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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 18:14

PETIT INVENTAIRE DES ARBRES DE JESSE, EN BRETAGNE

 Tout d'abord, l'arbre de Jessé est un thème qui n'est apparut dans les vitraux, qu'au XII° siècle

Cette généalogie, symbolique du Christ, a connu au Moyen âge et à la Renaissance un grand succès dans toute la france et aussi en Bretagne. Pour cette région dans une cinquantaine de communes,

Morbihan,



Beignon, église, Saint Pierre, vitrail du milieu xvi°.

Les armoiries de Monseigneur Bohier con firment cette date.Cet personne occupa le siège de Saint Malo de 1535 à 1567.

Il s’agit d’une composition étagée ne tenant pas compte des panneaux les personnages étant liés par les ramifica-tions du tronc principal qui, de Jessé, aboutit à la Vierge au  sommet du réseau.

 Jessé est représenté endormi, assis sous un dais ou tente de forme ronde dont Elie et Jérémie, debout, tiennent les pans servant de porte. ~

Jessé, “souche de l’arbre généalogique du Christ” est représenté par un vieillard à longue barbe. Il était très âgé lorsque ‘il eut David, son huitième fils. Souvent allongé, il semble que la position assise ait été adoptée par les ver-riers rouennais.

Il faut cependant noter que la position allongée est difficile à composer dans une verrière à trois lancettes.

Elie et Jérémie ne sont pas différenciés par un phylactère portant leur nom et l’on peut supposer que le premier se trouve à droite; le phylactère qui le survole reprenant la prophétie (Isaïe XI.1-3) ‘Il sortira un rejeton d’Isaïe et une fleur naîtra de ses racines” Isaïe étant la forme hébraïque et Jessé la transcription grecque.

 

 

.

 

 



Au-dessus de Jérémie, nous relevons “de Jacob monte une étoile et d ‘Israël surgit un sceptre” oracle de Balaam dans le livre des nombres 24.17.

L ‘arbre ne plonge pas ses racines dans le coeur ou les entrailles de Jessé. Il apparaît derrière et sert de mât à la tente. Est-ce dans un esprit de recherche où la sensibilité de la première façon a voulu être expurgée?

L’arbre est ici plus proche de la sculpture en bois dont les feuilles ont été remplacées par des entrelacs décoratifs. Cela rappelle les “arbres à oiseaux” que les navigateurs aux longs cours du XIXe rapportaient chez eux.

Les rois circulent sur les branches dans une pose que l’on pourrait qualifier de photographique et que l’on peut rap-procher facilement du théâtre de mime. Le dialogue semble s’amorcer entre certains et peu portent leur regard vers la Vierge, fleur de cet arbre à qui il a été réservé les seules feuilles comme support et dont la forme peut rap-peler un nid.

Cela nous a mené à comparer cette verrière avec l’arbre de Jessé de Moulins chez qui, au premier abord, il y a plus qu’un cousinage. Le choix de l’emplacement des ferrures de Moulins nous explique le pourquoi des petits de Beignon

Dans les deux verrières, la séparation, panneaux par panneaux a lieu aux mêmes endroits, aux mêmes emplacements du carton. Mais ici, à Beignon, les rois sont plus étirés. Il s’agit bien du même carton dont les besoins de la mise en place ont fait agrandir ou diminuer les personnages et les branches de l’arbre. Ce procédé est fréquent. Nous l’avons relevé sur les verrières XVe et XVIe de Guengat, Gouézec et Kergoat en Quéménéven.

Plusieurs différences existent cependant. On le remarque dans l’attribution des noms de rois. Seuls, Salomon, Joatham ont le même emplacement dans les deux cas.

Les personnages ont les mêmes attitudes, du moins chez les rois. Seules les couleurs ont changé et parfois les détails tels que sautoirs, épées, bourses. La coiffure que porte Joaram-Manasses a subi les contraintes de l’architecture à Moulins.

Ici, les branches de l’arbre ont été allongées, grossies, sup-primées. La tente est la même qu’à Moulins, le décor change. Jessé a la même pose. Les prophètes sont assis. Les phylactères blancs avec lisière jaune à Moulins sont devenus ici entièrement jaunes. Quant au jaune d’argent, il est moins bavard Les gravures en rouge se retrouvent mais un peu moins nombreuses.

Autre différence, la Vierge de Beignon présente l’enfant sur le bras gauche et semble reposer sur un siège posé sur des nuages. Quant aux prophètes, ils ont fait place à des anges.

