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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 17:01

portraitsW.jpgEn 1877, Auguste Michel, entrepreneur à Pouldreuzic, reconstruisit le choeur de l’église ; les deux baies latérales sont exhaussées et élargies, et la « rosace », c’est-à-dire la baie axiale, est démontée ; on lit dans le métré des travaux exécutés : «  Retraite et pose du grand vitrail, 11 journée d’ouvrier à 5 f.., 3 journées de manœuvre à 2 F., 6 kilos de plomb, soudure, mastic, chaux, ciment, plâtre, remplacement de quelques verres, vergettes en fer blanc, 70.48 F. » L’ensemble des travaux s’élevait à la somme de 10.166,78 F. pour laquelle l’Etat avait accordé un secours. RBT.p.94.

Les Quatres Docteurs d’Occident. 1539.

 

 

 

Surface lancettes 3,60m2

Surface réseau : 4, 19m2

 

Bibliographie :      1904. Abgrall, p. 334.

1932.          Rayon, Pl. 87

1938.          Pérennès, p. 160

1952.           Couffon, p. 15.

1959.           Couffon, p. 11, 247.

1976. Barrie, p. 42, n. 35. Inv.

1978. Barrie, Thèse, p. 89-95.

Date inconnue le Progrès.

Arch. Dep. Finis. 1 v 438, 1877.

Evêché. 1857. 1877.

Ministère. Bureau. Objetilier. Mob. Dossier. Administration. 1916-1917. 1942.                            

 

Œuvre incertaine d’un  inconnu Jean Norman. Proposition de monsieur Couffon. On ne lit nulle part cette signature. Au dessus de saint Augustin, on lirait un possible SOV M   AT.

 

 

 




Baie du chevet,sujet:  les docteurs d’occident XVIe siècle ;



Michel, Auguste,        entrepreneur à Pouldreuzic.Vitrier de campagne ( rapporte le pêintre verrier  Tournel, peintre verrier)

                                   ,

En 1877, Auguste Michel, entrepreneur à Pouldreuzic, reconstruisit le choeur de l’église ; les deux baies latérales sont exhaussées et élargies, et la « rosace », c’est-à-dire la baie axiale, est démontée ; on lit dans le métré des travaux exécutés : « 

 

 

 



 

  Il semblerait que pour le vitrail il est fait appel à « un vitrier de campagne ». Cette appréciation sera donnée par la suite par Tournel lors de la restauration de 1917..

Je pense plutôt qu’il aurait sous traité avec un verrier local. Il pourrait s'agir des peintres vitriers Cassaigne,  ou de Manceaux Guéguen,  ce dernier qui dépose peu de temps auparavant les vitraux de Saint-Théleau en Plogonnec pour les reposer à l’église paroissiale.

 

1913. 

 

Une mission est confiée à  Tournel, peintre verrier , habitant 14 rue des Volontaires à Paris, dans le XVe. Il doit dresser un état des vitraux du Finistère. Le vitrail de Peumerit est classé l’année suivante. Une restauration est prévue par un dénommé Haubold, mais la déclaration de guerre l’annula.

 

1916.

 

Forte tempête en novembre, aussi l’architecte en chef Marcel propose la restauration. Tournel st chargé des travaux. Le devis se monte à 2.479 f. les inspecteurs sont Marcou et Paquet.

 

1917 

  Le vitrail  est déposé, Tournel écrit à l’inspection des Monuments Historiques et fait remarquer que ce vitrail qui pouvait donner en place l’impression d’être complet, ne l’ai pas du tout. Il y a énormément de pièces étrangères et parle d’une restauration rudimentaires d’un vitrier de campagne. Des pièces d’autres provenances ont été utilisées et de nombreux trous ont été bouchés par des verres non peints  blancs dépolis ou de couleur rouge, bleu.

 

1942-1950 ; Dépose des vitraux pour faits de guerre.

 

1955, restauration de Jean-.Jacques. Gruber. L’époque n ‘est pas celle des grands travaux de restaurations. Il s'agit probablement d’un simple passage en atelier des panneaux de vitraux, de la consolidation par soudure, peut-être deux à trois pièces en fourniture.

 

La restauration de Tournel.

