 15 sur 21 cm environ, étaient accrochés en paquet d’une trentaine de feuillets sur un fil de fer, à droite du siège.

 La première page, avec le logo de l’époque : un Christ en croix, en faisait partie, Pieuses lectures.

 Si je me souviens si bien de ces lectures, c’est parce que la grand’mère avait peur que nous nous constipations, et du coup le séjour journalier dans ce lieu était devenu obligatoire, comme le chapelet des 15 heures où la prière du soir commune avec tous ses <Priez pour nous » répétitives.

 Il est vrai que nous avions une sacrée peur de la poire de lavement.

 Et nous répondions souvent oui à la question : « t’a été au water ?»,

 nous avions plus peur de cet objet que du pêché mortel et de l’enfer que nous venions de gagner.

Car à Pontivy, il existait un autre « cabinet ». Dans la courette, appuyé contre le pignon ouest, construit en dur, toit en pente, porte ajourée dans le haut, percée de l’immortel losange.

On y retrouvait le même crochet, mais je ne suis pas sûr la même lecture. Ma grand-mère n’y allant jamais. C’était plutôt Le Chasseur Français, où le catalogue de la Manufacture de Saint-Etienne.
 Cet endroit était réservé aux « grosses commissions » de la journée,tout du moins quand nous collections libellule,ces dernières plus difficiles, escargots,  car tout autour, le jardin nous offrait d’autres lieux pour uriner, dont le tas de fumier,pour faire un bon engrais,J'apprend plus de cinquante ans après, que mon grand-père avait raison..

 Rien n’était perdu.

A droite de cette bâtisse coulait un caniveau en ciment longeant le pignon de la maison qui se jetait dans la fosse septique, et où souvent nageaient  de gros vers tout blanc C’était aussi un lieu pour uriner.
 Les vers étaient des bateaux de guerre que nous coulions, à coup de cailloux. . C’est là que mon grand père m’appris à décapuchonner  mon gland et le secouer jusqu’à la dernière goutte.

 C’est là, qu’avec les cousins, nous faisions des concours à celui qui pissera le plus haut.

Autre lieu, autres lectures.

Nous logions vers 1945, à l’annexe de l’hôtel Hervé, dont  certaines chambres étaient occupées par des cuistots. Là, l’unique waters offrait comme lecture des Paris-Hollywood ou quelque chose comme cela, et où défilaient de jeunes beautés à demi- dévêtues. Alimentation de mes rêves d’adolescent.

Ces deux waters, comme dans beaucoup de cas, n’avaient pas de chasse d’eau, mais un broc de métal galvanisé.


A Landerneau , demeure de mes ancêtres du côté maternel, où nous nous étions réfugiés en 1940, c’était un tout autre édifice, mais avec aussi un paquet de journaux découpés en feuilles et posés sur notre droite.
Ce lieu se trouvait dans un tunnel sous la maison, plus spécialement sous une serre abritant une vigne qui donnait un bon raisin noir.

 Ce dernier disparut avec la suppression de ce genre de commodité à deux places.
Il n’y avait pas d’électricité, il y faisait noir. Nous n’y allions rarement la nuit, car nous avions dans chaque chambre, le pot  et le seau hygiénique d’une époque disparue, objets des foires à la brocante.
La porte très large, comme si on devait y entrer à deux de front, avait,  et dont la largeur était prévue pour le passage du elle aussi, ces deux hublots, le mot est peut-être un peu fort, mais je ne sais plus s’ils étaient de forme carré, rectangle, ronde ou losange. En tout cas il y faisait sombre, et nous laissions la porte ouverte, surtout lorsque nous étions deux et que les parents voulaient nous surveiller. Peut-être qu’ils avaient peur que nous tombions dans le trou qui lui était rond et bien plus grand que nos petites fesses. Des deux mains nous nous cramponnions aux bords. L’opération terminée, après un dernier regard dans cette caisse, car tout cela était en bois, sur une grande fosse rectangulaire, nous glissions le couvercle rond en bois, qui nous aurait fait un bon et beau bouclier, si cela nous avait pas été interdit. J’ai oublié de dire que ces doubles trous n’étaient pas à la hauteur de nos petites jambes. C’étaient une expédition d’y monter après avoir baissé le pantalon heureusement court, à l'époque;.

J’ai connu aussi, à Pentrez, vers 1947, la cabane au fond d’un jardin. Nous prenions une allée entourée de poiriers en espaliers. Ici, nous avions notre morceau de journal dans la poche, celui ci était bien préparé et en vue près de la porte de derrière, mais durant le parcours une poire le rejoignait. Par le losange, la maison apparaissait au bout de cette allée. Nous pouvions, sans peur d’être pris sur le fait, déguster notre chapardage et faire disparaître le trognon, tout en ayant les fesses à l’air et occupées à tout autre chose. Cette caresse de l’air sur nos fesses nous ne le trouvons plus dans nos toilettes actuelles. Est-ce que notre peau a durci,  et cela est-il du aux fessés reçus « cu nu » il y a plus d’un demi-siècle.
Ces toilettes modernes n’ont plus les odeurs d’entant. Je ne peux m’empêcher, heureux veinard, d’ouvrir la fenêtre que j’y possède, de regarder dehors comme dans le temps, sentir l’air frais, écouter les bruits dans les arbres. Et puis si le vent est bien tourné vers le fenêtre, lorsque je relève pour….. et enfiler mon pantalon, je peux sentir l’air frais sur mes fesses, comme dans le temps.

Mais les odeurs d’antan sont ineffaçables. Acres dans la maison de Pontivy, imprégnant même  le journal La Croix. Vomissables dans les tinettes des pensionnats et de l’armée, bien sur à la turque, et où il fallait faire attention à ses pieds. Jouissables à Quimper, dans celles du pont Pissette, avec le bruit de notre urine tombant dans, on n’a jamais su  à cet endroit là, si c’était dans l’Odet ou dans le Steir.

 Je ne parle pas des wc des trains, où heureusement on avait deux mains, l’une pour s’accrocher, l’autre pour….

Que de belles et grandes ardoises d’Angers et d’ailleurs ont résisté à tous ces arrosages avant de disparaître pour des Decaud.

Sur le chemin du halage, un édicule, tout de blanc peint, intérieur et extérieur, est encore le dernier témoignage d’une aire disparue. Tout l’atelier d u 3 Cité de l'Odetn s’y rendait  dans les années 1950-  1965.

Peut-êtreMax Jacob s’y est rendu lorsqu’il .arpentait le halage
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 17:07








            Les donateurs et saints patrons.

Ce dernier est souvent différend, il faut parfois remonter vers un fait ou chez les ancêtres.

 Exemple. A Blainville, Jean d’Estouleville a le saint Michel comme saint patron. Cela remonte à Louis d’Estouleville qui en 1425 défendit le Mont Saint-Michel contre les Anglais.

1406, le 5 février, Olivier de Clisson donne à la fabrique paroissiale de Blain une somme de 50 livres pour faire une vitre en cette église, du côté opposé à celle que Marguerite de Rohan son épouse avait fait faire de son vivant.

1407, dans les premières années de ce siècle, l’évêque de Nantes réglemente la coutume féodale par laquelle le seigneur de fief ou le seigneur fondateur s’autorisait à placer son effigie et ses armes sur les vitraux de l’édifice.

Cette année, l’évêque Henry le Barbu défend de laisser mettre au rang des images dans l’église le portrait de qui que ce soit à moins que la représentation ne soit celle d’un homme à genoux et qui prie.

1455, Statuts de Tréguier. Preuves II.

 1526.
Des nobles et des marchands de nos cités et en notre diocèse font poser dans les vitres des églises et des chapelles armoiries et insignes soit par dévotion, soit par ambition et vanité. Ils prétendent de ce fait que la vitre leur appartenir à eux et à leurs héritiers. Par les présents statuts nous déclarons que cela ne leur donne aucun droit de propriété sur ces fenêtres, pas plus que sur les tombes ou autres endroits des églises et chapelles.


1481, Pierre du Chaffaut, évêque de Nantes. «  Il y en a qui osent avoir la présomption de faire peindre de toutes manières les écussons de leurs armes sur les vitraux des fenêtres des églises. C’est une honte et une ignominie qu’une semblable injure à Dieu.

Nous défendons à qui que ce soit, sous peine d’une sentence d’excommunication et de mille livres de monnoie courante applicables à nos aumônes, de faire peindre en couleur ses armoiries dans les églises, sans en avoir reçu préalable reçu de nous l’autorisation. Auguste André, p. 237.
               
1530, à Montagnon dans l’Aube, » gens de bien incogneurs ont fait mettre cette verrière, ne leur chaut d’y nommer les nommes, mais Dieu les scait. » Emile Male, p. 163.

1719, Jean Rolland, maître serrurier du roi, offre les 2 vitraux principaux de la chapelle des corporations de Brest. Cf. dossier Abgrall. Bibliothèque. Quimper.























DONATEURS


            Les donateurs et saints patrons.

Ce dernier est souvent différend, il faut parfois remonter vers un fait ou chez les ancêtres.

 Exemple. A Blainville, Jean d’Estouleville a saint Michel comme saint patron. Cela remonte à Louis d’Estouleville qui en 1425 défendit le Mont Saint-Michel contre les Anglais.

1406, le 5 février, Olivier de Clisson donne à la fabrique paroissiale de Blain une somme de 50 livres pour faire une vitre en cette église, du côté opposé à celle que Marguerite de Rohan son épouse avait fait faire de son vivant.

1407, dans les premières années de ce siècle, l’évêque de Nantes réglemente la coutume féodale par laquelle le seigneur de fief ou le seigneur fondateur s’autorisait à placer son effigie et ses armes sur les vitraux de l’édifice.
Cette année, l’évêque Henry le Barbu défend de laisser mettre au rang des images dans l’église le portrait de qui que ce soit à moins que la représentation ne soit celle d’un homme à genoux et qui prie.

1455, Statuts de Tréguier. Preuves II. 1526.
Des nobles et des marchands de nos cités et en notre diocèse font poser dans les vitres des églises et des chapelles armoiries et insignes soit par dévotion, soit par ambition et vanité. Ils prétendent de ce fait que la vitre leur appartenir à eux et à leurs héritiers. Par les présents statuts nous déclarons que cela ne leur donne aucun droit de propriété sur ces fenêtres, pas plus que sur les tombes ou autres endroits des églises et chapelles.


1481, Pierre du Chaffaut, évêque de Nantes. «  Il y en a qui osent avoir la présomption de faire peindre de toutes manières les écussons de leurs armes sur les vitraux des fenêtres des églises. C’est une honte et une ignominie qu’une semblable injure à Dieu. Nous défendons à qui que ce soit, sous peine d’une sentence d’excommunication et de mille livres de monnoie courante applicables à nos aumônes, de faire peindre en couleur ses armoiries dans les églises, sans en avoir reçu préalable reçu de nous l’autorisation. Auguste André, p. 237.
               
1530, à Montagnon dans l’Aube, » gens de bien incogneurs ont fait mettre cette verrière, ne leur chaut d’y nommer les nommes, mais Dieu les scait. » Emile Male, p. 163.

1719, Jean Rolland, maître serrurier du roi, offre les 2 vitraux principaux de la chapelle des corporations de Brest. Cf. dossier Abgrall. Biblio. Quimper.












































DONATEURS


            Les donateurs et saints patrons.

Ce dernier est souvent différend, il faut parfois remonter vers un fait ou chez les ancêtres.

 Exemple. A Blainville, Jean d’Estouleville a saint Michel comme saint patron. Cela remonte à Louis d’Estouleville qui en 1425 défendit le Mont Saint-Michel contre les Anglais.

1406, le 5 février, Olivier de Clisson donne à la fabrique paroissiale de Blain une somme de 50 livres pour faire une vitre en cette église, du côté opposé à celle que Marguerite de Rohan son épouse avait fait faire de son vivant.

1407, dans les premières années de ce siècle, l’évêque de Nantes réglemente la coutume féodale par laquelle le seigneur de fief ou le seigneur fondateur s’autorisait à placer son effigie et ses armes sur les vitraux de l’édifice.
Cette année, l’évêque Henry le Barbu défend de laisser mettre au rang des images dans l’église le portrait de qui que ce soit à moins que la représentation ne soit celle d’un homme à genoux et qui prie.

1455, Statuts de Tréguier. Preuves II. 1526.
Des nobles et des marchands de nos cités et en notre diocèse font poser dans les vitres des églises et des chapelles armoiries et insignes soit par dévotion, soit par ambition et vanité. Ils prétendent de ce fait que la vitre leur appartenir à eux et à leurs héritiers. Par les présents statuts nous déclarons que cela ne leur donne aucun droit de propriété sur ces fenêtres, pas plus que sur les tombes ou autres endroits des églises et chapelles.


1481, Pierre du Chaffaut, évêque de Nantes. «  Il y en a qui osent avoir la présomption de faire peindre de toutes manières les écussons de leurs armes sur les vitraux des fenêtres des églises. C’est une honte et une ignominie qu’une semblable injure à Dieu. Nous défendons à qui que ce soit, sous peine d’une sentence d’excommunication et de mille livres de monnoie courante applicables à nos aumônes, de faire peindre en couleur ses armoiries dans les églises, sans en avoir reçu préalable reçu de nous l’autorisation. Auguste André, p. 237.
               
1530, à Montagnon dans l’Aube, » gens de bien incogneurs ont fait mettre cette verrière, ne leur chaut d’y nommer les nommes, mais Dieu les scait. » Emile Male, p. 163.

1719, Jean Rolland, maître serrurier du roi, offre les 2 vitraux principaux de la chapelle des corporations de Brest. Cf. dossier Abgrall. Biblio. Quimper.





























































Mazèas.

«  C’est aussi une indication sur les façons de penser de cette fin du XVIe siècle en Bretagne.
Cette  coutume d’inscrire les noms relève du principe catholique du « Salut par les œuvres » auquel Luther oppose «  le salut par la foi ». C’est un aspect de mentalité optimiste qui récuse le pessimisme de la prédétermination, la hantise du doute, l’inquiétude luthérienne et sa perpétuelle interrogation. Elle est une forme « d’indulgence » dont les abus ont été l’un des révélateurs des autres formes du détournement des enseignements de la bible.

René Jean, Les arts de la terre. 1911

« Le vitrail semble plus préoccupé d’instruire les foules du nom d’un riche personnage que des légendes saintes. »

Roger Barrie, Thèse,p.113.

 La présence du donateur et son droit à la figuration sont justifiés par sa position dans la système féodal, de même que le droit d’afficher les armoiries dans les verrières.
La signification sociale de ces figurations peut être considérée comme une réaction compensatoire au malaise généralisé du féodalisme. Au moment où la centralisation du pouvoir monarchique donne à nouveau les moyens d’existence à la classe nobiliaire fortement ébranlée par les crises du XIVe et XVe siècle, il ne reste plus au seigneur qu la puissance théorique de l’image pour affirmer par analogie sa place au sein de la hiérarchie sociale dont il sent confusément la structure en voie de modification.
On peut aussi y voir que le don à une église accroît les mérites individuels et constitue un poids à jeter dans la balance du jugement dernier.
Les mérites que le saint protecteur présente effacent l’interrogation personnelle devant la mort, la crainte du néant. Il ne faut pas négliger le souci de  gloire éternelle.





















Cathédrale de Quimper.


Les fidèles sortent de leur demeure aux ouvertures donnant une lumière assez chiches. Que ce soit par la rue Royale, la rue Kéréon, où les maisons se touchaient, ils arrivent dans cette cathédrale dont le choeur est un puits de lumière offert par ses baies hautes, et sa voûte blanche.
Les chanoines, pour se protéger du froid, ayant fait élever derrière leurs stalles un mur recouvert de tapisseries,. la lumière qui aurait pu provenir des baies basses est ainsi annihilée.
Deux cas de situation se présente alors :
Soit un office se déroule, et le choeur est encore en plus éclairé par des lumignons. Les clercs  l’emplissent de la blancheur de leurs aubes, les chanoines des couleurs de leurs chapes.  Cet espace est inaccessible au peuple, et les représentations des donateurs du clergé et du monde féodal  présents dans ces baies hautes, le peuple ne peut les apercevoir.
Il ne leur reste de visible que les 18 baies hautes du transept et de la nef, où se mêlent donateurs laïcs, donateurs évêques, saints patrons, et autres saints propriétaires d’une dévotion particulière. Et encore,  pour une bonne lecture, fallait-il qu’ils se déplacent sur les baies côtés.
Dans le cas de l’église libre de tout office, le choeur est encore un lieu inaccessible au peuple. On sait que plus tardivement, en plus de la clôture des chanoines, une arc de triomphe et des grilles en barreront l’accès.  Le besoin, qu’avait eu de se faire valoir les donateurs seigneurs de ces fenêtres hautes du choeur, était là aussi quasiment nul auprès de la population.

L’édifice étaient un lieu où l’on se promenait, mais tous ses vitraux hauts de la nef et du transept  marquaient-ils vraiment les badauds ?  Certes, ils devaient reconnaître quelques saints et saintes, certains plusieurs fois représentés : saint Christophe, la Vierge Marie en Piéta, allaitant l’Enfant Jésus,  le portant dans ses bras, saint Jean-Baptiste, saint Jean, le bien aimé du Christ, saint Michel, saint Pierre, saint Paul, Marie-Madeleine, Marie l’Egyptienne, saint Laurent.
Mais que leurs inspiraient ces donateurs en chapes riches de couleurs et ces seigneurs en armures et blasonnés ? Cela devait leur être aussi abstrait que les architectures des dais, dont la fonction répétitive n’était qu’un accompagnement.
Ces donateurs malgré leur position de prière ne devaient pas être d’une grande aide aux recueillements du fidèle et à leur prière qui était souvent prière de demande. Celle-ci se tournait vers le saint qui leur apporterait aide à leurs misères terrestres.

