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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 05:44
                        BAIE 116
        Saint-Antoine et le donateur,

                    Rioc de Tréanna.


         Ce donateur et ce saint patron
 se trouvent dans la dernière lancette à                         gauche.


Le sujet se présente sur un fond de rideau vert à damas, posés toujours du côté intérieur, qu'égaie dans le haut le galon jaune XIlle habité de motifs floraux.

 Ce verre vert est,  très attaqué du côté extérieur par des cratères  s'installant aux emplacements d'une grisaille posée pour ombrer. Ce défaut se retrouve dans toutes cette baie de la cathédrale. La faute  est dû à la composante verre et grisaille et à la pose de cette dernière sur la face extérieure.. Celle ci a emmagasiné, au cours des ans, de l'humidité qui a attaqué le verre.

Description du saint Antoine 

 Saint Antoine, le visage tourné de trois quart vers le Christ, tient de la main droite une petite crosse, pièce malheureusement XlXe mais dont l'espace est d'origine.  La gauche, suivant le canon propre à la représentation du donateur et de son saint intercesseur, repose légèrement sur l'épaule de ce dernier.

Il présente un visage sérieux, pour lequel il a été utilisé, de même pour ses mains, un verre légèrement teinté, travaillé avec une grisaille de teinte terre de sienne, posée au pinceau trois poils, reprise par endroit au pochon et accompagnée d'enlevés à la pointe.
Les cheveux ont la coupe de moine sur le devant, avec repousse sur l'arrière du crâne. Ces cheveux retombent par derrière l'oreille En continuation, la barbe se termine en deux pointes
 Le nimbe, d'un jaune très foncé, reprend le même aspect que celui du saint Martin de la lancette voisine.

Saint Antoine porte une robe d'un ocre rouge, dont les manches ont une teinte violette pourpre assez foncée. Cette teinte du verre utilisé est le résultat d'un bleu plaqué sur rouge. Il porte par dessus cette robe  une bure ou  un manteau d'un gris violet éteint.


Le donateur, Rioc de Treanna

Le donateur, en orant, les mains jointes, mais en oblique, est vêtu, semble-t-il,  d?une aube sur une soutane bleu dont des éléments apparaissent au collet, aux manches et dans le bas du vêtement.

. Une restauration XlXe, il ne reste que peu de pièges anciennes, a bouleversée la composition et la compréhension de cette aube

Pour le visage,  vu de trois quart, la grisaille, pour lui donner du volume, est posée en hachures parallèles et fines qui sont reprises par la pointe et le bois sur un verre rose entaché par endroit de minuscules cratères bien groupés.

Les cheveux dessinés ,aux traits et à. la pointe, ont été peignés et gonflés vers le haut.

Le livre de prière, à la tranche jaune, porte lui aussi deux sceaux tombant sur l'étoffe violette qui recouvre le prie Dieu et dont les deux rares pièces anciennes présente sur la face extérieure un damas complètement rongé.
Sur une pièce de l'aube, du côté extérieur, les cratères ont suivi les enlevés parallèles et de biais que le peintre a exécuté au bois sur la grisaille. Le sol  qui est  de verre rouge est lui aussi très abîmé.

Les dais.

 Ils se découpent sur un ciel vert émeraude pour les lancettes b et d,  et violet pourpre pour les trois autres. Par contre, ils sont  tous identiques.

 Deux culées supportent, aux extrémités, chacune un pinacle,  ce dernier accroché  par un arc-boutant à deux des trois autres colonnes démarrant en culées de lampes. Ils sont séparées par deux pignons ornementaux très pointus, ajourés, de chaque côté de petites baies à plein cintre, et couronnés d'un fleuron qui surplombe deux autres.

Ce schéma se retrouve au premier étage

  • Dessous le claire-voie s'ouvre sur le ciel.

 La tête de clocher reprend le même schéma des trois colonnes et gables, mais ici les claires-voies sont remplacés par deux baies gothiques à deux lancettes. Un dernier pinacle surmonte le tout.

 Le jaune d'argent s'étale partout, sur les boudins, les tores, les culées, les pinacles et les fleurons, sur lesquels s'irradie la lumière venant de gauche.

Le verre incolore très légèrement verdâtre, dont la puissance de la teinte varie suivant les feuilles qui ont été utilisées, fut soufflé en plateau. Des ondes en courbes non seulement nous le confirme mais permettent parfois d'en calculer le diamètre.

 Certaines pièces sont bombés irrégulièrement, et n'ont pas trop souffert de la condensation intérieure qui a laissé une couverte de myriades de petits cratères qui ne gênent en rien la lecture. et gardent à la grisaille sa qualité originelle.

Les Socles.

Sur les cinq, seul trois possèdent des pièces anciennes.

 Celui du milieu est XlXe d'écriture, mais a gardé la forme originelle qui est donnée par la découpe des rouges du sol.

 Le Men lit une inscription en caractères gothiques: (l?an) mil CCC (C) . xx XVI fut maistre Gefre de Tre (anna archidiacre) du Mans chanoine de ceste église recteur de Craozon.




Les évangélistes du réseau.

Du coté gauche du réseau, saint Marc, saint Jean,  à droite saint Luc et saint Mathieu.

 Leur emplacement dans ce réseau de la 116, n'est pas celui d'origine, pour deux raisons

 La première raison est que le caractère pictural des peu de pièces qui ont subsisté n'a rien à voir avec le reste de la baie.  Il nous faut signaler que nous n'avons trouvé aucun fond bleu d'origine.

 La seconde raison, se voient du côté  des phylactères. Ceux-ci ont été tronqués pour rentrer dans le moule des soufflets. De plus, on a connaissance qu'ils ont été déposés vers 1836, sans indication de provenances si ce n'est « des fenêtres du transept et de la nef» pour «garnir trois des fenêtres latérales de l?abside»17

Cependant, trois des visages sont anciens, tout d'abord en verre rose non plaqué,  puis au dessin des principaux traits du visage identique, sur lequel on a ajouté les cheveux ou la barbe suivant le besoin.

Longs cheveux bien peignés et bouclés pour Jean, le crâne presque dégarni pour Luc, mais barbe accroché au menton, boucles en accroche-coeur pour Marc dont le verre est truffé de cratères sur les deux faces. Quant à Mathieu, son visage a disparu. Existait-il en 1836? cela est très probable.

Tous les quatre écrivent ou sont en action de le faire, stylets en bois creux, bambou, taillés de biseau, encriers, phylactère portant leur nom en latin, et tenu de la main gauche. Malheureusement un seul est d'origine, celui de saint Jean, mais en partie seulement. Ils ont tous revêtu une robe rouge, Marc, avec capuchon, Jean, avec collet décoré sur jaune d'argent, pour Mathieu, elle est XIX e, pour Luc, et plus foncée. Ils portent tous une cape. Chez les deux de gauche, elle est carrément jetée en arrière. Les nimbes sont animés de décors à base de rayons, différents pour les deux seuls anciens, Marc et Jean.

La grisaille est posée, sur la face intérieure, au jus puis tamponné, des enlevés sont faits à la brosse et au bois. Une deuxième grisaille légère est posée sur la face extérieure, ce qui a amené l'illisibilité de la tête de Marc.









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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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