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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 08:14
      
            Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
            Baie du choeur côté nord, numéro 105



                                     Vitrail
        de l'évêque Bertrand de Rosmadec.


                                 Présentation

Baie à quatre lancettes trilobées composées chacune de  quatre panneaux .Le second panneau de la seconde lancette avec l'évêque a pris une hauteur différente, et cela pour ne pas couper le visage du donateur.

Ce vitrail est très proche,  par certains éléments, de la Crucifixion  de la baie 100 et des baies 109 et 111. Il pourrait s'agir pour ces quatre vitraux de l'oeuvre d'un même atelier.

Ce vitrail décrit par trois historiens à divers époques


 
«  Le panneau n°1( lancette) représente St Guénolé, premier abbé de Landévennec, tout habillé de blanc, probablement à cause de son nom ; le n°2 cette figure que j?avais d?abord prise pour un chanoine est en effet un Evêque tenant sa crosse, et dont la mitre rompue est remplacée par un verre blanc, à genoux présenté à N.D., qui est dans le panneau à côté, par un St Evêque dont on ne distingue pas l?attribut.
Le n°3 la Ste Vierge. C'est probablement l'évêque qui lui est présenté qui a fait don du vitrail de l'église. Ce doit être Gatien de Montceaux qui fit construire les voûtes du choeur et dont on voit les armes sur une des nervures. Ce vitrail suit immédiatement celui du Duc et est à la tête de ceux qui représentent des chanoines.
Le n°4 Ste Catherine que l'on distingue par sa roue.
Les Ecussons du Vitrail étant détruits on ne peut savoir à quelle maison appartenoit le chanoine donateur » .-                  Aymar de Blois dans le registre de Boisbilly,   1820.
1.

 
Autre son de cloche cinquante années plus tard, l'auteur en est Le Men,

1er Panneau - Un saint religieux, vêtu d'une longue robe blanche et portant une escarcelle ou aumônière de couleur bleue. Ce saint serait, d?après la tradition du chapitre de Quimper, saint Guénolé, premier abbé de Landévennec et contemporain de saint Corentin.
2e Panneau - Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper de 1416 à 1445. Il est présenté à la Sainte Vierge par un saint évêque dont on ne distingue pad l'attribut, mais qui est probablement saint Corentin. Sur le prie-Dieu devant lequel il est agenouillé, est un petit écusson triangulaire portant ses armes qui sont : pallé d'argent et d'azur de six pièces.
3e Panneau - Notre-Dame portant l'Enfant Jésus.
4e Panneau - Sainte Catherine, la tête ornée d'une couronne. Elle était, d'après une tradition, issue des rois de Bretagne insulaire. Elle tient une roue de la main droite. Catherine de Rosmadec, soeur germaine de l'évêque Bertrand, avait épousé Guillaume de Lanros.

Qui est l'évêque donateur ? les avis divergent.


Au sujet de l'évêque donateur, alors que Aymar de Blois propose Gatien de Montceaux, Le Men ne semble pas d'accord et y voie Bertrand de Rosmadec.  L'abbé Alexandre Thomas  semble du même avis ou tout simplement reprend la proposition de Le Men. Par contre, le petit écusson triangulaire portant ses armes n'a pas été aperçu en 1992.

La mise en place des personnages qu'a faite  le peintre verrier Lusson, n'est pas désagréable. A-t-il suivi l'avis de Le Men. Il ne semble pas, puisque celui-ci indique bien que ce sont ses notes qui ont été transmises pour la restauration des vitraux.



        Après plus de 550 années, constat de l'état des             pièces.



, Ce vitrail est parvenu jusqu'en 1992 en assez bon état. Certes, les quatre dais d'architecture n'étaient plus qu'un puzzle de pièces de différentes époques. Mais pour ces dais comme pour le reste, quelques pièces  du XIXe siècle bien traitées et qui avaient résistées au temps ont été conservées.

 
Ce qu?il a fallu fournir en 1992

 Il a fallu cependant fournir des têtes ou visages  comme celui de sainte Marguerite, du saint évêque, possible Corentin, de Bertrand de  Rosmadec de la Vierge Marie. Il en fut de même des mains comme la droite de sainte Marguerite.  A cet inventaire, il faudrait y adjoindre les quatre cinquième du sol, des éléments de dais, particulièrement au dessus de saint Guénolé, vingt trois pièces de colonnettes, alors que la tenture rouge,  bien que la grisaille ait gravé le verre, n'a demandé que trois petites incrustations de pièces neuves.

 Pour les vêtements, saint Guénolé n' a eu besoin qu'un élément de pièces, la Vierge, pour son manteau, trois pièces bleues, sainte Catherine, cinq pièces,  et le saint évêque trois pièces.


   
Qui est sainte Catherine ?


La sainte Catherine  est toujours fêtée le 25 novembre.. et pourtant, il paraît qu?elle n'a jamais existé ! Elle a toujours fait l'objet d'une grande dévotion et ce depuis l'Antiquité.

 On ne connaît  sainte Catherine d'Alexandrie que par sa « Passion ». On dit qu'elle resplendissait de beauté, qu'elle était intelligente et fille de roi. On peut ajouter qu'elle est fêtée chaque année par les « catherinettes » elle leur rappelle qu'à 25 ans il  serait temps qu'elles se marient.

