Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 09:01
Ploéven, La chapelle Sainte-Barbe.



Baie du Chevet, Passion XVIIe ©

 Ce vitrail a reçu une restauration del'atelier parisien de Jean- Jacques Gruber immédiatement après la guerre, suite à une dépose de conservation.

Les autres vitraux en place.

Baies 1, la première à gauche ,et 2 première à droite, possèdent 2 lancettes trilobées de 2 panneaux et 1 soufflet. Le tout en  vitrerie de montage    borne.

Baie 8,   baie à 4 jours se distribuant autour de meneau en forme de croix dont les bras sont en courbe, fonds baptismaux, elle aussi en vitrerie de montage borne

Travaux par l'atelier quimpèrois de jean pierre le bihan baie-chevet-W.jpg
en  1991 sur les baies 1,2 3, 4, montage à base de
losanges en verre incolore (blanc)
 
Cette Passion dans son environnement.


Cette verrière fut classée en 1906 et  est la seule,  en figuration, existante encore en cette chapelle. 

Placée au chevet, elle est entourée actuellement  de verrières blanches, les 1 et 2.

Les vitraux disparus.

.On sait, par l’abbé Abgrall, qu’au début de ce siècle,le XX°, la baie sud du transept possédait encore un buste de sainte Barbe, probable reste d’une verrière sur cette sainte, patronne du lieu. Malheureusement il ne nous a laissés aucune indication sur le style de cet élément de  vitrail.

 On y voyait aussi une sainte avec un livre et portant une couronne, ainsi qu’un Voile de Véronique.

 De la verrière de la Passion, Abgrall nous signale que trois écoinçons dont la datation est proche de 1860, ont remplacé des blasons..L'
auteur probable de ces écoinçons est le peintre vitrier quimpèrois Cassaigne,il est aussi probable qu'il en fut en même temps, le restaurateur


Pour les armoiries on ne  sait rien en dehors qu’un Alain Chastel possédait des prééminences à l’église du bourg en 1715.

Aucun historien n’a parlé semble-t-il de cet émail bleu que l’on trouve ici.

Couffon parle d’une Passion à dominante bleue et jaune restaurée,par Gruber bien après la guerre
il est étonnant que ce verrier n’en ait pas parlé lors d'une certaine interview donnée au chercheur R
oger Barrie  et reprise dans la revue Arts de l’Ouest

Une Passion autre.

Ce vitrail, en plus de l’emploi de l’émail bleu, n’a rien à voir avec les productions cornouaillaises antérieures. L’ atelier Le Sodec de Quimper n’existe plus ici.

C’est une Passion bretonne qui a été revue et corrigée, mais où le réalisme est devenu naïveté et caricature. Tout l’apport précédant, et même celui de la Renaissance, ont été mal digéré.

La première impression nous montre un monde à plat, comme si un rouleau compresseur était passé par là ; visages des personnages, nez écrasé, corps du Christ aux jambes super longues.

L’iconographie des autres Passions semble avoir été balayé.


Saint Pierre coupant l’oreille du serviteur du Grand Prêtre n’est pas le saint Pierre des autres Passions, ni à sa place.

Marie Madeleine, au pied de la croix n’est plus la belle femme aux longs cheveux qui ici sont peut-être enserré sous foulard.
un CRUCIFI2-AAW.jpg
La Pâmoison de Marie, ici complètement effacée, est proche d’une Piéta.

Longin ne perce pas ici le flan du Christ, ici, casqué la lance tenue d’une seule main reprend le geste du porte éponge, sa main gauche porté sur l’œil. Il est casqué. Caïphe est bien présent, sa mitre est plus que réduite.

Le personnage de droite, au-dessus de Marie Madeleine, est peut-être un Joseph d’Arimathie mal compris. Ou est-ce celui d’au-dessus au nez pointu et à la barbe en pointe, frère jumeau de Longin.

