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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 17:58

 

êchions à la traîne du maquereau,  et nous avions chacun notre ligne qui cisaille nos doigts. J’ai neuf, dix ou onze ans. Avec les tantes Rachel et les cousins nous embarquions sur une grosse barque, ou canot ventru en bois, peinte en noir, qu’elles poussent lentement avec leurs rames au delà de la pointe du Cador. Là, l’ancre jeté, nous y pêchons de la vieille, au ras des falaises.

 

 De ses falaises, mais un peu plus près du port, nous jetons dans l’eau des grenades allemandes, trouvées dans les bois,   qui tournoient  les airs avant de crever d’ondes bouillantes la surface de l’eau.   pas très beau!

 

 Un canot, à sec sur le sable, au pied de ces falaises,  embarquent les deux ou trois cousins   qui vont ramasser la multitude de poissons flottant sur l’eau, le ventre en l’air. 

 deux parts sont faites nous le mangerons dans chaque famille ;

 

La pêche au lancer, c’est l’affaire du père C’est plutôt l’occasion,  et le poisson qui font le larron.

Comme pêcheur il est plutôt spécialiste du lancer, c’est plus vivant.

 

 

  Du môle, nous avons remarquer un banc d’aiguillettes qui blanchit l’eau à l’entrée du port. Pour rejoindre le lieu, nous empruntons le canot d’un des oncles Boulineau, et poussons, mon père et moi, à un demi mille du bout du môle. Là Mon père est debout dans le canot,  non ancré, les jambes bien coincées contre le banc. Je suis prêt à intervenir à la godille. Chaque lancer en  plein dans le banc ramène l’une d’entre elles, et leur vivacité, leur fait  parfois traverser la  largeur de la barque.  Il faut les ramener d’un coup de canne.

Mon travail, c‘est, la godille posée entre les jambes, de les décrocher du triple hameçon. Très vite, elles grouillent

. Chaque lancer en  plein dans le banc ramène l’une d’entre elles, et leur vivacité, leur fait  parfois traverser la  largeur de la barque.  Il faut les ramener d’un coup de canne. Mon travail, c‘est, la godille posée entre les jambes, de les décrocher du triple hameçon. Très vite, elles grouillent entre mes jambes, coups de queue, coups de bec. Il faut que je les  prenne une à une des deux mains et les tape sur le banc de nage, pour les estoubir. ne fois, au large,

ils semblent plus nerveux, plus rapides. Car ils attaquent un banc de maquereaux qui est à la poursuite d’un immense banc de sprats.

 

 Nous suivons des yeux  cette écume et ce bouillonnement de toutes les couleurs qui s’approchent de nous à grande vitesse. Cette fois là c’était un jour de grande marée. Nous étions sur le quai auprès de l’hôtel Hervé. La hauteur de ce quai ne dépassait pas deux mètres. Les sprats arrivèrent, une nappe immense, poussés par les  maquereaux chasseurs qui de temps en temps arrivaient à s’y  incorporer. Nous étions là sur ce quai, les haveneaux étaient là aussi. Nous plongeons à trois , quatre, les pieds en avant dans cette mer visqueuse, du poisson jusqu'à la poitrine et à grands coups d’haveneaux et même avec des seaux nous jetions notre pêche sur le quai. Toutes sortes d’instruments de récipients de cuisine provenant de l’hôtel  y étaient déposés. Des seaux des voisins les rejoignaient.  Sur le quai, les gens les remplissaient. Cela dura peut-être dix minutes et le banc trouva la sortie.  Très vite le quai se vida ,  C’est sur le quai  que nous déposions  notre pêche miraculeuse.

 

D’autre fois, cette pêche  au lancer se passe du môle.

Un banc de poisson plat,  une bonne centaine, je ne sais plus s’il s’agissait de sols, ou de carrelets, se prélasse sur le fond sableux dont ils ont pris les couleurs.  Ils présentent leur nez vers le môle ; de temps en temps, d’un petit coup de queue, elles se font de la place . Ce jour là, mon père m’a passé une ligne. L’hameçon triple siffle dans l’air avant de s’abattre dans l’eau. De leur part, à peine une onde fait vibrer leurs corps lorsque l’hameçon tombe près d’elles. Dans le cas où  l ‘hameçon leur tombait dessus, d’un mouvement nerveux le poisson vole par dessus sa voisine  en dégageant un petit nuage de sable.  Notre hameçon traîne au fond, et nous le faisons avancer doucement prêt à ferrer la proie..  Ce manège devait se reproduire  deux à trois fois avant que nous en accrochions une.  Durant plusieurs jours, à peu près à la même heure, nous nous retrouvames sur ce môle face à ces poissons

 

Des dauphins, nous pouvions en voir ou en rencontrer souvent. Ils se font un malin plaisir de passer sous notre barque ou même, lorsque nous nageons, de nous frôler. Une fois, au large, ils semblent plus nerveux, plus rapides. Car ils attaquent un banc de maquereaux

 

 

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans SOUVENIRS
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