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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 04:57
–                             RENNES

– EGLISE SAINT-GERMAIN– VITRAIL BAIE SUD

                ANNE ET JOACHIM



                        Généralités

Composée de panneaux de vitraux des XV et XVIième, siècles provenant de diverses fenêtres de cette église Saint-Germain, cette verrière présentait de nombreuses restaurations dont certaines du XIXème siècle  avec plombs de casse et pièces de peinture pas du tout dans l’esprit de l’ensemble. (les photos sont après restauration)

Des interventions successives brouillaient la lecture et la compréhension de l’ensemble. Suite à nos Recherches,en vue d'une restauration, il s’est avéré qu’une partie de ce vitrail avait été commandée en 1514  par une Confrérie des Merciers et Epiciers de Rennes et ses faubourgs

En 1993, cette verrière du transept sud était en mauvais état ainsi que les meneaux de pierre. Nous fûmes donc amenés à la restaurer. Ce travail nous a permis et un peu obligé de mettre un peu d’ordre dans la disposition des panneaux qui la composaient. 

Cette remise en ordre nous a donné trois grands sujets en dehors de la Vierge de l’Apocalypse et de Saint Michel, éléments qui ont été offerts par la Confrérie.


1,Une Vie de la Vierge commençant avec Anne et Joachim
2,Une Passion ou du moins quatre scènes se rapportant à ce sujet.
 3,Une Vie de St Jean à travers quatre panneaux

                            ANNE ET JOACHIM

Dans la verrière originale, le récit de la vie d’Anne et Joachim ne devait pas s’arrêter à la naissance de la Vierge  Un graphisme, fait d'obliques, sur fond rouge de la scène représentant la Fête de la dédicace et qui se retrouve dans l’Annonciation nous conforte dans cette idée.

Nous voici donc devant une grande fresque dont il  nous reste douze scènes et se terminant par L’Assomption ;

Du récit apocryphe de l’histoire d’Anne et Joachim, tel qu’il apparaît chez Jacques de Voragine, nous n’avons ici dans cette verrière, que quelques extraits . cela est-il voulu ? a mon avis ils ont disparu.Ce Jacques est l'auteur de "la légende dorée". iL est né en 1228 à Varage près de Gênes,devint évêque de cette cité.

Première scène du vitrail.
« Ils ( Anne et Joachim) faisaient de tous leurs biens trois parts égales, dont ils ne gardaient qu’un seule pour eux-mêmes et leur famille, en donnant une au temple, l’autre aux pauvres et aux pèlerins » Jacques de Voragine.

 Sur le vitrail on voit :

Sous le regard d'Anne,
Joachim, , un mouton sur le bras, donne l’aumône à un premier mendiant qui soulève son chapeau en signe de remerciements, tandis qu’un deuxième tend la main.Il semblerait qu'ils demandent l'aumône devant la porte d'une église, ici rappel du temple;

Deuxième scène.

« Le jour de la Fête de la Dédicace, Joachim s’étant rendu à Jérusalem comme il le faisait pour les trois grandes  fêtes de l’année, alla présenter son offrande au grand prêtre. Mais le Prêtre le repoussa avec indignation de l’autel affirmant que c’était un scandale qu’un homme infécond, incapable d’augmenter le peuple de Dieu,présenta son offande à un Dieu  qui avait mis sur lui le signe de sa malédiction ; » Jacques de Voragine.


Sur  le vitrail on voit :
Devant un autel de sacrifice, rappellant les fonds baptismaux et surmonté d’une sorte de reliquaire, le grand prêtre refuse à Joachim, accompagné d’ Anne, l’offrande d’un mouton.  En arrière, la grande prêtresse; Les têtes de Joachim et du grand prêtres ne sont pas d’origine.

Troisième scène

« Sur quoi, Joachim, tout confus, n’osa point retourner chez lui, et s’en alla séjourner chez les bergers. Mais, pendant qu’il se trouvait là, un ange lui apparut un jour. "Sache donc qu’Anne ta femme, te donnera une fille et tu l’appelleras Marie."         Jacques de Voragine

Sur le vitrail on voit une

Scène champêtre, du moyen âge, sur fond bleu;deux bergers, l'un assis, l'autre debout intéressé par l'ange aux petites ailes qui vole vers Joachim qui écoute le message debout les mains jointes. A noter une inscription sur la main droite ; probablement un simple décor.

Quatrième scène

«  L’Ange continua ; «  en arrivant à la Porte d’Or, tu rencontreras ta femme Anne » et disparut et apparut ensuite à Anne et lui ordonna de se rendre devant la porte d’or pour y rencontrer son mari. Anne et Joachim se rencontrèrent donc, tous deux se réjouissant de leur vision et de la postérité qui leur était donnée » Jacques de Voragine.

 sur le vitrail on voit

Cela se passe sur un fond de rempart et de tours laissant entrevoir en haut et à droite, des maisons moyenâgeuses.


L’importance de la Porte Dorée
 Au Mans? un vitrail représente une partie de cette histoire. Cependant la rencontre à la Porte d’Or est le sujet qui revient le plus fréquemment et les artistes du Moyen Age s’y attachent avec une prédilection marquée. C’est semble-t-il le seule façon de représenter l’Immaculée Conception.

Ce sujet se retrouve même dans des vitraux consacrés à l’enfance du Christ, comme à Beauvais et au Mans.

Saint Bernard condamna l’idée que Marie avait été conçue à ce moment du baiser d’Anne et de Joachim. Cela ne servit à rien. Et l’on voit parfois, suivant une tradition florentine, un ange qui rapproche pour ce baiser les têtes d’Anne et de Joachim.

Cinquième scène
« Anne mis au monde une fille qui fut appelée Marie" Jacques de  Voragine.

Sur ce vitrail on voitDans une pièce, Anne, allongée sur un lit, la tête reposant sur un oreiller bleu, regarde le bébé Marie qu'elle vient de mettre au monde qu'une servante porte précieusement, tandis qu'une seconde prépare semble-til le berceau de l'enfant.

Ici, alors que Joachim et Anne portent pas de nimbe, la Vierge Marie en est nimbée dès la naissance.

C’est tout ce que nous possédons dans cette verrière sur la vie de la Vierge Marie et Anne et Joachim. Il nous manque divers épisodes comme la présentation au temple, sa vie au temple où elle tisse, prie, comme son mariage avec Joseph et l’épisode de la baguette qui produit des feuilles.

                    DE CE RECIT APOCRYPHE

Ce récit sur l’histoire d’Anne et Joachim n’était pas rejeté par l’Eglise du Moyen Age. On avait à l’époque l’habitude de le lire aux fidèles le jour de la Fête de la Nativité de la Vierge.

De temps en temps, un évêque montrait un scrupule, ce fut le cas de Fulbert de Chartres « Je vous lirais ce livre, aujourd’hui, s’il n’avait été condamné par les Pères » Ce qui ne l’empêchera pas,  dans un autre sermon pour cette Fête de la Nativité de raconter tout l’histoire d’Anne et de Joachim Ce même sujet fut pris par Honorius d’Autun pour son   "sermon pour la Nativité "

Certaines  Eglises se montrèrent si peu sévères pour la légende qu’elles l’introduisirent dans leurs lectionnaires. On pouvait la lire notamment dans  les églises normandes le jour de la Nativité . Un lectionnaire de Coutances et un bréviaire de Caen, tous deux du XIIIème siècle, en témoignent.

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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