On arrive  donc à penser que le geste de ces donateurs  a eu une portée plus pure que nous le pensons actuellement. Se faire voir du peuple, peut être de leur vivant, mais après, souvenir, hommage de leur famille à qui l’entretien  incombait.  Il faut plutôt pencher vers une croyance par ce don à un droit a une vie éternelle.
 C’est peut-être dans ce contexte qu’a Ploërmel, la verrière de la Pentecôte est offerte en expiation d’un crime.






















































LES DONATEURS XIV, XV, XVI

       
    Il semblerait que le premier donateur sur un vitrail fut l’abbé Suger à la basilique de Saint-Denis au XIIe siècle.


Ils sont très souvent en orant, représentés de la même façon, de profil, à genoux, sur un coussin à pompons, devant un prie Dieu gothique recouvert d’une étoffe et où est posé le livre des Ecritures.

Le donateur laïque peut porter une chemise, un justaucorps ou un manteau et laisse découvrir son armure, l’épée et le heaume sont ses attributs. Le blason se voit soit sur le manteau, soit sur le poitrail, soit sur le prie Dieu.
La donatrice, l’épouse du donateur, est elle aussi en orant. Elle porte ses armoiries sur ses vêtements. Elle  revêt ses plus beaux atours.
La famille entière père, épouse, filles et fils sont aussi représentés.
 Il est rare que les visages soient des portraits. Le portrait stéréotypé est souvent utilisé. Il peut arriver que les générations suivantes à qui incombaient la charge de l’entretien y place leur propre portrait. Il arrive lors de la perte du visage d’origine par bris, que celui soit remplacé par un autre d’autre provenance. On ne se gêne pas s’il s’agit de celui d’un saint, que l’on retaille à la dimension voulue, on va même jusqu’à poser des visages à l’envers.  Il en est des blasons qui évoluaient, changer de famille, et donnaient nourriture à des procès et des bagarres épiques. Quant au saint protecteur on n’y touchait pas. Il n’avait pas toute l’intention des héritiers.
Celui-ci, dans la majorité des cas était le saint patron du donateur. Il facilite la recherche de l’identité du donateur, le blason ne suffisant pas parfois pour affiner cette approche.  Ce saint patron est la garanti du salut, il accompagne le donateur dont il a la charge. Son geste des mains l’indique bien, une main sur l’épaule  de son pupille, l’autre vers le ciel dans un signe d’accompagnement. Parfois la main posée sur le dos semble vraiment pousser le donateur, c’est le cas du saint Jean-Baptiste de Guengat, à Saint-Nic, la main ne touche pas le donateur.
Les donateurs sont parfois nombreux dans la même verrière, c’est la cas de la baie 4 du XVe de Guengat où il ils se retrouvent à plusieurs couples.
En Cornouaille, on ne trouve pas de donateur offrant une maquette d’église, seule exception, à Pont-Croix, où un donateur porte un calice.
L’armure suivait le même stéréotype et été faite sur le même verre gris bleu proche de la réalité. L’hermine est à profusion dans l’habillement.
Le donateur du clergé subit les mêmes contraintes de pose. Lui aussi est revêtu de ses plus beaux vêtements liturgiques et particulièrement de Chappe brodée. Il s’agit très souvent de chanoines, très souvent de famille noble dont il porte l’écu. On trouve aussi des évêques, des moines. Son saint protecteur est souvent un membre du clergé, tel un saint évêque, ou plus simplement un apôtre.
Il est un lieu où on les trouve rarement, sauf dans les blasons du réseau, il s’agit des Passions du XVIe de Cornouaille.
Ils peuvent remplir à eux seules une baie, c’est le cas à Ergué-gabéric , en l’église ,où dans la baie 1, avec le mari et l’épouse.

Briec, Garnilis, Briec, Sainte-Cécile, Ergé-Gabéric, église baie 1,  Guengat, Kergloff, La martyre, Morlaix, Cuburien,  Moncontour, Ploermel , Plouvorn, Keruzoret, Pont-Croix, Pouldavid, Quéménéven, Notre-Dame de Kergoat, Quimper, Cathédrale, Saint-Divy, Saint-Nicolas du Pélem, Tonquédec. Trégunc, Notre-Dame de Kervern


























LES DONATEURS XIXeET XXe.


La liste des donateurs que l’on trouvent sur les vitraux des églises est l’image indélébile, pas toujours, malheureusement ou heureusement ?d’une société dépassée ou en voix de disparition.

L’acte de donation apparaît au bas du vitrail, parfois au centre, de divers façons, du simple monogramme  aux blasons. Cela peut-être un texte plus ou moins court. Le curé, ou le recteur, et le maire se battent pour la meilleure place dans le choeur, retrouvant instinctivement par là les prééminences, de leurs ancêtres seigneurs du Moyen-Age, liées à ce lieu sacré. Le noble du coin n’est pas de reste. C’est la course à celui qui offrira le vitrail le plus beau, la plus riche de couleurs et le plus visible des fidèles. Les vicaires, alors nombreux y sont de leurs poches, seul donateur d’une baie, s’il est plus riche, groupés à plusieurs lorsqu’ils ne sont que de simples vicaires. Car il faut que le clergé montre l’exemple dans le programme de vitraux de l’édifice. Les laïcs sont aussi appelés de la chaire, les confréries, les filles de Marie, les dames patronnesses…, le patronage, ce dernier plus récemment. L’ancien recteur est appelé à la rescousse, mais sa place est  souvent au fond de l’église. Des curés voisins participent. Parmi eux, le curé doyen . Le maire, s’il a été absent au départ, se pointe plus tardivement, la chronologie des dates l’indique,  cela colle parfois avec une élection  proche.

Le donateur se fait parfois portraîtiser dans une scène évangélique, accompagné de son épouse et de ses enfants lorsque le sujet le permet. A leur honneur, cette participation est souvent anonyme. D’autre fois, elle est grand-guignolesque, lorsque que toute la famille, ou du moins leurs portraits animent une succession de leurs ancêtres en habits d’époque.

En dehors du département, on peut voir au Creusot, en l’église Saint-Henri, en 1890, la famille Schneider, fondateur de la troisième paroisse du Creusot. Henri Schneider est figuré en saint Eloi et son épouse sert de modèle pour sainte Barbe. La foule est composée de patrons régionaux. Vitrail de Joseph Besnard de Chalons sur Saone.

Dans la chapelle de la deuxième moitié du XXe siècle, le choeur est réservé à la famille du Directeur, en face l’aumônier à droit une fenêtre, puis arrive les élèves, les riches familles de conserveur ou commerçant, les parents des frères, les ouvriers et ouvrières, les anciens maîtres prisonniers.

Le verrier Jean-Louis Nicolas doit tenir la palme des inscriptions des œuvres offertes.

Il arrive fréquemment  que les enfants ou petits enfants des donateurs fassent restaurer les ou le vitrail offertt par leur ancêtre, comme à Tourch,29. 



1866, Hanvec, 29, église, « le barde de Notre-Dame de Rumengol » vitrail de J.L.Nicolas.

1867, Dinan, 22,Chenu, curé. Pièce de peinture sur verre, 40x40. prêtre en surplis devant l’église.

1876, Quiberon, 56, église, Fortuné et Marie le Guellec offre un immense vitrail pour un fait de naufrage.

1877, Pluneret, 56, église, baie 3, le Sacré-Cœur, don de monsieur l’évêque de Vannes, don de la paroisse de Sainte-Anned’Arvor d’Auray, baie 4, saint Michel, la Vierge écrasant le dragon, saint Gabriel, don de la paroisse et des paroissiens

1877, septembre. Malguénac, 56, église. Don du Comte Albert de Mun

1890, Scaër, 29,église, 2 baies du choeur, Madame Monjaret de Kerjequel et Mademoiselle Lorillon.
   
1885- 1887, Pont-Croix, 29, Notre-dame de Roscudon, toutes les baies côté nord sont offerte par la famille de monsieur Yvenat, ancien curé de Pont-Croix.

1891, Carnac, 56,église, fonds baptismaux,  Don du Vicomte et de la Vicomtesse de Perrien pour la naissance de Georges.

1899, Pont-Croix, 29, Notre-Dame de Roscudon, baie 0, la donatrice mourut entre la commande et la fin de l’exécution du vitrail. Le mot décédée apposé semble l’indiquer. par contre parmi les saintes et saintes, on découvre trois de ses enfants. Catherine porte les habits et emblêmes de sa sainte. Guénolé ou Guenaël porte le nimbe de son saint. Le troisième n’est pas identifiable.

XIXe, fin,  Grâce-Guingamp, 22, église, baie 0, donateurs en orant et enfants en chérubins.

1890-1900, Plounéour-Trez, 29, église. Baie o, l’un des apotres prend la tête du docteur Benjamin, inspecteur général des Services de la Santé de la Marine. Vitrail offert par ses enfants

Toutes les vitraux de la nef ont été offertes par des prêtres, des cirés, des laïcs, dont les noms sont inscrits sur des bandeaux inférieurs ; Leurs visages apparaissent parfois et de façon très visible, comme dans la baie 15 où il s’agit d’Alain Clavez, portraiy fait d’après une photographie que sa famille m’a montré. En baie 7 il s’agit de François Phelepp. Il en est de même de l’abbé Noël avec ses bésicles.

1919, Morlaix, 29,la Salette, baie7, le 22 mai, «  en la mémoire de ma bien aimée vénérable mère » B.G.

1925-1935, ; Plobannalec, 29,église, toutes les baies de la nef offertes par familles.

1926, Rochefort-en-Terre,56, baie 0 en mémoire du Commandant de Boisseguin, mort pour la France en 1916.

1929, Scaër, 29, église, madame Louers, en souvenir de ma fille Jeanne, baie 5.

1930, Monterrein, 56, église, tous les vitraux sont offert par la famille Dubois-Baudry, dont les armoiries ornent les baies. Pour saint Amédé , l’inspiration était le grand-père Amédé. Le saint Alain, en habit breton, correspond au maire de l’époque, monsieur Alain Dubois-Baudry.

1932, Cléguérec, 56, église. Don de Monseigneur Jan, évêque du Cap Haïtien.

1932. Josselin, 56, église, verrière de Gruber. « offerte par le duc de Montmorency » ici en donateur.

1934, Belle-Isle-en-Terre, 22, chapelle Notre-Dame, vitrail offert en ex-voto d’un accident de cheval.

1934, Le Faou, 29,église, baie 2, don de la famille Saluden, il s’agit ici d’un don posthume du chanoine Saluden, mort en 1933, représenté en saint Jaoua, et grand ami du curé. Sa belle-sœur tenait l’atelier de vitrail Saluden.

1947, Lorient, 56, église Sainte-Bernadette, «  en remerciement 1939-1945 »

1947, Plogastel-Saint-Germain, 29, église. «  Offert par le maire » baies transept.

1952, Hennebont, 56, basilique, dons de plusieurs familles dont ex-voto à un lieutenant de vaisseau.

1965, Pencran, 29, église Notre-Dame, baie 1, offerte par le comte de Rosmorduc.

Brennilis, 29, église Notre-Dame.. Suite à l’inauguration de la centrale, madame Pompidou, devant l’état lamentable des vitraux XVe, fait don de la restauration.

1982, Guidel, 56,église, baie figuratif offerte par le prince de Polignac, la seconde par le sénateur maire.

1984, Guidel, 56, chapelle de la Pitié, madame la mère du maire de Guidel.

1985, Taupont, 56, église, Monsieur marcellin, président du conseil régional.

1986, Le Conquet, 29,chapelle de Lochrist, monsieur  Missoffe, ancien ministre.

1986-1987, Plonéour-Trez, 29, église, la ville jumelée participe à la restauration des vitraux. Une inscription le souligne.

1994, Pontivy, 56, église, le Lions-Club offre la restauration d’une baie XIXe






















Mazèas.

«  C’est aussi une indication sur les façons de penser de cette fin du XVIe siècle en Bretagne.
Cette  coutume d’inscrire les noms relève du principe catholique du « Salut par les œuvres » auquel Luther oppose «  le salut par la foi ». C’est un aspect de mentalité optimiste qui récuse le pessimisme de la prédétermination, la hantise du doute, l’inquiétude luthérienne et sa perpétuelle interrogation. Elle est une forme « d’indulgence » dont les abus ont été l’un des révélateurs des autres formes du détournement des enseignements de la bible.

René Jean, Les arts de la terre. 1911

« Le vitrail semble plus préoccupé d’instruire les foules du nom d’un riche personnage que des légendes saintes. »

Roger Barrie, Thèse,p.113.

 La présence du donateur et son droit à la figuration sont justifiés par sa position dans la système féodal, de même que le droit d’afficher les armoiries dans les verrières.
La signification sociale de ces figurations peut être considérée comme une réaction compensatoire au malaise généralisé du féodalisme. Au moment où la centralisation du pouvoir monarchique donne à nouveau les moyens d’existence à la classe nobiliaire fortement ébranlée par les crises du XIVe et XVe siècle, il ne reste plus au seigneur qu la puissance théorique de l’image pour affirmer par analogie sa place au sein de la hiérarchie sociale dont il sent confusément la structure en voie de modification.
On peut aussi y voir que le don à une église accroît les mérites individuels et constitue un poids à jeter dans la balance du jugement dernier.
Les mérites que le saint protecteur présente effacent l’interrogation personnelle devant la mort, la crainte du néant. Il ne faut pas négliger le souci de  gloire éternelle.





















Cathédrale de Quimper.


Les fidèles sortent de leur demeure aux ouvertures donnant une lumière assez chiches. Que ce soit par la rue Royale, la rue Kéréon, où les maisons se touchaient, ils arrivent dans cette cathédrale dont le choeur est un puits de lumière offert par ses baies hautes, et sa voûte blanche.
Les chanoines, pour se protéger du froid, ayant fait élever derrière leurs stalles un mur recouvert de tapisseries,. la lumière qui aurait pu provenir des baies basses est ainsi annihilée.
Deux cas de situation se présente alors :
Soit un office se déroule, et le choeur est encore en plus éclairé par des lumignons. Les clercs  l’emplissent de la blancheur de leurs aubes, les chanoines des couleurs de leurs chapes.  Cet espace est inaccessible au peuple, et les représentations des donateurs du clergé et du monde féodal  présents dans ces baies hautes, le peuple ne peut les apercevoir.
Il ne leur reste de visible que les 18 baies hautes du transept et de la nef, où se mêlent donateurs laïcs, donateurs évêques, saints patrons, et autres saints propriétaires d’une dévotion particulière. Et encore,  pour une bonne lecture, fallait-il qu’ils se déplacent sur les baies côtés.
Dans le cas de l’église libre de tout office, le choeur est encore un lieu inaccessible au peuple. On sait que plus tardivement, en plus de la clôture des chanoines, une arc de triomphe et des grilles en barreront l’accès.  Le besoin, qu’avait eu de se faire valoir les donateurs seigneurs de ces fenêtres hautes du choeur, était là aussi quasiment nul auprès de la population.

L’édifice étaient un lieu où l’on se promenait, mais tous ses vitraux hauts de la nef et du transept  marquaient-ils vraiment les badauds ?  Certes, ils devaient reconnaître quelques saints et saintes, certains plusieurs fois représentés : saint Christophe, la Vierge Marie en Piéta, allaitant l’Enfant Jésus,  le portant dans ses bras, saint Jean-Baptiste, saint Jean, le bien aimé du Christ, saint Michel, saint Pierre, saint Paul, Marie-Madeleine, Marie l’Egyptienne, saint Laurent.
Mais que leurs inspiraient ces donateurs en chapes riches de couleurs et ces seigneurs en armures et blasonnés ? Cela devait leur être aussi abstrait que les architectures des dais, dont la fonction répétitive n’était qu’un accompagnement.
Ces donateurs malgré leur position de prière ne devaient pas être d’une grande aide aux recueillements du fidèle et à leur prière qui était souvent prière de demande. Celle-ci se tournait vers le saint qui leur apporterait aide à leurs misères terrestres.

On arrive  donc à penser que le geste de ces donateurs  a eu une portée plus pure que nous le pensons actuellement. Se faire voir du peuple, peut être de leur vivant, mais après, souvenir, hommage de leur famille à qui l’entretien  incombait.  Il faut plutôt pencher vers une croyance par ce don à un droit a une vie éternelle.
 C’est peut-être dans ce contexte qu’a Ploërmel, la verrière de la Pentecôte est offerte en expiation d’un crime.














Les donateurs sont parfois nombreux dans la même verrière, c’est la cas de la baie 4 du XVe de Guengat où il ils se retrouvent à plusieurs couples.
En Cornouaille, on ne trouve pas de donateur offrant une maquette d’église, seule exception, à Pont-Croix, où un donateur porte un calice.
L’armure suivait le même stéréotype et été faite sur le même verre gris bleu proche de la réalité. L’hermine est à profusion dans l’habillement.
Le donateur du clergé subit les mêmes contraintes de pose. Lui aussi est revêtu de ses plus beaux vêtements liturgiques et particulièrement de Chappe brodée. Il s’agit très souvent de chanoines, très souvent de famille noble dont il porte l’écu. On trouve aussi des évêques, des moines. Son saint protecteur est souvent un membre du clergé, tel un saint évêque, ou plus simplement un apôtre.
Il est un lieu où on les trouve rarement, sauf dans les blasons du réseau, il s’agit des Passions du XVIe de Cornouaille.
Ils peuvent remplir à eux seules une baie, c’est le cas à Ergué-gabéric , en l’église ,où dans la baie 1, avec le mari et l’épouse.

