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11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 15:59

Un musée du vitrail au château de Kerjean

                    finistère

Utopie du début vingtième siècle? ou réponse à un mauvais entretien des vitraux des xv et xvi° siècle

CE QUI RISQUE DE SE REPRODUIRE!

 

Lettre du chanoine Abgrall.

 

Date inconnue., vers 1904, Fonds Abgrall, bibliothèque municipale de Quimper.

 

" Maîtresse vitre en la chapelle de Saint-François de Cuburien, Morlaix, Finistère.

 

" Le vitrail, comprenant 5 baies et un remplage flamboyant, devait primitivement contenir une série de panneaux de l’enfance et de la passion du Christ ; mais par suite des dégâts causés par les tempêtes et autres causes naturelles, et même par la main des hommes ; il a dû subir différentes restaurations et remaniements qui ont bouleversé ces scènes et dénaturé toute la composition.

 

" Des panneaux ont été écourtés, d’autres supprimés et remplacés par des scènes étrangères au sujet principal, et empruntés à d’autres fenêtres du même édifice.

 

" C’est maintenant une page très disparate, mais qui a toujours son intérêt comme élément de l’histoire de la peinture sur verres en notre pays.

 

" Certains détails des dais de couronnement peuvent le faire attribuer au même atelier que le vitrail de la Roche-Maurice, lequel est daté de l’an 1539.

 

" Toute cette vitrerie en mauvais état de conservation; beaucoup de fragments brisés sont remplacés par du verre blanc ou de couleur, de nombreux vides laissent passer le vent, panneaux disloqués, mise en plomb fatiguée ou usée.

 

" Une restauration comportant une reconstitution de la composition primitive est chose impossible et ne pourra jamais réaliser une œuvre complète d’après le premier carton ; on ne pourra que faire une remise en plomb et une consolidation des panneaux tels qu’ils existent maintenant.

 

" Dès lors, ils n’ont plus le même intérêt historique pour l’église de Cuburien où, du teste, le public ne peut pas l’étudier ni en jouir, le choeur des religieuses étant fermé par un grillage et un rideau qui en cachent la plus grande partie, et la distance empêchant de voir les détails et de discerner les sujets.

 

" D’autre part le budget des religieuses hospitalières ne peut pas subvenir à une restauration et remise en état convenable de cette œuvre artistique ; elle est donc condamnée à la destruction si on ne trouve pas un moyen de la sauver. La meilleure solution serait de déposer cette verrière, de la remplacer par une vitrerie simple, solide et de bon style comme mise en plomb, conforme aux rares spécimens qui nous reste de cette époque, mais que l’on peut encore trouvé dans quelques vieilles églises et chapelles de nos campagnes.

 

" Ces panneaux de vitrail de Cuburien seraient alors révisés, remis en plomb, et huit d’entre eux seraient placés dans les huit baies des quatre fenêtres de la chapelle du château historique de Kerjean ; les autres seraient logés dans un bâtis de menuiserie qui trouverait place, en guise d’écran devant une ou deux des grandes fenêtres de l’une des salles, comme documents de musée. Les sujets, et blasons du remplage iraient bien dans les tympans de ces fenêtres et dans l’œil de bœuf du pignon donnant sur la terrasse.

 

" C’est semble-t-il le seul moyen de sauver cette page intéressante de vitrerie du XVIe siècle."

 

Cette chapelle fait partie du couvent occupée depuis 1834 par les religieuses Augustines Hospitalières.

Il ne faut pas s’étonner, même en ce début du vingtième siècle ; de cette façon de pallier à un manque de crédit, ou à un manque de raisonnement. Mais cette démarche pour ces vitraux de la part du chanoine Abgrall n’est pas unique.

De plus, elle est tout à fait dans le courant d’une époque

Quelques exemples de vitraux XV et XVIe parmi tant d’autres :

En 1862, les vitraux de la chapelle de Saint-Théleau en Plogonnec, Finistère, rejoignent l’ église paroissiale.

En 1896, la société Archéologique du Finistère rachète le vitrail de la chapelle de Saint-Exupère à Dineault, Finistère,

la famille Romieux installe dans une chapelle privative à Saint-Ave, Morbihan, (père Eternel, entre autre)des verrières XVIe.

Les propriétaires de Kernault en Mellac, Finistère, reprennent leurs écussons de l’église paroissiale, et fournissent des copies en échange, un peu plus tard, ils récupèrent une adoration des mages, certes en mauvais état que le hasard fait découvrir dans une soupente.

La position d’Abgrall semble aller à l’encontre de Bigot père qui est d’avis de conserver in situ le plus de témoins anciens ( BSAF 1893.p.,XXII et BSAF ; Scaër 1999.

Mais par le plus de témoins anciens ne veut pas dire pour lui, tous.

Mellac, c’est bien lui qui laisse partir les écussons.

De la cathédrale Saint-Corentin, on laisse disparaître la baie du chevet du XVe (bsaf tome cxxvi. 1997. la verrière n° 100 de la cathèdrale Saint-Corentin de Quimper, par jean-pierre le bihan)

 

  eT J'ai peur que celà risque de se reproduire dans le futur, le vitrail comme tout le patrimoine subit actuellement une grande marée basse des crédits d'entretien.

Lees verrières bretonnes des xv et Xvi°siècle ont besoin  qu'on s'en occupe, et pas n'importe comment, à bas prix, sans une vraie surveillance du travail de restauration avec des personnes qualifiées comme il en était en la seconde partie du xx° siècle. De ces personnes, architectes des Bâtiments de France ou des Monuments Historiques, il en existe je crois? mais toujours l'argent manque et pour ce travail il faut du temps.


Jean-Pierre Le Bihan, médaille d'argent 2001 de l'Académie d'Architecture, fondation Richard Lounsbery 1977.

 

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Published by Jean Pierre Le Bihan - dans vitraux Kerjean
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