La datation de la verrière de Beignon, grâce aux armoi-ries d’or au lion d’argent au chef de gueules, de Monseigneur Bohier, situent en principe cette oeuvre entre 1535 et 1576. Cette datation peut-être confirmée par le mélange des caractères gothiques et romains. On donne l’année 1562 comme étant la date charnière, du moins en Bretagne, du passage irréversible du gothique au romain.

Nous voyons aussi à la même époque, le passage du chiffre romain. Cela a-t-il quelque chose à voir avec la clôture du Concile de Trente?

Une étude approfondie de cette verrière de Beignon, accompagnée de celle  de Moulins et de l’Arbre de Jessé de la Ferrière pourrait nous offrir une autre approche de l’Atelier rennais de Michel Bayonne dont la verrière de Moulins nous livre un peu de ses secrets qui sont dans la tradition des verrières XVIe.


Au nombre de douze, comme il est de convenance a cette époque, alors que Matthieu en relève près de trente générations, les rois s ‘étagent le plus près possible de l’ordre généalogique que donne l’évangéliste dans la deuxième partie de son texte et qui se rapporte à la généalogie au temps de la déportation à Babylone.

Ils portent tous la couronne, posée parfois sur des tur-bans, des chapeaux ou des bonnets pointus, insigne des Juifs, même David qui lui n’a pas le droit au sceptre comme veut l’iconographie. Les sceptres, par leur raideur, amènent un plus à la composition tout en courbes. L ‘épée de Goliath, l’un de ses attributs anciens, est partie chez Ezechias, motif répété chez Achez. Salomon, à qui la tradition faisait porter le turban le porte bien ici mais il se trouve en sandwich entre la couronne et un genre de bonnet.



La Vierge et l’enfant Jésus sont insérés dans une auréole ovale dont le champ jaune est couvert de rayons droits et flamboyants.



A Moulins, comme à Beignon le verre incolore est utilisé partout pour les têtes, les mains et certains vêtements. Il permet de jouer avec le jaune d ‘argent qui ici est très riche, allant de l’orange au jaune citron sur la même pièce, posé par-fois par touche. Il se retrouve sur le verre jaune auquel il donne une autre profondeur, il colore les gravures sur rouge. Le fond est d’un bleu solide. Les damas courent sur les vêtements.

La grisaille noire donne le trait mais est parfois rem-placée par une couleur brune qui, lorsqu’elle est légère, prend la place de la sanguine. La pose est exécutée à petits traits. Les enlevés sont faits avec une petite brosse dure. La grisaille se présente en bon état, mais est parfois déficiente aux alentours des plombs. Le fondant utilisé ne doit pas être mélangé dans une bonne proportion ce qui n’a pas permis un bon enrobage des grains d’oxydes métalliques et une bonne liaison entre la peinture et le verre support. La grisaille est pourtant posée sans empat-tement. Au dos, il a été posé des jus, des sanguines en plus du jaune d’argent.

L ‘ensemble des verres présente des bulles et ils sont assez bien conservés malgré une légère altération en particulier sur le jaune ; La palette de couleur est simple: bleu, rouge, jaune, vert, pourpre.

La mise en plomb présente une coupe très habile avec des incrustations en chef-d’oeuvre.


En 1878, Auguste André rélève pour la baie du chevet avec la vie de Saint Pierre la date de 1540 quel'on voit toujours. Il signale que ce vitrail est moins complet et moins parfait que l'Arbre de Jessé, cependant  fort remarquable.

Il relève dans le tympan le Père éternel, plus bas à gauche, Jésus portant sa croix,actuellement ange de la Passion, à droite, Saint Etienne, maintenant devenu ange de la Passion. Il ne relève pas le Christ réssuscité. Les cartouches supérieures  des lancettes présentant alors beucoup de lacunes, panneaux A5 A6, b6, C5,C6, " ce ne sont que des débris."

 

Toujours dans cet édifice Auguste André signale dans une autre croisée un Saint-Michel terrassant le dragon et la sainte Vierge, vitraux qui sont actuellement absents

 


Férel.
Guern,  Notre-Dame de Quelven., objets de contestations


Le Faouët, chapelle Saint-Fiacre, 1480,.
Baie 4, Arbre de Jessé, vers 1480,  3 lancettes ; 4 panneaux chacune,
Réseau, 4 mouchettes, écoinçons. instruments de la Passion, colonnes, lance, fouet. 2 IHS dans soleil.

 restauration Delon 1910-1917,

L’Arbre de Jessé ne prend que la lancette centrale soit trois panneaux ? De Jessé endormi monte un arbre, avec phylactères, ou seuls 6 rois sont présents, arbre qui se terminent par un Christ en croix, entouré de Marie et Jean. Deux anges psychopompes volent sous les bras du Christ

 Dans les lancettes de côté, les apôtres sont présentés par groupe de deux,  Pierre et Paul,  Simon et Mathieu, Philippe et Barthélemy,, André et Jacques le Majeur, Thomas et Jacques le Mineur, Jean l’Evangéliste et Jude.
 ,
 Lignol,
Malestroit, église ;
Melrand, chapelle de Locmaria,
Ploërmel, église
.Langonnet, VD
Stival, 1552,  Jehan le Flamand.
 