Briec, Garnilis, Briec, Sainte-Cécile, Ergé-Gabéric, église baie 1,  Guengat, Kergloff, La martyre, Morlaix, Cuburien,  Moncontour, Ploermel , Plouvorn, Keruzoret, Pont-Croix, Pouldavid, Quéménéven, Notre-Dame de Kergoat, Quimper, Cathédrale, Saint-Divy, Saint-Nicolas du Pélem, Tonquédec. Trégunc, Notre-Dame de Kervern


























LES DONATEURS XIXeET XXe.


La liste des donateurs que l’on trouvent sur les vitraux des églises est l’image indélébile, pas toujours, malheureusement ou heureusement ?d’une société dépassée ou en voix de disparition.

L’acte de donation apparaît au bas du vitrail, parfois au centre, de divers façons, du simple monogramme  aux blasons. Cela peut-être un texte plus ou moins court. Le curé, ou le recteur, et le maire se battent pour la meilleure place dans le choeur, retrouvant instinctivement par là les prééminences, de leurs ancêtres seigneurs du Moyen-Age, liées à ce lieu sacré. Le noble du coin n’est pas de reste. C’est la course à celui qui offrira le vitrail le plus beau, la plus riche de couleurs et le plus visible des fidèles. Les vicaires, alors nombreux y sont de leurs poches, seul donateur d’une baie, s’il est plus riche, groupés à plusieurs lorsqu’ils ne sont que de simples vicaires. Car il faut que le clergé montre l’exemple dans le programme de vitraux de l’édifice. Les laïcs sont aussi appelés de la chaire, les confréries, les filles de Marie, les dames patronnesses…, le patronage, ce dernier plus récemment. L’ancien recteur est appelé à la rescousse, mais sa place est  souvent au fond de l’église. Des curés voisins participent. Parmi eux, le curé doyen . Le maire, s’il a été absent au départ, se pointe plus tardivement, la chronologie des dates l’indique,  cela colle parfois avec une élection  proche.

Le donateur se fait parfois portraîtiser dans une scène évangélique, accompagné de son épouse et de ses enfants lorsque le sujet le permet. A leur honneur, cette participation est souvent anonyme. D’autre fois, elle est grand-guignolesque, lorsque que toute la famille, ou du moins leurs portraits animent une succession de leurs ancêtres en habits d’époque.

En dehors du département, on peut voir au Creusot, en l’église Saint-Henri, en 1890, la famille Schneider, fondateur de la troisième paroisse du Creusot. Henri Schneider est figuré en saint Eloi et son épouse sert de modèle pour sainte Barbe. La foule est composée de patrons régionaux. Vitrail de Joseph Besnard de Chalons sur Saone.

Dans la chapelle de la deuxième moitié du XXe siècle, le choeur est réservé à la famille du Directeur, en face l’aumônier à droit une fenêtre, puis arrive les élèves, les riches familles de conserveur ou commerçant, les parents des frères, les ouvriers et ouvrières, les anciens maîtres prisonniers.

Le verrier Jean-Louis Nicolas doit tenir la palme des inscriptions des œuvres offertes.

Il arrive fréquemment  que les enfants ou petits enfants des donateurs fassent restaurer les ou le vitrail offertt par leur ancêtre, comme à Tourch,29. 



1866, Hanvec, 29, église, « le barde de Notre-Dame de Rumengol » vitrail de J.L.Nicolas.

1867, Dinan, 22,Chenu, curé. Pièce de peinture sur verre, 40x40. prêtre en surplis devant l’église.

1876, Quiberon, 56, église, Fortuné et Marie le Guellec offre un immense vitrail pour un fait de naufrage.

1877, Pluneret, 56, église, baie 3, le Sacré-Cœur, don de monsieur l’évêque de Vannes, don de la paroisse de Sainte-Anned’Arvor d’Auray, baie 4, saint Michel, la Vierge écrasant le dragon, saint Gabriel, don de la paroisse et des paroissiens

1877, septembre. Malguénac, 56, église. Don du Comte Albert de Mun

1890, Scaër, 29,église, 2 baies du choeur, Madame Monjaret de Kerjequel et Mademoiselle Lorillon.
   
1885- 1887, Pont-Croix, 29, Notre-dame de Roscudon, toutes les baies côté nord sont offerte par la famille de monsieur Yvenat, ancien curé de Pont-Croix.

1891, Carnac, 56,église, fonds baptismaux,  Don du Vicomte et de la Vicomtesse de Perrien pour la naissance de Georges.

1899, Pont-Croix, 29, Notre-Dame de Roscudon, baie 0, la donatrice mourut entre la commande et la fin de l’exécution du vitrail. Le mot décédée apposé semble l’indiquer. par contre parmi les saintes et saintes, on découvre trois de ses enfants. Catherine porte les habits et emblêmes de sa sainte. Guénolé ou Guenaël porte le nimbe de son saint. Le troisième n’est pas identifiable.

XIXe, fin,  Grâce-Guingamp, 22, église, baie 0, donateurs en orant et enfants en chérubins.

1890-1900, Plounéour-Trez, 29, église. Baie o, l’un des apotres prend la tête du docteur Benjamin, inspecteur général des Services de la Santé de la Marine. Vitrail offert par ses enfants

Toutes les vitraux de la nef ont été offertes par des prêtres, des cirés, des laïcs, dont les noms sont inscrits sur des bandeaux inférieurs ; Leurs visages apparaissent parfois et de façon très visible, comme dans la baie 15 où il s’agit d’Alain Clavez, portraiy fait d’après une photographie que sa famille m’a montré. En baie 7 il s’agit de François Phelepp. Il en est de même de l’abbé Noël avec ses bésicles.

1919, Morlaix, 29,la Salette, baie7, le 22 mai, «  en la mémoire de ma bien aimée vénérable mère » B.G.

1925-1935, ; Plobannalec, 29,église, toutes les baies de la nef offertes par familles.

1926, Rochefort-en-Terre,56, baie 0 en mémoire du Commandant de Boisseguin, mort pour la France en 1916.

1929, Scaër, 29, église, madame Louers, en souvenir de ma fille Jeanne, baie 5.

1930, Monterrein, 56, église, tous les vitraux sont offert par la famille Dubois-Baudry, dont les armoiries ornent les baies. Pour saint Amédé , l’inspiration était le grand-père Amédé. Le saint Alain, en habit breton, correspond au maire de l’époque, monsieur Alain Dubois-Baudry.

1932, Cléguérec, 56, église. Don de Monseigneur Jan, évêque du Cap Haïtien.

1932. Josselin, 56, église, verrière de Gruber. « offerte par le duc de Montmorency » ici en donateur.

1934, Belle-Isle-en-Terre, 22, chapelle Notre-Dame, vitrail offert en ex-voto d’un accident de cheval.

1934, Le Faou, 29,église, baie 2, don de la famille Saluden, il s’agit ici d’un don posthume du chanoine Saluden, mort en 1933, représenté en saint Jaoua, et grand ami du curé. Sa belle-sœur tenait l’atelier de vitrail Saluden.

1947, Lorient, 56, église Sainte-Bernadette, «  en remerciement 1939-1945 »

1947, Plogastel-Saint-Germain, 29, église. «  Offert par le maire » baies transept.

1952, Hennebont, 56, basilique, dons de plusieurs familles dont ex-voto à un lieutenant de vaisseau.

1965, Pencran, 29, église Notre-Dame, baie 1, offerte par le comte de Rosmorduc.

Brennilis, 29, église Notre-Dame.. Suite à l’inauguration de la centrale, madame Pompidou, devant l’état lamentable des vitraux XVe, fait don de la restauration.

1982, Guidel, 56,église, baie figuratif offerte par le prince de Polignac, la seconde par le sénateur maire.

1984, Guidel, 56, chapelle de la Pitié, madame la mère du maire de Guidel.

1985, Taupont, 56, église, Monsieur marcellin, président du conseil régional.

1986, Le Conquet, 29,chapelle de Lochrist, monsieur  Missoffe, ancien ministre.

1986-1987, Plonéour-Trez, 29, église, la ville jumelée participe à la restauration des vitraux. Une inscription le souligne.

1994, Pontivy, 56, église, le Lions-Club offre la restauration d’une baie XIXe










































Mazèas.

«  C’est aussi une indication sur les façons de penser de cette fin du XVIe siècle en Bretagne.
Cette  coutume d’inscrire les noms relève du principe catholique du « Salut par les œuvres » auquel Luther oppose «  le salut par la foi ». C’est un aspect de mentalité optimiste qui récuse le pessimisme de la prédétermination, la hantise du doute, l’inquiétude luthérienne et sa perpétuelle interrogation. Elle est une forme « d’indulgence » dont les abus ont été l’un des révélateurs des autres formes du détournement des enseignements de la bible.

René Jean, Les arts de la terre. 1911

« Le vitrail semble plus préoccupé d’instruire les foules du nom d’un riche personnage que des légendes saintes. »

Roger Barrie, Thèse,p.113.

 La présence du donateur et son droit à la figuration sont justifiés par sa position dans la système féodal, de même que le droit d’afficher les armoiries dans les verrières.
La signification sociale de ces figurations peut être considérée comme une réaction compensatoire au malaise généralisé du féodalisme. Au moment où la centralisation du pouvoir monarchique donne à nouveau les moyens d’existence à la classe nobiliaire fortement ébranlée par les crises du XIVe et XVe siècle, il ne reste plus au seigneur qu la puissance théorique de l’image pour affirmer par analogie sa place au sein de la hiérarchie sociale dont il sent confusément la structure en voie de modification.
On peut aussi y voir que le don à une église accroît les mérites individuels et constitue un poids à jeter dans la balance du jugement dernier.
Les mérites que le saint protecteur présente effacent l’interrogation personnelle devant la mort, la crainte du néant. Il ne faut pas négliger le souci de  gloire éternelle.





















Cathédrale de Quimper.


Les fidèles sortent de leur demeure aux ouvertures donnant une lumière assez chiches. Que ce soit par la rue Royale, la rue Kéréon, où les maisons se touchaient, ils arrivent dans cette cathédrale dont le choeur est un puits de lumière offert par ses baies hautes, et sa voûte blanche.
Les chanoines, pour se protéger du froid, ayant fait élever derrière leurs stalles un mur recouvert de tapisseries,. la lumière qui aurait pu provenir des baies basses est ainsi annihilée.
Deux cas de situation se présente alors :
Soit un office se déroule, et le choeur est encore en plus éclairé par des lumignons. Les clercs  l’emplissent de la blancheur de leurs aubes, les chanoines des couleurs de leurs chapes.  Cet espace est inaccessible au peuple, et les représentations des donateurs du clergé et du monde féodal  présents dans ces baies hautes, le peuple ne peut les apercevoir.
Il ne leur reste de visible que les 18 baies hautes du transept et de la nef, où se mêlent donateurs laïcs, donateurs évêques, saints patrons, et autres saints propriétaires d’une dévotion particulière. Et encore,  pour une bonne lecture, fallait-il qu’ils se déplacent sur les baies côtés.
Dans le cas de l’église libre de tout office, le choeur est encore un lieu inaccessible au peuple. On sait que plus tardivement, en plus de la clôture des chanoines, une arc de triomphe et des grilles en barreront l’accès.  Le besoin, qu’avait eu de se faire valoir les donateurs seigneurs de ces fenêtres hautes du choeur, était là aussi quasiment nul auprès de la population.

L’édifice étaient un lieu où l’on se promenait, mais tous ses vitraux hauts de la nef et du transept  marquaient-ils vraiment les badauds ?  Certes, ils devaient reconnaître quelques saints et saintes, certains plusieurs fois représentés : saint Christophe, la Vierge Marie en Piéta, allaitant l’Enfant Jésus,  le portant dans ses bras, saint Jean-Baptiste, saint Jean, le bien aimé du Christ, saint Michel, saint Pierre, saint Paul, Marie-Madeleine, Marie l’Egyptienne, saint Laurent.
Mais que leurs inspiraient ces donateurs en chapes riches de couleurs et ces seigneurs en armures et blasonnés ? Cela devait leur être aussi abstrait que les architectures des dais, dont la fonction répétitive n’était qu’un accompagnement.
Ces donateurs malgré leur position de prière ne devaient pas être d’une grande aide aux recueillements du fidèle et à leur prière qui était souvent prière de demande. Celle-ci se tournait vers le saint qui leur apporterait aide à leurs misères terrestres.

On arrive  donc à penser que le geste de ces donateurs  a eu une portée plus pure que nous le pensons actuellement. Se faire voir du peuple, peut être de leur vivant, mais après, souvenir, hommage de leur famille à qui l’entretien  incombait.  Il faut plutôt pencher vers une croyance par ce don à un droit a une vie éternelle.
 C’est peut-être dans ce contexte qu’a Ploërmel, la verrière de la Pentecôte est offerte en expiation d’un crime.






















































LES DONATEURS XIV, XV, XVI

       
    Il semblerait que le premier donateur sur un vitrail fut l’abbé Suger à la basilique de Saint-Denis au XIIe siècle.


Ils sont très souvent en orant, représentés de la même façon, de profil, à genoux, sur un coussin à pompons, devant un prie Dieu gothique recouvert d’une étoffe et où est posé le livre des Ecritures.

Le donateur laïque peut porter une chemise, un justaucorps ou un manteau et laisse découvrir son armure, l’épée et le heaume sont ses attributs. Le blason se voit soit sur le manteau, soit sur le poitrail, soit sur le prie Dieu.
La donatrice, l’épouse du donateur, est elle aussi en orant. Elle porte ses armoiries sur ses vêtements. Elle  revêt ses plus beaux atours.
La famille entière père, épouse, filles et fils sont aussi représentés.
 Il est rare que les visages soient des portraits. Le portrait stéréotypé est souvent utilisé. Il peut arriver que les générations suivantes à qui incombaient la charge de l’entretien y place leur propre portrait. Il arrive lors de la perte du visage d’origine par bris, que celui soit remplacé par un autre d’autre provenance. On ne se gêne pas s’il s’agit de celui d’un saint, que l’on retaille à la dimension voulue, on va même jusqu’à poser des visages à l’envers.  Il en est des blasons qui évoluaient, changer de famille, et donnaient nourriture à des procès et des bagarres épiques. Quant au saint protecteur on n’y touchait pas. Il n’avait pas toute l’intention des héritiers.
Celui-ci, dans la majorité des cas était le saint patron du donateur. Il facilite la recherche de l’identité du donateur, le blason ne suffisant pas parfois pour affiner cette approche.  Ce saint patron est la garanti du salut, il accompagne le donateur dont il a la charge. Son geste des mains l’indique bien, une main sur l’épaule  de son pupille, l’autre vers le ciel dans un signe d’accompagnement. Parfois la main posée sur le dos semble vraiment pousser le donateur, c’est le cas du saint Jean-Baptiste de Guengat, à Saint-Nic, la main ne touche pas le donateur.
Les donateurs sont parfois nombreux dans la même verrière, c’est la cas de la baie 4 du XVe de Guengat où il ils se retrouvent à plusieurs couples.
En Cornouaille, on ne trouve pas de donateur offrant une maquette d’église, seule exception, à Pont-Croix, où un donateur porte un calice.
L’armure suivait le même stéréotype et été faite sur le même verre gris bleu proche de la réalité. L’hermine est à profusion dans l’habillement.
Le donateur du clergé subit les mêmes contraintes de pose. Lui aussi est revêtu de ses plus beaux vêtements liturgiques et particulièrement de Chappe brodée. Il s’agit très souvent de chanoines, très souvent de famille noble dont il porte l’écu. On trouve aussi des évêques, des moines. Son saint protecteur est souvent un membre du clergé, tel un saint évêque, ou plus simplement un apôtre.
Il est un lieu où on les trouve rarement, sauf dans les blasons du réseau, il s’agit des Passions du XVIe de Cornouaille.
Ils peuvent remplir à eux seules une baie, c’est le cas à Ergué-gabéric , en l’église ,où dans la baie 1, avec le mari et l’épouse.

Briec, Garnilis, Briec, Sainte-Cécile, Ergé-Gabéric, église baie 1,  Guengat, Kergloff, La martyre, Morlaix, Cuburien,  Moncontour, Ploermel , Plouvorn, Keruzoret, Pont-Croix, Pouldavid, Quéménéven, Notre-Dame de Kergoat, Quimper, Cathédrale, Saint-Divy, Saint-Nicolas du Pélem, Tonquédec. Trégunc, Notre-Dame de Kervern


























LES DONATEURS XIXeET XXe.


La liste des donateurs que l’on trouvent sur les vitraux des églises est l’image indélébile, pas toujours, malheureusement ou heureusement ?d’une société dépassée ou en voix de disparition.

