Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 11:20
                CATHEDRALE SAINT CORENTIN DE QUIMPER

                            BAIE 116


        Saint-Martin. de Tours.
    ou la charité Saint-Martin.


La figure traditionnelle de Saint-Martin à cheval se détache sur fond de rideau damassé fait d'un verre violacé, devenu très foncé en vieillissant, et parsemé de gros cratères du côté extérieur, mais plus nombreux et faisant un tapis là où une grisaille a été posée.

Les pieds sur les étriers, bien déhanché sur sa gauche, il vient de partager son manteau dont le morceau recouvre le dos de l'indigent, à la porte d'Amiens. Cette dernière n'est pas proposée ici.
Photo après restauration

Vie en rapport avec la Bretagne ! mais aussi mystère de ce choix !


Sa vie présente, elle aussi, un rapport avec la Bretagne, tout d'abord par sa campagne d'évangélisation de I'Armorique où il se heurte au culte des druides, et par Tours qui fut son archevêché  et celui de la Bretagne.

Mais il restera toujours, un mystère sur le choix de ce saint par les donateurs de ce vitrail, tant qu'aucun document ne pourra nous aider.
                                                                          Photo avant restauration


Personnage très célèbre en France


Cependant, on peut relever que ce saint fut en France très célèbre. Au XIIIe siècle la dévotion était encore bien vivante,  à Tours où deux  vitraux lui sont consacrés ainsi qu'un à Angers. Il faut aussi se rappeler que Quimper dépendait alors de Tours et que le sanctuaire de cette ville est consacré à ce saint. Il peut aussi avoir un rapport avec les pèlerins et les voyageurs. Avant de partir pour un long voyage, ceux-ci clouaient souvent une fer à cheval sur les portes des églises en  son honneur.

Autres lieux en Bretagne où Saint Martin est représenté au XVI° siècle :
Romillé, Ille et Vilaine, où dans une Légende de saint Martin .1555. la figure traditionnelle de Saint-Martin à cheval, partageant son manteau avec un indigent,  n'est pas proposée.
Saint-Martin des Champs. Finistère. Chapelle de Cuburien, en saint patron dans la baie de saint Jean Baptiste. Représenté ici en évêque et chape verte.

L
'ensemble visage, bonnet et nimbe

Le nimbe, de couleur jaune XIlle foncée, donne l'illusion d'une assiette par la façon dont il a été ombrée, avec l'apport de grisaille, à la limite entre le champ et la bordure. Sur ce nimbe se découpe le bonnet en deux pièces de laine superposées du saint Martin. Celui-ci est fait d'une seule pièce de verre, dont la partie inférieure est bleu, et l'autre verte. Cette dernière est réalisée par l'apport de jaune d'argent sur le verre bleu de la pièce.

 Son visage est pris dans un verre rose, qui porte une suite quasi horizontale de mini cratères, à l'emplacement probable d'une vergette. Celle ci a conservé,  durant plusieurs siècles, l'humidité entre elle et le verre . Ce visage de trois quart gauche, baissé vers l'indigent, porte des cheveux coupés à la Jeanne d'Arc, sortant sur les côtés du bonnet et colorés au jaune d'argent.

Le buste


Il porte un manteau rouge, plutôt chlamyde, sur un possible justaucorps bleu, ainsi qu'une épée, aux quillons recourbés vers l'extérieur, de couleurs jaunes ainsi que le pommeau, qu'il tient de la main droite, la gauche devant être sous l'étoffe du manteau qu'elle relève.

Le cheval


Celui-ci est exécuté en verre incolore, travaillé à la grisaille brune et noire, mais qui présente, ici et là, des taches de petits cratères sur la face intérieure. La crinière et les poils de la jambe sont traités au bois et à la pointe. L'auteur nous offre un harnachement rouge aux chefs-d'oeuvres jaunes, c'est à dire des  incrustations de verres dans le rouge, plus décoratifs que réalistes.Le sommet de la tête du cheval est surmonté du panache, que l'on retrouve plutôt dans les scènes de joutes chevaleresques et de festivités. C'est un peu, ce que nous fait penser la position de la jambe avant droite prête à ruer et la jambe arrière

L'indigent


A l'indigent, il n'a pas été donné beaucoup de place dans cette scène. Le héros du sujet, il est vrai, étant saint Martin.  Il s'appuie sur sa béquille qu'il coince sous son épaule gauche et qu'il tient de la main gauche. Il a,  déjà revêtu un morceau du vêtement que lui a offert saint Martin. Dessous  ce morceau d'étoffe, il est nu, en dehors d'un linge blanc à la hauteur du sexe. L'auteur de ce vitrail le présente en unijambiste, et un élément du moignon est visible sur le bord de la lancette. Sa tête et la partie visible de son corps sont faites d'un verre bistre- rose plaquée sur blanc,  qui est malheureusement abîmé par taches sur cette face intérieure.

Le décor


La scène se déroule devant un rideau d'un  pourpre violacé très foncé et encore assourdi par la présence sur la face extérieure de très nombreux cratères dû à la pose d'une grisaille. Le feston du bas, de forme inverse au galon supérieur, est identique à ceux des autres lancettes, et tombe sur un sol bleu. Celui-ci est parcouru de traits de grisaille en courbes irrégulières accompagnés de balayage de jaune d'argent.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
commenter cet article

commentaires