Côtes d’Armor : 

Gausson, 1545-1560.
La Ferrière, église NotreDame1551 - 1528. auteur;Michel Bayonne Au centre Jessé est sous un pavillon avec à a droite,Issaîe  Au dessus apparaissent les rois de Juda dont Juda avec sa harpe

 

 Lansalaun, église

 

 Moncontour, 1530-1540,
Paule, Michel Bayonne. 1528.
Plouguesnat, église église Saint-Pierre,vitrail mutilé fin xv°

Arbre de Jessé,  vers 1530-1540.

3 lancettes  avec chacune 4 panneaux et 5 dans la lancette centrale. Réseau de 2 écoinçons.

 

 

 

 .

 



MORBIHAN FEREL 56 <église

 

église,  bras sud transept, Arbre de Jessé. Restauration JPLB

autres baies, vitraux commémoratifs guerre 14-18 avec photos des morts pour la France


Ii
Ille-et-Vilaine :

 Fougères, église Saint-Sulpice.VD.vers 1420
Gausson, chapelle.Saint-Nicolas
Les Iffs, église
La Guerche de Bretagne, église, proviendrait de l’ancienne nef, il conserve incomplet sept panneaux.

 
.Moulins, église, bras nord du transept.vitrail nord de l'égliseMoncontour, église
Vitré, cathédrale
 Finistère,
Locronan,  chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle, tête
La Martyre, 1562,  fragments
Meilars, église Notre-Dame de Confort, baie du chevet
Pont-Aven, chapelle deTrémalo, fragments.
Quimper, église de Kerfeunteun. 1520-1535.auteur Le Sodec
Quéméneven, chapelle Notre-Dame de Kergoat, fragments en plusieurs baies.
Quimper,  église Saint-Mathieu. VD. Ergué-Armel, 29,chapelle de Kerdévot, restes en baie 0.

 

 

ARBRE de JESSE

La fenêtre du transept Sud de l’église de MOULINS nous offre un arbre de Jessé du XVIe dont 75 % des pièces sont d ‘origine. Seules les 5/6e de la partie basse des trois lancettes, au-dessus du second fer sont du XIXe. On y voyait auparavant, d’après un cliché Monuments Historiques, un montage borne en verre teinté clair à demi masqué par un voilage. Le mystère demeure sur la disparition de ces cinq panneaux.

 

La reconstitution de cette partie basse est d’une très bonne tenue et de très grande qualité. Elle est très difficile à déceler pour un oeil non averti; les verres anciens étant très peu attaqués et la différence de valeur est très minime.

 


Loire-Atlantique,
Missillac


Autres départements.


Mantaudin, Mayenne. Eglise -Notre-Dame, Arbre de Jesse, restauration Alleaume 1911
Rouen, vers 1500, Dossier photos Vitraux XV et XVIe2
Fragments :
Ergué-Armel, 29,chapelle de Kerdévot, restes en baie 0.
 Gaussons, 22,chapelle Saint-Nicolas.
La Guerche de Bretagne
Locquenvel, 22, église
Melrand, 56, chapelle de Locmaria.


Quéménéven, 29, église.
Quéménéven, 29,lchapelle Notre-Dame de Kergoat,  baie 5 Ezechias et Jechonias.  Baie 11, avec comme éléments de texte : REV  puis IANNE DRO.



vitraux disparus.

Quimper, 29, église Saint-Mathieu
 Langonnet, 56,la Trinité,
Fougères,35, église Saint-Sulpice.
Vitré, 35, Saint-Nicolas, verrière signalée en 1924 par Bourde de la Rogerie.

VITRAUX DES XIXe et XXe.

Gouesnou, 29,église, 1968-1972, bras sud du transept, 1968  Jacques. Le Chevalier.
Lanmeur, 29, chapelle Notre-Dame de Kernitron,  XXeHSM.
Pleyben, 29, église Saint-Germain,  XIXe, baie 2.
Sainte-Anne d’Auray, 56, basilique, 1972, Rocher.  un Arbre de Jessé avec Marie et l’enfant au sommet.


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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans VITRAUX XVI°
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