L’acte de donation apparaît au bas du vitrail, parfois au centre, de divers façons, du simple monogramme  aux blasons. Cela peut-être un texte plus ou moins court. Le curé, ou le recteur, et le maire se battent pour la meilleure place dans le choeur, retrouvant instinctivement par là les prééminences, de leurs ancêtres seigneurs du Moyen-Age, liées à ce lieu sacré. Le noble du coin n’est pas de reste. C’est la course à celui qui offrira le vitrail le plus beau, la plus riche de couleurs et le plus visible des fidèles. Les vicaires, alors nombreux y sont de leurs poches, seul donateur d’une baie, s’il est plus riche, groupés à plusieurs lorsqu’ils ne sont que de simples vicaires. Car il faut que le clergé montre l’exemple dans le programme de vitraux de l’édifice. Les laïcs sont aussi appelés de la chaire, les confréries, les filles de Marie, les dames patronnesses…, le patronage, ce dernier plus récemment. L’ancien recteur est appelé à la rescousse, mais sa place est  souvent au fond de l’église. Des curés voisins participent. Parmi eux, le curé doyen . Le maire, s’il a été absent au départ, se pointe plus tardivement, la chronologie des dates l’indique,  cela colle parfois avec une élection  proche.

Le donateur se fait parfois portraîtiser dans une scène évangélique, accompagné de son épouse et de ses enfants lorsque le sujet le permet. A leur honneur, cette participation est souvent anonyme. D’autre fois, elle est grand-guignolesque, lorsque que toute la famille, ou du moins leurs portraits animent une succession de leurs ancêtres en habits d’époque.

En dehors du département, on peut voir au Creusot, en l’église Saint-Henri, en 1890, la famille Schneider, fondateur de la troisième paroisse du Creusot. Henri Schneider est figuré en saint Eloi et son épouse sert de modèle pour sainte Barbe. La foule est composée de patrons régionaux. Vitrail de Joseph Besnard de Chalons sur Saone.

Dans la chapelle de la deuxième moitié du XXe siècle, le choeur est réservé à la famille du Directeur, en face l’aumônier à droit une fenêtre, puis arrive les élèves, les riches familles de conserveur ou commerçant, les parents des frères, les ouvriers et ouvrières, les anciens maîtres prisonniers.

Le verrier Jean-Louis Nicolas doit tenir la palme des inscriptions des œuvres offertes.

Il arrive fréquemment  que les enfants ou petits enfants des donateurs fassent restaurer les ou le vitrail offertt par leur ancêtre, comme à Tourch,29. 



1866, Hanvec, 29, église, « le barde de Notre-Dame de Rumengol » vitrail de J.L.Nicolas.

1867, Dinan, 22,Chenu, curé. Pièce de peinture sur verre, 40x40. prêtre en surplis devant l’église.

1876, Quiberon, 56, église, Fortuné et Marie le Guellec offre un immense vitrail pour un fait de naufrage.

1877, Pluneret, 56, église, baie 3, le Sacré-Cœur, don de monsieur l’évêque de Vannes, don de la paroisse de Sainte-Anned’Arvor d’Auray, baie 4, saint Michel, la Vierge écrasant le dragon, saint Gabriel, don de la paroisse et des paroissiens

1877, septembre. Malguénac, 56, église. Don du Comte Albert de Mun

1890, Scaër, 29,église, 2 baies du choeur, Madame Monjaret de Kerjequel et Mademoiselle Lorillon.
   
1885- 1887, Pont-Croix, 29, Notre-dame de Roscudon, toutes les baies côté nord sont offerte par la famille de monsieur Yvenat, ancien curé de Pont-Croix.

1891, Carnac, 56,église, fonds baptismaux,  Don du Vicomte et de la Vicomtesse de Perrien pour la naissance de Georges.

1899, Pont-Croix, 29, Notre-Dame de Roscudon, baie 0, la donatrice mourut entre la commande et la fin de l’exécution du vitrail. Le mot décédée apposé semble l’indiquer. par contre parmi les saintes et saintes, on découvre trois de ses enfants. Catherine porte les habits et emblêmes de sa sainte. Guénolé ou Guenaël porte le nimbe de son saint. Le troisième n’est pas identifiable.

XIXe, fin,  Grâce-Guingamp, 22, église, baie 0, donateurs en orant et enfants en chérubins.

1890-1900, Plounéour-Trez, 29, église. Baie o, l’un des apotres prend la tête du docteur Benjamin, inspecteur général des Services de la Santé de la Marine. Vitrail offert par ses enfants

Toutes les vitraux de la nef ont été offertes par des prêtres, des cirés, des laïcs, dont les noms sont inscrits sur des bandeaux inférieurs ; Leurs visages apparaissent parfois et de façon très visible, comme dans la baie 15 où il s’agit d’Alain Clavez, portraiy fait d’après une photographie que sa famille m’a montré. En baie 7 il s’agit de François Phelepp. Il en est de même de l’abbé Noël avec ses bésicles.

1919, Morlaix, 29,la Salette, baie7, le 22 mai, «  en la mémoire de ma bien aimée vénérable mère » B.G.

1925-1935, ; Plobannalec, 29,église, toutes les baies de la nef offertes par familles.

1926, Rochefort-en-Terre,56, baie 0 en mémoire du Commandant de Boisseguin, mort pour la France en 1916.

1929, Scaër, 29, église, madame Louers, en souvenir de ma fille Jeanne, baie 5.

1930, Monterrein, 56, église, tous les vitraux sont offert par la famille Dubois-Baudry, dont les armoiries ornent les baies. Pour saint Amédé , l’inspiration était le grand-père Amédé. Le saint Alain, en habit breton, correspond au maire de l’époque, monsieur Alain Dubois-Baudry.

1932, Cléguérec, 56, église. Don de Monseigneur Jan, évêque du Cap Haïtien.

1932. Josselin, 56, église, verrière de Gruber. « offerte par le duc de Montmorency » ici en donateur.

1934, Belle-Isle-en-Terre, 22, chapelle Notre-Dame, vitrail offert en ex-voto d’un accident de cheval.

1934, Le Faou, 29,église, baie 2, don de la famille Saluden, il s’agit ici d’un don posthume du chanoine Saluden, mort en 1933, représenté en saint Jaoua, et grand ami du curé. Sa belle-sœur tenait l’atelier de vitrail Saluden.

1947, Lorient, 56, église Sainte-Bernadette, «  en remerciement 1939-1945 »

1947, Plogastel-Saint-Germain, 29, église. «  Offert par le maire » baies transept.

1952, Hennebont, 56, basilique, dons de plusieurs familles dont ex-voto à un lieutenant de vaisseau.

1965, Pencran, 29, église Notre-Dame, baie 1, offerte par le comte de Rosmorduc.

Brennilis, 29, église Notre-Dame.. Suite à l’inauguration de la centrale, madame Pompidou, devant l’état lamentable des vitraux XVe, fait don de la restauration.

1982, Guidel, 56,église, baie figuratif offerte par le prince de Polignac, la seconde par le sénateur maire.

1984, Guidel, 56, chapelle de la Pitié, madame la mère du maire de Guidel.

1985, Taupont, 56, église, Monsieur marcellin, président du conseil régional.

1986, Le Conquet, 29,chapelle de Lochrist, monsieur  Missoffe, ancien ministre.

1986-1987, Plonéour-Trez, 29, église, la ville jumelée participe à la restauration des vitraux. Une inscription le souligne.

1994, Pontivy, 56, église, le Lions-Club offre la restauration d’une baie XIXe
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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans VITRAUX XVI°
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 16:23





DONATEURS :

Les donateurs et saints patrons

Le vitrail était, semble-t-il, une passion de nos ancêtres, les vitraux qui existent encore, nous le montre. Au début ces donateurs semblent être restés anonyme.mais très vite leurs armoiries apparaissent. Il en était autant des seigneurs que des écclésiastiques, évêques,chanoines.

Quimper, Cathédrale Saint-Corentin,

 Les donateurs des XV et XVI°ème siècles des fenêtres hautes.

si l'on s'appuye, sur le nombre  d'images encore restantes, approche   de soixante.
Onpeut y relever: 12 dames à genoux, 16 chanoines, 1 duc, 1 comte, 1seigneur, 18 chevaliers,1 écuyer, 4couples,et 6 évêques

Dans les fenêtres du Choeur, on trouve la famille  Lezongar de Pratanras de la paroisse de Penhars,les Tréanna d'Elliant, les de Rosmadec, les barons du Juch, les de Bodigneau,de Clohars Fouesnant, les seigneurs de  Trémic de la paroisse deCombrit,les Lanros d'Ergué Gabéric.







            Les donateurs et leurs saints patrons.

  Pour reconnaître  et le donateur et le saint patron, il faut parfois remonter vers un fait ou chez les ancêtres.
Quelques relevés de ces dons et des ordonnances

1406, le 5 février, Olivier de Clisson donne à la fabrique paroissiale de Blain, actuellement enLoire-Atlantique une somme de 50 livres pour faire une vitre en cette église, du côté opposé à celle que Marguerite de Rohan, son épouse, avait fait faire de son vivant.

1407, dans les premières années de ce siècle, l’évêque de Nantes réglemente la coutume féodale par laquelle le seigneur de fief ou le seigneur fondateur s’autorisait à placer son effigie et ses armes sur les vitraux de l’édifice.

Cette même année, l’évêque Henry le Barbu défend de laisser mettre au rang des images dans l’église le portrait de qui que ce soit à moins que la représentation ne soit celle d’un homme à genoux et qui prie.


1425,  A Blainville sur Orne,Le seigneur Jean d’Estouleville a  un saint Michel comme saint patron. Cela remonterait à Louis d’Estouleville qui en 1425 défendit le Mont Saint-Michel contre les Anglais.

1455, Statuts de Tréguier..
Des nobles et des marchands de nos cités et en notre diocèse font poser dans les vitres des églises et des chapelles, armoiries et insignes, soit par dévotion, soit par ambition et vanité. Ils prétendent de ce fait que la vitre leur appartient , à eux et à leurs héritiers. Par les présents statuts nous déclarons que cela ne leur donne aucun droit de propriété sur ces fenêtres, pas plus que sur les tombes ou autres endroits des églises et chapelles.


1481, Pierre du Chaffaut, évêque de Nantes. «  Il y en a qui osent avoir la présomption de faire peindre de toutes manières les écussons de leurs armes sur les vitraux des fenêtres des églises. C’est une honte et une ignominie qu’une semblable injure à Dieu. Nous défendons à qui que ce soit, sous peine d’une sentence d’excommunication et de mille livres de monnoie courante applicables à nos aumônes, de faire peindre en couleur ses armoiries dans les églises, sans en avoir reçu préalable reçu de nous l’autorisation. Auguste André, p. 237.
1486-1502
église de Saint-Hélenn, Côtes d'Armor, Dans le bas De la baie du chevet,

 du côté évangile? leCouple duseigneur deCoëtquen et  de son épouse de Tournemine, du côté épître leur fils et Hardoine de Surgères.
             
1530, à Montagnon dans l’Aube, "gens de biens, inconnus ont fait mettre cette verrière mais Dieu les connait. » Emile Male, p. 163.
  ,Braspart,1543, le 25 novembre. Contrat de Gilles le Sodec et Charles de la Marche.
« Le dit  le Sodec a promis et doit faire et construire une vitre en l’église
paroissiale de Braspars, devers le midy. » Le vingt cinq jour de novembre
 l’an mil cinq cents quarante et troys, nobles hommes


1719, Jean Rolland,
maître serrurier du roi, offre les 2 vitraux principaux de la chapelle des corporations de Brest. Cf. dossier Abgrall. Bibliothèque de. Quimper.

1856, Quimper cathédrale
. Don du vitrail de la première chapelle u côté nord du choeur, par madame Mascarène de Rivière,le sujet étant la présentation, par l'évêque, Mgr Graveran, de la maquette des flèches de la cathédrale. L'atelier fut celui de Lobin de Tours.

  Quimper,1868, l'évêque Sergent offre une vie de saint Joseph, troisième chapelle du côt sud du choeur. a la même date il offre un vitrail sur la vie de saint Jean Baptiste.

1622-1616,  Bannalec,
Chapellede la Véronique. don d'Olivier Lostic, recteur

Quimper,I869, une quimpèroise, madame Bonnemaison offrit un vitrail ont le sujet était saint Frédéric, prènom de son mari, médecin

1949,
.Bohars église., photographies sur vitraux des donateurs Mr et Madame Can

Quimper1952, l'évêque de l'époque offfrit un vitrail sur les missions bretonnes des Michel Le Nobletz et Julien Maunoir. I le fit placer en face de lui  et fit déposer pour celà une vie de saint.
En 1993, l'association Santic-Du
offre un vitrail sur la vie de ce szint, frère cordelier de Quimper.

1949
Guidel, église
  bras sud du transept,  «  Hommage de filiale reconnaissance, 24 janvier 1943, vœu 8 mai 1945, délivrance » Sur fond  lancette de droite de ruines, de maisons qui brûlent, deux brancardiers portent un corps, sur lancette de droite, des habitants tirant charrette reviennent , en fond l’église au clocher décapité..atelier  Maummejean.





Brennilis vitrail du XVI°

Une restauration de Jean Jacques Gruber, avec incorporation de vitraux d’accompagnement dans les parties manquantes, avait eu lieu, suite à la visite de Madame Pompidou, lors de l’inauguration de la  première Centrale Nucléaire.

1982, Guidel 
égliseBaie 3,vitrail de Saint Jean, offert par le sénateur maire, monsieur Le Montagnier ,atelier jean-pierre le bihan

,Baie 4,  église, vitrail de saint Louis, offert par le prince Louis  de Polignac.  même atelier.


























































Mazèas.

«  C’est aussi une indication sur les façons de penser de cette fin du XVIe siècle en Bretagne.
Cette  coutume d’inscrire les noms relève du principe catholique du « Salut par les œuvres » auquel Luther oppose «  le salut par la foi ». C’est un aspect de mentalité optimiste qui récuse le pessimisme de la prédétermination, la hantise du doute, l’inquiétude luthérienne et sa perpétuelle interrogation. Elle est une forme « d’indulgence » dont les abus ont été l’un des révélateurs des autres formes du détournement des enseignements de la bible.

René Jean, Les arts de la terre. 1911

« Le vitrail semble plus préoccupé d’instruire les foules du nom d’un riche personnage que des légendes saintes. »

Roger Barrié, Thèse,p.113.

 La présence du donateur et son droit à la figuration sont justifiés par sa position dans la système féodal, de même que le droit d’afficher les armoiries dans les verrières.
La signification sociale de ces figurations peut être considérée comme une réaction compensatoire au malaise généralisé du féodalisme. Au moment où la centralisation du pouvoir monarchique donne à nouveau les moyens d’existence à la classe nobiliaire fortement ébranlée par les crises du XIVe et XVe siècle, il ne reste plus au seigneur qu la puissance théorique de l’image pour affirmer par analogie sa place au sein de la hiérarchie sociale dont il sent confusément la structure en voie de modification.
On peut aussi y voir que le don à une église accroît les mérites individuels et constitue un poids à jeter dans la balance du jugement dernier.
Les mérites que le saint protecteur présente effacent l’interrogation personnelle devant la mort, la crainte du néant. Il ne faut pas négliger le souci de  gloire éternelle.





















Cathédrale de Quimper.


Les fidèles sortent de leur demeure aux ouvertures donnant une lumière assez chiches. Que ce soit par la rue Royale, la rue Kéréon, où les maisons se touchaient, ils arrivent dans cette cathédrale dont le choeur est un puits de lumière offert par ses baies hautes, et sa voûte blanche.
Les chanoines, pour se protéger du froid, ayant fait élever derrière leurs stalles un mur recouvert de tapisseries,. la lumière qui aurait pu provenir des baies basses est ainsi annihilée.
Deux cas de situation se présente alors :
Soit un office se déroule, et le choeur est encore en plus éclairé par des lumignons. Les clercs  l’emplissent de la blancheur de leurs aubes, les chanoines des couleurs de leurs chapes.  Cet espace est inaccessible au peuple, et les représentations des donateurs du clergé et du monde féodal  présents dans ces baies hautes, le peuple ne peut les apercevoir.
Il ne leur reste de visible que les 18 baies hautes du transept et de la nef, où se mêlent donateurs laïcs, donateurs évêques, saints patrons, et autres saints propriétaires d’une dévotion particulière. Et encore,  pour une bonne lecture, fallait-il qu’ils se déplacent sur les baies côtés.
Dans le cas de l’église libre de tout office, le choeur est encore un lieu inaccessible au peuple. On sait que plus tardivement, en plus de la clôture des chanoines, une arc de triomphe et des grilles en barreront l’accès.  Le besoin, qu’avait eu de se faire valoir les donateurs seigneurs de ces fenêtres hautes du choeur, était là aussi quasiment nul auprès de la population.

L’édifice étaient un lieu où l’on se promenait, mais tous ses vitraux hauts de la nef et du transept  marquaient-ils vraiment les badauds ?  Certes, ils devaient reconnaître quelques saints et saintes, certains plusieurs fois représentés : saint Christophe, la Vierge Marie en Piéta, allaitant l’Enfant Jésus,  le portant dans ses bras, saint Jean-Baptiste, saint Jean, le bien aimé du Christ, saint Michel, saint Pierre, saint Paul, Marie-Madeleine, Marie l’Egyptienne, saint Laurent.
Mais que leurs inspiraient ces donateurs en chapes riches de couleurs et ces seigneurs en armures et blasonnés ? Cela devait leur être aussi abstrait que les architectures des dais, dont la fonction répétitive n’était qu’un accompagnement.
Ces donateurs malgré leur position de prière ne devaient pas être d’une grande aide aux recueillements du fidèle et à leur prière qui était souvent prière de demande. Celle-ci se tournait vers le saint qui leur apporterait aide à leurs misères terrestres.