 

Il fournit presque toutes les architectures manquantes. Les pièces de récupération non utilisables et remplacées par du neuf sont utilisées pour boucher les trous. Cela se remarque dans le réseau. Ces pièces proviennent d’ailleurs ou de cette verrière. Un élément de pied avec lacets est visible dans une mouchette. Elle pourrait provenir d’un des Docteurs . Une tête de diable est reconnaissable ainsi que des rondels XVIIe ou XVIIIe avec

 


Description.

La baie est composée de quatre lancettes trilobées et d’un tympan ou réseau flamboyant où rêgnent écoinçons, soufflets, mouchettes et rose à six pétales.

Chaque lancette a trois panneaux. La largeur entre meneaux est de 0,60ml, et la hauteur de 2,50ml.

Qui sont ces docteurs, objets du vitrail ?

Ils sont reconnus comme tels par décision du Saint-Siège. Le PapeBoniface VIII a déclaré docteurs: Saint Grégoire, Saint Ambroise, Saint Augustin et sSaint Gérôme. Aussi dès la fin du XIIIe siècle ont-ils occupés une placei mportante dans l’iconographie. D’autres ont été  rajoutés à ceux ci, mais leur rôle fut bien moindre.

L’ordre observé entre les quatre premiers a souvent varié.


Cependant en tenant compte de la dignité, le Pape, ce n’est pas le cas ici, devrait avoir la première place et le cardinal la seconde ? Il resterait à savoir si sSint Augustin doit passer devant saint Ambroise qui fut son maître.

Ici dans cette verrière,Saint Ambroise passe le premier, il n’est qu’archevêque.


Le second est le Pape Saint Grégoire,

le troisième Saint Jérôme,  soit disant cardinal et traducteur de la bible en langue latine


,Le dernier Saint Augustin, connu pour être le fils de Sainte Monique, il fut attiré vers la vie religieuse, après une vie tumultueuse, et ce, par les prédications de saint Ambroise.

Leur nombre de quatre symbolise les quatre fleuves du paradis terrestres,

comme les quatre évangélistes, les quatre éléments, les quatre saisons et les quatre vertus cardinales.

Leurs attributs sont communs à tous.

Le livre de la doctrine et de l’enseignement, la plume et l’écritoire, parce qu’ils ont écrit ; la lampe, parce qu’ils ont veillé et éclairé l’ Eglise, le siège, car ils sont maîtres et ont enseignés, les anges pour indiquer l’assistance céleste, une église, par allusion à l’édifice spirituel.

 




Lancette a . ( nous démarrons du côté nord pour aller vers le côté sud)
Saint Ambroise et le chanoine donateur.


 Debout dans une niche, devant une tenture de couleur verte damassée de cercles, derrière lequel deux bustes d’anges, les mains jointes, apparaissent. Ce sera le cas pour les trois autres docteurs. Tourné vers le centre, saint Ambroise, coiffé du bonnet carré des docteurs, tient ouvert des deux mains, l’une sur le côté, l’autre dessous, un livre vers lequel il se penche. Peut-être un livre concernant plus spécialement la réforme du chant liturgique qu’il instruisit..
 A ses pieds,  un chanoine  prend la pose de l’orant, à genoux devant un prie dieu au livre ouvert, les mains jointes, le visage tourné de trois quart, nez bossu, paupières enflées, petits yeux malins portant vers le haut gauche et souriant, cheveux foncés couvrant les oreilles et taillés au raz du cou. Ce Chanoine est vêtu d’une soutane rouge, d’un surplis probablement en lin, par dessous une chape dorée et damassée, avec orfroi et un  large fermoir de la forme d’un écu portant au centre un bœuf.  Il doit s’agir  du recteur de la paroisse de Peumerit-Cap-Caval des années autour de 1539. La paroisse dépassait à l’époque les 1200 communiants

Lancette b.
Saint Grégoire.

Grégoire dit le Grand fut pape de 590 à 604 ; « Serviteur des serviteurs de Dieu » se défissait-il. Il affirma la primauté de Rome face aux Byzantins et aux Lombards. Il est lus connu par sa réforme des clercs dite réforme grégorienne. Quant au chant grégorien qu’on lui attribue, cela est possible.