 
En 1969, elle est rayée de la liste des saints et saintes;


Malgré sa popularité, Rome décida, en 1969, de rayer Catherine de la liste des saints : « La mémoire de sainte Catherine, inscrite au Calendrier romain au XIIIe siècle ne peut y figurer car non seulement sa « Passion » est entièrement fabuleuse, mais on ne peut rien affirmer sur sa personne. »

Dans les années 306-312 elle est convoquée par l'empereur  romain Maxence;

A Alexandrie, lorsque l'empereur Maxence convoqua les habitants à sacrifier aux idoles, elle  fut convoquée devant l'empereur romain  du IIIe siècle pour répondre de sa foi chrétienne. Elle s'adressa à l'empereur et essaya de lui montrer que seul le Dieu des chrétiens était le vrai. Aussi,l'empereur vit venir des philosophes des quatre coins'horizon pour essayer de lui faire perdre sa foi. Ils n'y parvinrent pas  et les philosophes furent martyrisés.

Elle subit le martyr


Dans sa prison, elle convertit l'épouse de l'empereur et l'amant de celle ci. Ne voulant pas accepter la proposition d'être impératrice et de renier sa foi, on voulu la martyriser avec quatre roues garnies de pointes de fer, mais l'engin diabolique se brisa. Elle fut donc décapitée et de son corps jaillit du lait au lieu du sang.

Le monastère  Sainte-Catherine-du-Sinaï


Finalement, son corps fut  transporté par des anges au sommet du mont Sinaï. Il y resta trois siècles et y aurait laissé son empreinte. On élève une chapelle qui existe toujours sur ce sommet où on accède par de longs escaliers en pierres sèches. Un monastère au nom de Sainte-Catherine-du-Sinaï s'y installe. L'empereur Justinien l'enrichi au VIe siècle.

Sa présence dans la cathédrale de Quimper.


Cette Sainte, nous la retrouvons
dans ce choeur ,deux fois dans la baie 106 et la baie 109. les photos à droite et à gauche montre la Catherine de la baie 1O5? avant et après la restauration de 1992.
La vie de cette (ex)sainte s'étale à la cathédrale de Dol,XIIIe et XVIe siècles, A Runan, elle accompagne la Crucifixon du tout début XVe siècle. Plus proche elle est présente au Pénity en Locronan. Ce ne sont que quelques unes des nombreuses représentations en vitrail. Le Men, quelques lignes plus haut nous livre que d'après la tradition, sainte Catherine est issue des rois de Bretagne insulaire! La multiplicité de ses statues en Bretagne le montre,  ainsi que le nombre de femmes célèbres et de saintes portant ce nom.pour mèmoire elle égaye le porche sud de la cathédrale saint Corentin ainsi que celui de l'église Ste Claire de Penhars.(xv)°
Autre aspect du culte de sainte Catherine c'est que son image semble alors, inconsciemment ou pas, être vénérée comme la représentation de tous les martyrs.
Elle porte une couronne parce qu?elle était fille de roi et une roue brisée car cet instrument de supplice éclata sans lui faire du mal.








Décapitée,  elle a comme  autre attribut une épée.






Nous apprenons avec Le Men 5 que l?évêque Bertrand de Rosmadec avait une soeur  portant le nom de Catherine. Il est très possible que c?est en son hommage que son frère ait fait installer sa sainte patronne ici  dans la baie dont il semble être le donateur. Cette Catherine de Rosmadec était mariée à Guillaume de Lanros. De plus, on la retrouvait, vitrail disparue depuis longtemps, en donatrice dans une fenêtre basse de la cathédrale, la baie 19 dite aussi chapelle Saint-Roch.


Les socles et dais.

Ces premiers ont disparu, on ne sait pourquoi. Est-ce au cours des siècles ? Suite à un changement de place ? Etait-ce prévu ainsi dès le départ ? Le sol reprend les mêmes graphismes que la 103, damier noir et blanc, de face, de biais,  et demi losanges.


Dans chaque niche  deux colonnes en faisceau montent du socle jusqu'au dais, colonnes qui seront très peu nombreuses dans les vitraux de la fin du  XVe  siècle de cette cathédrale. ci-dessus dais avant restauration, dessous après.


Le dais monte sur deux étages. Le jaune d?argent y joue avec la grisaille sur une verre incolore très légèrement verdâtre. Un léger dépoli est posé sur la face extérieure. Il n?est pas réservé à cette architecture, il court sur toutes les pièces des baies.  Il est construit en angle vif dont l'extrémité  entre dans une colonne avec culée qui monte jusqu'au haut du dais et se termine avec un fleuron. A la hauteur de la culée démarrent deux voûtes supportant chacune une façade agrémentée d?un gable avec crochets et quadrilobe, encadrée de deux lancettes trilobées. Le haut  de ces deux façades est arrêté par une corniche avec moulures et fleurons. Au dessus,  deux gables semblables à ceux du dessous mais  plus petits s'accrochent à des culées surmontées de pinacles. Pour les quatre lancettes, le ciel qui apparaît, au-dessus et entre les pinacles est de couleur bleue.

NOTE

1
2.- R.F .le
3. - Abbé Alexandre Le Grand. La Cathédrale de Quimper, Quimper, 1904, note, p.54.
4.,
5.- R.F. Le Men, op. cit., p, 39)
A lire pages 57 et suite dans "les vitraux de la cathédrale de Quimper"presse universitaire de Rennes et socièté archéologique du finistère;









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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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