On arrive  donc à penser que le geste de ces donateurs  a eu une portée plus pure que nous le pensons actuellement. Se faire voir du peuple, peut être de leur vivant, mais après, souvenir, hommage de leur famille à qui l’entretien  incombait.  Il faut plutôt pencher vers une croyance par ce don à un droit a une vie éternelle.
 C’est peut-être dans ce contexte qu’a Ploërmel, la verrière de la Pentecôte est offerte en expiation d’un crime.






















































LES DONATEURS XIV, XV, XVI, en majorité de Cornouaille.

       
    Il semblerait que le premier donateur sur un vitrail fut l’abbé Suger à la basilique de Saint-Denis au XIIe siècle.


  Ces donateurs sont très souvent en orant, tous représentés de la même façon, de profil, à genoux, sur un coussin à pompons, devant un prie Dieu gothique recouvert d’une étoffe  où est posé le livre des Ecritures.



Le donateur laïque peut porter une chemise, un justaucorps ou un manteau et laisse découvrir son armure, l’épée et le heaume sont ses attributs. Le blason se voit soit sur le manteau, soit sur le poitrail, soit sur le prie Dieu.

La donatrice, l’épouse du donateur, est elle aussi en orant. Elle porte ses armoiries sur ses vêtements. Elle  revêt ses plus beaux atours.

La famille entière père, épouse, filles et fils sont aussi représentés. le sexe féminin à gauche, le sexe masculin à droite.

 Il est rare que les visages soient des portraits.

 Le portrait stéréotypé est souvent utilisé. Il peut arriver que les générations suivantes à qui incombaient la charge de l’entretien y place leur propre portrait.

 Il arrive lors de la perte du visage d’origine, par bris, que celui ci soit remplacé par un second d’autre provenance.

On ne se gêne pas s’il s’agit de celui d’un saint, que l’on retaille à la dimension voulue, on va même jusqu’à poser des visages à l’envers.

 Il en est des blasons qui évoluaient, changaient de famille, et donnaient nourriture à des procès et des bagarres épiques.

 Quant au saint protecteur, on n’y touchait pas. Il n’avait pas toute l’intention des héritiers.

Celui-ci, dans la majorité des cas était le saint patron du donateur. Il facilite la recherche de l’identité du donateur, le blason ne suffisant pas parfois pour affiner cette approche.

 Ce saint patron est la garanti du salut, il accompagne le donateur dont il a la charge. Son geste des mains l’indique bien, une main sur l’épaule  de son pupille, l’autre vers le ciel dans un signe d’accompagnement.

Parfois la main posée sur le dos semble vraiment pousser le donateur, c’est le cas du saint Jean-Baptiste de Guengat, à Saint-Nic, la main ne touche pas le donateur.
Les donateurs sont parfois nombreux dans la même verrière, c’est le cas de la baie 4 du XVe de Guengat où il ils se retrouvent à plusieurs couples.

En Cornouaille, on ne trouve pas de donateur offrant une maquette d’église, seule exception, à Pont-Croix, où un donateur porte un calice.

L’armure suivait le même stéréotype et été faite sur le même verre gris bleu proche de la réalité.

L’hermine est à profusion dans l’habillement.

Le donateur du clergé subit les mêmes contraintes de pose. Lui aussi est revêtu de ses plus beaux vêtements liturgiques et particulièrement de Chappe brodée.

 Il s’agit très souvent de chanoines, très souvent de famille noble dont il porte l’écu. On trouve aussi des évêques, des moines.

 Son saint protecteur est souvent un membre du clergé, tel un saint évêque, ou plus simplement un apôtre.
Il est un lieu où on les trouve rarement, sauf dans les blasons du réseau, il s’agit des Passions du XVIe de Cornouaille.
Ils peuvent remplir à eux seules une baie, c’est le cas à Ergué-gabéric , en l’église ,où dans la baie 1, avec le mari et l’épouse.




Dans tout cela, le peintre verrier restait anonyme, bien qu’il eurent la liberté de la création.
Il faut aussi se dire que tout ce défilé de personnages, était , avant d’en faire une signification  spirituelle, était une sorte  de politique ostentatoire vis à vis de leurs vassals, voulant  ainsi présenter leur richesse et leur puissance.
on a même dit une propagande.
 C’était aussi  pour ces donateurs une espérance à une vie future, dont il rêvait d’avoir la meilleure place


Briec, Garnilis, Briec, Sainte-Cécile, Ergé-Gabéric, église baie 1,  Guengat, Kergloff, La martyre, Morlaix, Cuburien,  Moncontour, Ploermel , Plouvorn, Keruzoret, Pont-Croix, Pouldavid, Quéménéven, Notre-Dame de Kergoat, Quimper, Cathédrale, Saint-Divy, Saint-Nicolas du Pélem, Tonquédec. Trégunc, Notre-Dame de Kervern


























LES DONATEURS XIXeET XXe.


La liste des donateurs que l’on trouvent sur les vitraux des églises est l’image indélébile, pas toujours, malheureusement ou heureusement ?d’une société dépassée ou en voix de disparition.

L’acte de donation apparaît au bas du vitrail, parfois au centre, de divers façons, du simple monogramme  aux blasons. Cela peut-être un texte plus ou moins court.

Le curé, ou le recteur, et le maire se battent pour la meilleure place dans le choeur, retrouvant instinctivement par là les prééminences, de leurs ancêtres seigneurs du Moyen-Age, liées à ce lieu sacré.

Le noble du coin n’est pas de reste. C’est la course à celui qui offrira le vitrail le plus beau, la plus riche de couleurs et le plus visible des fidèles. Les vicaires, alors nombreux y sont de leurs poches, seul donateur d’une baie, s’il est plus riche, groupés à plusieurs lorsqu’ils ne sont que de simples vicaires. Car il faut que le clergé montre l’exemple dans le programme de vitraux de l’édifice.

Les laïcs sont aussi appelés de la chaire à participer de leurs dons, les confréries, les filles de Marie, les dames patronnesses…, le patronage, ce dernier plus récemment.

L’ancien recteur est appelé à la rescousse, mais sa place est  souvent au fond de l’église. Des curés voisins participent. Parmi eux, le curé doyen . Le maire, s’il a été absent au départ, se pointe plus tardivement, la chronologie des dates l’indique, et cela colle parfois avec une élection  proche.

On pourrait aussi suivre d’église en église les nominations de certains prêtres bâtisseurs ou enjoliveurs d’églises.

Le donateur se fait parfois portraîtiser dans une scène évangélique, accompagné de son épouse et de ses enfants lorsque le sujet le permet. A leur honneur, cette participation est souvent anonyme. D’autre fois, elle est grand-guignolesque, lorsque que toute la famille, ou du moins leurs portraits animent une succession de leurs ancêtres en habits d’époque.

On remarque dans un  collège, que le choeur est réservé d’un côté à la famille du directeur, et de l’autre, en face, à l’aumônier du collège, pis viennent les élèves, les riches familles, puis les parents des frères enseignants, qui précédent les ouvriers et ouvrières d’usine et enfin les anciens maîtres prisonniers. Cela se passe en 1935-1936.
 
Dans ce dernier exemple, il y a, semble-t-il eu, un plan d’ensemble lors du choix des donateurs.

Ce qui n’est pas le cas à la cathédrale de Quimper au XIXe et XXe siècle. Lors du siècle dernier, l’offre a été au coup par coup. Les donateurs imposaient leur sujet, cela pouvaient aller jusqu’à faire exécuter un vitrail sur la vie du saint patron de l’époux, inconnu dans la région. Puis les trous ont été bouchés jusqu’à la fin du XXe siècle. Pour le dernier en place, le clergé, comme les MH, semblant obéir, ou obéissant à un comité remuant.

En dehors du département, on peut voir au Creusot, en l’église Saint-Henri, en 1890, la famille Schneider, fondateur de la troisième paroisse du Creusot. Henri Schneider est figuré en saint Eloi et son épouse sert de modèle pour sainte Barbe. La foule est composée de patrons régionaux. Vitrail de Joseph Besnard de Chalons sur Saone.

Dans la chapelle de la deuxième moitié du XXe siècle, le choeur est réservé à la famille du Directeur, en face l’aumônier à droit une fenêtre, puis arrive les élèves, les riches familles de conserveur ou commerçant, les parents des frères, les ouvriers et ouvrières, les anciens maîtres prisonniers.

Le verrier Jean-Louis Nicolas doit tenir la palme des inscriptions des œuvres offertes.

Il arrive fréquemment  que les enfants ou petits enfants des donateurs fassent restaurer les ou le vitrail offert par leur ancêtre, comme à Tourch,29. 


1863-1883, Mellac, 29, vitraux offert les « seigneurs » de Kernault à l’époque des du Verger

1866, Hanvec, 29, église, « le barde de Notre-Dame de Rumengol » vitrail de J.L.Nicolas.

1867, Dinan, 22,Chenu, curé. Pièce de peinture sur verre, 40x40. prêtre en surplis devant l’église.

1876, Quiberon, 56, église, Fortuné et Marie le Guellec offre un immense vitrail pour un fait de naufrage.

1877, Pluneret, 56, église, baie 3, le Sacré-Cœur, don de monsieur l’évêque de Vannes, don de la paroisse de Sainte-Anned’Arvor d’Auray, baie 4, saint Michel, la Vierge écrasant le dragon, saint Gabriel, don de la paroisse et des paroissiens

1877, septembre. Malguénac, 56, église. Don du Comte Albert de Mun

1877-1895, Douarnenez, 29, église du Sacré-Cœur., don avec portrait du curé en pied.

1890, Scaër, 29,église, 2 baies du choeur, Madame Monjaret de Kerjequel et Mademoiselle Lorillon.
   
1885- 1887, Pont-Croix, 29, Notre-Dame de Roscudon, toutes les baies côté nord sont offerte par la famille de monsieur Yvenat, ancien curé de Pont-Croix.

1891, Carnac, 56,église, fonds baptismaux,  Don du Vicomte et de la Vicomtesse de Perrien pour la naissance de Georges.

1897-, Quimper, 29, église Saint-Mathieu., baie 0 ; « principaux donateurs : Mme veuve Bonnemaison, la commune de Quimper, l’Etat, Mme Perrotin, la famille Saudrille, etc., etc. » baie 4, don de Melle Merchin.

1899, Pont-Croix, 29, Notre-Dame de Roscudon, baie 0, la donatrice mourut entre la commande et la fin de l’exécution du vitrail. Le mot décédée apposé semble l’indiquer. par contre parmi les saintes et saintes, on découvre trois de ses enfants. Catherine porte les habits et emblêmes de sa sainte. Guénolé ou Guenaël porte le nimbe de son saint. Le troisième n’est pas identifiable.

XIXe, fin,  Grâce-Guingamp, 22, église, baie 0, donateurs en orant et enfants en chérubins.

1890-1900, Plounéour-Trez, 29, église. Baie O, l’un des apôtres prend la tête du docteur Benjamin, inspecteur général des Services de la Santé de la Marine. Vitrail offert par ses enfants

Toutes les vitraux de la nef ont été offertes par des prêtres, des cirés, des laïcs, dont les noms sont inscrits sur des bandeaux inférieurs ; Leurs visages apparaissent parfois et de façon très visible, comme dans la baie 15 où il s’agit d’Alain Calvez, portrait fait d’après une photographie que sa famille m’a montré. En baie 7 il s’agit de François Phelepp. Il en est de même de l’abbé Noël avec ses bésicles.

 XIXe fin. Pouldergat, 29, église, baie 0, offert par famille Verchin.

 1918, Plonéis, 219, église,  baie 0 et 2, offertes par la famille de Carné
baie 1  offerte par Mgr Le Marhallac’h, vicaire général.

1919, Morlaix, 29,la Salette, baie7, le 22 mai, «  en la mémoire de ma bien aimée vénérable mère » B.G. verrier Vosch.

1925-1935, ; Plobannalec, 29,église, toutes les baies de la nef offertes par familles. Guiriec, Kerhuare, Louis Gurriec, Toulement, Jakes Bargain, Keroulle, Guiriec, Personne de Plozevet, Marie Pape, Pierre Jean Riou, Corentine Tanneau, Famille Guenolé, Guéguen, Kerlay.
Vitrail, Aux soldats morts, 14-18, don du recteur le chanoine Jézégou.

1926, Rochefort-en-Terre,56, baie 0 en mémoire du Commandant de Boisseguin, mort pour la France en 1916.

1929, Scaër, 29, église, madame Louers, en souvenir de ma fille Jeanne, baie 5.
2 baies choeur, offertes par madame Montjarret de Kerjegu et mademoiselle Lorillon.

1930, vers, Douarnenez, 29, église du Sacré-Cœur, don de la famille Chancerelle.

1930, Monterrein, 56, église, tous les vitraux sont offert par la famille Dubois-Baudry, dont les armoiries ornent les baies. Pour saint Amédé , l’inspiration était le grand-père Amédé. Le saint Alain, en habit breton, correspond au maire de l’époque, monsieur Alain Dubois-Baudry.

1932, Cléguérec, 56, église. Don de Monseigneur Jan, évêque du Cap Haïtien.

1932. Pont-l’Abbé, 29, église des Carmes, 19 fenêtres du verrier Lavergne avec donateurs.

1932. Josselin, 56, église, verrière de Gruber. « offerte par le duc de Montmorency » ici en donateur.

1934, Belle-Isle-en-Terre, 22, chapelle Notre-Dame, vitrail offert en ex-voto d’un accident de cheval.

1934, Le Faou, 29,église, baie 2, don de la famille Saluden, il s’agit ici d’un don posthume du chanoine Saluden, mort en 1933, représenté en saint Jaoua, et grand ami du curé. Sa belle-sœur tenait l’atelier de vitrail Saluden.

1947, Lorient, 56, église Sainte-Bernadette, «  en remerciement d’avoir été protégé durant la guerre 1939-1945 »

1947, Plogastel-Saint-Germain, 29, église. «  Offert par le maire » baies transept.

1952, Hennebont, 56, basilique, dons de plusieurs familles dont ex-voto à un lieutenant de vaisseau.

1956, Plobannalec , 29, église de Lesconil , 2 baies offertes par des rescapés des camps de concentration.

1965, Pencran, 29, église Notre-Dame, baie 1, offerte par le comte de Rosmorduc.

Brennilis, 29, église Notre-Dame.. Suite à l’inauguration de la centrale, madame Pompidou, devant l’état lamentable des vitraux XVe, fait don de la restauration.

1982, Guidel, 56,église, baie figurative offerte par le prince de Polignac, la seconde par le sénateur maire, la troisième par la mère du maire.

1984, Guidel, 56, chapelle de la Pitié, madame la mère du maire de Guidel.

1985, Taupont, 56, église, Monsieur marcellin, président du conseil régional.

1986, Le Conquet, 29,chapelle de Lochrist, monsieur  Missoffe, ancien ministre.

1986-1987, Plonéour-Trez, 29, église, la ville allemande jumelée participe à la restauration des vitraux. Une inscription le souligne.

1994, Pontivy, 56, église, le Lions-Club offre la restauration d’une baie XIXe



Les donateurs et leurs armures.

Quimper, cathédrale, baie 114

Ce donateur revêt une cotte d’armes bleue à collet à trois niveaux sur laquelle est une croix d’or cantonnée à dextre d’une fleur de lys de même. Ce n’est pas ce qu’a vu Le Men.

Un canon d’avant-bras  en deux éléments apparaît sur le bras gauche, au dessus de l’épée dont seuls apparaissent la poignée rouge et les quillons recourbées vers le bas, la lame étant dans le fourreau violet- fait d’une pièce de trente -neuf centimètres de long. Cinq centimètres de cottes de mail dépassent en deux endroits sa cotte bleue, découvrant deux tassettes.

Les jambes sont protégées par les cuissards, genouillères,, jambières, celles-ci sont lacées, et solerets, exécutés en  un verre incolore grisaillé et dépoli au dos. Les rivets ou écrous, animent ces pièces. Aux genoux, des plates à décors, dénommées rouelles protégent les jointures Le bleu acier que l’on a trouvé avec le saint Michel de la 113.n’est pas utilisé ici.

Le heaume, couronné d’un panache rouge est posé sur le sol vert. Sa présentation est intéressante. Son profil est bien angulaire et pointu, offrant ainsi aux coups de l’adversaire une surface oblique qui déviera leurs courses. La visière n’est pas montée sur des pivots latéraux comme il en est l’habitude. Le heaume est coupé en deux dans la partie inférieure Une fente longiligne ferait office de visière et de vantail. Cette pièce d’armurerie n’est pas en manque de décors relevés au jaune d’argent : cercles, cordons. Dans le bas une boucle pivote et dont le but semble, en même temps, de fermer les deux parties du bourrelet inférieur, et d’accrocher ce casque ailleurs. A l’arrière apparaît attaché un axe ou pivot qui permettrait semble t’il l’ouverture.

Ce heaume serait donc enfilé par l’arrière de la tête et fermé devant. Ce serait la première supposition. La plus sérieuse, car tout le dessin de cette armure est plus décoratif que réaliste, pour exemple la façon de traiter les genouillères, c’est qu’il s’agirait d’un heaume de joute. Celui ci diffère de ceux de combat, car il est solidement bouclé sur la poitrine et dans le dos. Ce serait là le pourquoi de cette boucle et de l’axe arrière.