La croix, constituée d’habitude de pièces de bois aplanies, est ici un tronc lisse et rond, de même nature que les potences des larrons.

Le bon larron repose un de ses pieds sur une branche écotée
. Détail créatif.

Pourquoi ?

Des nuages imposants parcourent horizontalement le ciel.

Ils sont dans les autres Passions, comme à Guengat, quasiment invisibles, si ce n’est, grands comme la paume d’une main, lors de la Résurrection.

Le Christ seul est nimbé. Saint Jean, proche de la Vierge, ne semble pas apparaître dans la Pâmoison, si l’on considère que les trois personnages sont la Vierge, une sainte femme et Marie Madeleine.

L’ange qui vient récupérer l’âme du bon larron semble être une belle jeune fille.


On peut aussi relever une prolifération des armes de guerre, hallebardes, épées, dont le dessin semble plaire à l’auteur. Un seul étendard ici, à droite du Christ et de plus blasonné d’un aigle bicéphale éployé qui aurait pu être les armoiries d’un quelconque seigneur. Ce genre d’aigle peut-être l’attribut d’Elisée, symbolisant les deux esprits de Dieu qu’il a en lui.  Etendard romain, ou autrichien ?

Autre différence, la couronne d ‘épines de couleur bleu. Vous me direz qu’elle est verte à Saint-Fiacre du Faouët, mais la couleur verte a une portée iconographique.

On ne comprend pas pourquoi ce bleu alors qu’il pouvait très bien l’exécuter au jaune d’argent dont l’auteur a fait une utilisation assez importante.

Certes le bleu fut au Moyen Age une couleur liturgique affectée au Saint-Sacrement, à la Vierge et au deuil, entre parenthèse plus gaie que le noir actuel. Le bleu rappelle aussi le firmament comme les voûtes de certaines de nos églises. C’est aussi l’espérance.

Est-ce là le message de l’auteur, n’ayant pas la place d’y inscrire une Résurrection.

Par cette exubérance dans la façon de traiter caricaturalement les personnages de la Passion, ses bourreaux, l’auteur n’a t-il pas voulu inconsciemment rappelé que les Pères de l’Eglise ont fait observer que le Christ avait souffert entre autre par le sens de la vue.!!
Le lieu de cette Passion n’est pas indiqué. Pas de monticule indiquant le Golgotha, ni de ville pour rappeler Jérusalem, pas de tête d’Adam, ni d’ossement au pied de la croix.  Absence du chien que l’on trouve dans toutes les Passions XVIe.

Les casques à oreilles, nous les retrouvons à l’église de Saint-Nic. Ici ils sont plus décoratifs, plus irréalistes. C’est un peu le cas du traitement de toute cette Passion.

Derniers constats.


En somme c’est une verrière où l’on utilisé du verre incolore en grande quantité, tandis que le verre rouge l’est avec discrétion comme c’est le cas du verre vert. L’émail bleu  et le jaune d’argent inonde le tout, ce dernier en taches, en lavis en traits, de la même façon que le sanguine qui monte jusqu’à la teinte rouge sur les bouches. La pose de la grisaille est somptueuse avec ses ombres et lumières. Elle donne une force complémentaire à cette composition chahutée, surprenante.

Les verres présentent un bon état de conservation, cela se voit très bien de l’extérieur. On peut aussi relever quelques pièces d’autres provenances, dont deux plus anciennes mises en bouche-trous.

Reste le problème du panneau de la Pâmoison qui a subi durant un certain temps un apport d’humidité, fragilisant la grisaille.
Le dessin pourrait lors d’une future restauration repris sur un doublage. Et si cette événement intervenait, il serait bon  de supprimer tous les plombs de casse et de repositionner certaines pièces dont la suite des fragments n’existe plus. On pourrait ajouter que six des panneaux ont été coupés, on ne sait pourquoi

Jjean-pierre le bihan.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean Pierre Le Bihan - dans jeanpierrelebihan
commenter cet article

commentaires