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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:59
CATHEDRALE DE QUIMPER
,
            BAIE 115
            saint Christophe





Cette baie, au-dessous d’un réseau, présente dans six lancettes, entourant une Vierge à l’Enfant , deux Chanoines, de la cathédrale de Quimper, dans le rôle de donateurs de cette verrière. Ils sont patronnés par deux saint Jean, l’un le baptiste, l’autre l’évangéliste. A l’extrême droite se trouve Saint Christophe ;


Saint Christophe.

Dans cette baie, ce personnage se trouve, comme on l’a dit plus haut, à l’extrémité droite de cette baie que l’on voie dans  la façade est du bras nord du transept .
 

                 Le torrent qu’il traverse coule de                     gauche à droite, ce qui n’est pas                     exceptionnel dans ses représentations.                 Ce qui est plus c’est la                             représentation  de deux poissons,         traités au jaune d’argent(nitrate d’argent). qui glissent dans cette eau.

Ici,, l’auteur les a peints sur la face extérieure du verre dans le but de donner l’impression  qu’ils sont vraiment dans l’eau.
            Le vitrail présentée plus haut est dans l'état après         restauration; la vue suivante le présente         avant tout travail avec un manque de lisibilité dû aux  plombs de casse.



 Saint Christophe avance, les mains, la droite à la hauteur de l’épaule, la gauche à la hauteur du genou, serrées sur un tronc d’arbre équeutée. Penché et courbé, l’effort, transcrit par la diagonale du tronc,  indique bien qu’il porte tout le poids du monde en la personne de cet enfant Jésus. Pour accentuer cette effort, et par manque de place, l’auteur a bousculé les piliers et fait ressortir cette composition du cadre de la niche.



Sa tête d’origine, milieu XV°, au cou fort, est encadrée d’une barbe légère qui remonte jusqu’aux cheveux retenus par un foulard plié et noué dont une houppe rebelle s’échappe.
La mèche de droite suit le mouvement du personnage tandis que l’autre se devine sur le côté du visage. Le nimbe jaune, à la bordure unie et au champ ornementé de courbes et perles, agrandi encore ce visage au nez camus et aux yeux surmontés de sourcils épais et noirs dont le regard repose sur le globe.

Sa robe, ou tunique, brune violacée, très courte aux longues manches, apparaît sous un lourd manteau blanc, fermé au col par un gros bouton vert dont le motif de grisaille a disparu. Un ruban large, décoré de grains de café et de perles, court sur les parties visibles du manteau dont la doublure au dessin, fait de successions de courbes, est la même que celle de saint Jean-Baptiste.

 

L’enfant Jésus.

            L’enfant Jésus est assis sur les épaules de saint Christophe, la jambe gauche seule visible sous la  robe rouge dont le collet au jaune d’argent fait partie intégrante de la pièce de verre comportant le cou, la tête et le nimbe crucifère.

Les branches de la croix  de ce nimbe sont pattées et arrondies aux extrémités.

Deux grands yeux noirs, au dessin très pur, animent ce visage, et portent leur regard du côté inverse de saint Christophe. Des cheveux rehaussés au jaune d’argent couronnent ce visage. Sa main droite bénit presque horizontalement, comme voulant indiquer une direction que suivraient ses yeux.

 La main gauche ne soutient pas, comme cela est habituel, mais prend par l’extérieur, le globe surmonté d’une croix à fanion blanc rehaussé d’une seconde croix au jaune d’argent. L’implantation de la croix au milieu de la partie haute de ce globe est exemplaire. Elle ne peut qu’être plantée dans la terre, la partie basse étant parcourue de vagues.

Il n'est pas rare de trouver un globe terrestre dont la mer est présente dans le bas.


Quant au rideau qui ferme cette scène il est d’un violet bleu aux damas intérieurs exécutés au pochoir et se terminant par une frette de bâtonnets calée par deux filets.

 

Réflexion sur le sujet de cette baie .

Est-ce plutôt en l’honneur des deux saints Jean? Je pencherai pour cette dernière réflexion, car dès les premiers siècles de l’Eglise « une tradition rapprochait le Baptiste et lEvangéliste,» comme le fait remarquer Alexandre Masseron . Si nous suivons son exposé « il y avait pour les hommes du moyen âge, une bien plus grande importance que pour nous le symbolisme, et ici, le symbolisme de l’agneau » Celui de l’Apocalypse et celui du précurseur: Voici l’Agneau de Dieu.


On  peut noter aussi  que le saint Jean, indiquant l’agneau, est opposé à saint Christophe traversant le torrent. Cela se retrouve dans une Adoration des mages de la Pinacothèque de Munich’

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans famille de peintres vitriers
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