A noter un autre détail réaliste avec les éperons qui sont maintenus par une première lanière passant sous les plates du soleret à la hauteur de la cheville et, une seconde sangle partant à angle droit sous la voûte du pied. Petit détail que nous n’avons pas encore trouvé ou remarqué.


 Quimper, cathédrale, baie 127.Les donateurs, les Kerloaguen,

C'est le seul couple qui se trouve dans ces baies hautes de la nef, alors que le choeur nous en offre plusieurs. Qu'il y en ait eu d'autres, rien ne vient le confirmer.

    Il s'agit de Maurice de Kergloaguen et de Louise de Brehet, dame de Rosampoul, mariés en 1446. Cette dame, originaire de l'évêché du Tréguier, serait la fille d'Olivier, praticien en cour laïque qui prêta serment en 1437.

    L'un derrière l'autre, vu de trois quart, tournés vers la Pietà, l'époux semble prendre plus de place. Il est le seul à avoir droit à un prie-Dieu qui ne soit pas recouvert d'étoffe comme c'est le cas pour les chanoines donateurs. Ce meuble n'est pas armorié, la restauration XIXe n'ayant laissé qu'un élément de pièce, vierge de tout indice. Le livre de prières, à la tranche jaune, et aux sept lignes posées dans une cartouche rectangulaire, est bien plus petit que ceux des membres donateurs du clergé. A cela nous ne voyons d'autre explication que celle de laisser apparaître, sous les mains du donateur, des éléments d'armoiries. Mais au premier abord, cela ne justifie pas la différence entre ces livres de prière, chanoines et donateurs laïques. Le verrier du XVe s'est peut être soumis, soit à une règle  iconographique, soit au désir du donneur d'ordre, le laïc devant garder son rang. Il n'aurait pas le droit d'étaler le même symbole d'enseignement et d'autorité que le clergé, symbole, qu'est le livre saint, qui se doit d'être l'attribut du Père Eternel, du Christ, des évangélistes, des docteurs de l'église, des prophètes, des saints et d'un certain ordre social ou classe. Il n'a droit qu'au "livre de poche". . . .

    Dans cette représentation de donateurs, pour différencier l'homme de la femme ou, vice versa, les visages ont pris les teintes rose ou blanches. Il en est de même des mains jointes qui sont vues de trois quart et n'ont pas tout à fait la même ouverture de paume, et, les doigts de Louise sont recourbés.

    L'époux porte les cheveux assez longs, et bien peignés avec raie au milieu. Pour elle, c'est un bonnet, dont la coiffe est en verre rouge, gravé de perles blanches, encadré de rabats d'un bleu mauve. Tandis qu'il porte sa cotte d'armes, blasonnée au-dessous d'une collerette d'un bleu clair, couleur identique à la pièce d'armure du bras droit, celle du gauche n'étant pas ancienne, son épouse est habillée d'un chemisier ou, bustier, pour lequel il a été utilisé du verre incolore légèrement verdâtre, et sur lequel le peintre a laissé libre court à sa fantaisie. Il continue le trait indiquant l'ouverture de ce vêtement sur les boutons, qui se trouvent ainsi coupé en deux.

    Une manche rouge apparaît sur sa gauche, et le bas du panneau, avec des restes d'armoiries, devient incompréhensible. On peut cependant relever que cette dame a été mutilée d'une partie de son dos, qui aurait dû continuer jusqu'au bord droit du panneau,  et aurait ainsi supprimé  le fond bleu apporté au  XIXe. Nous n'avons trouvé aucun indice sur sa robe, actuellement de couleur verte.

    Ces panneaux sont-ils à leur place d'origine, étaient ils dans une autre baie ?







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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 17:16
lE VITRAIL N'EST PAS SEULEMENT  DANS NOS EGLISES UNE IMAGE,COMMEMORATIVE SOUVENT RèALISTE
IL EST SEMBLE-T-IL AUSSI, DANS CES  LIEUX, UN SUPPORT POUR VIVRE  RELIGIEUSEMENT LE SOUVENIR DES PROCHES DISPARUS QUI FURENT, ET PAROISSIENS, ET  HABITANTS,


le vitrail a-t-il été un concurrent de poids, face à la sculpture.

La place de celle-ci est dehors, en dehors, en volume,
,occasionnellement, à l’intérieur,  comme en l’église Saint-Mathieu de Quimper.

le vitrail est un à plat où la couleur, la lumière et le dessin font vivre le sujet.

Elle est civile et laïque.

Mais il ne faut pas oublier toutes  les plaques commémoratives, scellées le long des murs de nos églises, rehaussées la plupart du temps d’une Crucifixion encadrée de soldats en uniformes et dont le plus grand fournisseur dans le Léon, avec quelques incursions en Cornouaille, fut un jean LOUIS Nicolas, de Morlaix.

 Dans le  Morbihan,
  c'estLaumonier, fils, peintre verrier fit de même avec un tableau au Hézo.

Le vitrail commémoratif est religieux, avec parfois des accents régionalistes,dans les costumes.


 mais pas avec autant d’idées régionalistes que la sculpture commémorative de cette guerre 14-18, qui fut une œuvre de commande, suite à une loi demandant à chaque commune de glorifier ses héros.

Cette œuvre de commande va aux plus grands sculpteurs:, Quillivic, Boucher, Beaufils, Guérin, Lenoir ; Nicot etc.,

Celà, semble-t-il,est né d’un mouvement régionaliste qui voulait prendre l’image d’un deuil collectif face au lourd tribu de la Bretagne dans cette guerre.

Ce mouvement sculptural a voulu montrer sa présence dans le monde étatisé et centralisé des « Beaux-Arts » face à la production de série des « poilus » provenant en grande partie d’Outre-Rhin.

Face à cela, le vitrail est confidentiel, et, semble même être occasionnel.  Au coup par coup.


Mais il est lui aussi régionaliste, avec ses costumes bretons, ses civils, ses religieuses, son clergé, ses églises, ses calvaires,ses scènes de combat, sur terre, dans les airs, sur mer, où l’armée française est celle du Christ, aidée en cela par saint Michel, Jeanne-d’Arc, le Sacré-Cœur.


L’ennemi, par ses couleurs,
la composition dans le vitrail, devient le mal, le mauvais, et par là l’AntéChrist. Il fuit.

Cela est dans la logique de l’époque. Il suffit de lire les cantiques, et de parcourir le dos des images religieuses de l’époque.


Le vitrail, au premier abord, propose une expression vivante et, très souvent, une idée originale.
Il est rarement répétitif.
Il n’y a pas d’atelier spécialiste, ou,  s’il existe fait son possible pour offrir une œuvre neuve. De plus ils sont nombreux et souvent étrangers à la région.
 Mais cependant Ce vitrail reste commémoratif et historique.

Le vitrail permet, plus que la sculpture, des tableaux fascinant et même terribles, comme à Saint-Thonan, avec ses charges héroïques au sabre et à la baïonnette, ses veuves, ses enfants et ses pères en costumes.

Ce commandant,dans ce vitrail de la cathèdrale de Tréguier  coulant avec son insumersible . et son équipage. Anges apportant des couronnes ou bouées de sauvetage,noires sur rayons jaunes et oranges, sortant des nuages qui dévoilentl'architecture dontla flèche  de la cathèdrale.

Le rôle du prêtre dans cette guerre est non négligeable en temps qu’acteur. Ainsi, à Beuzec-Cap-Sizun, il soutient un soldat. A Kernilis, à Callac, il dit la messe

La croix ou le crucifix est aussi utilisé.

Il est présenté à un soldat mourant par un camarade, ou encore le soldat mourant s’agrippe au pied d’un Christ en croix. Ce sujet est repris dans les images mortuaires.



Parfois, dans le vitrail, ce n’est qu’une stèle, imitant là les monuments aux morts civils, avec les noms des victimes , Le Croisty.56

On voit même à Bussy-le-Grand. 21, le Christ ressuscitant, illuminant par sa présence un cimetière militaire.

Le rapport du vitrail aux monuments aux morts, extérieurs existe aussi.
 A Messey-Grâce, le vitrail, à travers lequel on devine le monuments aux morts extérieur, représentent les survivants de la guerre se prosternant devant Jeanne-d’Arc..

Plus réaliste, de nombreuses fois, on découvre les portraits des chers disparus, avec leur nom, incorporés dans le bas des vitraux, suivant un procédé photogravure.

A Plounéour-Trez 29, où l'on trouve en plus cette scène de camaraderie.

A Férel,
morbihan,dans son église, il y en a plus de cinquante Visagesaccompagnés de leur nom,  en médaillons.


Mais ce genre d’œuvre commémorative, en vitrail, ne date pas de la guerre 14-18.

On trouve à Lanrivain, un vitrail de 1901 sur la guerre de 1870 et à Guingamp, un vitrail de 1873 sur la même guerre avec les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.

Dès la fin du XIXe, les guerres de Vendée ont inspiré le Vitrail.

Mais la guerre 39-45 n’a pas laissé autant de trace dans le vitrail. Le seul dans le Finistère serait, semble-t-il, à l’église Saint-Martin de Morlaix, celui commémorant la mort d’une classe d’enfant sous les bombardements.

A retenir celui de la chapelle de Ty-Mam-Doué en Quimper kERFEUNTEUN.
 

« Souvenir reconnaissant des combattants de la guerre  1914-1918 ».  En hommage au 118iéme, avec soldatS et porte drapeaux.

Dans LES lancettes des allemands fuient devant  des soldats français, la plupart habillé en bleu,

 un blessé à la tête est habillé de marron et de guêtres bleues, derrière lui un autre, sans casque comme lui, porte un uniforme marron plus foncé.
 Derrière le groupe, sous la char Renault qui dresse son  canon, un dernier est coiffé d’un caque rouge.

 Dans le ciel deux  biplans ne portant pas d’insignes de reconnaissance semblent combattre.

Un soldat, coincé entre Jeanne d’Arc en  armures et portant pavillon blanc et l’archange Michel.

Lors de l’occupation, les allemands voulaient faire déposer ce vitrail, car voir des soldats allemands poursuivis par des français et la présence de Jeanne d’Arc  était de la provocation.
 Le réalisme était poussé à l’inverse de celui d’en face : avions, tranchées, fils de fer barbelés, armement, porte drapeau, habillement.


On trouve encore, des vitraux offerts avec un texte indiquant qu’ils sont offerts par des prisonniers  DE39-45.

 C’est le Cas dans l’ église de Guidel et à Plougastel-Daoulas, chapelle de la Fontaine Blanche.

Je n’ai pas trouvé de vitraux commémoratifs de la guerre 14-18 exécutés depuis 1970, alors que ceux en sculpture voient encore le jour.


INVENTAIRE

GUERRE DE 1870.



Guingamp,22,Eglise Notre-Dame
. côté nord,unvitrail de l'atelier Fialex,du Mans daté1873,leSujet est laguerre de 1870 avec des soeurs de Saint-Vincent-de-Paul.

.

En1873,l' atelier Jean Fournier fournit à l'église Notre-Dame, 2 baies figuratives du côtè nord dont l’une sur la guerre de 1870.




1873, Fialex, 2 baies FIG, côté nord dont l’une sur la guerre de 1870.avec soeurs de

 Lanrivain, 22, chapelle Notre-Dame du Guiaudet. vitrail daté1901, oeuvre del'atelierVermonet de Reims.


Morlaix, La Salette, 29
,
   baie à 2 lancettes avec dans chaque lancette une niche  en ogive où se passe une partie de la scène sur la guerre 14-18,. A droite, un soldat habillé de bleu, est tombé sur le sol, se soutient sur son bras gauche et de la main droite  lève sa casquette rouge. A ses côtés, un  habillé de marron gît, mort. Derrière, trois soldats, sur fond d’une troupe de soldats en tenue bleue, avancent au pas de charge. Le premier à gauche est un zouave pontifical, habillé de bleu, à la ceinture rouge brandissant une drapeau  bannière bordé d’un galon d’or et à glands rouges. Les deux  soldats à côté de lui portent  costume marron et casquette rouge, et fusils à la main. Dans la niche de droite,  un officier, à cheval, habillé de bleu à la ceinture rouge , brandit son sabre. Un obus éclate sur sa droite et projette des flammes. A ses pieds, en premier plan, un prussien est par terre et essaye de se relever. Derrière  l’officier,  au soldat bleu à casquette rouge, probablement à cheval, va dans l’autre sens tenant un drapeau roulé.  En fond ciel  aux nuages rouges et orange. La  pyramide d’un clocher bleu ardoises sort des nuages sur la droite.
 


guerre  de 1870, vitrail de Clech, Etienne, Verrier et professeur au collège de Saint-Pol-de-Léon, .
 Avec un  zouave pontifical QUI passe devant la porte d’une. église. DesPrussiens sont écrasés. Du délire.....

Cela rappelle le problème des états pontificaux et de la politique impériale après 1860 .  Plus de 300 jeunes nantais s’engagent dans les rangs des Zouaves Pontificaux pour être à la disposition de Pie IX.

 Le collège de Pont-Croix,29, aurait fourni plus de 10 zouaves parmi ses élèves.


GUERRE DE 14-18


Beuzec-Cap-Sizun,
29,. Prêtre soutenant un soldat , avec texte en breton.

Bouze les Beaune, 21, « deux frères réunis dans la mort » J.P Froelich de Dijon.

Bussy Le Grand,
21, 1920. Christ ressuscité illuminant un cimetière militaire.atelier Ch.Tournel et carton de P.Louzier.

Callac, 
22,   atelier L’Eglise de Paris 1916. Messe dans les bois.

Cléguerec, 56, 1932 ; « A la mémoire des soldats » vitrail avec J. D’Arc et St Michel.

Dinan,
22,  EgliseSaint Malo.peintre verrier Champigneulles. Paris.

Douarnenez, 29, collège Saint-Blaise, 1935-1936. Un vitrail offert par les anciens maîtres prisonniers.

Férel, 56, toute la nef avec les photos des soldats disparus.

Gueltas,
56, deux photos de disparus.

 Kernilis, 29, deux scènes dont messe, Champigneulles.Paris

 Le Croisty, 56, Champigneulles,  1917,Paris. Soldat tué et parents en pleurs sur sa tombe en habits bretons..

Lezinnes, 89, 1917.Une veuve portant un soldat mort dans l’esprit d’une Piéta  symbolise la France, vers qui le Christ dépose une couronne mortuaire, le tout sur fond d’incendie.  A.Delloux de Reims.

Noyal sur Vilaine, 35, non signé. Christ et soldat mourant.

Plobannalec,29, 1929, Dagrand deBordeaux. Vitrail témoignage des costumes de Plobannalec, bigouden, d’après le guerre de 14-18 et du costume des sœurs du Saint-Esprit. Don des paroissiens sous le rectorat du chanoine Jézégou qui ne passa que 39 ans dans cette paroisse. Son portrait y est.


Plounéour-Trez, 29,Champigneulles, Paris.
Quimper,chapelle de Ty-Mam-Doué,, 29, atelier Gaudin, Paris. «  en souvenir reconnaissant des combattants de la guerre 14-18 » Les allemands, lors de l’occupation, voulaient faire déposer ce vitrail, car voir des soldats allemands poursuivis par des français et Jeanne d’Arc était de la provocation.

Quiberon 56, Eglise.. Ex-Voto bateau de guerre.  Robin 1902

Raincy,
les taxis de la marne. Maurice Denis et Marguerite Huré.


Rohan, église,mORBIHAN
baie 3,   Lorin. 2 lancettes trilobées de 4 panneaux,
le panneau inférieur porte les noms des habitants morts à la guerre.
Dans le réseau,un  quadrilobe avec la Sainte Trinité recevant un soldat  et 2 écoinçons.  Dans les lancettes Piéta,  A droite, sur une nuée laque de garance rose la Vierge Marie est assise de face. Elle porte une robe  bleu indigo qui s’étale sur la nuée. Dans ses bras et sur son corps repose de gauche à droite le corps du Christ. Elle tient une main de son fils et lève  au maximum, le visage, de profil vers la Sainte Trinité.



 A ses pieds, une tombe fruste  simplement marquée d’une croix avec la cocarde tricolore du Souvenir Français. A gauche, sur fond d’un village dont il ne reste que des ruines en flammes, un groupe de cinq personnes est assemblé  de trois quart droite auprès de la tombe. Une femme en robe de deuil dépose une couronne, Derrière elle une fillette  aux cheveux bouclés or en robe bleu outremer, la tête droite joint les mains. A côté d’elle et en arrière, un femme, robe céruleum et voile indigo a enfoui son visage dans ses mains. Puis un homme à la barbe blanche courte, en complet ou manteau marron tient une gerbe de fleurs entre ses mains ; une jeune femme l’accompagne, les mains jointes.


Saint Aignan, 56.

Saint-Thurien. 29, signégp  Dagrand. Bordeaux.  ; 80 sur 2000 habitants de tués.Baie du chevet, 1925,  vitrail commémoratif guerre 14-18 avec charge héroique et Sacré-Cœur,  brochette de costumes bretons chez les veuves et les sœurs des soldats de 14-18 . « Charge héroïque  à la baïonnette avec costume breton »

Semur en Auxois, 1920, Paul Douzier et Edmont Socar.

  Taupont, 56, Egl. 35,

Vannes, cathédrale, 56, 1920, Desjardins. Angers, Paris. Christ et poilus.

Yevres, 43, 2 verrières de Champigneulle «  soldat mourant è qui un camarade présente la croix » « Soldat mourant au pied du Christ en Croix »


Guerre 39-45.