En tout cas il est représenté dans cette lancette, coiffé du même bonnet que le précédent. Si on ne lui a pas donné la première place à gauche, c’est peut-être qu’ici, il est comme le suivant tourné vers le milieu, centre de l’autel et place de la Croix. Il porte camail robe et manteau. Il tient de la main gauche un livre à couverture de couleur rouge possédant des ferrures. L’artiste pour les obtenir sur ce verre rouge n’a pas hésité à le graver.   Son attribut, la tiare se trouve à la hauteur de la hanche droite. Plus bas, deux anges adorent une monstrance.

3e lancette.
Saint Jérôme.

Il se tourne vers la gauche. Son regard, fixé sur une crucifix qui a la forme d’une lance, accompagne ses mains jointes. Il porte une barbe et un front dégarni, ce qui indique qu’il a vécu dans le désert. Le lion couché à ses pieds est un rappel de celui à qui il arracha une épine dans ce même désert. Il porte sur le dos un chapeau rouge de cardinal, parce qu’on a cru longtemps qu’il était cardinal alors qu’il n’était que le secrétaire du pape saint Damase.  Ce chapeau est retenu par un cordon qui descend agrémenté de houppes jusqu’à ses genoux, par dessus une chasuble rouge. Le livre à couverture bleue et a ferrures, ainsi que l’encrier et le plumier sont aussi ses attributs. Comme on l’a dit plus haut, le livre pour sa traduction de la bible, l’encrier et le plumier, parce qu’ écrivain ecclésiastique.

 

 

 

 

 

Réseau.

Parmi les anges nous trouvons divers instruments de musique : mandoline, harpe, orgue portatif, flûte traversière, cornet, tambourin,.

Dans la baie 8 ont été posées deux pièces provenant du Chevet: Les portraits d'un probable moine et celui fd'une donatrice.

 











LA CURIOSITE:

Le vitrail de Peumerit



Le chevet de l’église de Peumerit est éclairé


d’un grand vitrail dont ni le remontage 1877, ni les restaurations subséquentes n’ont altéré le caractère général.

Certes dans le réseau flamboyant qui constitue la partie haute
 plusieurs soufflets et mouchettes ont  été grnies de pièces de verre récupérées ici et là sans ordre ni sens.

Mais l’ensemble reste cohérent

Au lieu de la Crucifixion assortie des scènes de la Passion, que l’on voit dans d’autres églises

 

le vitrail de Peumerit, dont le donateur est un ecclésiastique anonyme représenté à gauche

,est consacré aux quatre grands docteurs de l’Eglise d’Occident, saint Léon, saint Grégoire saint Jérôme et saint Augustin, fort bien individualisés.

 

 

 

 

Il n’est que devoir ce dernier tenir familièrement de la main droite un pan de sa de capuche.

Parmi les trente-cinq angelots dénombrés  dans l’ensemble de la baie, se distinguent les musiciens, Ils pincent le luth ou la viole, ils tou-chent l’orgue. l’un embouche le trombone, un autre tient une flûte droite un autre encore  une traversière. Les silencieux s’agenouillent mains jointes ou tournent les yeux vers le ciel. On voit ces anges dans les soufflets et les mouchettes. Il en est de juchés dans les dais de couronnement des niches qui abritent les
docteurs.

 
    Des chérubins, plus païens que chrétiens,«putti » nus ,chers de la Renaissance tiennent les cartouches sur lesquels s’inscrivent les noms dos savants personnages cités plus haut. Le Progrès!!!

 

 

La réstauration: une haute qualification.

 

Le nombre de travaux pour restaurer ce vitrail,nécessitant une haute qualification est trop important pour une main d’œuvre non spécialisée ;

On peut relever  la fourniture et  la façon  56 pièces avec peintures de pièces à l’identique. 

Ce qui n’est pas offert à tout le monde vu la difficulté de se mettre au premier abord dans l’esprit de l’œuvre.

Cela demande une grande connaissance  des vitraux duXVIesiècle Cornouaillais, des grisailles de l’époque et de leur façon de les déposer.

Pour un peintre qualifié, ce travail demanderait une moyenne d’une demie heure par pièce

Le collage des pièces brisées seront au nombre minimum de 282 et il faudra fournir 40 doublages par un verre adèquate avec au moins pose de dépoli et apport de trait de grisailles si ce n’est de lavis.

Tous ces travaux énumérés ci dessus ne peuvent se faire simultanément ; temps de cuisson et de refroidissement, séchage des colles et des doublages.

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans VITRAUX XVI°
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