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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 09:40
SOUVENIRS PERSONNELS


  Objet:   Des papiers hygiéniques.. et des petits coins.


Chez le grand-père de Pontivy, le wc de la salle d’eau, qui se trouvait au premier étage, cela se passait durant la guerre 39-45, était devenu une salle de lecture.  Des morceaux du Journal La Croix, déchirée ou coupée en morceaux de 15 sur 21 cm environ, étaient accrochés en paquet d’une trentaine de feuillets sur un fil de fer, à droite du siège.

 La première page, avec le logo de l’époque : un Christ en croix, en faisait partie, Pieuses lectures.

 Si je me souviens si bien de ces lectures, c’est parce que la grand’mère avait peur que nous nous constipations, et du coup le séjour journalier dans ce lieu était devenu obligatoire, comme le chapelet des 15 heures où la prière du soir commune avec tous ses <Priez pour nous » répétitives.

 Il est vrai que nous avions une sacrée peur de la poire de lavement.

 Et nous répondions souvent oui à la question : « t’a été au water ?»,

 nous avions plus peur de cet objet que du pêché mortel et de l’enfer que nous venions de gagner.

Car à Pontivy, il existait un autre « cabinet ». Dans la courette, appuyé contre le pignon ouest, construit en dur, toit en pente, porte ajourée dans le haut, percée de l’immortel losange.

On y retrouvait le même crochet, mais je ne suis pas sûr la même lecture. Ma grand-mère n’y allant jamais. C’était plutôt Le Chasseur Français, où le catalogue de la Manufacture de Saint-Etienne.
 Cet endroit était réservé aux « grosses commissions » de la journée,tout du moins quand nous collections libellule,ces dernières plus difficiles, escargots,  car tout autour, le jardin nous offrait d’autres lieux pour uriner, dont le tas de fumier,pour faire un bon engrais,J'apprend plus de cinquante ans après, que mon grand-père avait raison..

 Rien n’était perdu.

A droite de cette bâtisse coulait un caniveau en ciment longeant le pignon de la maison qui se jetait dans la fosse septique, et où souvent nageaient  de gros vers tout blanc C’était aussi un lieu pour uriner.
 Les vers étaient des bateaux de guerre que nous coulions, à coup de cailloux. . C’est là que mon grand père m’appris à décapuchonner  mon gland et le secouer jusqu’à la dernière goutte.

 C’est là, qu’avec les cousins, nous faisions des concours à celui qui pissera le plus haut.

Autre lieu, autres lectures.

Nous logions vers 1945, à l’annexe de l’hôtel Hervé, dont  certaines chambres étaient occupées par des cuistots. Là, l’unique waters offrait comme lecture des Paris-Hollywood ou quelque chose comme cela, et où défilaient de jeunes beautés à demi- dévêtues. Alimentation de mes rêves d’adolescent.

Ces deux waters, comme dans beaucoup de cas, n’avaient pas de chasse d’eau, mais un broc de métal galvanisé.


A Landerneau , demeure de mes ancêtres du côté maternel, où nous nous étions réfugiés en 1940, c’était un tout autre édifice, mais avec aussi un paquet de journaux découpés en feuilles et posés sur notre droite.
Ce lieu se trouvait dans un tunnel sous la maison, plus spécialement sous une serre abritant une vigne qui donnait un bon raisin noir.

 Ce dernier disparut avec la suppression de ce genre de commodité à deux places.
Il n’y avait pas d’électricité, il y faisait noir. Nous n’y allions rarement la nuit, car nous avions dans chaque chambre, le pot  et le seau hygiénique d’une époque disparue, objets des foires à la brocante.
La porte très large, comme si on devait y entrer à deux de front, avait,  et dont la largeur était prévue pour le passage du elle aussi, ces deux hublots, le mot est peut-être un peu fort, mais je ne sais plus s’ils étaient de forme carré, rectangle, ronde ou losange. En tout cas il y faisait sombre, et nous laissions la porte ouverte, surtout lorsque nous étions deux et que les parents voulaient nous surveiller. Peut-être qu’ils avaient peur que nous tombions dans le trou qui lui était rond et bien plus grand que nos petites fesses. Des deux mains nous nous cramponnions aux bords. L’opération terminée, après un dernier regard dans cette caisse, car tout cela était en bois, sur une grande fosse rectangulaire, nous glissions le couvercle rond en bois, qui nous aurait fait un bon et beau bouclier, si cela nous avait pas été interdit. J’ai oublié de dire que ces doubles trous n’étaient pas à la hauteur de nos petites jambes. C’étaient une expédition d’y monter après avoir baissé le pantalon heureusement court, à l'époque;.

J’ai connu aussi, à Pentrez, vers 1947, la cabane au fond d’un jardin. Nous prenions une allée entourée de poiriers en espaliers. Ici, nous avions notre morceau de journal dans la poche, celui ci était bien préparé et en vue près de la porte de derrière, mais durant le parcours une poire le rejoignait. Par le losange, la maison apparaissait au bout de cette allée. Nous pouvions, sans peur d’être pris sur le fait, déguster notre chapardage et faire disparaître le trognon, tout en ayant les fesses à l’air et occupées à tout autre chose. Cette caresse de l’air sur nos fesses nous ne le trouvons plus dans nos toilettes actuelles. Est-ce que notre peau a durci,  et cela est-il du aux fessés reçus « cu nu » il y a plus d’un demi-siècle.
Ces toilettes modernes n’ont plus les odeurs d’entant. Je ne peux m’empêcher, heureux veinard, d’ouvrir la fenêtre que j’y possède, de regarder dehors comme dans le temps, sentir l’air frais, écouter les bruits dans les arbres. Et puis si le vent est bien tourné vers le fenêtre, lorsque je relève pour….. et enfiler mon pantalon, je peux sentir l’air frais sur mes fesses, comme dans le temps.

Mais les odeurs d’antan sont ineffaçables. Acres dans la maison de Pontivy, imprégnant même  le journal La Croix. Vomissables dans les tinettes des pensionnats et de l’armée, bien sur à la turque, et où il fallait faire attention à ses pieds. Jouissables à Quimper, dans celles du pont Pissette, avec le bruit de notre urine tombant dans, on n’a jamais su  à cet endroit là, si c’était dans l’Odet ou dans le Steir.

 Je ne parle pas des wc des trains, où heureusement on avait deux mains, l’une pour s’accrocher, l’autre pour….

Que de belles et grandes ardoises d’Angers et d’ailleurs ont résisté à tous ces arrosages avant de disparaître pour des Decaud.

Sur le chemin du halage, un édicule, tout de blanc peint, intérieur et extérieur, est encore le dernier témoignage d’une aire disparue. Tout l’atelier d u 3 Cité de l'Odetn s’y rendait  dans les années 1950-  1965.

Peut-êtreMax Jacob s’y est rendu lorsqu’il .arpentait le halage

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans SOUVENIRS
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