Guidel, 56 , église , offerte par les hommes pour la protection de la villle

Morlaix, 29, Egl. St martin. Bombardement 1942.atelier le Bihan saluden Quimper peintre Noêl

Plougastel-daoulas, 29, Chapelle de la. Fontaine Blanche  «  Prisonnier de Guerre »




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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 08:49



PIERRE LE CALVEZ


Pierre le Calvez, né en 1886, époux de Paulle lazennec.
 
Capitaine au Long Cours, lieutenant à bord du Belle-Ile, cargo de la compagnie Transatlantique,

S'engage comme volontaire au 21ième régiment Colonial comme lieutenant,

Est tué, à l’ennemi ,comme capitaine,  en Champagne, le 27 septembre 1915 âgé de 29ans.


 Leur mère, Madame Angèle Le Calvez, tiendra toute sa vie un magasin d’épicerie et de boissons rue du Commerce.à Landerneau, Finistère.


Ses lettres.

lettre du 1er juin 1915





Sur carte postale avec « église de Presl » (Aisne) collection guerre 1914-1918 ;
Cher tante, un mot pour vous dire que je suis toujours en  bonne santé et que je désire que vous soyer de même, ainsi que Anna et Auguste et les enfants. J’ai su par Le Dreff que Hippolyte été en permission, tant mieux pour lui . quant à mois j'aurais du aller aussi aujourd’hui même, mais comme vous le savez d’après les journaux de la manière qui sa marche, je ne suis pas prêt d’y aller. Le bonjour à toute la saint famille , embrasser les enfants pour moi. Votre neveu qui vous la serre cordialemment la main. Pierre.
Cette lettre est adressée à Madame  Saluden.
L’orthographe est d’origine.

13 août 1915 ; carte-lettre- correspondance militaire


ma chère maman.
Je viens donc de passer quatre jours avec Paule et cela compense notre déception d’Amiens. comme il n’était pas facile de la faire venir jusqu’à Chalons, nous avons passé notre congé à Epernay. Maintenant  j’attendrai ma permission  avec un peu plus de patience. J’ai reçu ton colis contenant des cigares. Je te remercie beaucoup ma chère maman. Paule m’adit que j’étais un enfant gâté et elle a raison. Ce sont les cigares que l’on apprécie le plus ici car l’on s’ennuie tellement que l’on fume constamment. Nous faisons des boyaux et des boyaux toutes les nuits et l’on se repose dans la journée. Cela n’a rien d’amusant et je préfèrerai aller aux tranchées. En fin  à la guerre, il faut savoir tous les métiers.
Embrasse bien Anna  et les enfants.. à Auguste. Bonjour à toute la famille et connaissance.
Ton fils qui t’embrasse affectueusement.


Note : Paule est son épouse et il est lieutenant au 21ième colonial .Dans le civil, Il est lieutenant aux longs cours. Anna est sa sœur, Sa mère s'appelle aussi Anna et est l'épouse d’Auguste. Les enfants sont : Louise-Anne et Pierre, nés en 2909 ET 1910. Ce dernier mourra en Indochine comme Capitaine.

Le 24 Février 1915.

Carte-lettre au logo France d’abord, enserrant deux drapeaux tricolores.

Ma chère maman.

Je suis au repos depuis deux jours et je ne repars aux tranchées qu’après demain. Mon dernier séjour en premières lignes n’ a duré que cinq jours dont deux en contacts avec des boches. Il ne se passe rien d’intéressant pour le moment dans la région où je me trouve. Il n’en est pas de même à quelques  kilomètres, sur notre droite où ils s’envoient des pruneaux continuellement. Je me porte très bien et vois bientôt le printemps qui va arriver. Les tranchées sont très boueuses et quand on revient au cantonnement, l’on est sale, dégoûtant. Après un bon bain, l’on ne se reconnaît plus.

Bons baisers de ton fils qui t’aime. Pierre
Embrasse bien Anna et les enfant pour moi.


Le 20 Aoùt 1915.
Lettre-carte. Correspondance militaire.

.

Ma chère maman, 
J’ai reçu ton colis de gâteau, aujourd’hui et je t’en remercie. Le mors est superflu, car je n’ai plus de cheval. Je ne commande plus la compagnie depuis quelques jours car il est venu des capitaines du dépôt et  j’ai donc naturellement repris mes fonctions de lieutenant   j’aime  mieux cela, car dans les opérations futures, je préfère avoir la responsabilité de 50 hommes que 2OO. Il fait plutôt froid ici, surtout la nuit et nous sommes dehors presque toutes les nuits. Nous allons aux tranchées le 24 pendant 12 jours. Le secteur est tranquille pour le moment et l’on sera aussi feureux là qu’ici.
Embrasse bien toute la famille pour moi. Bien le bonjour aux amis, voisins et connaissances.
Ton fils qui t’embrasse de tout cœur.
Pierre .


 Il meurt le 25 septembre 1915 à Massiges

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 16:00


Nativité.

Le lieu est une étable, suivant la tradition, une grotte suivant les Byzantins. On voit  parfois une campagne verdoyante.

« L’enfant Jésus est le modèle et l’ancêtre de tous les petits enfants de l’histoire de l’art. » Philippe Aries.

L’enfant Jésus est couché dans la crèche des animaux , à partir du XVe siècle, posé à terre sur de la paille, sur un linge,

 A Kergoat en Quéménéven,Finistère, dans une corbeille d’osier,

A Spézet, Finistère, à la chapelle Notre-Dame du  Crann, sur un pan du manteau de sa mère.

Il est emmailloté. «  Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche » Luc. II .7. Le XVe siècle introduit la nudité absolue.

Il est immobile, puis peu à peu, il se redresse, il bénit et va même jusqu’à sucer son pouce.

A partir du XVe siècle, le bœuf et l’âne sont tenus à distance, ils ne réchauffent pas l’enfant de leur souffle chaud.

Marie est couchée durant tout le moyen âge.

Le XVe la met à genoux, mains jointes devant son fils.

Joseph lui fait le pendant. et tient une chandelle à la main, puis le bâton.

Une étoile brille.
Un ange déroule un phylactère avec Gloria in excelsis Deo.



Brennilis la Nativité et les Rois Mages




Brennilis, finistère, XVe La Circoncision..


Le lieu est une crèche dont le mur du fond  en pierre de taille présente des brèches. Au-dessus légère charpente faite de chevrons de bois, non raboté, liés. A gauche, la Vierge, à genoux,  fait face à Joseph lui aussi à genoux. L’âne et le boeuf les séparent. Devant sue le dessus d’un panier d’osier, l’enfant Jésus, tout nu,  est posé sur un linge tombant jusqu’à terre des deux côtés.
 Ils fuient vers l'Egypte.

Gouézec, 29, XVIe, Chapelle Notre Dame de Tréguron Finistère


. Le sujet  est simplifié, et, aussi, très restauré. (ici photo en noir

Marie et Joseph entourent l’enfant Jésus qui repose dans un panier rempli de paille. Marie  a les mains jointes, Joseph les mains ouvertes et écartées. L’âne braie à côté du bœuf qui réchauffe l’enfant de son soufle. On ne voit que leur tête. Derrière le mur, deux bergers, la houlette avec eux, dépasse le mur sur lequel leurs mains s’accroche. Seule la moitié de leur visage dépasse. Au dessus un phylactère avec Gloria in exelcis Deo.( pour les bergers voir en Spézet,  à la chapelle Notre Dame du Crann et la nativité de la baie 3.)

Moncontour. Côte d'Armor, XVIe.



Il s’agit ici d’une grande Nativité, où apparaît , ce qui est plutôt rare,le seigneur donateur de ce vitrail qui  serait un dénommé Claude de France,

accompagné dans ce don d'un Jacques de la Motte.




 regroupant bergers, rois mages, anges, dans un décor de pilastres, de guirlandes, de porches renaissances, sur cinq panneaux. Tout cela avec une débauche de couleurs rouges , vertes jaunes et bleues. Dans tout cela, l’enfant Jésus disparaît, de plus très effacé, la grisaille ayant disparue.
Les deux premiers personnages en commençant par le bas et les moins importants pour l’histoire sont d’abord un ange, à genoux dans une robe rouge aux gravures en étoiles, en filets de perles et graphismes de courbes. Il porte de la main gauche un cierge allumé, la droite tombant le long du corps. En face de lui, un petit personnage à tête d’homme aux cheveux longs et roux, qui est en fin de compte un second ange vêtu de blanc aux ailes certes, portant de la main droite un bougeoir. Le tête  est une repique.

Au centre, Marie et Joseph,
ici tous les deux nimbés, de jaune pour Marie, rouge pour son époux. La Vierge est debout, ; si l’on tient compte de l’ampleur de sa longue robe bleu. Il est vrai qu’une certaine perspective est donnée au panier d’osier où repose l’ Enfant. Elle joint ses mains, sa tête est ronde, sans voile sur les cheveux jaune. Joseph, à moitié caché par un roi mage, Il porte barbe, moustache et cheveux noirs, assez longs, tombant sur le front. Il est habillé de rouge. Est-ce lui qui tient dans une main gauche un petit objet proche d’un petit cierge ? de l’autre main tient-il son bâton ? A gauche de la Vierge, sur une pièce très effacée, Apparaît le bœuf.

Le groupe des rois mages prend la partie droite et le deuxième panneau de l’extrême droite. Le premier est à genoux, un objet à la main, il porte un sabre et divers colliers. Sa robe en verre rouge est semée de gravures de perles. Dans la bas, entre deux filets, toujours en gravure, on peut lire:
A. VE.MTRIA.GR,
possible Ave maria Gratia. Son chapeau couronne est posé par terre ? Il porte barbe grise à deux petites pointes, Ses cheveux sont distribués en grosses ondulations, l’œil est vif, le nez fin et  pointu. Tout cela est travaille à la grisaille grise et à la sanguine.…
Le second roi mage est noir de visage et porte un chapeau rouge au large rebord aux gravures perlées, sur lequel est posé une couronne et un nœud de tissu vert. Chemise ou robe jaune, manteau vert doublé de rouge, il offre un grand calice.  Le troisième sort d’une tente à pavillon dressée dont deux anges vêtus de blanc et aux ailes rouges soutiennent ou ouvrent les courtines d’étoffe de couleur rouge, doublée de verre et ornées de galons d’or  portant sur la face extérieure un graphisme de filets gravés composant des carrés au milieu desquels est gravée une grosse perle. Type de tente que l’on retrouve dans les Arbres de Jessé.  Grand chapeau avec couronne il porte de la main gauche un vase avec couvercle de grande taille, tandis que la droite est ouverte. Manteau rouge sur robe bleu, le bas de son corps passe derrière le donateur et son saint patron.

La Circoncision 


Les autres personnages sont des bergers, au nombre de six. Certains regardent le ciel où voltigent des anges, d’autres sur la droite s’extasient.
Autre étape: la Circoncision

suivi de la fuite en Egypte avec les anges qui ici offriraient des fruits à l'enfant, action que l'on retrouve à Pont-Croix, ci-dessous.
Elle est une copie d'une gravure  de Durer avec un arbre fruitier à la place des palmiers - la seule dans la région aussi proche de la gravure et en rappel de la légende dorée.






A la chapelle de Kergoat en Quéménéven, dans sa Nativité, il ,y a la présence d'une personne sur la gauche qui peut-être une sage-femme.Sur la droite des anges


















Eglise  Saint-Mériadec
de Stival en Pontivy, Morbihan, la Circoncision


 


 Saint Thuriau, Morbihan chapelle de Gohazé.photo noir et blanc





Un tronc d’arbrisseau, à peine équeuté, passe au milieu de la scène. Il soutient la charpente de l’étable L’espace de droite est réservée à l’enfant Jésus posé sur un lange posé à même le sol, ici ce sol est fait d’un motif décoratif à base de triangles jaunes et noirs. Au dessus , parallèle au couchage de l’Enfant, la mangeoire de forme rectangulaire et peu profonde du boeuf et de l’âne, où les têtes plongent. De l’autre côté, au premier plan Marie à genoux les mains jointes. Ses long cheveux sortent à la hauteur du coude de dessous son voile. Derrière Joseph, non nimbé, tient la pomme de sa canne des deux mains.

. Au premier plan une grosse lampe à huile allumée indique que la scène se passe la nuit. A la droite un ange assis par terre tient un violon de la main gauche et montre l’enfant Jésus de la main droite. Celui-ci, tout nu, est posé horizontalement, dans un panier d’osier, sur un linge qui déborde des deux côtés. Une lumière jaune s’irradie de sin corps. Joseph, les mains, paumes ouvertes, le regard perdu dans l’infini, est près du bébé alors que Marie est derrière. Un ange se tient debout sur la gauche, les mains jointes. L’âne et la bœuf réchauffent l’Enfant.



Inventaire des nativités de Bretagne.

.
Brennilis XVe.  Concarneau,XVe. Ergué- Gabéric,, 29, église XVIe + Kerdevot 1489. Gouézec, 29, N.D. de Tréguron, XVIe. , Gouézec, 29 N.D.des trois Fontaines. XVIe.,+ Tréguron XVIe. Guengat,29, 1528 . Les Iffs, 35 VD ? Lantic, 22, XVe . ... Malestroit, 56, XVe. Moncontour, 56, XVIe Paule, 22, 1526 ; Ploubezre. 22, Ch. ND de Kerfaoues.1469. Pont-Croix, 29, XVIe.. Quéménéven, Kergoat.29, baie 8 XVe.   Remungol- N.D.des Fleurs. 56. VD ?. Rochefort en Terre, 56, ch. du Château. XVIe, emmailloté. Saint-Thuriau XVe Ch. du Gohazé. Spézet, 29,  N.D du Crann. XVIe.  Stival, 56 . VD.

 Trégunc, 29,  ChapelleNotre-Dame.de Kerven.O% où dans la baie du chevet on trouve du XVI°siècle La fuite en Egypte
                                                                                    et L'adorations des Mages.



On relève que la Nativité du  Crann en Spézet est proche de celle de Tréguron en Gouézec

Celles d’Ergué-Gaberic, église,  celle de Guengat, 1528,  celle de Gouézec, et.ND de Tréguron sont très proches

complément sur le blog  jeanpierrelebihan2

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans vITRAUX XIX° et XX°
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 08:48
KERLOUAN  COMPLEMENT PHOTOS VITRAUX EGLISE

Eglise Saint-Brevalaire, 1864



; Les vitraux de l’église de Kerlouan,


Bulletin paroissial, n° 167, 1967, p. 3 et 4
Hekleo Herlouan, bulletin paroissial, janvier 1977,p.78


   Les vitraux de cet édifice subirent des dégats  suites à la guerre 39-45 et furent restaurés par la suite.

 « 3 superbes vitraux de Léopold de Lobin et 12 plus petits de Léon Payan figurent des scènes de la vie des saints de la Bretagne » le Guennec

(Ces deux lignes ne sont  pas exactes car  les saints de ces vitraux ne sont , pas tous, spécifiquement de Bretagne)

Leurs auteurs des vitraux sont  divers, les plus anciens de 1875, les plus récents de 1949.


De 1904, 10 fenêtres de l'atelier Payan-Guyonnet et
la Société artistique de peinture sur; Verre.fournissent 1O fenêtres


Baie 0,
c'est à dire la baie du chevet. C'est à partir d'elle que sont numérotées les baies,  à droite 2 4 6 8 1O etc, à gauche 1 3 5 7 ...

Cette baie présente   3 lancettes trilobées de 8 panneaux chacune,  le réseau est composé de 3 quatre-feuilles et 4 écoinçons.Le sujet:

 La Résurrection

Elle est probablement  du peintre verrier Hervé Laurans,de .Lanhouarneau.Finistère Cette baie a subi une restauration vers 1970.
La  scène est inscrite sur la totalité des panneaux,  les 3 du bas offrent un socle néo gothique et les 9 du haut ,trois dais néo gothiques à fleurons, les deux demi colonnes montent sur les bords des première et dernière lancettes.

 Le Christ quasiment grandeur nature,  est vêtu d’un manteau blanc très vague, les bras en Y, Il s’envole dans une nuée blanche sur un ciel bleu et tourne le visage de trois quart droite, Ce visage est accompagné d’un  grand nimbe, de rayons de lumière  jaune De la main droite, il tient en oblique le pavillon de Résurrection, de couleur rouge à deux pans et portant en gravure une croix jaune. Le Christ est sorti de son tombeau, son pied gauche à la hauteur de la ceinture des gardes. sans armures mais pantalons et vestes de couleurs vives. Quatre gardes,  dont deux à terre, se lèvent. Dans le réseau grisaille.


Laurans, Hervé,    peintre verrier XIXe, né à Lanhouarneau, 29, en 1828, où il exerça après avoir sûrement appris le métier, ailleurs, ou du moins des rudiments de technique. En 1872, lors d'un recensement à Lanhouarneau, il employait 3 ouvriers et un apprenti,, dont un François Cabon, peintre verrier à Lanhouarneau en 1896, ainsi que Jean Le Goff et Louis Carrère se déclarant aussi peintres verriers.Hervé Laurans est mort en 1873




Baie 2, seconde baie sur la droite. Vitrail de l'atelier Lobin-Florence, 1875., baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuille dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas le socle de la niche. l
’Apparition du Sacré-Cœur à Marguerite Marie Alacoque.  Dans la lancette de gauche, sur un fond d’arbre, le Christ, de trois quart droite, apparaît sur une nuée blanche. Il porte une chemise blanche à collet rond noir, une robe rouge et un manteau crème, accroché à la taille et remontant très haut derrière lui. Dans l’autre lancette marguerite marie  est à genoux sur l’herbe, de profil gauche, les deux mains ouvertes. Derrière nature et montagne bleue
.

