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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 14:46

 

le bonnet d'âne-copie-1Souvenirs des passages aux écoles primaires de  Landerneau, Pontivy, Quimper saint-Joseph et Saint-Yves. 1939-1945

 

Avant de partir à l’école, il fallait bien se laver les mains et la mère faisait souvent l’inspection : « Montre tes mains, dessus, dessous; as-tu un mouchoir ?, as-tu  bien préparé ton cartable ? n’oublie rien.  Sois sage, Travaille bien. Rentre à la maison directement ; ne reste pas traîner !. » Chapelet habituel et journalier que nous recevions d’une oreille ouverte à d’autres bruits venant d’ailleurs.

 

 

 

 

 

Pour l’habillement, on était en période de restrictions, de bons, de tickets. Les parents devaient se débrouiller de toutes les façons honnêtes. Mères, grand-mères, tantes, amies tricotaient, cousaient, agrandissaient, diminuaient, ajoutaient. Il n’était  cependant pas question d’être mal fagoté.  Tout vêtement prenait une valeur jusque là jamais atteinte. On se devait d’y faire attention. Mais l’âme d’enfant, bien qu’on lui est rabâché : « fait  bien attention à tes vêtements », est occupée à  bien autre chose et il ne fallait pas oublier son cache nez ou cache col, le passe-montagne à certaines époques. Celui-ci, comme le précédent, était souvent mâchonné et du coup, humide près de la bouche. Avec les passe- montagnes,  apparaissaient les paires de gants, en laine, souvent œuvre d’une grand-mère ou d’une tante ou transmission d’un frère ou sœur aînée. Les gants en cuir étaient plus rares, héritage d’une génération précédante J’en héritais d’une paire mais elle ne fit pas long feu, à cause de mon inexpérience.  Trop mouillée d’avoir modelé des boules de neige, je me devais de la faire sécher. Le poêle à bois du fond de la classe  se proposa comme moyen d’y remédier.  Je connaissais pas encore les résultats de ce séchage. Une odeur suave et âcre à la fois qui prenait le nez emplit très vite cette classe. Des deux gants, il ne restait qu’une forme tortillée où il était impossible d’y glisser le moindre doigt.  Au fond de la classe, le maître, debout, les tenait au bout de deux règles. Il m’appela et me les lança.  Ce poêle me fait  penser aussi aux bottes, souvent vieilles souvent  percées que l’on portait  parsemées de rustines. C’était quelque chose de nouveau, qui permettait de glisser le pied dans les caniveaux et ruisseaux, tout en faisant attention de ne pas laisser l’eau dépasser la limite et rejoindre nos chaussettes et pieds. Un jour de grande marée, c’était à Landerneau, le caniveaux se présenta brusquement plus profond. J’avais lâché la main d’un plus grand qui m’accompagnait.

 

 A l’école,   plus profond. J’avais lâché la main d’un plus grand qui m’accompagnait. A l’école,  le floc floc venant de mes bottes averti le prof. Il m’assit sur la table la plus proche et se mit avec peine à décoller l’ensemble bottes, chaussettes. Celles-ci terminèrent sur un fil  au-dessus du poêle et les bottes se remplirent de vieux journaux. 

 

 Quand à mes pieds, il les enveloppa dans une serviette sortie de je ne sais où.

 

 

 

Pour alimenter ce poêle, nous devions apporter, du moins ceux, dont la famille le pouvait, chaque lundi, les retardataires ou les oublieurs le mardi,  une bûche. Elles ne pouvaient pas être bien grosses ces bûches. 

 

 On vit cependant de pauvres garçons s’écroulait au pied du poêle, la porte de la classe franchie De leur côté, certains pères, souvent fermiers,  fournissaient l’école plus copieusement. Moi, je les extrayais du petit bûcher, m’arrangeant pour ne pas le faire écrouler ; Il n’ y avait pas à l’époque de chauffage au mazout ou au gaz

.

Avec des bons,  et dans la mesure où nous avions le droit,  et si les parents étaient économe,

 

on pouvait avoir un peu de charbon, du coke, de l’anthracite que des charbonniers aux visages et aux mains noirs venaient livrer en portant le sac sur leur dos.  Les mêmes personnages nous apportaient de la tourbe ou du bois.

 

Dans les maisons de mes parents ou grand-parents, nous étions des riches.

Nous avions un chauffage central. On y brûlait aussi bien du bois, du charbon, de la tourbe et tous ce qui pouvait se consumer. Il est  arrivé cependant très souvent à cette époque, que cela manquait

 

  . La porte de la maison franchie, c’était une sorte de liberté qui se présentait à nous jusqu'à l’école. On avait oublié les conseils des parents tel que « Surtout ne traîne pas sur le chemin de l’école ». Les voitures automobiles étant inexistante ; pas de « fait attention aux voitures ». On croisait  à ces heures matinales certes les charrettes des fermes qui livraient les commerçants, ou les calèches ou charrabancs de certaines fermières livrant leur lait et venant faire leurs courses. Les jours de marché, des vaches beuglaient au bout de leur corde tirée par un homme souvent . La porte de la maison franchie, c’était une sorte de liberté qui se présentait à nous jusqu'à l’école. On avait oublié les conseils des parents tel que « Surtout ne traîne pas sur le chemin de l’école ». Les voitures automobiles étant inexistante ; pas de « fait attention aux voitures ». On croisait  à ces heures matinales certes les charrettes des fermes qui livraient les commerçants, ou les calèches ou charrabancs de certaines fermières livrant leur lait et venant faire leurs courses. Les jours de marché, des vaches beuglaient au bout de leur corde tirée par un homme souvent .

 

C’était l’époque de l’Occupation qui dura quasiment tout le temps de notre primaire. Et on  avait oublié difficilement : « m’accepte pas de bonbons ! »  Aussi à la  vue d’un uniforme, surtout en casquette, on changeait de côté. On évitait leurs immenses charrettes à quatre roues grinçantes souvent attelées de 2 bourins. Elles se rangeaient  sur la place Saint-Mathieu,  accrochées aux arbres, en attente de chargement, et leurs chevaux nous montraient, piaffants et hennissants, sur un tapis jaune et chaud de purin,  leurs sexes raides, à la hauteur de nos yeux. Cela, on ne l’évitait pas et procurait, semble-t-il une certaine chaleur en notre corps. Lorsque nous étions plusieurs à regarder, nos discussions, souvent triviales, faisaient sortir de leur café les soldats conducteurs de ces engins. Une fois, à l’heure de midi, un de ces véhicules s’emballa,  le chargement terminé, les rênes traînant par terre, le conducteur, sans calot, en bottes de cuir, courait derrière, criant des jurons incompréhensibles. J’étais avec mon père, je l’avais rejoins après les cours de la matinée. Je le vis bondir devant cet attelage les bras levés en V. Les chevaux, bavant, s’arrêtèrent, tapant de leurs fers sur le pavé. Il pris les rênes et attendit l’arrivée du « boche » De chez le coiffeur, on sortit, patron en tête, visage à mousse blanche, officier en uniforme, le crâne pas entièrement tondu, le garçon lui tendant la main..

 

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans SOUVENIRS
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