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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 17:41

 Presque toujours, on rejoignait des camarades le long du trajet ;  Et si on arrivait en retard, le coin  et le bonnet d'âne était pour nous. 

certains couraient dans tous les sens,

Il en était de même dans la cour  la récrécertains étaient plus calmes, marchant de concert ou accompagnés par des plus grands..ce qui fut mon cas. 

 

  Les commerçants étaient ouverts, certains  sur le pas de leur porte qui nous regardaient passer , parfois nous adressant la parole,  un peu plus longuement que : « petit, tu vas à l’école » 

 

 La boutique du boucher était hors du commun.

 Des grilles peintes en rouge qui le fermaient la nuit  Lorsqu'elle étaient ouvertes, des crochés tendus vers le ciel sortaient de sa façade.

 

Y étaient accrochées des têtes, des carcasses de vaches et des chapelet de saucisses..  Un petit ruisseau de sang se glissait vers la rue se créant un passage dans la sciure.

 

 

 

 Mais ces rêveries avaient toujours une fin. Souvent la cloche de l’école nous demandait de nous activer. 

Du coup, nos galoches  ou sabots teintaient sur le sol laissant derrière elles des étincelles

 

 Chausser leurs enfants était un casse-tête pour les parents, Mais aussi pour eux, peut-être un peu moindre. Les pieds grandissaient,

 

on coupait les bouts pour laisser pousser les doigts de pied, les semelles était en bois coupé en tranches collées à un support. cela était ainsi moins rigide que les galoches aux semelles de bois. Ces semelles recevaient  des protections en caoutchouc découpé sur de vieux pneus. En ville, la plus part du temps les rues étaient pavés avec une rigole de chaque côté quand elle n’était pas au milieu. 

 

Dans certaines rues, l’herbe poussait entre ces pavés. La commune nous demandait de les enlever.

 

 Ces rues, on y faisait des barrages et on y déposait des navires de papier, souvent pages de nos cahiers.

Il n’était pas rare que, lors de nos allers et retours à l’école, nous faisions des blagues ou des bêtises. Cela était plutôt réservée pour la sortie à la fin de la journée.

 

Faucher le cartable d’un copain,  probable tête de turque, courir pour le jeter par dessus un mur. Entrer chez des commerçants et poser des questions plutôt fallacieuses, tirer les sonnettes, rares à cette époque, plutôt faire cogner le marteau de la porte.

 

 

Dans la cour,  franchi le portail, s’était la foule, et le bruit. Cela grouillait de toutes parts.

 

 Quelques arbres  taillés en bouquet,  recevaient à leurs pieds nos cartables, quand ils ne servaient pas de point de ralliement, de discussion, le dos appuyé contre son écorce et les pieds nonchalamment posés sur le sol de la cour. Rarement goudronné, souvent en terre battue avec quelques gravillons qui écorchaient les genoux. Les prévoyants avaient pris place dans les pissotières aux pans d’ardoises d’Angers, accolées au W.C à la turque, aux portes de bois orphelines des parties inférieures et supérieures. Certains en avait peur. Ils se retenaient jusqu’au moment où il fallait à tout prix lever le doigt, avant que l’accident ne vienne avec les larmes.

 

 

A la cloche,  finis les jeux, les parlotes. On se mettait en rang  de deux ou de trois devant les maîtres, qui pour mieux nous voir  et calmer ce monde de garnements, montaient sur la marche de la porte de leur classe ; à l’abri d’une véranda souvent simple petit toit à une seule pente reposant sur des colonnes de ferrailles.

 

Des arbres, une multitude de moineaux essayaient  prudemment de descendre picorer sur le sol les miettes de nourriture que nous avions laissé tomber : pain et chocolat de notre goûter, gâteaux vitaminés de couleur rose que l’on nous donnait sous la photo d’un chef d’Etat, devant laquelle nous chantions sans bien comprendre : « Général, nous voilà ».

 

Dans un silence lourd, l’appel avait lieu, une bonne vingtaine de « présent » coupée de : « il est malade msieur »  Cet inventaire terminé, le maître se mettait sur le côté et la petite tribu, cartable à la main, quittait la cour.  Il y avait toujours deux ou trois qui s’échangeaient des secrets en avançant et deux ou trois autres qui se faisaient des crasses.

  Des arbres, une multitude de moineaux essayaient  prudemment de descendre picorer sur le sol les miettes de nourriture que nous avions laissé tomber : pain et chocolat de notre goûter, gâteaux vitaminés de couleur rose que l’on nous donnait sous la photo d’un chef d’Etat, devant laquelle nous chantions sans bien comprendre

Le calme, que le maître avait  à peu près réussit à instituer,  devenait lettre morte dès et lors du passage de la porte de la classe.  Ce n’était plus le jour de la rentrée, où chacun de nous, l’anxiété ou la découverte aidant, avait du mal à prendre place. Les cartables glissaient sur les tables,  les blouses grises ou bleues remplaçaient les manteaux, cabans, cirés ou simples vestes. Le grand tableau noir, bien scellé, nous faisaient face, encadré d’une carte de France et du monde.

 

 Debout sur la droite de  ce tableau, le maître ; en blouse grise blanchie de craie,  la main droite dans la poche , la gauche tenant une grande règle, attendait   que nous soyons tous assis  dans le silence. « Sortez vos ardoises. Ecrivez sur votre cahier à la page  blanche : J.M.J. jeudi 14 octobre 2004. Puis  la phrase de morale qui est sur le tableau : Ceux qui ne vont pas à l’école resteront des ignorants. »

 

 

 

 

 

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans SOUVENIRS
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