Florence, Jean Prosper, Atelier actif de 1883-1917 à Tours,
Florence et Cie, 36, rue Mirabeau, 35, rue des Ursulines, 17, rue Aviseau. Frère de l’épouse de L.L.Lobin, collaborateur de Lobin dès 1874, avant de  lui succéder en 1892,



Baie 3,  troisième baie sur la gauche;
 Date: 1949,
 Sainte Anne, et les saints Bretons,

le peintre est André Noël, Il travaille pour  L'atelier le Bihan-Saluden,de Quimper Finistère DesTextes en breton sont posés sur cr vitrail.

C'est un  baie à 3 lancettes trilobées de 9 panneaux et  réseau de 3 quatre-feuilles.
 Lancette A, au-dessus des armoiries de l’évêque nous avons:
 saint Eneour,  présenté de profil gauche, en moine, assis sur un muretin rouge, en train de lire dans un livre ouvert ; puis saint Ildut, en évêque,
 de face ;  saint Hervé, de trois quart droit, avec sa canne et son loup tenu de la main droite ; en évêque, crosse à l’extérieur, de face, la tête penchée sur droite et vers le bas et bénissant, Derrière lui, un édifice roman ; au-dessus armoiries. Le tout sur fond bleu. Ce fond se retrouvera sur les 3 lancettes.
Lancette B. barque,  voile au tiers, vent arrière, dans les cailloux et une mer verte, sans occupant,  laissant traîner un filet, croix au bout du mat, étoiles dans ciel bleu :

saint Yves entre le riche et le pauvre sur un fond de  la cathédrale de Tréguier :

 sainte Anne avec Marie, couronnée et jeune, portant l’enfant ; derrière, arbre aux troncs violet roux avec feuilles et  Crucifixion blanche. Sur phylactère, texte : SANTEZ ANNA PATRONEZ BREIZ IZEL.

Lancette C.  armes papales ; saint Goulven, en évêque, la tête penchée vers un homme infirme qu’il bénit ; saint Guinal, en abbé, la crosse  de la main droite et une abbaye dans la main gauche. Son visage,  trois quart gauche regarde son offrande. :  Saint Sez, en évêque le visage penchée de trois quart gauche regardant des flammes qu’il portent de ses deux mains : armoiries. Réseau avec symboles.



Baie 4, 
quatrième baie sur la droite. 3 lancettes trilobées de 9 panneaux chacune et réseau de trois quatre-feuilles, :auteur: Lobin-Florence 1875. Les 6 panneaux hauts offrent 3 dais à pinacles et fleurons sur fond de grisaille, le socle occupe les 3 panneaux et  3 demi du bas. 

Dans un fauteuil posé au haut de trois hautes marches recouvertes d’un tapis rouge, Marie , couronnée, est assise,
le visage de trois quart gauche,
 Elle est penchée vers.  saint Dominique et lui tend un rosaire

Elle revêt  une robe rose sous un manteau bleu, l’enfant Jésus à sa droite, en robe blanche. Dans la lancette de gauche,
saint Dominique, un genoux en terre, de profil droit, tend la main gauche pour recevoir ce rosaire. .
 Appuyé contre la jambe gauche de Marie,. l’enfant Jésus debout en robe blanche  tend la main gauche vers sainte Catherine de Sienne. Sa mère  pose délicatement sa main droite sur son épaule.

Sainte Catherine de Sienne,
dans la lancette de droite,  est à genoux la main gauche tendue vers l’enfant.. derrière ciel bleu sur lequel deux anges, un rouge et un vert, tiennent un long phylactère.

En dehors de ces anges et du ciel,on trouve,  ici,le même carton qu’à l'église de Combri
t.Finistère

Baie 5
,
Cinquième baie à gauche. AtelierLéon Payan, baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuilles dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face, saint Jean, robe blanche à collet bleu, manteau violet doublé rouge,  plume  et rouleau en mains, l’aigle à ses pieds , saint Pierre, les deux clés dans la main droite, un rouleau dans la main gauche, robe bleu, manteau rouge.. Dans scènes on relève
la Crucifixion et la remise des clés à saint Pierre à genoux.


Baie 6. 
sixième baie à droite. Léon Payan, baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuilles dans réseau.

 les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons.

Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face saint Paul,  visage de trois quart gauche, appuyé de la main gauche sur son épée, celle de droite tenant un pan de son manteau bleu qui largement ouvert découvre une robe crème serrée à la ceinture par un cordon bleu auquel est accrochée une bourse.

A droite, saint Pol de Léon, aube blanche, chasuble violette  le visage de trois quart droite, avec mitre et tenant sa crosse vers l’intérieur de la main gauche, la main gauche tenant un dragon vert avec son étole. Dans les deux scènes au-dessous, à gauche,

 le Chemin de Damas, Paul en armure  et jupe verte, tombant de son cheval  noir harnaché de rouge.

 A droite, devant la cour princière, saint Pol est  investi évêque
.

Baie 7
, septième baie à gauche  Léon Payan, baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuille dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face saint Laurent,  le visage de trois quart gauche  portant tonsure de moine, corps de face, il tient une palme de la main droite, la gauche tenant un grill debout contre lui,  aube crème et chasuble violette à partie et bande or à grandes manches. A droite, saint Etienne, même coupe de cheveux, les yeux légèrement levés, la tête très peu penchée vers la gauche, porte la palme de la main droite et un cailloux de l’autre main. Aube crème, chasuble rouge à bandes jaunes à dessins bleus. Dessous à gauche, scène du martyre  de saint Laurent sur le gril. A droite, lapidation de saint Etienne.

Baie 8 huitième baie à droite, Léon Payan, baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuille dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face, saint Michel ,  la croix tenue des deux mains, écrasent le démon, serpent vert sur lequel il pose son pied en armures.
 Il porte un manteau rouge , une robe jaune et un plastron cotte de mailles ocre serré par une ceinture bleue.
 saint Louis,  couronné, tient le sceptre de la main droite et  de l’autre main ; un coussin rouge  où est posée la  couronne d’épines. Il porte sur une robe crème un genre de chasuble bleue à fleurs de lys or recouverte d’une aube  blanche à parement or. Dessous scène de l’archange saint Michel apparaissant avec  sainte Catherine et sainte Marguerite à Jeanne d’Arc qui garde ses moutons.

 A droite, scène de saint Louis sous son chêne rendant la justice,
 
le riche portant épée et vêtu d’une robe courte rouge,

le pauvre représenté par une femme,  habillée d’une robe  verte, 
avec deux enfants, dont un dans les bras et le plus grand montrant du doigt l’homme en rouge.
 Aux côtés de saint Louis, moine et garde, de chaque côté de l’arbre.


Baie 9,  neuvième baie à gauche, Léon Payan, 2 lancettes trilobées de 4 panneaux chacune et réseau avec un quatre feuilles avec symbole :une croix.  Vitrail composé de 6 médaillons aux extrémités haute et basse trilobées sur fond de grisaille néo XIIe : la vie publique du Christ, A1, tentation du Christ, A2, les Noces de Cana,(même image que la panneau disparu lors de la tempête à Plouigneau, même artiste ou même dessin d’origine?), A3, l’appel des disciples, B1, laissez venir à moi les petits enfants, B2, la Cananéenne, l’eau vive, B3, la Tempête apaisée.

Baie 10,
on Payan.2 lancettes trilobées de 4 panneaux chacune et réseau avec un quatre feuilles avec symbole : agneau pascal.  Vitrail composé de 6 médaillons aux extrémités haute et basse trilobées sur fond de grisaille néo XIIe : Vie du Christ, la femme adultère, le sermon sur la montagne,  les 3 pains et les 3 poissons, il marche sur les eaux, transfiguration, la résurrection de Lazare.

Baie 11,  Léon Payan, 2 lancettes trilobées de 4 panneaux chacune et réseau avec un quatre feuilles avec symbole : calice où deux colombes viennent s’abreuver.
 Vitrail composé de 6 médaillons aux extrémités haute et basse trilobées sur fond de grisaille néo XIIe A1, Nativité, A2, présentation au temple, A3, fuite en Egypte, B1, Nazareth, B2, Jésus parmi les docteurs, B3, Baptême du Christ.

Baie 12, Léon Payan.2 lancettes trilobées de 4 panneaux chacune et réseau avec un quatre feuilles avec symbole : calice.  Vitrail composé de 6 médaillons aux extrémités haute et basse trilobées sur fond de grisaille néo XIIe. entrée à Jérusalem, devant Pilate, la Cène, la Flagellation, Gethsémani, le Portement de croix.
D’un style différend, peut-être antérieur ou postérieur. A l’encontre de la mode établie, lecture de haut en bas et de gauche à droite.

A noter que les femmes sont reléguées au fond de l’église.


Baie 13, Léon Payan, baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuille dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face, sainte Thérèse d’Avila cherchant l’inspiration, la plume de la main gauche, un cahier ou un  livre  grand ouvert et une flèche de la main droite. Costume traditionnel. Derrière tenture damassée à galon rouge. A droite, sainte Catherine , vêtue d’une robe blanche et d’un manteau rouge accroché sur l’épaule gauche. Elle tient une palme verte de la main droite et repose l’autre main sur une épée Son pied droit est posé sur un buste, celui de l’empereur.. Sa roue brisée est derrière elle devant la  tenture damassée à galon rouge. En bas à gauche, scène où saint Jean de la Croix répond aux questions de soldats. A droite, sainte Catherine réfutant et convertissant  50 docteurs païens


Baie 14, Léon Payan, baie à 2 lancettes trilobées à 4 paux chacune,  quatrefeuille dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais  à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène.
Dans niches à fond damassé, en pied de face  sur tenture damassée,


 sainte Geneviève, les jointes aux doigts serrés, a le regard perdu vers le ciel. Elle est pieds nus, vêtue d’une robe bleue à manches courtes, laissant découvrir une chemise blanche, par dessus accroché au bras gauche un pan d’un manteau de couleur rouge. Un voile blanc couvre ses cheveux. Une quenouille est coincée sous son avant bras droit. Plus bas, un mouton se frotte contre ses vêtements. A droite, sainte Barbe  avec simplement une palme tenue de la main gauche. Son corps a pris un déhanchement sur la gauche que les pieds chaussés suivent. Sa main droite repose sur son cœur. Un petit ruban serre des cheveux de couleur sombre qui tombent sur son dos. Elle revêt une robe blanche à collet jaune sous un manteau bleu doublé rouge qui découvre  la partie droite du buste. Scène de gauche en dessous,  sur un fond de ville,  sainte Geneviève, entourée de personnages, est à genoux habillée de blanc, les mains jointes devant un saint évêque. A droite le martyre de sainte Barbe. On va lui couper la tête avec une hache.



Baie 15, Léon Payan, Baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuilles dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face sainte Françoise d’Amboise, de trois quart droite, couronnée,  le visage  tourné vers le lointain, les mains jointes, son manteau rouge à  grands damas  jaune  relevé par les deux pans coincés sous les avant bras. Elle porte un chemisier bleu et une robe bleue clair, elle enfile des chausses à lamelles dorées. A droite, sainte Hélène. De trois quart gauche, couronnée sur un voile blanc, tient la croix de la main gauche alors que le droite tient et remonte à la hauteur de la ceinture  un pan de son manteau violet ,doublé bleu clair, et à bordure or. Une ceinture bleu et blanche  serre sa robe rose.  Au-dessous à gauche, scène où on la voit prier dans une église. Son mari, Pierre second fils  du duc Jean V, entouré d’hommes d’armes, prie avec elle. A droite, scène avec sainte Hélène assistant à la découverte  et à la décision du choix sur les trois croix de la sainte croix. De dos, trois quart à droite, robe rouge, manteau violet  retenu derrière par une petite servante. Deux hommes relèvent une croix. Derrière  on aperçoit une seconde croix.


Baie 16, Léon Payan,


 baie à 2 lancettes trilobées à 4 panneaux chacune,  quatrefeuille dans réseau.  les 4 panneaux hauts offrent 2 dais à pinacles et fleurons. Les 2 panneaux du bas ont chacun une scène. Dans niches à fond damassé, en pied de face, sainte Clotilde, les mains jointes, couronnée, la tête de trois quart droite un peu penché
e, deux longues nattes plastron or, ceinture à rayures rouges et blanches à deux pans, robe rose,
manteau court bleu. Sainte Monique, 
  sa pose est  de trois quart gauche, un pied en avant ; les mains jointes, elle porte un long manteau bleu à bordure aux triangles or sur fond rouge, voile blanc tombant loin dans le dos. Dans les deux scènes dessous, à gauche baptême de Clovis, debout dans piscine, en robe rouge, par saint Rémi, Clotilde à sa droite, à genoux. Esprit saint dans nimbe or sur ciel bleu. A droite  saint Augustin et sainte Monique, tous les deux assis sur un banc de pierre contre un mur. Ils sont tournés de profil sur la gauche, elle, robe violette et manteau bleu, tenant la main de son fils,  lui, le poing gauche bien serré sous le menton revêtu d’un manteau rouge découvrant son épaule droite et une robe verte à manches trois quart.   Ouverture cintrée sur ciel bleu.

 


 
bAIES hautes,  105 et 106, choeur. Quadrilobes offrant au centre, des armoiries  d’un pape avec Tiare et clés entrecroisées sur un fond de grisaille,
Quadrilobe offrant au centre des armoiries d’un cardinal au chapeau vert, au bas un petit cœur de  Marie avec épée  sur un fond de grisaille.

 Baies hautes, 2 lancettes trilobées de 4 panneaux et réseau avec quadrilobes
 Montage haut en couleurs fond bleu sur le quel se mêlent un croisillon vert et orange et une suite courbes concaves et convexes blanche et verte.


Baies hautes 102, 104, 2 lancettes trilobées à 5 panneaux chacune et quatre-feuilles pour réseau. Possible auteur Laurans. Apôtres, grisaille très effacée, visages et noms souvent illisibles et pour cela difficiles à reconnaître, dans niches et en pied. Saint Paul appuyé sur son épée, un rouleau de l’autre main, robe rouge damassée, manteau vert. Saint Pierre, robe bleu à rubans violet et jaune dans le bas, tient ses clés effacées. Saint Jean, robe verte, manteau rouge damassé, la tête trois quart gauche et penchée, les deux mains serrées.  Saint Luc, robe bleu fort, manteau bleu indigo accroché à l’épaule gauche, visage effacé, tien un rouleau.
Saint André portant sa croix des deux mains, robe bleu verte et manteau violet




 





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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 17:42
Les compositions mystiques, au nombre de sept offrent un certain intérêt d'autant plus qu'elles ont été fréquemment représentés


 la fontaine de vie, le pressoir, ont été en vogue du XIII° au XVI° siècle et  XVII° pour ce dernier.

On trouve la Fontaine de vie à  la Cathédrale de Nantes, blog suivant
,Saint Jacques de Reims, ainsi qu’au château de Bourrions en Maine et Loire.

Le pressoir.

i


En vitrail : Saint-Jacquesde Reims, au château de Boumois en Maine et Loire On la trouvait aussi en peinture murale ou sur bois, à Chinon, châteaudun,Dissais,au musée d'Avignon XVII° siècle,


Le Vitrail  du maitre peintre verrier Linard Gonthier  XVII° siècle.

 à la cathédrale de Troyes.
  le Christ  est montré couché entre des planches qui le pressurent.

Des plaies, coule du sang,    recueilli dans un ciboire, sang qui fait naître une vigne, "vigne qui porte des fruits"  dont des apôtres: Pierre, Paul, André, Jean Baptiste, et vierges, une possible Marie-Madeleine
Deux donateurs, probables seigneurs l'accompagnent
dessin de L.Ottin,page 313, auteur de "Le Vitrail, son histoire", Laurens éditeur.



 
 
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 16:47
 La FONTAINE DE VIE fait partie des sept compositions mystiques, en vogue du XIII° au XVI° siècle.  Le Pressoir Mystique en est l'une.

 


 Le Christ est attaché à une croix, plantée au milieu d’un  vaste bassin ; le sang de ses plaies le remplit ;

 il est déversé au dehors par les autres têtes , au nombre de quatre; symboles des évangélistes, dans une seconde vasque, où des gens de tous ordres viennent se purifier.

L’efficacité salutaire de ce bain est attestée par la présence de deux pécheresses,   Marie-Madeleine et  Marie l’Egyptienne.
Les apôtres versent le sang divin dans la vasque où tous les ordres de la société viennent le puiser.





 Nantes, Loire Atlantique, cathédrale.

 La lancette centrale, de la Baie ouest, qui est un vitrail offert par Anne de Bretagne en1499, offre une

                                Fontaine de vie.



 Le Christ est ici en buste.                                 

Il porte une couronne d'épines de couleur verte

 Il est, dans une vasque de forme ronde où coule le sang de ses deux mains qu’il lève à la hauteur de ses épaules.
  Cette vasque est poséE sur une colonne qui repose sur une seconde vasque reposant dans une dernière vasque.  De cette première vasque,

                                   d’une tête d’ange ailé 
     dont un filet de sang coule tout le long  au delà de la dernière vasque.

La suite nous manque.

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